mercredi 3 juillet 2013

La mort de l'innovation, la fin de la croissance.




Robert J. Gordon est un économiste qui étudie les sources de la croissance sur le long terme dans les pays développés.  Avant la première révolution industrielle, il n'y avait quasiment pas de croissance, elle plafonnait depuis des siècles à 0.2% en moyenne. Elle a augmenté ensuite progressivement jusqu’à un maximum (entre 2 % et 3%) dans les années 30, 40 et 50, puis elle a commencé a redescendre. Sur la dernière décennie, la croissance est plate. N'avons nous pas passe un pic de croissance ?

Si l'on étudie les sources premières de la croissance : démographie,  éducation,  innovation. Les deux premières peuvent difficilement constituer les sources de la croissance future pour les pays développés.  Il ne reste que l'innovation comme source de croissance.

Et c'est la que Robert Gordon enfonce le clou. Il analyse l'innovation non pas en complexité mais en fonction de l'impact qu'elle ont eu sur la vie des gens et donc sur la croissance. Et on est bien obligé d'admettre que les innovations d'il y a 100 ans, électricité,  eau courante, urbanisation, vaccination, chauffage, moteur a combustion...etc ont bien plus transformé la société que les innovation des 50 dernières années, ordinateur, internet, biotechnologies. 

On a toute les raison de penser que la croissance moyenne à 2%, c'est définitivement fini !

lundi 1 juillet 2013

Shale oil

Avant de parler d'indépendance énergétiques des us , de shale oil ou autre fin du peak oil, tout ce que je peux conseiller c'est d'écouter ce podcast, une interview de Arthur Berman, un analyste en matière de pétrole et de gaz, texans et indépendant.

KUNSTLERCAST



samedi 29 juin 2013

Décrocher la lune



On a envoyé deux gusses planter un drapeau sur la lune il y a déjà 45 ans. A l’époque on prévoyait que quelque décennies après, les gens iraient passer leur lune de miel sur la lune...pourtant ce n'est pas ce qui s'est passé ! WTF ? Il se trouve qu'en fait ce n'est pas une question de technologie disponible mais une question d’énergie disponible.

mardi 25 juin 2013

Solutions : arbres fruitiers partagés





Le site allemand mundraub.org  invite les gens à étiqueter les arbres fruitiers oubliés sur une carte interactive et a localiser  les arbres existants qui peuvent être récoltées. Dans les deux premières années qui ont suivi le lancement du site en 2009, plus d'un demi-million de personnes ont consulté le site, et plusieurs centaines contribuent activement à la carte d'arbres fruitiers. La carte recense aujourd'hui environ 3.000 «lieux de découverte , ce qui correspondent à peu près à 20.000 ou 30.000 arbres. Est ce que la redécouverte du fruit commun grâce a ce site, une autre confirmation des théories de la lauréate du prix Nobel Elinor Ostrom sur la question de l'auto-gestion des biens communs par la communauté ?


samedi 15 juin 2013

Vers la résilience (première partie)

Goldilocks avait raison: comment construire des sociétés résilientes au 21e siècle 
par Laurie Mazur, initialement publié par NewSecurity Beat | 26 avril 2013 

C'est la première partie d'une adaptation de l'essai de Laurie Mazur pour  Worldwatch 'State of the World 2013: La durabilité est-elle encore possible?





Vers la résilience  est une série sur la signification de la résilience ou la vulnérabilité mondiale aujourd'hui.
Quand la super tempête Sandy a percuté la côte Est américaine en Octobre dernier, c'était le dernier d'une série de «moments d'apprentissage» au sujet de notre vulnérabilité croissante face au changement climatique.
La tempête a tué quelque 150 personnes aux États-Unis, et a provoque 50 milliards de dollars de dégâts. En outre, en paralysant temporairement la ville de New York - l'une des grandes capitales financières et culturelles du monde - la tempête a semblé forcer beaucoup de gens a sortir du déni. «C'est le réchauffement de la planète, stupide!" Résonna un titre sur Bloomberg Business Week. Et, après un long silence sur le sujet, le président Obama a reconnu les impacts climatiques dans son discours inaugural. "Certains peuvent toujours refuser le jugement accablant de la science", a t-il déclaré, "mais personne ne peut éviter les effets dévastateurs des incendies qui font rage et la sécheresse paralysante et des tempêtes plus puissantes."

Surtout, la tempête a provoqué une nouvelle conversation sur notre besoin d'une plus grande résilience face aux catastrophe. C'est une conversation en temps opportun : Même si les catastrophes de toutes sortes n'ont rien de nouveau, la fréquence, l'ampleur et l'impact des catastrophes d'aujourd'hui sont plus grandes que jamais. Le nombre de personnes touchées par des catastrophes naturelles a explosé au cours du siècle dernier, passant de quelques millions de dollars en 1900 à environ 300 millions en 2011. La société de réassurance mondiale Munich Re a déclaré que 2011 a été l'année la plus coûteuse depuis toujours pour l'industrie de l'assurance.

Les calamités d'origine humaine sont aussi à la hausse. Aujourd'hui, les gens du monde sont liés que jamais par les réseaux mondiaux denses de commerce et d'information - et ces réseaux peuvent amplifier les perturbations. Par exemple, la crise financière actuelle a été déclenchée par les prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, mais dans une économie mondiale interconnectée, ses effets se répercutent à travers le monde.


Pourtant, alors que les catastrophes de toutes sortes sont de plus en plus inévitable, il est possible de limiter leur impact. Certaines personnes, des communautés et des nations sont capables de se remettre sur pied a la suite de chocs importants, ils sont, en un mot, résilient. Mais qu'est-ce que ça veut dire? Quelles sont les caractéristiques qui confèrent la résilience, et comment peuvent-elles être cultivés?

lundi 10 juin 2013

Cartographie de la transition

Ça bouge du cote du Shift Project. Voici la présentation d'une étude sur la cartographie de la transition carbone, c'est a dire une tentative de synthétiser toutes les bonnes idées d'ici ou là et dans tous les domaines. "La transition, ce n'est pas juste changer de mixte énergétique, c'est changer de model ". Il s'agit d'essayer de répertorier les évolution de la société nécessaires et désirable.  Le rapport propose ensuite  vingts exemples d'action vers la transition en les chiffrant, les évaluant et proposant des outils d'action.



Diapositives de la présentation. 
Rapport final-Cartographie de la transition

mardi 4 juin 2013

FMI & pic pétrolier



Le FMI est la première institution internationale qui commence a prendre en compte le pic pétrolier dans sa planification économique. En 18 mois ils ont publié trois rapports :
Voici une explication de texte sur ce sujet de Olivier Rech, un expert de ASPO France

dimanche 26 mai 2013

Compétitivité et contenu énergétique d'un médecin



Quel est le contenu énergétique d'un médecin ? Ou pourquoi les contraintes sur les ressources naturelles ne sont pas forcement des contraintes sur les services publiques. 

Si l'on habite au US, pour calculer l’énergie nécessaire pour que le système de santé survive, il faut comptabiliser des campus de luxe avec des gymnases de 10 000 places, des BMW, des mac-mansion, des vacances au Bahamas pour les chirurgiens...etc. Ainsi dans un système de sante libéralisé, on peut avoir l'impression que si la disponibilité d’énergie diminue, il n'y en aura plus assez pour tout le monde en matière de santé.

Mais si l'on y réfléchit c'est quoi le minimum pour qu'un système de santé fonctionne? Des bouches a nourrir, des toits sous lequel entasser des malades, et quelques laboratoires ou fabriquer les quelques vaccins et les quelques  dizaines de molécules les plus nécessaires a l'exclusion de tous les médicament de confort, dérives et autre placebo High-tech. C'est bien pour ça que certain pays pauvre atteignent des résultats en matière de santé presque aussi bon qu'au US pour une fraction du coût.

Pour résumer, le "contenu énergétique" d'un médecin est directement proportionnel au "contenu énergétique" du mode de vie moyen. Quand on dit proportionnel, ça peut être 5 fois celui ci dans un système de santé élitiste avec course au profit et nombre de médecins limite, mais ça peut-être juste 1 fois dans un système ou le médecin généraliste se contente d'un mode de vie moyen.

Tout cela pour dire que s'il doit y avoir rationnement du nombre de médecin strictement par manque de ressource, c'est quand on ne peut plus nourrir des bouches en plus que ceux qui travaillent dans les champs. Dans ce cas, les coiffeurs vont disparaître avant les médecins. Mais on peut argumenter que dans le cas d'un long déclin de la disponibilité d’énergie, on part de tel niveau qu'on aura encore pendant des siècles assez d’énergie pour que n'importe quoi entre 50 et 90 % de la population soit disponible pour autre chose que travailler dans les champs.

S'il y a néanmoins rationnement, c'est plus par des blocage interne au système du type de ceux que décrit Tainter quand il décrit la manière dont l'élite résiste toute remise en cause du statu-quo qui leur a bénéficié jusque la. Si la corporation des médecins préfère rester peu nombreuse et bien payée, ça s'appellerait un rationnement artificiel. On peut alors avoir un effet multiplicateur du rationnement : un rationnement qui devrait correspondre a "on peut plus avoir des locaux aussi confortable" peut alors devenir "on peut plus soigner tout le monde".

Imaginons une société ou la disponibilité des ressources diminue de x%. On peut imaginer plusieurs voies de résolution : si chacun s'accroche a sa portion de ressource, alors il faut que ça cède quelque part. On a alors une minorité significative la plus forte qui réussit a conserver sa part et alors la majorité de la population voit sa part de ressource fondre de bien plus que x%. La deuxième voie c'est chacun baisse sa part de x%.

La question des limites aux ressources naturelles et même de leur rationnement nécessaires ne va pas dans le même sens que celle de la contrainte économique sur le nombre de fonctionnaire, les dépenses de santé. Puisque la limitation sur les ressources est dominante, le travail et le capital ne sont plus les facteurs limitant la question est de savoir quel système permet de gérer la baisse de x% de manière équitable alors que le statu quo va provoquer un rationnement artificiel de bien plus que x%.

mardi 21 mai 2013

Plus de marge

Selon les limites du système que l'on prend, nous (les humains) utilisons entre 30 % et 50% de tout ce que la photosynthèse produit sur terre. Les millions d'autres espèces se partagent le reste...


samedi 18 mai 2013

The Oil Drum


The oil drum est un des sites de référence en matière d’études et de débat sur le pic pétrolier. Les articles sont souvent assez techniques et les commentaires sont ceux d'un public de gens bien informés sur le sujet dont certains ingénieurs de l'industrie pétrolière ou du domaine de l’énergie en général. 

jeudi 16 mai 2013

Nate Hagens

Nate Hagens est le fondateur du site The Oil Drum. Apres avoir travaillé à Wall Street il décida de tout arrêter pour poursuivre une thèse sur  l’économie et la biologie. Un peu sur le même thème que le post précédent, il nous parle dans cette conférence de l'ASPO 2012, des limitations de la pensée économique actuelle.

Quelques citations :

  • Ce que nous dépensons c'est l’énergie, l'argent, c'est ce qui contrôle l’énergie.
  • l'argent ne peut pas créer de l’énergie, il peut juste l'extraire plus vite.
  • Nous n'avons pas de manque d’énergie, nous avons trop d'exigences
  • la biologie détermine ce dont nous avons besoin, la culture détermine ce que nous avons.

dimanche 12 mai 2013

Facteurs limitant

Le système économique actuel est structurellement bâti sur le présupposer que les ressources sont infinies ou substituables. Ecoutez n'importe quel économiste ou chercher dans n'importe quelle théorie économique et vous constaterez que l’idée même de ressource finie ou non substituable est considérée comme une hérésie. Et c'est logique... puisque dans l’économie actuelle, les ressources ne sont pas comptabilisées. Ce qui est comptabilisé est la rente du propriétaire de la ressource ou le travail nécessaire pour extraire la ressource. A aucun moment, n'est comptabilisé le travail pour la "fabrication" de la ressource. personne ne paie la forêt qui purifie l'air et restitue de l’oxygène, ou la terre qui a fabriqué du pétrole en quelques millions d’années. Si l'on payait déjà ces services, le coût pour fabriquer du carburant liquide à partir de biomasse et dans les même volumes que le pétrole (ce qui est en fait impossible) serait déjà inclus dans le système et il n'y aurait pas de crise énergétique. 

Cette idée que les ressources soit infinies est en quelque sorte la conséquence historique du fait que, au début de notre système économique actuel, c.a.d. au début de la révolution industrielle, cette approximation était sans conséquences. L’économie est  l'extraction des ressources physiques  (matériel et énergétique) pour en faire du "PIB" (des biens ou services utilisables directement) à l'aide de capital et de travail. Les facteurs limitant de l’époque étaient le capital et le travail, donc la question de la déplétion des ressources n’était pas prise en compte.  

Pourtant, nous arrivons à un stade ou s'il y a une limitation sur les ressources, elle est dominante, le travail et le capital ne sont plus les facteurs limitant. De fait depuis le premier choc pétrolier  il y a du chômage : trouver de la main d'oeuvre n'est plus le facteur limitant. De même depuis 2008 le capital n'est pas le facteur limitant : les bureaux, une infrastructures de transport, les machines outils sont du capital. Il y a surproduction de tout cela , on n'entend plus jamais parler d'une entreprise qui ne pourrait pas fonctionner par manque de local, ou par manque d'infrastructure...Le capital n'est plus le facteur limitant.

Pour résumer l'on peut dire que l'on pensait que l'environnement faisait partie de l'économie alors que la réalité est que c'est l'économie qui fait partie de l'environnement. 



mardi 7 mai 2013

Brouette chinoise

Toujours en rapport avec les infrastructures de transport, j'ai vu récemment dans un musée une brouette chinoise traditionnelle (Comme vous pouvez le voir sur la photos, je parle de l'instrument et pas de la position). J'en parlais dans ce post en référence à cet article : "How to downsize a transport network: the Chinese wheelbarrow".

Je pense qu'il faudrait faire une étude sur son équivalent moderne, instrument majeur de la compétitivité actuelle de la Chine : le tricycle.




jeudi 2 mai 2013

Carmagedon

Ça fait plaisir de voir que, même aux Etat-Unis, un pays qui paraissait pourtant être un cas désespéré de civilisation de l'automobile, les choses commencent à bouger.

Voici, un plaidoyer venu du fond du cœur pour plus de piétons et plus de vélos dans les villes US par Mark Gordon un des leader du "livable streets movement", (mouvement pour des rues vivables) et un de ceux qui a amorcé ce changement à New-York.


Mark Gorton at ProWalk ProBike - September 12, 2012 - Long Beach, CA from Streetfilms on Vimeo.

Il essaye ici de développer un argumentaire qui soit audible du publique et des officiels dans un pays ou contester le tout-voiture vous fait vite passer pour un marginal. Comme aux US le débat sur le réchauffement climatique est très politisé, il construit son argumentaire en quelque points en laissant volontairement ce sujet de coté :
  • Les enfants ne peuvent de nos jours plus jouer devant leur maison. "Des études montre que le rayon de la zone de liberté des enfants autour de leur maison est réduit comme peau de chagrin. Au temps de nos arrière grands parents, les enfants parcouraient facilement 6 km seuls pour aller pécher par exemple,  au temps de nos grand parents, ça s'est réduit à 1.6 km, pour nos parents à 800 m,  et pour les enfants actuels à 250 m. C'est le sentiment même de liberté des enfants qui est atteint." (exemple Shetfield UK)
  • Le trafic mine le lien social d'un quartier. A l’échelle même d'une rue, tout étant égal par ailleurs, plus le trafic augmente, moins les gens connaissent leurs voisins. (CF. Donald Appelyard, university of CA)
  • Il est impossible d'avoir une densité de bâtit qui marche a la fois pour les piétons et à la fois pour les voitures. En privilégiant la voiture, on fabrique un environnement urbain qui n'est plus à échelle humaine.
  • Les villes qui ont choisit le tout-voiture dépensent 12% de leur PIB métropolitain sur des infrastructures de transport, les autres 6%. Les USA ne peuvent même plus payer l'entretient des routes existantes. 
  • Investir dans dans des infrastructures pour piétons ou vélos amène un retour sur investissement de 1 a 8 si l'on considère la réduction des coûts de transport généré.  Investir dans de nouvelle routes est un gouffre financier. 
  • La compétitivité de l'économie américaine est plombée par les dépenses contrainte due à la voiture. 
  • La dépendance à la voiture entraîne un cercle vicieux de pauvreté pour ceux qui ne peuvent plus se payer une voiture.
  • Au niveau de la santé de la population, le tout-voiture est catastrophique.

lundi 22 avril 2013

Il n'y a qu'une option

There's Only One Real Option for Averting Economic and Ecological Ruin -- So Why Aren't We Talking About It?
par Richard Heinberg , publié à l'origine par le PostCarbon Institute le 16 avril 2013



Les économies d'énergie sont notre meilleure stratégie de pré-adaptation à un avenir énergétique inévitablement contraint. Et c'est peut-être notre seule option réelle pour éviter la ruine économique, sociale et écologique. Le monde devra faire face à des limites à la production d'énergie dans les décennies à venir, quels que soient les choix énergétiques des décideurs politiques. Considérons les deux choix extrêmes : l'option du CO2 minimum et celle du CO2 maximum. 

Si nous reconstruisons notre infrastructure mondiale énergétique pour réduire les émissions de CO2, dans le but de lutter contre le changement climatique, cela se traduira par la suppression des incitations et des subventions au pétrole, au charbon et au gaz et à les transférer vers des sources d'énergie renouvelables comme le solaire, l'éolien et la géothermie. Lorsque des combustibles fossiles seront encore utilisés, nous aurons besoin de capturer et d'enterrer les émissions de dioxyde de carbone. 

Nous pourrions aussi faire appel à l'énergie nucléaire pour nous aider sur le chemin, mais cela ne serait probablement pas beaucoup. La catastrophe de Fukushima au Japon en 2011 a mis en évidence une série de problèmes de sécurité non résolus, y compris le stockage du combustible usagé et la vulnérabilité aux pannes de courant prolongées du réseau. Même en ignorant ces problèmes, l'énergie atomique est chère, et les livraisons de minerai d'uranium à haute teneur sont problématiques. 

Le chemin à faible émission de CO2 est aussi jonché d'autres obstacles. Le solaire et l'énergie éolienne sont sujet à l'intermittence, un problème qui ne peut être résolu que par des investissements substantiels dans le stockage d'énergie ou le transport longue distance. Les énergies renouvelables ne représentent actuellement qu'une infime partie de l'énergie mondiale, de sorte que le chemin à faible émission de CO2 nécessite un fort taux de croissance dans ce secteur cher, et donc des taux d'investissement élevés. Les gouvernements devront démarrer la transition avec des réglementation et des subventions, ce qui est difficile dans un monde où la plupart des gouvernements sont financièrement surchargés et les capitaux pour l'investissement sont rares. 

Pour le transport, l'option à faible émission de CO2 est encore plus épineuse. Les biocarburants souffrent de problèmes de coût élevé et du détournement des terres agricoles, la transition vers les voitures électriques sera coûteuse et prendra des décennies, et des avions électriques ne sont pas réalisables. 

La capture et le stockage du CO2 seront également coûteux et nécessiteront également des décennies à mettre en œuvre à une échelle significative. En outre, les coûts de l'énergie pour construire et exploiter une nouvelle énorme infrastructure de pompes de dioxyde de carbone, des pipelines et des compresseurs seront considérables, ce qui signifie que nous devrons extraire de plus en plus de combustibles fossiles pour produire la même quantité d'énergie utile à la société, un problème épineux si les combustibles fossiles deviennent en plus, plus coûteux . Donc, en dernière analyse, un avenir à faible émission de CO2 est également très susceptible d'être un avenir à faible énergie. 

Et si nous oubliions le climat ? Cela peut sembler être la voix de moindre résistance. Après tout, les combustibles fossiles ont l'histoire d'être pas cher et abondant, et nous avons déjà l'infrastructure nécessaire pour les brûler. Si combattre le changement climatique est coûteux et politiquement controversée, pourquoi ne pas continuer de plus belle sur la voie de la haute teneur en CO2, sur laquelle nous sommes déjà, dans une poursuite de la croissance économique maximum ? Peut-être, qu'avec une croissance suffisante, nous pourrions nous permettre de surmonter tous les problèmes que l'évolution du climat nous met en travers du chemin. 

Ce n'est pas une bonne option. Le dilemme auquel nous serions confrontés à travers la voix d'énergie a haute teneur en CO2 peut se résumer par la métaphore du fruit à portée de main que l'on cueille d'abord. Nous avons d'abord extrait la meilleure qualité, la moins chère à produire, les ressources en hydrocarbures les plus accessibles, et nous avons laissé la moindre qualité, les ressources coûteuses à produire, moins accessibles pour plus tard. Eh bien, maintenant il est tard. D'énormes quantités de charbon, de pétrole, de gaz et d'autres combustibles fossiles restent encore sous terre, mais chaque nouvel incrément coûte beaucoup plus cher à extraire (en termes d'argent et d'énergie) que ce n'était le cas il y a seulement une décennie. 

mercredi 17 avril 2013

De la performance à la résilience


Qui n’a jamais entendu que les arbres ne grimpaient pas jusqu’au ciel ? Que cela soit heureux ou malheureux est un débat intéressant, mais il en est un qui l’est bien plus : savoir quoi faire quand l’arbre a terminé sa croissance. Depuis 2007, et pris en monnaie constante, le PIB français n’a pas augmenté. Celui de l’Europe pas plus, celui du Japon a un peu diminué, et même celui des USA est globalement ce qu’il était il y a 5 ans.

L’économie sans croissance dans l’OCDE, c’est maintenant, et c’est parti pour durer un certain temps. Affreux ? Intolérable ? Peut-être, mais réel. Pour un individu pris isolément, l’arrêt de la croissance physique ne pose pas le moindre problème. Comme nous savons que cela arrivera, nous avons le temps de préparer des activités et des motifs d’espoir qui sont adaptés à l’évolution de notre situation physique.

L’économie industrielle est à ce tournant que nous connaissons tous comme individus : elle a vieilli, et ne peut plus assurer la performance d’antan. Les mines et puits de pétrole sont moins généreux, l’espace encore disponible est plus difficile à trouver, et plus généralement toutes ces ressources que 15 milliards d’années d’évolution depuis le Big Bang ont mis gratuitement à notre disposition se font un peu plus tirer l’oreille pour devenir disponibles.

Le problème, c’est que, tel l’artiste qui refuse de se voir vieillir, nous n’avons pas voulu voir le coup venir. On a beau se tourner partout, il n’existe pas la moindre production intellectuelle digne de ce nom sur ce que signifie de gérer un univers sans croissance. Cette question n’a pas besoin de savoir si la croissance est désirable ou pas : elle a vocation à explorer les modes de gestion qui permettent de conserver une société avec un bon moral si la croissance physique n’est pas ou plus là.

Habituées aux coups durs, les entreprises sont un peu mieux armées, mais guère plus. Il leur reste aussi à opérer la difficile mutation de la performance à la résilience, qui ne garantira plus les rendements d’antan quand tout va bien, mais assurera la survie à des horizons de temps plus longs. Sacré défi !

dimanche 14 avril 2013

La voiture électrique 3/4

La Présentation de Jérôme Perrin (la presentation en pdf est ici) concerne les émissions de Co2 par kilomètres, les nouvelles normes européennes et les moyens de les atteindre. Son point de vue est en partis celui de Renault.




La Présentation d'André Broto (la presentation en pdf est ici)  nous expose les statistiques de la mobilité actuelle en France. Il est a noter que ses recherches sont financées par Cofiroute, il est donc probable qu'il a accès à de bonnes données mais que ses conclusions ne sont pas neutres. De manière non surprenante il conclue que le réseau routier étant déjà construit, le bus est parfois une solution plus efficace que le train. 



Dans la 5eme partie, les questions et le débat, la dernière question abordée et la réponse sont un bon résumé : "la solution de l'autocar électrique qui ne s’arrête pas aux feux parait la plus avantageuse". Ce qui résume les enjeux : mode de mobilité partagé, motorisation vertueuse, et gestion intelligente des flux.

mercredi 10 avril 2013

La voiture électrique 2/4

Quand on est dans des embouteillage la voiture électrique est très efficiente comparée à celle à essence, Mais si l'on roule à toute vitesse sur l'autoroute dans une grosse voiture pour une longue distance, alors ce n'est plus aussi évident parce que l’électricité se stockant mal, le poids des batteries devient vite handicapant. De même, le train est le moins énergivore des transports ... à condition qu'il n'ait pas un taux de remplissage de juste 20%.

Il n'y a donc pas de solution miracle et il est très difficile de savoir quel impact a réellement le système de transport dans son ensemble. La seul solution est de modéliser l’ensemble du système de transport, avec tous ses paramètres, type de déplacement, vitesse, accélérations, stop, distances, ..., les types de véhicule, poids, capacité, énergie, durabilité... Et les gens, habitudes de déplacement , partage de véhicules .. Et de tester ce modèle en faisant varier les hypothèses.

C'est l'objet de la deuxième présentation de Dominique David sur un modèle simulant l'ensemble des émissions liées a la mobilité  (La présentation en pdf est ici) :

lundi 8 avril 2013

La voiture électrique 1/4

Voici un ensemble de conférences-débat organisées par le Shift Project sur la voiture électrique ou plutôt sur la mobilité en général.



Les voiture électriques ont excitées avant même les voitures à essence. Pourquoi alors, les voitures au pétrole se sont-elles imposées ? C'est parce qu'elles ont un avantage indéniable : le pétrole est une énergie stockée de façon dense et facilement transportable. Cependant a causes des contraintes sur les volumes disponibles et sur le prix de l'essence, la mobilité "tout pétrole "telle qu'elle existe actuellement va être remise en cause. Est ce que la voiture électrique est destinée a s'imposer pour autant ? Ce n'est pas si sur. En tout les cas, il faut se poser les bonnes questions. Et la question qui semble pertinente est celle de la mobilité dans son ensemble et non pas celle de la voiture individuelle.

Tout d'abord, il n'y a pas une seule voiture pour un seul usage, la voiture électrique concerne-t-elle tel usage ou tel usage ? Selon le territoire urbain, peri-urbain, rural, selon le type de déplacement, travail, loisir, approvisionnement, selon les personnes, enfant, vieillard, selon les contraintes de coût...etc, il y peu de chance qu'un type de mobilité soit pertinent pour tout ces usages et usagers.

Il faut donc réfléchir au "cocktail de solutions de mobilité". C'est l'objet de la première présentation d'Hélène Le Teno que de poser toutes ces questions. ( La présentation en pdf est ici) :

A noter en particulier les différents scénarios de futurs possible qu'elle propose comme point de départ d'analyse :