vendredi 20 juillet 2012

Délusion

Avec cette histoire d'étude de Maugeri, on ne peut que se demander à qui profite le crime ? Pourquoi, comme souvent avec le réchauffement climatique, le déni, bien que bien peu étayé par les faits, trouve tant d'échos dans les médias ? Un article de déni sera cité, en proportion, dix fois plus qu'un article inverse. Est-ce un complot des compagnies pétrolière ? (il y a bien complot comme ça a été prouvé avec la censure d'études sur le réchauffement climatique par certains intérêts pétrolier pendant l’ère Bush). Mais Dimitri Orlov a une autre explication. Pour lui notre société est devenue psychotique. Encore un article très drôle de Dimitri Orlov, à condition d'aimer l'humour noir.

L'article original est ici


La dernière version du Manuel de diagnostique et de statistique des troubles mentaux (DSM) a grossis pour inclure 297 troubles mentaux , mais il semble qu'il y ait toujours de la place pour un de plus. 

Richard Heinberg a récemment publié un article qui traite des diverses revendications récentes clamant que le pic pétrolier n'est plus un sujet de préoccupation. Son terme pour nommer ce phénomène est «pic de déni " (peak denial) Cela sonne bien, et s'harmonise très bien avec le thème global de Richard de «pic global "(peak everything). C'est un texte réfléchi qui fait un travail approfondi pour exposer la nature surréaliste des projections des optimistes, et je n'ait pas de problèmes avec son argument. J'ai, toutefois, un problème avec sa terminologie. Tout d'abord, parce qu'un pic de déni n'est pas une ressource non renouvelable avec un profil de déplétion  caractérisable, son pic, si nous en détections un, ne serait pas particulièrement significatif, car il pourrait tout aussi bien y avoir un autre pic demain et un autre le siècle prochain. Deuxièmement, je pense que le «déni» n'est plus le mot juste pour décrire le phénomène social que nous observons actuellement. Je pense que Ugo Bardi nous ont envoyé dans la bonne direction: dans son article réagissant à l'affirmation de George Monbiot "Nous avons eu tort à propos du pic pétrolier, il y en a assez pour tous nous faire frire», Ugo caractérise l'approche de Monbiot face au pic de pétrole en utilisant un autre mot: «délusion ". 

Si vous estimez que la distinction entre déni et délusion est juste une différence mineure et inoffensive, un coupage de cheveux en quatre de ma part, alors pardonnez moi de citer Sigmund Freud : dans « la perte de réalité dans la névrose et la psychose » [1924 ], il écrivait ce qui suit: "Le névrose ne renie pas la réalité, il l'ignore; le psychotique la désavoue et tente de le remplacer ." [p. 185] Ce avec quoi la psychose remplace la réalité est une délusion. 

Prenons ça une marche a la fois. Le déni c'est quand vous savez très bien que quelque chose existe (par exemple, qu'il y a une quantité limitée de pétrole économiquement récupérables, et que nous avons déjà brûlé environ la moitié de celui-ci), mais que nous refusons de considérer ça comme important. Le déni est symptomatique de la névrose. Les névrosés ne sont pas considérés comme particulièrement dangereux, ils peuvent être assez ennuyeux, et ils peuvent parfois constituer une menace pour eux-mêmes, mais ils ne sont, en général, pas considérés comme présentant une menace pour la société. Ils peuvent également être tout à fait charmant : Woody Allen a mis à profit ses névroses dans sa carrière d'acteur réalisateur. (En allemand le titre de son film Annie Hall est Stadtneurotiker - «névrotique urbain.") 

La délusion, d'autre part, est symptomatique de la psychose. Dites-mois maintenant, à quand remonte votre dernière rencontre d'un psychotique charmant, courtois, et populaire ? Pour revenir à Freud : le vieux Sigmund distingue deux types de pensée : il y a le processus de pensée secondaire (le bon processus), le domaine du soi bien-adapte, socialisé, ancré dans la réalité, consensuel, et raisonnable, rationnel et logique. Et puis il y a le processus de pensée primaire, ou archaïque (le mauvais genre), le produit de l'obsession, de la compulsion, de l'hallucination et ...nous y voici … de l'illusion. Le chemin qui mène de la névrose à la psychose est une régression vers un soi plus primitif, plus archaïque, plus infantile. Prenez votre névrotique typique (refuser d'affronter le pic pétrolier, de faire du charabia à ce sujet lorsqu'on y est forcé), passez ce névrosé par une crise terrible, auto-destructrice, et cette personne peut régresser et tomber dans la psychose. 

Ce qui advient à des personnes advient aussi à des sociétés entières. Prenez une civilisation industrielle névrotique niant tout pic pétrolier, mettez la dans une terrible crise financière mondiale, dites lui que la croissance économique est fini pour toujours, et ce que vous obtenez est une civilisation industrielle psychotique et délirante. Dans Civilisation and its Discontents [1930], Freud écrit à propos de la capacité des delusion de propulser toute une culture vers la désintégration dans un maelström de violence, et dans Constructions in Analysis [1937], il a souligné qu'une fois que la pensée délirante imprègne toute une culture, y compris sa religion et sa politique, alors la culture devient inaccessible à tout argument logique. Le délire est une sorte de tyrannie, interne dans le cas d'une personne malade, externe dans le cas d'une culture malade, qui piège la réalité dans les images spécifiques, excluant toute possibilité de compréhension de soi et toute objectivité. 
C'est un point assez important à prendre en compte pour tous ceux qui continuent à patiemment argumenter sur le pic pétrolier : pour un psychotique, quiconque est en désaccord avec lui est automatiquement l'ennemi, et, puisque les psychotiques créent leur propre réalité, c'est juste une petit pas pour lui que de déclarer ensuite que le mouvement du pic pétrolier a effectivement causé le pic pétrolier et est donc le coupable. Il est tout à fait typique pour un psychotique de projeter ses délires sur les autres dans un effort pour les faire agir en tant que partie de son propre soi en colère, incontrôlable, parce que identifier la menace comme soi-même conduit à une panique incontrôlable. Ce type de projection est le moyen principal d'un psychotique d'exercer un pouvoir sur les autres. Maintenant, gardons à l'esprit que se confronter à une foule délirante n'est pas la même chose que se confronter à un patient délirant dans un hôpital psychiatrique, où il y a un bouton d'alarme rouge sur le mur que vous pouvez pousser à tout moment, et qu'alors les infirmières vont se précipiter pour restreindre le patient et lui injecter un sédatif. Nous devons être prudents : quand une société psychotique se met en marche, il n'y a personne pour la retenir. 

Penchons-nous sur la progression. Le chant "fores bébé, fores " lors des rassemblements politiques de Sarah Palin était un négationnisme, une réponse névrotique au pic pétrolier, une réaction obsessionnelle-compulsive a la nouvelle que le pétrole s'épuise. Les névrosés développent souvent des rituels qui, bien qu'inefficace dans tous les sens pratique, les réconfortent et réduisent temporairement leur niveau d'anxiété. Un exemple typique est de se laver les mains compulsivement chez une personne souffrant de trouble obsessionnel-compulsif. Et en effet, nous avons vu un nombre ridiculement grand d'activité de forage, dont la plus grande partie n'est pas particulièrement productive. Mais alors une autre chose est arrivée : une multiplication des déclarations que les États-Unis sont en passe de devenir indépendants énergétiquement, ce qui est d'une nature entièrement différente. Celles-ci sont né de délires de toute-puissance qui sont très fréquents chez les patients psychotiques. De même, les obsessions psychotiques ont souvent une mutilation physique comme objectif, en utilisant le corps physique comme une surface sur laquelle s'exprime l'angoisse et l'effroi. C'est quelque chose comme une métaphore de dire que pour une société, son corps est la terre sur laquelle elle vit. Est-ce que la fracturation hydraulique, qui est inefficace dans tous les sens du terme, mais provoque des dégâts environnementaux et financiers horribles, ne serait pas comme un auto-mutilation d'un psychotique ? 

Voici un autre exemple de la même progression: les attaques terroristes du 9/11 ont initialement produit en grande partie une réponse névrotique. Un exemple de celui-ci est ce qui est souvent décrit comme «théâtre de la sécurité", porte par l'Administration de la sécurité des transports dans les aéroports aux États-Unis. Le système de dépistage est suffisamment poreux pour quiconque le voudrait de faire passer à travers une arme et même une bombe, pourtant tout le monde est forcé de se soumettre à une mascarade humiliante à connotation sexuelle (attouchements). L'ensemble du processus est un mécanisme de reponse institutionnalisé obsessionnel-compulsif : une tentative de contrôler le niveau d'anxiété de la société à travers des rituels absurdes. Mais quelques années plus tard un comportement très différent a évolué : des frappes "chirurgicale" sans fin de drones dans des zones de l'Afghanistan et du Pakistan pensee comme etant contrôlé par les talibans. L'idée est d'exterminer l'ennemi par l'assassinat physique. D'un point de vue rationnel, cette stratégie est une absurdité : les Talibans, qui sont considérés comme l'ennemi, sont d'origine ethniques principalement Pachtounes, le code d'honneur pachtoune, pachtounwali, exige que les membres de la famille vengent tous les meurtres (bien que le paiement d'une réparation soit également acceptable), il y a quelque 40 millions de Pachtounes. Chaque fois qu'un drone tue un pachtoune, un autre Pachtoune est contraint de rejoindre les Talibans et d'essayer de tuer un Américain. Si l'objectif est de minimiser les morts américains, alors la stratégie gagnante est évidente : les Américains devraient arrêter de tuer des Pachtounes. Mais si votre pays a changé de moteur de la névrose à la psychose, les arguments rationnels ne s'appliquent plus parce que dans votre propre esprit, vous êtes maintenant tout-puissant et devez exciser chirurgicalement l'Autre, ou alors faire face a une panique incontrôlable. 

Un symptôme de plus : l'état psychotique est souvent accompagnée par le sentiment d'un droit illimité, et, une chose que nous entendons constamment des Américains est la suivante: ". Tout ce que nous avons à faire est de continuer a imprimer des dollars parce que personne ne peut nous arrêter" 

Freud n'était certainement pas le premier à repérer le lien entre l'individu psychotique et la société psychotique . Platon, dans le livre 9 de la République, a fait la connexion entre l'Etat tyrannique et l'individu tyrannique, les deux existant dans une relation réciproque, l'un renforçant l'autre dans une psychose symbiotique. Un délire psychotique sur le plan personnel devient une idéologie au niveau du groupe, tous deux possèdent le pouvoir d'anéantir l'Autre, qu'il s'agisse de l'étranger ou de la subversion intérieure. "Nous communiquons avec la partie psychotique de notre moi en relocalisant cette communication dans notre politique. Nous cachons ou réprimons ou séparons le côté inaccessible de qui nous sommes et le projetons vers l'extérieur, comme des fantasmes collectifs, des émotions toxiques qui prennent forme dans des programmes politiques, des actes et des idéologies. "[James M. Glass, psychose et Power, 1995, p . 169] 

La tragédie grecque représentait la psychose en tant que commentaire sur la vie publique. Et cela, je pense, est comme ça devrait être : le théâtre, la littérature et la religion offrent tous des moyens puissants de canaliser notre inconscient et nos pulsions psychotiques, tout en évitant notre autonomie de se désintégrer, même pendant la pire crise imaginable. Il vaut mieux faire face à la psychose dans le cadre d'un groupe, car la désintégration d'un soi individuel est douloureuse, même a regarder: "si ces personnes ne sont pas hurlante, pleurant, se coupant avec tout ce qu'ils peuvent se mettre sous la main, salissant les murs avec des matières fécales , marmonnant de façon incohérente, ou en criant des injures, ils se trouvent dans le lit à regarder le plafond ... Des individus se désintégrant ne possèdent pas de sens de la communauté, de réciprocité ou de la réalité comme une expérience historique et très peu de respect de soi ou de dignité. »[Ibid., P. 155] 

Selon le Dr Glass, une culture de la psychose est incompatible avec la démocratie: "Un monde personnel de la limitation, du respect, une compréhension partagée, le respect du corps, la sensibilité aux autres, implique un monde politique de la tolérance, du respect des droits, et de la reconnaissance des droits de l'autre à vivre sans domination. La Psychose, cependant, provoque la domination et la destruction, elle est tragique, comme la folie d'un Œdipe à Colone ou le tourment de Médée, ce qui reflète la tragédie, non seulement de sa famille, mais de toute une société et sa culture »[ibid.. p. 130] En effet, les parallèles entre la psychose et la tyrannie se dessinent presque tout seul. Prenez cette phrase célèbre de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande d'Hitler: «Notre tâche ici est chirurgicale ... une incisions drastiques, ou un jour, l'Europe périra de la maladie juive. "Quelle différence y a -t-il entre cela et un certain patient schizophrène décrit par le Dr Glass, qui insistait sur le fait que ses jambes empoisonnaient son corps et devaient être amputé, et que, une fois qu'elles seraient parties, il est sûr qu'il serait en mesure de vivre et de rester en bonne santé pour un milliard d'années? (Serait-ce son grand Reich personnel de 1000 ans , je me demande?) 

La capacité d'une société de rester ouverte à la raison, à négocier, à respecter les différences et ainsi de suite repose sur une base fragile qui est faite d'illusions comme «la vie, la liberté et la poursuite du bonheur», ou «le gouvernement par les gens et pour les gens », ou« la liberté et la justice pour tous », ou« un système de contrôle and de balances » et ainsi de suite. "L'illusion est ce qui lie les communautés démocratiques ensemble; la délusion détruit le processus démocratique et ses processus." [Ibid, p.. 184] La plupart de ces illusions, bien que n'étant pas strictement hypothétique, ne sont pas destinés comme des énoncés de fait et sont indéfendables comme des propositions mais sont acceptées sur la foi. («Checks and balances» est un mensonge total; la Cour suprême américaine confirme toutes les lois fédérales.) La plus grande illusion de tous est appelé "The American Dream": "Existe-t-il encore ?" Une copie récente de Time Magazine demande en pleine couverture. Est-ce que croire dans un rêve n'est pas l'essence de l'illusion? Lorsque les illusions s'effondrent, elles sont remplacés par des idées délirantes. "Le résultat, à la fois pour l'individu et pour la communauté, une tragédie." [Ibid., P. 176] La perte de l'American Dream peut très bien conduire le citoyen à la perte de l'identité, la désintégration du moi, la rage psychotique et l'auto-mutilation compulsive et conduire la nation à une explosion du racisme, du chauvinisme, du fanatisme, de la xénophobie, de la recherche de boucs émissaires, de la chasses aux sorcières .. . en bref, à la tyrannie. 

Et ceci nous amène à la question du leadership politique. Les dirigeants politiques maintiennent ou créent nos illusions fondamentales, principalement en jouant avec nos fantasmes. Ces fantasmes sont de deux sortes : conscients et inconscients, et ce sont les plus inconscients qui sont les plus puissants politiquement. Les sociétés ont tendance à choisir des leaders qui les représentent, et les sociétés psychologiquement malades choisissent ceux dont les fantasmes inconscients brûlent de tout feu, elles ont tendance à sélectionner les individus les plus malades pour représenter leur trouble particulier. 

Le capitalisme de marché libre, avec sa justification hobbesienne des lois du marché, avec sa position concurrentielle, d'exclusion, brutale, d'individualisme possessif, favorise le narcissisme pathologique, et lui accorde le statut incontesté, inévitable de réalité économique. Ce faisant, il choisit des sociopathes en tant que leaders : des personnes qui manquent d'empathie ou de conscience. Il semble y avoir un problème de câblage certain avec leur cerveau : vous pouvez les choquer à plusieurs reprises, et ils ne grinceront toujours pas des dents quand vous leur dites que vous êtes sur le point de les choquer à nouveau. Ils ne semblent pas avoir d'émotions ou de mémoire émotionnelle, mais sont souvent excités par la souffrance des autres. "Plus vous montez l'échelle sociale, plus vous trouverez un grand nombre de sociopathes», dit Martha Stout de la Harvard Medical School, auteur du psychopathe Next Door. En effet, Robert Hare, auteur du test de psychopathie de Hare, a estimé que la prévalence de sociopathes chez les CEO Américain est beaucoup plus élevé que dans la population générale, plus élevé même que dans la population carcérale. Ceux qui ne sont pas sociopathes font de leur mieux pour émuler ceux qui le sont, mais rarement aussi bien, parce que leurs tentatives afin de maximiser la valeur actionnariale sont souvent entravés par des sentiments incommodes et maladroit de sympathie, de pitié, de remords et de crainte. (Les termes «psychopathe» et «sociopathe» sont utilisés de façon interchangeable et signifient la même chose, mais si vous regardez la liste du test vous vous rendrez compte que ceux qui obtiennent un score élevé sur celle-ci sont tout à fait différent de beauf du coin.) 

Les Américains devraient se sentir chanceux d'être gouvernés par des sociopathes; être dirigés par un psychotique est bien pire. Les sociétés psychotiques sélectionnent des dirigeants comme Staline, Hitler et Pol Pot, l'effet en est une société qui est effectivement décapité. Un corps politique ne peut continuer à fonctionner, pour un temps, avec sa tête amputée. Son armée et la bureaucratie intacte, elle galope comme un cavalier sans tête, poussés à détruire par des impulsions primitives, ataviques. La formidable puissance de fantasmes inconscients attelés au service du pouvoir d'état par un chef de file psychotique infecte toute la réalité environnante même si l'appareil d'état reste parfaitement rationnel : la loi et l'ordre au service de la folie furieuse. 

Les Individus psychotiques médicamentes de manière très agressive, et les antipsychotiques sont déjà la classe la plus prescrite de médicaments aux États-Unis Beaucoup de gens disent que les antipsychotiques sont sur prescrit, surtout aux enfants et aux personnes âgées -, dans un effort pour les contrôler, et c'est probablement vrai : la vente de médicaments psychiatriques est l'une des entreprises les plus lucratives dans le monde, et les antipsychotiques sont la vache à lait du moment pour les sociétés pharmaceutiques, maintenant que les brevets sur les nombreux antidépresseurs vont expirer. Tout comme avec les antidépresseurs et la dépression, il va probablement s'avérer que les antipsychotiques sont également inefficaces dans le traitement de la psychose et ne sont en réalité que des sédatifs avec des effets secondaires méchants. Quoi qu'il en soit, ils sont prescrits, et la raison pour laquelle ils sont prescrits, je me risquerai à deviner, c'est parce que des millions de personnes aux États-Unis, jeunes et vieux, exposent des symptômes de la psychose et nécessitent une sédation. 

Je voudrais aussi m'aventurer à deviner que la prévalence des symptômes psychotiques dans la population américaine est elle-même un symptôme de la psychose de la société américaine dans son ensemble. Si le traitement des personnes psychotiques est un problème difficile mais c'est l'objet d'une énorme et rentable industrie, le traitement de la psychose se propageant dans la société américaine n'est même pas reconnue comme un problème. 

Si vous pensiez que le pic pétrolier est une question en rapport avec l'énergie, détrompez-vous. Ça pourrait bien se révéler être au sujet de la delusion, qui nous entraîne au niveau de la personne dans la mort de l'ego et à l'échelle de la nation dans la tyrannie psychotique.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Premier message décroissant : Merci.
Deuxième message: N'ayant pas la chance de lire un tel article dans le texte en anglais nous avons ( virginie et pierre) profité de cette lecture grâce à votre traduction. Nous ne voyons pas l'aspect humour noir, en revanche nous sommes toujours en recherche de propositions théoriques sur le comportement humain en rapport avec son environnement et plus précisément en lien avec ce moment de passage de l'humanité qui va de fait si la physique et les mathématiques ne sont pas contestés vers un nouveau paradigme dans sa structure par la perte de ses esclaves énergétiques au sang de pétrole.
La proposition comme quoi l'humanité passerait de la névrose à la psychose nous semble pertinente, avec notre compréhension empirique et de formation (social et médical et psychanalytique) cela va de soi. Un exemple pour celles et ceux qui ne sont pas au fait de cette culture. Certaines et certains d'entre vous se rappellent du Film de Nicolas Philibert "Etre et avoir" qui lui a donné une visibilité médiatique, avant il avait fait un film "La moindre des choses" sur la préparation d'une pièce de théâtre joué par des psychotiques à la clinique du Docteur Oury "La borde", Loir et Cher, 41, où une scène peu expliquer la question du changement de réalité par la personne psychotique : En psychothérapie institutionnelle les patients participent aux fonctionnements de l'établissement tout comme le personnel soignant qui en dehors des médecin et des psychologues sont tous dénommés des "moniteurs, infirmier(e)s, personnel techniques, etc, donc dans cette scène un patient a en charge le standard téléphonique, son interlocuteur lui fait une demande à laquelle il ne sait répondre, à l'écran on voit toute la confusion du patient qui par ses mimiques exprime toute sa difficulté à trouver la réponse alors c'est la qu’intervient la psychose pour diminuer le niveau d'anxiété et d'angoisse le patient s'adresse alors à son interlocuteur en Anglais dés fois que l'anglais lui permette de mieux comprendre la question !!!
Dimitri Orlov nous propose une piste (pas rassurante) mais au combien riche de possibles :
Le déni jusqu'ici caractérisé par la névrose se renforce du fait de l'angoissante réalité, la névrose et le déni ne suffisent plus à contenir le niveau d'angoisse et d'anxiété alors la fuite (cf: Laborit, Eloge de la fuite) est ce glissement vers la folie pardon la psychose par le clivage de la pensée qui d'un coté a en mémoire les données sur la finitude des ressources et de l'autre un déni insuffisant qui se transforme par la production d'une autre réalité.
Quand au conséquences, société totalitaire et autres avantages ils ont déjà été théorisé par Dérida (avant sa mort) et d'autres.
alors la question suivante est que pouvons nous faire ?
Devant un psychotique comme pour une société psychotique la réponse est rien de rationnel.
Dimitriv Orlov le rappelle il n'y a que la sédation à ce jour qui calme la survenance du délire, après il y a aussi ce travail dont le Docteur Oury parle qui est celui du raccommodage et tissage de lien entre les différentes parties clivées du psychotique pour permettre à ce dernier un peu moins de sédation et un peu plus d'autonomie. Mais ce travail est très couteux en temps et présence humaine.
Alors au chevet d'une société qui aurait la légitimité de faire ce travail si par chance nous avions de quoi la financer.
Alors pour celles et ceux qui ne pensent pas comme la majorité et qui ne veulent pas tomber dans le coté obscur de la folie il ne reste nous semble t'il que la recherche de l'autonomie et le tissage de liens maximum avec les gens de "bons sens" si je peux me permettre.
Merci Monsieur Pavart et si vous passez par le Loiret venez nous rendre visite dans notre maison paille auto construite et plan réalisé par nos bon soin de A à Z, vous trouverez nos coordonnées sur le site www.approchepaille.fr. pierre_queralt@orange.fr

Vincent Pavard a dit…

Ça fait plaisir d'avoir des commentaires de cette qualité. D'autant plus qu'il y a peu de réactions en général.

C'est vrai qu'en relisant le texte, je dois admettre que ce n'est pas le texte le plus humoristique de Dimitri Orlov, et son ton un peu léger disparaît dans la traduction. Il en reste juste le coté vraiment effrayant.

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