dimanche 25 décembre 2011

"il était une fois... l'Homme"

Dans les bons souvenirs d'enfance : une grande fresque de l'histoire de l’humanité en dessin animé: "il était une fois... l'Homme" suivit de "il était une fois...l'Espace". (Attention Spoiler) La morale du dessin animé c'est une vision assez linéaire de l'histoire qui aboutit à la "sublimation" de l’humanité qui atteint en quelque sorte le paradis dans un éclat de lumière !!

Quand on y repense un peu, c'est imprégné de la vision occidental du monde et de morale et chrétienne. Je crois que, à un moment ou un autre, il va falloir que nous nous rendions compte que la "flèche du progrès" n'est peut-être pas si droite.

mardi 20 décembre 2011

Fuel (2008)

Fuel, un documentaire (en entier sur youtube), du gars qui s'est rendu célèbre en faisant rouler son minibus avec de l'huile de friture !! Que de l'optimiste, du positif, des solutions...etc.

Sympathique mais le biodiesel est-il la solution??!


http://www.imdb.com/title/tt1294164/

vendredi 16 décembre 2011

Eco-truc, bio-gadget et green-machin

Sur Gizmo, un site référence en matière de design, innovations et gadgets en tous genres, on trouve des bonnes idées comme ça :
The Eco Fire Pot Stove is designed to allow women in developing nations to cook using relatively clean-burning fuel, instead of toxic smoke-producing wood or kerosene
ou ça :
Loowatt creates energy and fertilizer from human waste
mais elles côtoient d'autres truc comme ça qui ne font pas vraiment avancer le Schmilblick :

compostable bikini
souvent une couche d'éco ajoutée à un produit dont on a pas particulièrement besoin :
soft rocker
parfois complètement greenwashing :

biodegradable golf balls, made from waste lobster shells
ou qui se réduisent parfois littéralement à un peu de peinture verte :

Compostable sneakers make a dirty fashion statement
parfois complètement hors de propos sur les ordres de grandeur

The latest hybrid coming out of Japan: a Seiko clock?
souvent fait par des "designer" qui n'ont visiblement rien compris au problème :

Lunar Cubit: pyramids for the renewable energy age

L'Eco design c'est bien mais je ne peu pas m'empêcher de penser que sans changement de mode de production, on a généralement : Ecodesign + Marketing = Greenwashing

lundi 12 décembre 2011

The American Future: A History (2008)

Documentaire en quatre partie de la BCC sur l'histoire des Etats-Unis

Filmé juste avant l'élection d'Obama, il présente les US comme étant à un carrefour dans leur histoire. Dans le premier épisode de la série, American Plenty, les problèmes de ressources sont présentés comme centraux dans l'histoire US et en particulier dans l'histoire de la conquête de l'ouest. L'idée implicite de la culture américaine que les ressources sont infinies est une construction. Le documentaire raconte les grande sécheresses passées, les grands travaux du début du XXeme pour gérer l'eau tel que le barrage Hoover ou encore les problème actuel d'eau de la Californie ou de Las Vegas. Ça reste un documentaire foncièrement optimiste sur l'avenir des Etats-Unis. Trois ans après, il semble que cet optimisme était un peu prématuré.

dimanche 11 décembre 2011

Solutions locales pour un désordre global (2010)

Un bon documentaire de Coline Serreau   sur les problèmes, des paysans sans terre, de la dégradation des sol, des pesticides, des engrais industriels, de la confiscation et des semences et de la perte de diversité.

Plus de détail sur le site officiel





Dans quatre pays France, Brésil,  Inde, et Ukraine, elle interview de gens engages dans leurs actions sur ces sujets :

  • Dominique guillet (France)
    Fondateur de Kokopelli, association qui milite pour la sauvegarde de la biodiversité des semences, Il a compris depuis toujours que le salut de l’humanité passait par le respect de la terre. A la fin des années 80, il fonde la société Deva, qui produit et commercialise des élixirs floraux. 

  • Vandana Shiva, (Inde)
    Physicienne et épistémologue, diplômée en philosophie des sciences, Vandana Shiva est l’une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes dans le monde. Elle milite notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion sans limite des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences. Elle dirige la "Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy". 
  • Ana Primavesi (Bresil)
    Ingénieur agronome, docteur, professeur en gestion des sols de l’université de Santa Maria (Etat de Rio Grande do Sul), auteur de 85 travaux scientifiques publiés dans des revues nationales et internationales, de 8 livres scientifiques et techniques (et co-auteur de 3 autres) et a écrit 431 articles dans des revues techniques nationales et internationales. Elle est co-fondatrice des associations suivantes : Agricultura Orgânica do Brasil (AAO)l’IFOAM d’Amérique Latine, Movimento Agro-Ecológico da América Latina (MAELA Movimento Brasileiro de Agro-Ecologia)

  • Philippe Desbrosses (France)
    Agriculteur, docteur ès sciences de l’Environnement à Paris VII, Philippe Desbrosses est directeur du Centre Pilote de la Ferme de Sainte-Marthe et président d’Intelligence Verte (association pour la promotion de la biodiversité).

  • Pierre Rabhi (France)
    Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture écologique. Très tôt confronté à la problématique de l’agriculture intensive et convaincu des impacts de cette pratique sur les écosystèmes, il décide, dans les années soixante, de développer avec sa femme un système expérimental d’agriculture écologique en Ardèche. (http://www.colibris-lemouvement.orghttp://www.terre-humanisme.fr)
  • Joao Pedro Stedile (Bresil)
    Économiste et activiste social brésilien. Il est membre de la coordination nationale du Mouvement des Sans-Terre (MST), dont il est également l’un des fondateurs. «Gaúcho» (gardien de troupeaux) de formation marxiste, il est l’un des principaux défenseurs d’une réforme agraire au Brésil.

  • Serge Latouche (France)
    Serge Latouche est diplômé en sciences politiques, philosophie et sciences économiques, il est un des penseurs et des partisans les plus connus de la décroissance et tente de conceptualiser l’après développement dans «un combat généralisé et organisé contre le mode de vie, devenu insoutenable, à l’échelle mondiale».

  • Devinder Sharma (Inde)
    Ingénieur agronome, analyste des politiques alimentaires et commerciales, journaliste et écrivain. Expert des questions alimentaires, il consacre sa carrière à dénoncer les mythes de l’agriculture industrielle.(articles).

  • Claude & Lydia Bourguignon (France)
    Chercheurs en agrobiologie, ils ont quitté l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) suite à un désaccord avec les orientations et les thèmes de recherches de cet institut. Après leur départ, Ils ont créé en 1990 leur propre laboratoire de recherche et d’analyses en microbiologie des sols LAMS. Dans ce laboratoire, ils mesurent l’activité biologique des sols agricoles et constatent que celle-ci ne cesse de baisser à travers le monde ; en Europe, 90 % de leur activité biologique a été détruite.

  • Antonetsi Semen Sviridonovitch,  (Ukraine)
    Agriculteur, fondateur d'Agroecologhia. A l'époque de l'URSS, il était directeur d'un kholkoze en Ukraine. Après la guerre, avec la révolution agricole et industrielle, Moscou lui envoie des produits à mettre dans les champs (dont du DDT) afin de prémunir les plantations contre les maladies, et d'augmenter les rendements.  Il a vues les femmes qui s'occupent traditionnellement de la terre tomber malades et développer de graves maladies de peau. Il a ainsi décidé que, “de son vivant, personne n'utiliserait plus ces produits” et a consacré toute son intelligence et son énergie à développer des techniques culturales respectueuses de la santé des kholkoziens et de la terre qui les nourrit. A l'époque les autorités ont accepté son choix, à condition qu'il tienne le plan. En agriculture bio, non seulement il a tenu le plan mais avait souvent les meilleurs rendements du district.
  • Emmanuel Bailly (France)
  • Invente du concept d'Ecoregion© et créateur de divers outils, dont l'Indice de Souveraineté Alimentaire© (ISA), un indicateur permettant d'identifier et de comparer l'offre et la demande alimentaire d'une population sur un périmètre déterminé.

jeudi 8 décembre 2011

Effet de levier : où intervenir dans un système ?


Par Donella Meadows

Donella Meadows fondatrice du "Sustainability Institute" et professeur au Dartmouth College.
Article original en anglais ici :Leverage Points: Places to Intervene in a System 



Comment pouvons-nous changer la structure des systèmes pour produire plus de ce que nous voulons et moins de ce qui est indésirable ? Après des années de travail avec des sociétés sur leurs problèmes de systèmes, Jay Forrester du MIT aime à dire qu'un gestionnaire moyen peut définir le problème courant de manière très convaincante, il peut identifier la structure du système qui mène au problème, et deviner avec une grande précision où chercher pour tirer parti des effets de levier où un petit changement pourrait conduire à un important changement de comportement du système.

Cette idée d’effet de levier n'est pas unique à l'analyse des systèmes, ça fait partie de la légende : la solution miracle, le remède miracle, le raccourci secret, le mot magique, le chemin presque sans effort pour couper à travers ou sauter par-dessus des obstacles énormes. Nous voulons non seulement croire qu'il existe des points de levier, nous voulons savoir où ils sont et comment mettre la main sur eux. Les points où l'on trouve des effets de levier sont des sources de pouvoir.

Mais Forrester poursuit en soulignant que bien que les gens qui sont profondément impliqués dans un système savent souvent intuitivement où trouver les points de levier, le plus souvent, ils poussent le changement dans la mauvaise direction.

L'exemple classique de cette intuition à l’envers a été ma propre introduction à l'analyse des systèmes, le modèle-monde du rapport Meadows. Interrogé par le Club de Rome (un groupe international d'hommes d'affaires, d'hommes d'état, et de scientifiques) pour montrer comment les grands problèmes mondiaux de la pauvreté et la faim, de la destruction de l'environnement, de l'épuisement des ressources, de la dégradation urbaine, et du chômage sont liés et comment ils pourraient être résolus, Forrester a construit un modèle informatique d'où est ressorti un point de levier clair : la croissance [1](pas seulement la croissance de la population mais aussi la croissance économique). La croissance a des coûts ainsi que des avantages, et nous ne comptons généralement pas les coûts (parmi lesquels la pauvreté et la faim, la destruction de l'environnement et ainsi de suite, toute la liste des problèmes que nous essayons de résoudre avec la croissance !). Ce qui est nécessaire est une croissance beaucoup plus lente, différents types de croissance, et dans certains cas, aucune croissance ou une croissance négative. 

Les dirigeants du monde sont correctement focalisés sur la croissance économique comme la réponse à pratiquement tous les problèmes, mais ils poussent de toutes leurs forces dans la mauvaise direction. 

Un autre des grands classiques de Forrester était son étude de la dynamique urbaine, publié en 1969, qui a démontré que le logement subventionnés à faible revenu est un Point de levier [2]. Le moins il y en a, le mieux la ville s’en porte et même le mieux les gens à faible revenu de la ville s’en portent. Ce modèle est sorti à un moment où la politique nationale était dictée par de massives projets de logement à faible revenu, et Forrester a été tournée en dérision. Depuis lors, beaucoup de ces projets ont été démolis ville après ville. 

Contre-intuitif, c’est le mot de Forrester pour décrire les systèmes complexes. Les points de levier sont souvent peu intuitifs. Ou s'ils le sont, nous avons trop souvent tendance à les utiliser à l’envers, aggravant systématiquement les problèmes que nous essayons de résoudre quel qu’ils soient. 

Je ne peux pas arriver avec des formules rapides ou faciles pour trouver des points de levier dans les systèmes complexes et dynamiques. Donnez-moi quelques mois ou quelques années, et je vais les trouver. Et je sais par expérience que, parce qu'ils sont tellement contraire à l'intuition, quand je découvre des points levier pour un système, presque personne ne va me croire. C’est très frustrant, surtout pour ceux d'entre nous qui aspirent non seulement à comprendre les systèmes complexes, mais qui aspirent aussi à mieux faire fonctionner le monde. 

C’était dans un tel moment de frustration que j'ai proposé une liste des endroits où intervenir dans un système lors d'une réunion sur les conséquences de la mondialisation du commerce. Je vous offre cette liste avec beaucoup d'humilité et en voulant laisser la place à son évolution. Ce qui bouillonnait en moi ce jour-là a été distillé par des décennies d'analyse rigoureuse des différentes sortes de systèmes, faite par de nombreuses personnes intelligentes. Mais les systèmes complexes sont, ainsi, complexes. Il est dangereux de généraliser à leur sujet. Ce que vous lisez ici est toujours un travail en cours, ce n'est pas une recette pour trouver des points de levier. Plutôt, c'est une invitation à réfléchir plus largement sur le changement dans un système. 

"L'état du système" est le stock permanent qui est considèré comme important : la quantité d'eau derrière le barrage, la quantité de bois récoltable dans la forêt, le nombre de personnes dans la population, peu importe. Les états du système sont généralement des stocks physiques, mais ils pourraient être aussi immatériels : la confiance en soi, le degré de confiance dans les fonctionnaires, la sécurité perçue d'un quartier. 

Il y a habituellement des entrées qui augmentent le stock et les sorties qui le diminue. L’apports du fleuve et de la pluie élève l'eau derrière un barrage; l'évaporation et la décharge par le déversoir l'abaisse. La corruption politique diminue la confiance dans les fonctionnaires publics, l'expérience d'un gouvernement qui fonctionne bien l’augmente. 

Dans la mesure où cette partie du système se compose de stocks physiques et de flux, et qu’ils sont le fondement de tout système, elle obéit aux lois de la conservation et de l'accumulation. Vous pouvez facilement comprendre sa dynamique si vous pouvez comprendre une baignoire avec de l'eau dedans (le stock, l'état du système) et une vidange d'où l’eau s'écoule et un robinet d'où elle coule. Si le taux d'entrée est plus élevé que le taux d'écoulement, l'eau monte progressivement. Si le taux de sortie est plus élevée que le flux entrant, le niveau d'eau diminue progressivement. Typiquement, la réponse du niveau d'eau aux variations soudaines dans l'entrée ou la sortie des vannes est lente, il faut du temps pour que les flux s'accumulent en stocks, tout comme il faut du temps pour l'eau pour remplir ou pour s'écouler hors de la baignoire. Les changements de politique prendront du temps pour accumuler leurs effets. 

Quand les systèmes deviennent complexes, leur comportement peut devenir surprenant. Pensez à votre compte-chèques. Vous faite des virement et des dépôts. Un petit peu d'intérêt s’accumuler petit à petit (si vous avez un solde assez grand) et des frais bancaires s'écoulent, même si vous n'avez pas d'argent dans le compte, créant ainsi une accumulation de dette. Maintenant attachez votre compte à un millier d'autres et laissez la banque créer des prêts en fonction de vos dépôts combinés et fluctuants, liez un millier de ces banques dans un système de réserve fédérale et vous commencez à voir comment des stocks et des flux simples, soudés ensembles, créent des systèmes trop compliqués et dynamiquement trop complexes pour pouvoir être compris facilement. 

C'est pourquoi les points de leviers ne sont souvent pas intuitifs du tout. Tout ceci constitue assez de théorie des systèmes pour pouvoir procéder à la liste.

mercredi 7 décembre 2011

Le roi, le sage et l'echiquier

Une légende indienne raconte que dans les temps anciens l'Empereur Shiram demanda à Sissa ben Daher, l'inventeur des échecs, comment il pourrait le remercier des plaisirs que lui procurait ce magnifique jeu.
Le savant répondit qu'il se suffirait d'un grain de riz placé sur la première case de l'échiquier qui en deviendrait deux sur la seconde et ainsi de suite et qu'il prendrait donc, en guise de récompense, le tas de riz qui se trouverait sur la soixante quatrième et dernière case de l'échiquier.


L'Empereur furieux crut à une plaisanterie ou à de la provocation ! Le modeste sujet avait une si belle occasion de devenir riche et il ne réclamait que quelques sacs de céréales ! Notre puissant savait surtout bien mal compter car c'est une immense montagne de riz, correspondant à des milliers d'années de production mondiale, qu'il lui fallait maintenant honorer ! Ce qu'il ne sut pas faire évidemment.
Cette histoire est souvent prise en exemple pour évoquer la mauvaise compréhension qu'on les hommes de la fonction exponentielle.









dimanche 4 décembre 2011

Amundsen–Scott South Pole Station

Le risque des normes basses consommation, si elle sont appliquées bêtement,  est d'arriver à une architecture de bouteille thermos. Il y a un endroit ou l'architecture de bouteille thermos existe déjà et ou c'est plutôt bienvenu. Voir ce documentaire sur la base scientifique Amundsen–Scott au pôle sud et toutes les autres bases de la région.








vendredi 2 décembre 2011

Seven Wonders of the Industrial World

Toujours dans le genre documentaire d’ingénieur  mais version BCC, donc beaucoup mieux !! Il s'agit la de prouesses d'ingénierie du début de la révolution industrielle, alors que les unités de référence énergétiques étaient encore les bras et les jambes.

jeudi 1 décembre 2011

Megastructures, Extreme Engineering,

Il est bon, de temps en temps de regarder des "documentaires d’ingénieurs " pour se rendre compte du gigantisme des infrastructures de notre civilisation industrielle. Je suis passe l'autre jour a cote d'un porte conteneur d'une taille inimaginable. Quand on voit bouger une telle montagne d'acier, on comprend que le discours du genre, je cite : "Les hommes ne sont rien à coté des forces de la nature, faire porter toute la responsabilité du réchauffement aux activités humaines est irréaliste" est un discours d'un autre âge.

Dans le genre :
Extreme Engineering : Discovery Channel
Megastructure : National geographique
Building the bigest : Discovery Channel
Superstructure : Discovery Channel
PS: On peut avoir conscience des problèmes tout en restant admiratif des prouesses constructives ou technologiques de nos sociétés.



mardi 29 novembre 2011

What A Way To Go: Life at the end of Empire (2007)

Version complète sur youtube (2h) de ce documentaire de 2007, raconté à la première personne par un américain de la classe moyenne qui prend la pilule rouge. La première partie est une sorte de long monologue de désespoir. 

Dans les réactions face à la prise de conscience de la fin prochaine de nos empires industriels, de notre société de consommation et de notre abondance énergétique, on retrouve souvent ce que certains psychologues appellent les cinq étapes du deuil :

1. le dénis, "y a pas de problème, tout ça c'est un gros canulars"
2. la colère, "qu'on arrête de me faire chiez avec toutes ces histoires"
3. la négociation, "il y a bien un moyen de sauver nos mode de vie"
4. la dépression, "à quoi bon vivre si c'est pour retourner cultiver des patates"
5. l'acceptation, "bon d'accord, qu'est ce que je dois faire pour m'adapter ?"

On a l’impression que les différents constituants de notre société font chacun ce parcours mais à des vitesses différentes



dimanche 27 novembre 2011

Monopole radical & Urbanisme

De plus en plus de rues à Shanghai sont interdites aux vélos. En deux roues, il devient chaque jour plus difficile d'aller d'un point A à un point B sans faire de grands détours. Est ce une anecdote ? Est ce juste un petit prix à payer pour l’accès à la modernité ? Est ce sans importance ? Est-ce inévitable dans une grande ville en développement ? 

Je pense que cela n'a rien d'anecdotique. C'est, en fait, une illustration parfaite de monopole radical selon les termes de Ivan Illich. Ce n'est pas anodin, c'est la fuite en avant, l'engrenage, qui fait que la voiture individuelle , le moyen de transport choisi par les élites, tue petit à petit tout autre moyen de transport, monopolise l'espace, augmente exponentiellement les émissions du citadin lambda et oblige les classes moyennes à consacrer une part de plus en plus grande de leur temps de travail à l'achat d'une voiture qui va elle-même leur servir à aller travailler. Cela permet aussi au promoteur d'imposer un modèle de logement de plus en plus loin du centre, d'augmenter ainsi ses marges en utilisant du foncier excentré, mal desservi et d'exproprier au prétexte qu'il faut construire des infrastructures. En France, la pertinence de cette notion de monopole radical est difficile à faire ressortir puisqu'ils font tellement partie du paysage depuis tellement longtemps qu'on ne peut plus les discerner. En Chine, en ce moment ces phénomènes de monopoles radicaux qui s'imposent progressivement sont visibles à l'oeil nu, au quotidien, dans la rue, au travail.



vendredi 25 novembre 2011

Le dessous des cartes, Villes d'avenir ? (2010)




Villes durables par le dessous des cartes :
  • zéro emissions CO2
  • des transport collectifs non polluant
  • des énergies renouvelable
  • un habitat fait de matériaux locaux et non polluants
  • une alimentation d'origine locale
  • une gestion durable de l'eau
  • un recyclage des dechets
  • des projet élaborés avec la participation des habitants
Les piliers du developpement durable :
  • Environnement
  • Economie
  • Social
Les exemples présentés :
  • Malmo (swede), quartier de Vasta Hamnen. Expérience réussie sur le plan énergétique, mais peu sociale
  • Malmo (swede), Augustenborg, tri selectif, compost, PV, géothermie, desserte du centre ville, location partage voiture GPL, rue jardin, emploi de quartier. Moins spectaculaire mais plus global.
  • Sutton (Londre), BedZED : Qualités des espaces commun, réduction déplacement, mixité habitat, travail et service dans le même quartier. Eclairage naturel, chauffage solaire, isolation traitement eau usées , ventilation naturelle, récupération EP. Quartier modele de One Planet Living, sans consultation, impact limité.
  • Mata de Sesimbre (Portugal), Complexe touristique, parc naturel, énergie renouvelable, transport, récupération eau, gestion biodiversité.
  • Mazdar city, (Abu Dabi), ville zéro émission, aucun déchet, soft transport. Energie renouvelable, transport electriques, high tech. Foster & Partner . Enclave de riche ?

dimanche 20 novembre 2011

David Korowicz

Une conférence de  David Korowicz, l'auteur de l'article que j'ai traduit précédemment "Complexité, énergie et économie mondialisée". Il y reprend les mêmes notions que dans l'article (en VO). 

David Korowicz vit a Dublin est physicien et écologue des systemes humains, si cette chose existe. Il est membre du comité exécutif de Feasta (foundation for the economic of sustainability) et est directeur de Risk-Resilience, une société de conseil spécialisée dans la gestion des risques à grande échelle et des risques systémiques. Il est également membre du conseil de Comhar, Commission Irlandaise du développement durable.

vendredi 18 novembre 2011

Prix Pinocchio

Les prix 2010 du greenwashing décernés par les amis de la terre aux entreprises françaises qui font l'inverse de ce qu'elles disent et qui disent l'inverse de ce qu'elles font. Je le recopie ici pour une question de google bombing.

Prix Pinocchio "Plus vert que vert"
  1. Vinci prend soin de nos agriculteurs...en construisant un aéroport sur leurs terres !
  2. Quand Veolia Eau navigue en eaux troubles
  3. Avec l'Observatoire du Hors-Média, toujours plus de papier pour protéger votre environnement ! 
Prix Pinocchio "Une pour tous, tout pour moi !"
  1. Tereos nourrit nos voitures... et affame le Mozambique. 
  2. Avec Sime Darby, vous reprendrez bien un peu d'huile de palme? 
  3. Bluecar de Bolloré : un choix pas si « éthique » que ça ! 
Prix Pinocchio "Mains sales, poches pleines"
  1. Quand la Société Générale finance les futurs Fukushima. 
  2. Perenco finance une exposition sur les Mayas à Paris... et les militaires au Guatemala. 
  3. Toreador, prends garde à toi ! 

Un bon résumé ici

jeudi 17 novembre 2011

The Story of Broke (2011)



La suite de "The story of Stuff", (sommes-nous réellement fauchés ?), épisode plus politique...



Et "the story of citizen", ou comment les grandes entreprises s’immiscent dans la vie politique aux US. Episode dans l'esprit du mouvement  Occupy wallstreet

mercredi 16 novembre 2011

Aftermath: Population Zero (2008)

Le concept du documentaire : que se passerait-il si tous les humains disparaissaient subitement de la surface de la ? Cette question est en fait un prétexte évaluer la pérennité des créations humaines.

Notons un intéressant passage sur les conséquences de centrales nucléaires laissées a l'abandon, c.a.d sans refroidissement !! (apres que les réserve de carburant des pompes de refroidissement soient épuisées). Est ce bien raisonnable d'utiliser une technologie dont le principe est qu'il n'y a pas de bouton "turn off" ?

Une autre conclusion du documentaire : le béton n'est pas durable et les gratte ciels de Shanghai auront disparut bien avant les pyramide d’Égypte. 


samedi 12 novembre 2011

“Charrettes”

Le Green Building Institute, association qui développe le LEED souligne l'importance de ce qu'ils nomment des "Charrettes", qui est en fait une méthode  de participation des habitants au projet d'architecture ou de développement urbain développée par le  "National Charrette Institute".

La vidéo suivante est très intéressante  pour comprendre en quoi ça consiste . Aussi en cherchant "charrette" sur youtube, on obtient de nombreux résultats.



Au delà du fait marrant que les américains aient repris un mot français bien connu des architectes, il est intéressant de constater que, dans tous les mouvements, associations ou partis, écologique ou pour le "développement soutenable", européens ou américains, l'on retrouve les thèmes de  "participatif", "local" ou "open source".

Sans avoir réfléchi a la question, il est peut-être difficile de comprendre ce qui lie "écologie" et "open source" ou "Eco quartier" et "participatif". Je vais donc essayer de creuser ce thème dans de prochains post. 

jeudi 10 novembre 2011

Densité de puissance des énergies

Toutes les énergies ne sont pas équivalentes. On a déjà vu le concept d'EROI. Un autre indice qui éclaircit pas mal de chose est le concept de densité de puissance pour les sources d’énergies qui s'exprime donc en Watt par m2 :

http://campfire.theoildrum.com/node/5436

mardi 8 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 4 /4

Quatrième et dernière partie de l'article de David Korowicz où il parle principalement de dynamique de système en donnant une vision très enthousiasmante du futur.

Ceci dit, j'attends toujours que quelqu’un me donne une grille de lecture alternative qui expliquerait aussi bien ce à quoi nous assistons en ce moment : effondrement des systèmes monétaires, crise financière,  économique, hausse du prix de l’énergie et des matières premières, crise alimentaire... etc 





Dynamique de l'effondrement :

Le modèle de contraction oscillatoire ne prend pas en pas compte correctement certaines des structures intégrées de l'économie mondiale qui, bien que relativement évidentes, ont été obscurcies par le fait qu'elles ont été adaptées à une économie en pleine croissance. Si la production de pétrole baisse, et que nous ne pouvons pas combler le fossé entre l'énergie nécessaire à la croissance et ce qui peut être produit, comme nous l'avons vu dans le modèle de contraction oscillante, cela limite la disponibilité d'autres types d'énergie, alors l'économie mondiale doit continuer à se contracter . En bref, l'humanité est aux limites ou a dépassé les limites à la croissance.
Les structures intégrées qui échoueraient à se contracter d'une manière ordonnée s’effondrerait. Les structures qui se décomposeraient incluent le système monétaire et financier, les infrastructures essentielles, les économies d'échelle mondiale, et la production alimentaire. Comme souligné plus haut, ces structures sont profondément interdépendantes. En conséquence, leur effondrement se renforceraient mutuellement. Leur effondrement saperait l'ensemble du tissu opérationnel et le fonctionnement de l'économie mondiale et tout ce qu'elle supporte.

Il a été argumenté jusqu'à présent que notre civilisation est un seul système adaptatif complexe. Les systèmes adaptatifs complexes, et les sous-systèmes dont ils sont composés, sont une caractéristique de systèmes thermodynamiques ouverts . Et bien qu'il en existe une grande diversité, des marchés aux écosystèmes, ou au comportement d’une foule, leurs propriétés dynamiques ont des caractéristiques communes. La plupart du temps les systèmes adaptatifs complexes sont stables, mais beaucoup d'entre eux ont des seuils critiques appelés points de basculement, quand le système se déplace brusquement d'un état à un autre. Les points de basculement ont été étudiés dans de nombreux systèmes, y compris les crashs de marché, les brusques changements climatiques, l'effondrement de la pêche et les crises d'asthme. Malgré la complexité et le nombre de paramètres au sein de tels systèmes, le méta-état du système peut souvent être dépendant seulement d'une ou deux variables clés d’état. [22]
Des recherches récentes ont indiqué que ces systèmes, à l'approche d'un point de basculement, commencent à avoir des caractéristiques comportementales communes, indépendamment du type particulier de système. [23] Cette unité entre les dynamiques de systèmes disparates nous donne un formalisme par lequel décrire l'état dynamique de la civilisation globalisée, via sa mesure approximative du produit mondial brut (PMB) et de sa variable d'état majeur, le flux d'énergie.

On donne le nom de bifurcation catastrophique à un type de transition, où une fois le point de basculement passé, une série de rétroactions positives conduit le système à un état contrasté. Par exemple, comme le climat se réchauffe, il augmente les émissions de méthane de la toundra arctique, qui entraîne un changement climatique encore plus fort, ce qui conduit à une croissance supplémentaire des émissions. Cela pourrait déclencher d'autres points de basculement, comme la mort de la forêt dans le bassin de l'amazone, ce qui conduirait à d'autres émissions. Ces rétroactions positives pourraient signifier que tout ce que l'humanité pourrait essayer de faire n’aurait plus aucun impact puisque ce serait submergé par l'accélération de la beaucoup plus grande échelle de ces procédés.


lundi 7 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 3 /4

Troisième partie de l'article de David Korowicz où il parle du mécanisme du pic pétrolier et de ses probables conséquences économiques.





Le pic pétrolier

Le phénomène de pic - que ce soit en matière de pétrole, gaz naturel, de minéraux ou encore de pêche - est une expression de la dynamique suivante. Lorsque l’on a une ressource finie comme le pétrole, on constate en général que ce qui est le plus facile à exploiter est utilisé en premier. Quand la demande de pétrole augmente, et que les connaissances et les technologies associées à l'exploration et l’exploitation progressent, la production peut monter en puissance. Toute nouvelle production bon marché encourage de nouveaux produits dérivés du pétrole, les nouveaux marchés et bénéfices génèrent à leur tour des revenus pour les investissements dans la production. Pendant un temps, c'est un processus qui se renforce de lui même, mais finalement ce renforcement s’affaiblit parce que les coûts énergétiques, matériels et financiers pour trouver et exploiter la nouvelle production commencent à augmenter. Ces coûts augmentent parce que, comme le temps passe, les nouveaux champs pétroliers deviennent plus coûteux à découvrir et à exploiter puisqu’ils sont trouvés dans des petits dépôts, dans les eaux profondes et en plus leurs conditions géologiques sont plus exigeantes techniquement . Dans certains cas, tels que les sables bitumineux, le pétrole nécessite, pour être rendu utile, un traitement très avancé et de grandes dépenses en énergie et en eau. Ce processus est un autre exemple de la baisse des rendements marginaux.
La production d'un puits individuel atteindra un pic et commencera à décliner. La production d'un gisement tout entier, d’un pays et du monde entier montera et chutera. Deux tiers des pays producteurs de pétrole ont déjà passé leur pics individuels. Par exemple, les Etats-Unis ont atteint un sommet en 1970 et le Royaume-Uni en 1999. La baisse s'est poursuivie dans les deux cas. Il est à noter que les deux pays ont parmi les "meilleures universités, les marchés financiers les plus dynamiques, les sociétés de production et d'exploration les plus technologiquement capables et des environnements politiques stables et parmi les plus “pro-business” . Néanmoins, dans aucun cas cela n'a arrêté le recul.
Quand les grands champs anciens produisant du pétrole bon marché reculent, un effort de plus en plus grand doit être fait pour maintenir la production à l’aide de la découverte et de la production de champs plus petits et plus chers. En termes financiers, ajouter chaque nouveau baril de production (le baril marginal) devient plus cher. Sadad al-Huseini a déclaré en 2007 que le plancher technique (le coût de base de la production pétrolière) était d'environ 70 $ le baril sur la marge, et que cela augmenterait de 12 $ par an (en supposant que la demande soit maintenue par la croissance économique). [15] Cette escalade rapide du coût marginal de production du pétrole est récente. Au début de 2002, le coût marginal d'un baril était de 20 $.
Il est parfois affirmé qu'il y a une énorme quantité de pétrole dans les dépôts tels que les sables bitumineux canadiens. Les questions que cette allégation devrait soulever sont "Quand cela sera-t-il mis en service?", "A quel taux peut être mis à disposition le pétrole?", "Quel est le rendement énergétique net ?" Et "la société peut-elle se permettre ce coût d'extraction?" Si moins d'énergie nette était disponible à partir de ce pétrole, cela nous rendrait beaucoup plus pauvres, et on pourrait encore moins se permettre de se le payer. Finalement, la production ne serait plus viable puisque les économies ne pourraient plus payer le coût marginal d'un baril. Dans une veine similaire, nos mers contiennent d'énormes réserves d'or, mais il est tellement dispersé que le coût énergétique et financier de son raffinage serait largement supérieur aux avantages (les eaux territoriales irlandaises contiennent environ 30 tonnes).

Quelques idées fausses concernant le pic pétrolier:

dimanche 6 novembre 2011

Consommation mondiale d’énergie

samedi 5 novembre 2011

Energie = Capacité à transformer son environnement

La notion d’énergie est une notion que tout le monde connaît, mais qu'on ne comprend pas forcement vraiment à moins d'avoir fait un peu de physique. En physique dès qu'il y a changement d’état il y a de l’énergie qui intervient. Parfois en langage courant, les notions de "travail", "puissance" ou "force" se mélangent un peu alors que ces notions sont reliées par des équations connues depuis Newton et ont chacune un sens physique distinct bien compris. C'est encore compliqué par le fait que l’énergie se conserve mais qu'il y a des formes d’énergie utilisables et d'autre non ou encore la notion d'entropie.

Mon grand-père par exemple, est resté persuadé jusqu’à la fin de sa vie qu'il allait inventer le mouvement perpétuel en assemblant des aimants en rond, l'un "poussant" le suivant successivement jusqu’à revenir au premier. La génération de mon grand-père, génération des trente glorieuse, avait connu peut-être encore plus que nous l'ampleur des changements que permettait l’énergie bon marché, assimilée à la notion de progrès. Le premier choc pétrolier dut être un être un réveil brutal. Tristement, mon grand père passa ses derniers jours à coller en rond des bouts d’aimants sur un carton en se demandant pourquoi ça ne tournait pas.

Dessin du moyen age de L'album de Villard de Honnecourt  pour l'obtention du "mouvement perpétuel"

Pourtant il y a une manière très simple d’appréhender la notion d'énergie (comme l'explique J.M. Jancovici sur son site)  : transformer son environnement ou utiliser de l’énergie c'est la même chose PAR DÉFINITION. Plus on accélère, plus on va loin (changer la répartition des masses sur terre), plus on transforme la matière (usiner, raffiner, faire des réaction chimiques.), plus on essaye de changer la température par rapport à l’état ambiant...etc, plus on utilise d’énergie. Ainsi l’efficacité énergétique c'est juste d'essayer de ne pas perdre d’énergie en route mais déplacer deux tonnes de métal à 120km/h sur quatre roues sera toujours déplacer deux tonnes de métal à 120km/h sur quatre roues.

Si l'on essaye de garder cette définition à l'esprit ça peut éviter de faire des contre-sens quand on parle de  croissance et d'énergie et surtout ça permet de comprendre pourquoi d'aucuns considèrent que coller les mots "développement" (qui réfère surtout à croissance économique dans l'esprit de la majorité, c.a.d de plus de "transformations" en tous genres) et durable (qui signifierait stabilité) est une aberration (a moins d'imaginer une économie complètement dématérialisée ce qui est pour l'instant de la SF).

jeudi 3 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 2/4


La suite de l'article de David Korowicz où l'on comprend le lien entre  mondialisation et complexité et entre complexité et énergie.

L'économie mondiale, augmentation la co-dépendance et l'intégration :

Quand l'économie mondialisée croit, la population augmente, la richesse et l'intégration ouvre la possibilité à de nouvelles économies d'échelle et à des niches productives plus diversifiées. Lorsque de nouvelles technologies et modèles d'affaires (solutions ou ensembles de solutions) émergent, ils co-adaptent et co-évoluent avec ce qui est déjà présent. Leur adoption et leur diffusion par le biais des réseaux plus larges dépend de l'efficacité qu'ils fournissent en termes de réduction des coûts et de nouveaux débouchés. L'un des principaux moyens de gagner en efficacité globalement est de laisser les différentes pièces du système partager les coûts des transactions en partageant des plate-formes d'infrastructures communes (réseaux d'information et de transport, réseau électrique, eau / eaux usées, systèmes financiers...etc). Ainsi, il y a une tendance qui se renforce à avantager ceux qui construisent la plate-forme ainsi que les utilisateurs de la plate-forme, qui grandit à mesure que le nombre d'utilisateurs augmente. Avec le temps, l'échelle du système devient un obstacle à une diversification vers des systèmes alternatifs puisque le coût initial et les économies d'échelle intégrés deviennent un obstacle plus important pour les nouveaux entrants, en particulier là où il y a une plaque tournante d’infrastructures complexes. Le manque de diversité du système n'est pas nécessairement due à des monopoles d'entreprise. Par exemple, il y a une concurrence vigoureuse entre les fournisseurs de services de téléphone mobiles, mais ils partagent des plates-formes d'information communes et dépendent des réseaux d'électricité et du système monétaire, qui ont tous deux peu ou pas de diversité de système.

Nos systèmes d'exploitation sont intégrés dans l'économie globale. Des infrastructures coûteuses et un besoin continuel pour des composants de remplacement signifie que les économies d'échelle et un grand nombre de personnes économiquement liées sont nécessaires pour les rendre viables. Par exemple, les ressources nécessaires pour maintenir l'infrastructure IT sur laquelle nous nous appuyons pour des services essentiels sont telles que cela requiert aussi que nous achetions des consoles de jeux, que nous envoyions des messages texte superflus et que nous regardions des vidéos sur YouTube. En d'autres termes, nos besoins non-discrétionnaires et les systèmes critiques qui les soutiennent sont abordables car ils sont subventionnés par des dépenses discrétionnaires, qui dépendent elle-même de nouvelles économies d'échelle générées par l'économie mondialisée qui nous fournit notre revenu discrétionnaire en premier lieu.

Dans cette perspective, poser des questions sur les besoins en ressources pour des produits individuels de l'économie (un ordinateur ou mon café du matin, par exemple) est équivalent à poser des questions sur les ressources nécessaires à votre doigt, cela n'a de sens que si le reste du corps est doté de ressources suffisantes .

Passage de l'énergie primaire à l'énergie finale pour la France
(source du graphique)

mercredi 2 novembre 2011

Sept milliards

Aujourd'hui nous avons dépassé le nombre de 7 milliards d'habitants sur terre.

Un billet intéressant dans le monde aujourd'hui : "Le vrai risque pour l'avenir : la surconsommation" qui pose assez bien le problème. 

Le mot même de surpopulation est parfois presque tabous, puisqu'il renvoie immédiatement chez certains aux notion d’"eugénisme", "de politique de l'enfant unique" ou de "malthusianisme". Il est risqué de prononcer le mot, même si l'on a juste en tête "planning familial", "éducation des femmes" et "sécurité sociale", qui sont les outils les plus efficaces pour ralentir la croissance démographique. Dans tous les cas, que l'on parle de l’équation de Kaya, de l'empreinte écologique, de la capacité de charge de la planète, ou de plafond inévitable a toute croissance exponentielle, le sujet est bien là et on ne peut pas l'évacuer d'un revers de main.

Le dessous des cartes qui est par ailleurs la meilleur émission du monde évacue je trouve un peu vite le sujet : circulez il n'y a rien a voir, il n'y a pas de problème de surpopulation.




Le premier argument en est que "les chiffres de la malnutrition diminuent". C'est très contestable, on peut citer Devinder Sharma :

Les calculs des Nations Unies, de la Banque mondiale, de l'OMC sont faux parce qu'ils disent qu'il y a seulement 152 millions d'affamés dans le monde. Moi je dis qu'il y en a 136 millions rien qu'en Inde.

"L'augmentation des rendements fait qu'il n'y a pas de problème de nourriture". Est ce réellement durable quand on sait que :
Odum et Pimentel, ont calculé au début des années 1970 que l'augmentation des rendements agricoles est réalisée principalement grâce à l'utilisation accrue de combustibles fossiles pour la culture, des engrais, pesticides, de séchage et ainsi de suite, de sorte qu'il faut environ 10 calories de pétrole pour générer chaque calorie de nourriture que nous mangons. Le carburant utilisé est divisée presque à parts égales entre la ferme, le transport et la transformation, et la préparation. 
"les échanges internationaux permettent de répartir la production là où il y a déficit". C'est vrai mais la contre-partie est justement que la chaîne d'approvisionnement à flux tendu dont tout le monde dépend est dangereusement fragile.

"Les émeutes de la faim ne sont dues qu'à la spéculation". C'est un peu rapide et on pourrait en discuter longtemps. 

"La pression sur l'eau n'a jamais été à l'origine de guerre donc la planète n'est pas surpeuplé ". Je ne comprend pas cet argument !!

"C'est dans les pays ou la population augmente le moins que l’emprunte écologique augmente le plus, c'est donc un problème de mode de développement plus que de surpopulation." C'est vrai mais la réponse est énoncée de manière un peu simpliste. On pourrait dire que c'est un problème de surconsommation ET de surpopulation.!  En fait ce qu'il faut souligner et re-souligner a propos des crises environnementales c'est que tout est lié. C'est un gigantesque emmêlement de pelotes de ficelles et si l'on tire à un bout ça réagit à l'autre bout. Pour comprendre le fond des chose il faut vraiment se frotter au notions de "systèmes complexes". 






dimanche 30 octobre 2011

The Peoples Republic of Capitalism (2008)

Un documentaire américain qui explore la chine actuelle et ses transformations. C'est une vision assez optimiste de son développement qui souligne le "Rêve américain à la chinoise". De fait la Chine reste très pauvre et a droit au développement.  En voyant ce documentaire à coté de "Manufactured Landscapes" (pour avoir l'envers du décors), on peut je crois commencer à avoir une vision assez réaliste du "phénomène chinois". 

Ce qu'il faut souligner c'est que, pour l'instant ce développement prend la forme d'une croissance forte du PIB sur un modèle complètement occidental. Je pense qu'entre les trente glorieuses en France et la Chine maintenant, il y a plus de similitudes que de différences. Le seul problème, c'est qu'entre temps on a atteint les limites physique de la planète et qu'il est urgent de faire la différence entre "développement" et "croissance du PIB".

samedi 29 octobre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 1/4


Il existe en anglais une expression dont je n'arrive pas à trouver une traduction satisfaisante : "To connect the dots". Reconstituer une vision d'ensemble à partir des différents éléments fractionnels dont on dispose. Voici un article qui essaie donc de connecter les dots. C'est une synthèse actuelle des idées de Joseph Tainter, de limits to growth  et de Donella Meadows

Cette approche de dynamique des systèmes fait ressortir une grille de lecture que je trouve particulièrement pertinente pour "la civilisation", "le développement". Cela relie ressources, développement, économie et entropie (notion physique entre énergie et complexité)


À l'aube de l'effondrement: complexité, énergie et économie mondialisée
par David Korowicz

Les systèmes dont nous dépendons tous pour nos transactions financières, pour notre nourriture, notre carburant et autres moyens de subsistance sont si interdépendants qu'ils est mieux de les considérer comme des facettes d'un système global unique. La maintenance et l'exploitation de ce système mondial exige beaucoup d'énergie et, parce que les coûts fixes d’exploitation sont élevés, ce système n’est seulement rentable que s'il opère à pleine capacité. En conséquence, si son débit baisse parce que moins d'énergie est disponible, il ne se contracte pas d’une manière douce et contrôlable. Au contraire, il est sujet à un effondrement catastrophique.

image par Paul Butler

Fragments d'une économie mondialisée :
  • L'éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande a conduit à la fermeture de trois lignes de production de BMW en Allemagne, à l'annulation d’opérations de chirurgie à Dublin, à des pertes d'emplois au Kenya, à des passagers bloqués dans le monde entier et à de sévères avertissements sur les effets que ces bouleversements aurait sur certaines économies déjà stressées.
  • Pendant le blocus de dépôt de carburant au Royaume-Uni en 2000, les chaînes d'approvisionnement à flux tendu des supermarchés se sont interrompues et, comme les stocks fondaient, les étagères se sont immédiatement vidées. L'anxiété à ce sujet est montée à un point tel que le ministre de l’intérieur, Jack Straw, a accusé le blocus des camionneurs de "menacer la vie des autres et de mettre l'ensemble de l’économie et de la société à risque ».
  • L'effondrement de Lehman Brothers a contribué à précipiter un bref gel dans le financement du commerce mondial dans le même temps que les banques avaient peur d'accepter les lettres de crédit des autres banques. [1]
Tout comme nous ne remarquons jamais le sol sous nos pieds à moins que nous ne trébuchions, nous n’entre-apercevons ces réseaux complexes d'inter-dépendances sur lesquelles repose la vie moderne que lorsqu'une partie de ces réseaux échoue. Lorsque la panne est corrigée, le rideau se referme et tout revient à la normale. Cependant, c’est cette “normale”qui est extraordinaire.


mardi 25 octobre 2011

Combien de liberté un homme peut-il supporter ?

Extrait d'un article de Dimitri Orlov sur : http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/le_pic_petrolier_c_est_de_l_histoire.html

Mais à mesure que la culture et la société américaines sont devenues plus complexes avec davantage de pièces mobiles, elles sont devenues plus distrayantes. Depuis des décennies nous avons atteint le point où le niveau de distraction est si haut que peu de gens sont capables de s'y retrouver avec assez de conscience individuelle intacte pour réfléchir, encore moins pour questionner la nature de notre environnement national. Comme le reste de la planète, les Américains réagissent principalement au monde tel qu'il leur est présenté chaque jour. Mais le monde tel qu'il est compris par les Américains passe maintenant à travers de nombreuses couches de filtres distordus, la plupart distordus volontairement pour un gain économico-financier par une entité dominante ou une autre. Tellement qu'il est atomisé, kaléidoscopiquement diffracté. On ne peut identifier même le plus simple objet à travers un kaléidoscope. Éblouis, désorientés et détachés de la réalité, nous sommes rendus effectivement aveugles — donc facilement dirigés et gérés. Alors nous écoutons les rares voix fortes adressées au nombre et nous écartons n'importe quel dissentiment comme du bruit de fond.

dimanche 23 octobre 2011

Le dessous des cartes - commerce equitable, agriculture biologique, foodmiles



A voir au moins pour l'exemple de Starbucks et de l'Ethiopie qui est très parlant si vous n’êtes pas encore convaincu que les multinationales sont le mal incarné !!

Pour résumer : Starbuck par l'intermediaire du bureau américain des marques et brevets s'est opposé au fait que l’Éthiopie, pays originaire du café, dépose les noms Arrarre, Yirgacheffe et Sidamo qui sont des régions d'Ethiopie en tant que nom de cru de café. Pour avoir voyagé un peu sur place, je peux témoigner que la culture du café fait vraiment partie du patrimoine Éthiopien.


mardi 18 octobre 2011

ASPO

l'ASPO, Association pour l’étude des pic pétroliers et gazier est un réseau international presque informel d'ingénieurs, de géologues, de scientifiques de disciplines diverses et d'économistes, qui cherche à déterminer le moment où le pic pétrolier va survenir, et ses conséquences sur l'économie.

Jean Laherrère, un français qui fut chef des techniques d'exploration chez Total, en est une des figure de proue.

Projection de la production pétrolière établie par l’ASPO

En gros, tant qu'ils travaillent dans l'industrie, les ingénieurs et géologues se retiennent bien de parler de pic, dès qu'il regagnent leur liberté de parole il ne parle que de ça. 

Site officiel france : http://aspofrance.org/
Plein de documents ici : http://aspofrance.viabloga.com/texts/documents

samedi 15 octobre 2011

Intégrale

Ce post est destiné à tous les trolls et autres économistes qui racontent des bêtises sur internet à propos des ressources non-renouvelables au lieu de réviser leur math de collège.

Quand une courbe représente la production de quoi que ce soit dont le stock initial est fini, la surface délimitée par la courbe est finie ! En effet, mathématiquement, la surface en dessous de la courbe représente la quantité totale de ce stock (on appelle ça l’intégrale de la courbe).

Pour les gens qui ont deja décroché parce que j'ai prononcé le mot "mathématique", voici un petit schéma à base de bouteilles de pinard.



  Donc, que la courbe soit comme ça :

, comme ca :


, ou comme ca :


On peut dire sans se tromper qu'au début de la production la courbe est à zéro, qu'à la fin elle revient vers zéro, qu'entre les deux il y a eu un maximum et que quelle que soit la production telle ou telle année, au final, la surface totale de la courbe sera la même puisqu'elle représente le stock initial ! Et ceci est aussi vrai pour la production de pétrole que pour la production de gaz ou pour la production de  lithium.

En conséquence, en matière de production de ressources non-renouvelables, il n'y a que pour les économistes que parler de pic est considéré comme grossier.



NB1: A moins d'un impact de météorite géante sur terre, il y a peu de chance que la courbe ait cette forme :
Et à moins d'intervention magique, il y a peu de chance qu'elle ait cette forme :
Mais ça ne change pas vraiment le fond du problème...


NB2:  Ce post se veut être assez didactique pour être copié-collé dans tout échange de commentaires avec un spectateur de TF1.

NB3: