lundi 25 juin 2012

Interview de Dennis Meadows

Un interview dans le monde de Dennis Meadows, par Stéphane Foucart et Hervé Kempf. Si vous n'avez qu'un article à lire dans le mois, c'est celui là :


En mars 1972, répondant à une commande d'un think tank basé à Zurich (Suisse) - le Club de Rome -, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient The Limits to Growth, un rapport modélisant les conséquences possibles du maintien de la croissance économique sur le long terme. De passage à Paris , mercredi 23 mai, à l'occasion de la publication en français de la dernière édition de ce texte qui fait date (Les Limites à la croissance, Rue de l'Echiquier, coll. "Inital(e)s DD", 408 p., 25 euros), son premier auteur, le physicien américain Dennis Meadows, 69 ans, a répondu aux questions du Monde.
Quel bilan tirez-vous, quarante ans après la publication du rapport de 1972 ? 
D'abord, le titre n'était pas bon. La vraie question n'est pas en réalité les limites à la croissance, mais la dynamique de la croissance. Car tout scientifique comprend qu'il y a des limites physiques à la croissance de la population, de la consommation énergétique, du PIB, etc. Les questions intéressantes sont plutôt de savoir ce qui cause cette croissance et quelles seront les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système. Pourtant, l'idée commune est, aujourd'hui encore, qu'il n'y a pas de limites. Et lorsque vous démontrez qu'il y en a, on vous répond généralement que ce n'est pas grave parce que l'on s'approchera de cette limite de manière ordonnée et tranquille pour s'arrêter en douceur grâce aux lois du marché. Ce que nous démontrions en 1972, et qui reste valable quarante ans plus tard, est que cela n'est pas possible : le franchissement des limites physiques du système conduit à un effondrement. Avec la crise financière, on voit le même mécanisme de franchissement d'une limite, celle de l'endettement : on voit que les choses ne se passent pas tranquillement. 
Qu'entendez-vous par effondrement ? 
La réponse technique est qu'un effondrement est un processus qui implique ce que l'on appelle une "boucle de rétroaction positive", c'est-à-dire un phénomène qui renforce ce qui le provoque. Par exemple, regardez ce qui se passe en Grèce : la population perd sa confiance dans la monnaie. Donc elle retire ses fonds de ses banques. Donc les banques sont fragilisées. Donc les gens retirent encore plus leur argent des banques, etc. Ce genre de processus mène à l'effondrement. On peut aussi faire une réponse non technique : l'effondrement caractérise une société qui devient de moins en moins capable de satisfaire les besoins élémentaires : nourriture, santé, éducation, sécurité.  

vendredi 22 juin 2012

Hans Rosling et la fantastique machine à laver

Hans Rosling dans ses autres conférences voit et nous montre le progrès en marche. Il faut préciser que lorsque l'on remet en cause la notion de progrès, on ne rejette pas en bloc tout bien être matériel, toute évolution scientifique et toute avancée technologique. Ce dont on parle lorsque l'on remet en cause la notion de progrès c'est de contre-productivité, de lois des rendements décroissants de la technologie ou encore de fragilité des systèmes complexes. Cependant il reste vrai que la majorité des gens sur cette planète a le droit au développement économique, à l'enrichissement ...etc

Ici, Hans Rosling est très convaincant quand il fait de la machine à laver l'objet le plus fondamental, le plus symbolique du progrès des 100 dernières années .

mardi 19 juin 2012

Équivalent esclaves

L’équivalent esclave est une unité d'energie chère à Jean-Marc Jancovici
Il est vrai qu'elle a certains avantages : 
  • C'est une unité plus concrète que les tonnes équivalent pétrole, les barril de brut, les KWh , les Joules, Calories et j'en oublie.
  • Elle relie la notion d’énergie à quelque-chose que chacun peut appréhender très intuitivement.
  • Elle souligne le contraste entre nos consommations et celles d'une civilisation pré-industrielle
  • Elle est un brin provocatrice...

Sur ce principe, voici un petit graphique, que j'ai redessiné à partir de celui-ci qui représente la consommation d'énergie par usages en France :

Consommation d'énergie par usages en France en équivalent-esclaves

lundi 11 juin 2012

Entropie

L'entropie est en quelque sorte la mesure du désordre d'un système. C'est à l'origine un concept de thermodynamique mais qui a été généralisé à beaucoup d'autres domaines. 




Entropie et Énergie :
Le fait qu'il y a toujours conservation de l’énergie et le fait que l’énergie s’épuise ne sont-t-ils pas deux faits contradictoires ? La réponse est non : il y a toujours conservation de l'énergie mais on ne peut utiliser l'énergie que dans un seul sens, le sens de l'augmentation de l'entropie.

Entropie et Temps : 
En physique, les équations sont  réversibles, on peut les faire tourner dans un sens ou dans l'autre. Dans la vrai vie l'axe du temps n'a qu'un seul sens. Il se trouve que l'entropie est la notion physique qui ne va aussi que dans un sens : un système va toujours dans le sens de l'augmentation de son entropie. La notion d'entropie et la flèche du temps sont indubitablement liées. 

Entropie et Biologie  : 
La vie semble aller dans le sens inverse de l'entropie vers des systèmes toujours plus complexes. Pour cela toute vie a besoin d'un flot d’énergie continu pour lutter contre l'entropie, la dégradation, le vieillissement, la mort. 

Entropie et Economie :
Comme dans tous les domaines évoqués précédemment, plus un système se complexifie, plus il nécessite un flot continu d’énergie d'ou l’idée que mondialisation et sobriété énergétique sont incompatibles et qu'inversement pic pétrolier = dé-mondialisation.



lundi 4 juin 2012

L’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer

Howard Kunsler résume très bien une idée qu'un économiste libéral ne pourra jamais comprendre parce ça nécessiterait pour lui un changement de paradigme trop profond : l’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer.



Depuis la révolution industrielle nous avons oublié à quel point l’énergie pas chère a façonnée notre société. Associé au capitalisme cela a crée une économie à entropie élevée. 
Prenons l'exemple d'une rivière : lorsque l'eau s'écoule sur les pan d'une colline en traversant une foret, cela prend du temps, se fait de manière dispersée, et inégal, ce n'est pas «efficace». Il est donc également difficile d'en exploiter l'énergie mécanique. Mettez à la place un tuyaux de drainage en bas de la colline, et l'eau s'écoule rapidement et de façon plus "efficace", et avec moins d'obstacles. Et alors ? Nous avons créé une économie qui ressemble à ce tuyau de drainage. C'est efficace, mais cela épuise l'énergie très rapidement et c'est diamétralement opposé aux systèmes naturels.
Ainsi, comme dans l'image de la rivière, le problème n'est pas d'utiliser l’énergie ou les ressources de manière plus efficace, mais de les utiliser autrement.

mercredi 30 mai 2012

Is this our final century?

Dans toute conversation sur le changement climatique, il y a toujours un interlocuteur qui, en guise d’échappatoire va jouer la carte de la prise de recul, de l’élargissement, de la relativisation du genre : " de toute façon les hommes survivront, c'est pas la fin du monde... " ou encore "à l'échelle de temps de la terre, ...blablabla... ", " de toute façons, on ira dans les étoiles..." C'est le genre de faux-fuyant énervant parce qu'il met immédiatement fin à la conversation. 

Martin Rees, en tant qu'astronome d'âge respectable a toute la légitimité pour prendre ce recul. Il le fait avec subtilité, et parle de notre destin...mais pas de manière fuyante.







dimanche 27 mai 2012

Le changement climatique, un complot gauchiste.

Noam Chomsky, figure de la gauche américaine, raconte comment et pourquoi au Etat-Unis, la droite perçoit le changement climatique comme un complot gauchiste.

lundi 21 mai 2012

Moi, la finance et le développement durable (2010)

"si vous ne réfléchissez pas à la manière dont vos économies travaillent, vous êtes complice sans le savoir des dérives de la finance." 

http://www.imdb.com/title/tt1707246/
http://financedurable-lefilm.com/

Un documentaire sur le thème de la finance durable. Il s'agit d'une présentation des différentes initiatives de finance "durable" ou "éthique". Un petit reproche, il manque un peu d’enquête ou de théorie sur la manière dont la finance peut être destructrice . A part les exemple évidents tels que le financement des usines de mine anti-personnel évoquées dans le documentaire, il n'y a pas de réflexion théorique sur la manière dont les flux financiers  :
  • orientent l’économie sur le court terme en favorisant le retour sur investissement le plus rapide, au détriment des investissement de long terme.
  • exigent des retours supérieurs à la croissance donc déforment la croissance vers le coté non-durable et les bulles spéculatives
  • sont aveugle à toutes sorte d’externalité puisque tout ce qui n'est pas monétisé n'existe pas
  • sont susceptible de biais idéologique du à la sociologie de ceux qui tiennent les cordons de la bourse
  • ...etc...etc

Gaz de schiste, info ou intox ?

On entend de plus en plus dire que le boom du gaz de schiste au USA contredit le pic pétrolier ou du moins l’idée que la contrainte énergétique s'accentue. Voici ma contribution au débat : la traduction d'un petit article sur le sujet qui démolit ce mythe.  Article original ici


L'histoire officielle du gaz de schiste se résume à quelque chose comme ceci : les dernières percées technologiques par les multinationale de l’énergie des États-Unis ont permis d'exploiter une source d’energie propre et abondante et respectueuse de l'environnement, mais jusque-là inaccessibles, le gaz naturel. Cela a permis aux États-Unis de devenir le leader mondial dans la production de gaz naturel, dépassant la Russie, et sur le point de mettre fin au monopole du gaz russe en Europe. En outre, ce nouveau gaz de schiste se trouve dans de nombreuses parties du monde, et, en temps opportun, permettront à la majorité des pays du monde d’obtenir l'indépendance par rapport aux producteurs de gaz traditionnels. Par conséquent, la capacité de ces pays avec les plus grande réserves de gaz naturel - la Russie et l'Iran - à maîtriser le marché du gaz naturel sera réduite, ainsi que leur influence géopolitique globale. 

Si tel était le cas, alors nous devrions nous attendre a ce que le Kremlin, ainsi que Gazprom, tremblent dans leurs bottes. Mais tremblent-ils? Voici ce que le président de Gazprom, Alexeï Miller, a récemment déclaré à Süddeutsche Zeitung: "Le gaz de schiste est une campagne mondiale de publique relation bien organisée. Il y en a beaucoup du genre : le refroidissement de la planète, les biocarburants. " Il a de plus souligné que la technologie de production de gaz de schiste est vieille de nombreuses décennies, et a suggéré que les États-Unis se tourne vers elle en désespoir de cause. Il l’a rejeté comme une alternative énergétique viable pour l'Europe. Est-ce juste l'autre cote de la propagande, ou est-ce que Miller pourrait être tout simplement en train de dire l’evidence ? Nous allons explorer cette hypothèse. 

lundi 14 mai 2012

Urbanisme et bouffe

Un site très intéressant résumant le livre "Hungry City" de Carolyn Steel sur la ville et la bouffe. Beaucoup de chose à dire sur le sujet, de la manière dont les villes se sont fondées en relation  à un territoire agricole, au fait que les transports, les rues se sont façonnés suivant la manière dont on apportait la nourriture en ville, du marché à la table et aux déchets..., nos villes ne se sont affranchit très récemment de la bouffe grâce à l’énergie abondante.

http://www.hungrycitybook.co.uk/index.htm

Un petit extrait du TED talk ci dessous :
Et, en fait, si vous regardez la carte de n'importe quelle ville construite avant l'ère industrielle, vous pouvez suivre la trace de la nourriture qui y entre . Vous pouvez voircomment elle a été physiquement façonnée par la nourriture, à la fois par la lecture des noms de rues, qui vous donnent beaucoup d'indices. Friday Street, dans une vie antérieure, etait l'endroit où vous alliez pour acheter votre poisson le vendredi. Mais aussi il faut s'imaginer qu'elle etait rempli de nourriture. Parce que les rues et les espaces publics étaient les seuls endroits où la nourriture était achetée et vendue. 
Et si l'on regarde une image de Smithfield en 1830 vous pouvez voir que cela aurait été très difficile de vivre dans une ville comme ça et ne pas être conscients de l'endroit où votre nourriture provenait. En fait, si vous étiez en train de déjeunerdimanche, il y avait des chances que vous ayez entendu meugler ou bêler devant votre fenêtre environ trois jours plus tôt. Donc, c'était évidemment une ville organique, qui faisait partie d'un cycle biologique. Et puis, 10 ans plus tard, tout a changé.
Ceci est une image de Great Western en 1840. Et comme vous pouvez le voir,quelques-uns des premiers passagers du train étaient des porcs et des moutons.Donc, tout d'un coup, ces animaux ne marche plus au marché. Ils sont abattus hors de la vue et de l'esprit, quelque part a la campagne. Et ils arrivent dans la ville par chemin de fer. Et cela change tout. Pour commencer, cela permet pour la première fois de faire croitre des villes, vraiment de toute taille et de forme, en tout lieu. Les villes etait habituellement contrainte par la géographie, elles avait l'habitude d'avoir àchercher leur nourriture par le biais de très difficiles moyens physiques. Tout d'uncoup, elles se sont effectivement émancipé de la géographie. 


lundi 7 mai 2012

Des gadgets qui changeront à jamais notre monde...

Voici un petit TED talk des plus intéressant de Malcolm Gladwell 
Il s'agit d'un exemple historique qui prend une dimension de métaphore sur la technique ou comment, dans l'histoire des technologies, le mieux est souvent l'ennemi du bien . Il faut se méfier des gens qui apportent en guise de solution à tous nos problèmes, une solution technique .




Il y a sur la vidéo ci-dessus les sous-titrage en français. Voici néanmoins la transcription de la présentation :
Merci. C'est un réel plaisir d'être ici. La dernière fois que j'ai fait une conférence TED, je pense qu'il y a environ sept ans ou plus, j'ai parlé de sauce spaghetti. Et tant de gens, je suppose ont regardé ces vidéos que, depuis, les gens viennent vers moi pour me poser des questions au sujet de la sauce spaghetti, ce qui est une chose merveilleuse, à court terme - mais qui s’avère loin d'être idéales après sept ans. Alors j’ai pensé  que je viendrais ici pour essayer de mettre la sauce spaghetti derrière moi. 
Le thème de la séance de ce matin est “Les choses que nous fabriquons”. Alors j'ai pensé a raconter une histoire à propos de quelqu'un qui a fait l'un des objets les plus précieux de son époque. Son nom est Carl Norden. Carl Norden est né en 1880, et il était suisse. Et bien sûr, la Suisse peut être divisée en deux catégories générales : ceux qui font de petits objets exquis et coûteux et ceux qui manipulent l'argent de ceux qui achètent ces petits objets exquis et coûteux. Et Carl Norden est très fermement dans la première catégorie. Il s'agit d'un ingénieur. Il se forma à l’ école Polytechnique fédérale de Zurich. En fait, l'un de ses camarades de classe était un jeune homme nommé Lénine qui allait briser les petits objets coûteux et exquis.
Carl, il est un ingénieur suisse, je dit ça dans le sens le plus large du mot. Il porte un costume trois pièces, et il a une très, très petite moustache lui donnant un air important, il est dominateur et narcissique, inspiré et a un ego extraordinaire, il travaille 16 heures par jour, et il a des sentiments très forts à propos du courant alternatif et il considère qu’un bronzage est un signe de faiblesse morale, il boit beaucoup de café, et il fait son meilleur travail assis dans la cuisine de sa mère à Zurich pendant des heures dans un silence complet avec rien d’autre qu’une règle à calcul.

dimanche 6 mai 2012

Cent mille ans : Into eternity (2010)



Voici le reportage (en entier sur youtube) sur ce projet d'enfouissement des déchets nucléaires pour cent mille ans évoqué dans le post précédent.

vendredi 4 mai 2012

Dix mille ans

Dans la vidéo qui suit le chef de projet de l'horloge explique les réflexions qu'ils ont eu à mener au cours de sa conception. Il parle aussi de leur recherche d'exemple de réalisation humaines les plus pérennes. 



On retrouve des thèmes du reportage   Aftermath: Population Zero (2008)  ainsi que des réflexion menée par les finlandais pour l'enfouissement des déchets nucléaires ayant une demi vie de 100 000 ans. Un exemple assez frappant : comment signaler à l'entrée "Attention Danger", sachant qu'il y a 100 000 ans il n'y avait pas d'écriture et que dans 100 000 ans les langues codes et écritures actuelles seront peut-être oubliées depuis longtemps.

mercredi 2 mai 2012

The long now fondation

La définition officielle du développement soutenable (traduction de "sustainable developpement" plus appropriée  que "développement durable" ) est :
le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins
La question de vision de long terme est centrale. Une fondation créée au US en 1996 ne prend cette question de la pensée du long terme à la légère : the long now foundation. Leur statut : favoriser créativement une réflexion de long terme et de responsabilité dans le cadre des 10 000 prochaines années. Vous avez bien lu, dix mille ans !

Cette fondation sponsorise toute sorte de recherches ou projets artistiques sur ce thème. Leur projet phare est de créer une horloge prévue pour durer 10 000 ans.  Un projet qui pose des problèmes d'ingénierie intéressants et inédits, mais aussi des problèmes d'institutions, de communications avec les générations futures, de changement culturels ...etc. C'est une antithèse de la tendance à  l'obsolescence programmée, au jetable, au court-termisme que favorise notre époque d'accélération incontrôlée de l'économie mondialisé.
une horloge monumentale encastrée dans une excavation 
d'une montagne de granit dans les rocheuses au US
Là , on peu  parler de Pérennité avec un grand P...

mardi 24 avril 2012

Tim Jackson on TED.com

Tim Jackson, économiste, auteur de "Prosperity Without Growth" s'essaie à expliquer pourquoi ou comment le consumérisme est intégré au système, ce qui fait qu'il semble ne rester comme choix que : "trash the system or crash the planet". 
C'est une histoire à propos de nous, peuple, persuadé de dépenser de l'argent que nous n'avons pas pour des choses dont nous n'avons pas besoin pour faire impression sur des gens qui nous importent peu.
Il essaye d'imaginer une économie, une culture qui détricoterait ce casse tête. 




lundi 16 avril 2012

La redécouverte de l’humain

Toujours sur le thème du mythe de la machine :

Article original par John Michael Greer :
http://thearchdruidreport.blogspot.com/2012/02/recovery-of-human.html 



Le mythe de la machine, le thème du post de la semaine dernière, a des implications qui vont bien au-delà des thèmes de discussion habituels sur la scène du pic pétrolier. Une de ces implications, dont j'ai parlé brièvement la semaine dernière, découle de la façon dont tant de gens qui sont préoccupés par le pic pétrolier se fixent obsessionnellement sur l'espoir qu'un certain type de machine va résoudre le problème.

Il y a au moins trois manières par lesquelles cette fixation va à l'encontre de toute réponse significative face à la fin de l'ère de l'énergie abondante et pas chère. La première, bien sûr, est que le pic pétrolier n'est pas un problème, parce que par définition un problème a au moins potentiellement une solution. Le pic pétrolier n'a pas de solution. C'est vrai dans le sens étroit du terme - aucun retournement de situation ne permettra à la civilisation industrielle d'extraire une quantité illimité de pétrole brut d'une planète finie - et il devient de plus en plus clair que c'est tout aussi vrai dans le le sens large - aucune autre source d'énergie ne peut fournir quoi que ce soit d'approchant ce torrent d'énergie hautement concentrée et pas cher, que le pétrole a fourni à la société industrielle au cours du siècle dernier.

Le pic pétrolier est donc une situation plutôt qu'un problème, puisque rien de ce que nous ou quelqu'un d'autre peut faire ne le fera disparaître. Au lieu de cela, nous et nos descendants à travers les millénaires à venir devront vivre avec la réalité d'un monde beaucoup moins richement pourvu en sources d'énergie concentrée telle que celle héritée par nos ancêtres quelques siècles auparavant. La tâche qui nous attend, nous et nos descendants, c'est de trouver des réponses créatives et humaines à cette réalité implacable. Pour cette tâche stimulante et enrichissante, en retour, l'obsession actuelle avec ses fantasmes de salut par l'intermédiaire de machine n'offre aucune aide du tout. Bien au contraire, en détournant l'attention des ajustements qui devront être faits, cette obsession rend le travail qui nous attend plus difficile qu'il ne devrait l'être.

La seconde manière par laquelle cette obsession des machines est l'inverse d'une réponse utile à la situation difficile du pic pétrolier, c'est qu'elle repousse la responsabilité de faire quelque chose sur quelqu'un d'autre. Je doute sincèrement que l'un de mes lecteurs ait une influence réelle sur les décisions liées à la construction des éoliennes géantes, par exemple, ou le développement de réacteurs au thorium, ou sur la conversion d'une fraction substantielle du Nevada en une ferme géante d'algue à biodiesel. Cela rend plus facile d'insister sur le fait que des mesures comme celles-ci sont la réponse appropriée à la venue du pic pétrolier, puisque les gens qui font cette promotion n'ont pas à aller jusqu'au bout de ces mesures, c'est le travail de quelqu'un d'autre.

Sans doute la facilite de cette approche a beaucoup à voir avec sa popularité, mais il y a un autre facteur impliqué. Une énorme quantité de rhétorique sur l'avenir de nos jours commence à partir de l'hypothèse que les modes de vie des classes moyennes dans les sociétés industrielles d'aujourd'hui sont normales, et devrait être disponible indéfiniment, du moins à ces mêmes classes moyennes. Maintenant, en fait il n'y a rien de normal du tout dans la vie, choyée et privilégiée des classes moyennes d'aujourd'hui ; des fraises en plein hiver aux vacances sous les tropiques, ces vies sont pleines de l'extravagance la plus absurde. Seule une civilisation qui surfe sur le tsunami de l'énergie pas chère telle que celle obtenue à partir de combustibles fossiles pourrait se convaincre que de telles habitudes ne le sont pas. Pourtant, ceux qui ont accès à de telles choses ne veulent, de manière prévisible, pas les lâcher et, insister sur le fait que c'est le travail de quelqu'un d'autre de trouver un moyen de garder garder ces choses, est une façon d'exprimer cette réticence, au moins pour le moment.

L'inconvénient de dépendre de quelqu'un d'autre pour faire ça, ou n'importe quel autre travail, bien sûr, est que la dépendance a toujours un coût politique. Dune de Frank Herbert, le classique roman de SF a un personnage qui explique cela à un autre avec une précision digne d'éloges: «Une fois, les hommes ont tournes leur pensée vers les machines dans l'espoir que cela les rendrait libre. Mais cela a justement permis a d'autres hommes avec des machines de les asservir.». La même dynamique est présente lorsque les gens se permettent de devenir dépendant de machines, pour des raisons qui découlent des observations faites la semaine dernière.

jeudi 12 avril 2012

Nicole M. Foss

Nicole M. Foss est co-éditeur du site  the automatic earth, où elle a écrit sous le nom de Stoneleigh.

Ce site, qu'elle co-ecrit avec presente un point de vue qui est toujours tres interressante sur les themes de la crise financiere, environnementales, politique...etc  Pourquoi nous trouvons-nous dans un état de crise et que nous pouvons faire à ce sujet. Avant la création de the automatic earth, elle était rédacteur en chef de TheOilDrum - Canada , où elle a écrit sur ​​le pic pétrolier et la finance.


dimanche 8 avril 2012

Le Mythe de la machine

Le mythe de la machine est un livre de Lewis Mumford un historien américain, spécialisé dans l'histoire de l'urbanisme, de la technologie et de la science.

PS : si vous pensez que le texte ci-dessous est un copié -collé de wikipedia, vous avez raison mais j'ai le droit puisque j'ai fait l'effort de rédiger cette page de wikipedia à partir de la version anglaise.


Mumford défendait l’idée que ce qui définit l'humanité, ce qui met l’humains à part des animaux, n’est pas principalement notre utilisation des outils (technologie), mais notre utilisation du langage (symboles). Il était convaincu que le partage d'informations et d'idées entre les participants des sociétés primitives était complètement naturelle au début de l'humanité et a manifestement été le fondement de la société telle qu'elle est devenue, plus sophistiquée et complexe. Il avait l'espoir d'une poursuite de ce processus d'information "pooling" dans le monde alors que l'humanité avance vers l'avenir. [5]

Le choix de Mumford du mot «technique» à travers son travail a été délibérée. Pour Mumford, la technologie est une partie de la technique. En utilisant la définition élargie de la tekhnê grec, qui signifie non seulement la technologie mais aussi l'art, l’habileté et la dextérité, la technique se réfère à l'interaction d'un milieu social et de l'innovation technologique - la "volonté, les habitudes, les idées, les objectifs" ainsi que "les processus industriels "d'une société. Comme Mumford l’écrit au début de Technics et civilisations », d'autres civilisations ont atteint un degré élevé de compétence technique, sans, apparemment, être profondément influencée par les méthodes et les objectifs de la technique."


Megatechnics : 

Dans Le Mythe de la machine, Mumford critique la tendance moderne de la technologie, qui met l'accent sur une expansion constante et illimitée et sur la production et le remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l'encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l'efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne- qu'il appelle «megatechnique élude la production durable, la qualité en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce a des dispositifs comme le crédit à la consommation, les design non-fonctionnel et défectueux, l’obsolescence programmée, ou encore des changements de mode fréquent et superficiels". «Sans incitation constante par la publicité", explique t-il, "la production ralentirait et se stabiliserait à la demande de remplacement normal. Sinon de nombreux produits pourraient atteindre un plateau de conception efficace qui n’exigerait que des modifications minimes d'année en année."


Biotechnics :

Par opposition à cette megatechnics, Mumford décrit un modèle organique de technologie, ou Biotechnics. Les systèmes biologiques se dirigent vers «la richesse qualitative, l'amplitude, l'espace, et l'absence de pressions quantitatives ou de surpeuplement. L’auto-régulation, l'auto-correction, et l'auto-propulsion sont autant de propriété intégrante des organismes que la nutrition, la reproduction, la croissance et la réparation ». La biotechnics modèle la vie en cherchant l'équilibre, la complétude et l'exhaustivité.


Polytechniques contre monotechnics :

Une idée clé, introduite dans Technics et civilisations (1934) était que la technologie est a double tranchant :

Si polytechnique, elle engage de nombreux modes de technologie différents, fournissant un cadre complexe pour résoudre les problèmes humains.

Si monotechnique la technologie existe pour son propre intérêt, ce qui opprime l'humanité puisqu’elle évolue le long de sa propre trajectoire.

Mumford a souvent critiqué les réseaux de transport de l'Amérique moderne comme étant «monotechnique dans leur dépendance aux voitures. Les automobiles deviennent des obstacles pour les autres modes de transport, comme la marche, la bicyclette et les transports en commun, parce que les routes qu'elles utilisent consomment tellement d'espace et sont un tel danger pour les personnes. Mumford explique que des milliers de mutilés et de morts chaque année en raison d'accidents d'automobiles sont comme un «sacrifice rituel» de la société américaine en raison de sa dépendance extrême vis a vis du transport routier.


Megamachines :

Mumford se réfère également à de grandes organisations hiérarchiques comme des megamachines, une machine en utilisant les humains comme composants. La plus récente Mégamachine se manifeste, selon Mumford, dans l’energie nucléaire technocratique. Mumford utilisa les exemples des complexe énergétiques de l'URSS et des États-Unis représenté respectivement par le Kremlin et le Pentagone. Les constructeurs de Pyramides, l'Empire romain et les armées des deux guerres mondiales en sont des exemples antérieurs.

Il explique que l'attention méticuleuse à la comptabilité et de la normalisation, et l'élévation des chefs militaires au statut divin sont des caractéristiques spontanée des megamachines a travers l'histoire. Il cite des exemples tels que le caractère répétitif des peintures égyptiennes, qui montrent des Pharaons élargit ou encore l'affichage public des portraits élargie de dirigeants socialistes tels que Mao Zedong et Joseph Staline. Il cite également la prévalence écrasante des documents comptables quantitatifs entre survivants des fragments historiques, de l'Egypte ancienne à l'Allemagne nazie.

Il est necessaire pour la construction de ces megamachines qu’il y ait une énorme bureaucratie d’humains qui agissent comme des «servo-unités», travaillant sans l'implication éthique. Selon Mumford, les améliorations technologiques telles que la ligne d'assemblage, ou les communications mondiale instantanée et sans fil, peuvent facilement affaiblir les barrières psychologiques à certains types d'actions discutables. Un exemple qu'il utilise est celui d'Adolf Eichmann, le fonctionnaire nazi qui a mené la logistique derrière l'Holocauste. Mumford désigne collectivement les personnes désireuses d'effectuer tranquillement les objectifs extrêmes de ces megamachines comme des «Eichmanns».


L'horloge comme le héraut de la révolution industrielle :

Une des études les plus connus de Mumford est celle sur la façon dont l'horloge mécanique a été développé par les moines au Moyen-Âge et ensuite adopté par le reste de la société. Il voyait ce dispositif comme l'invention clé de toute la Révolution industrielle, contrairement à l'avis commun qui serait que la machine à vapeur occuperait le poste principal. Il écrit: «L'horloge est une pièce de machinerie dont le « produit » en sont les secondes et les minutes."


La civilisation urbaine :

Dans son livre influent La ville dans l'Histoire, Mumford explore le développement de la civilisation urbaine. Fortement critique de l'étalement urbain, Mumford soutient que la structure des villes modernes est partiellement responsable de nombreux problèmes sociaux que l’on trouve dans la société occidentale. Bien que sur un ton pessimiste, Mumford soutient que la planification urbaine devrait insister sur une relation organique entre les personnes et leurs espaces de vie.

Mumford utilise l'exemple de la cité médiévale de base pour la «ville idéale», et affirme que la ville moderne est trop proche de la ville romaine (la tentaculaire mégalopole) qui s'est terminée par un effondrement,. Si la ville moderne poursuit dans la même veine, Mumford soutient, qu’elle rencontrera le même sort que la ville romaine.

Mumford a écrit de maniere critique sur la culture urbaine croyant que la ville est «un produit de la terre ... un fait de nature ... une méthode d'expression de l'homme ". En outre Mumford iddentifia les crises qui affligent la culture urbaine, se méfiant de l'industrie financière croissante,des structures politiques, craignant que la culture des communautés locales n'était pas encouragée par ces institutions. Mumford craignait "la finance métropolitaine," l'urbanisation, la politique et l'aliénation.

«La conception physique des villes et leurs fonctions économiques sont secondaires à leur relation à l'environnement naturel et aux valeurs spirituelles de la communauté humaine."