mercredi 17 avril 2013

De la performance à la résilience


Qui n’a jamais entendu que les arbres ne grimpaient pas jusqu’au ciel ? Que cela soit heureux ou malheureux est un débat intéressant, mais il en est un qui l’est bien plus : savoir quoi faire quand l’arbre a terminé sa croissance. Depuis 2007, et pris en monnaie constante, le PIB français n’a pas augmenté. Celui de l’Europe pas plus, celui du Japon a un peu diminué, et même celui des USA est globalement ce qu’il était il y a 5 ans.

L’économie sans croissance dans l’OCDE, c’est maintenant, et c’est parti pour durer un certain temps. Affreux ? Intolérable ? Peut-être, mais réel. Pour un individu pris isolément, l’arrêt de la croissance physique ne pose pas le moindre problème. Comme nous savons que cela arrivera, nous avons le temps de préparer des activités et des motifs d’espoir qui sont adaptés à l’évolution de notre situation physique.

L’économie industrielle est à ce tournant que nous connaissons tous comme individus : elle a vieilli, et ne peut plus assurer la performance d’antan. Les mines et puits de pétrole sont moins généreux, l’espace encore disponible est plus difficile à trouver, et plus généralement toutes ces ressources que 15 milliards d’années d’évolution depuis le Big Bang ont mis gratuitement à notre disposition se font un peu plus tirer l’oreille pour devenir disponibles.

Le problème, c’est que, tel l’artiste qui refuse de se voir vieillir, nous n’avons pas voulu voir le coup venir. On a beau se tourner partout, il n’existe pas la moindre production intellectuelle digne de ce nom sur ce que signifie de gérer un univers sans croissance. Cette question n’a pas besoin de savoir si la croissance est désirable ou pas : elle a vocation à explorer les modes de gestion qui permettent de conserver une société avec un bon moral si la croissance physique n’est pas ou plus là.

Habituées aux coups durs, les entreprises sont un peu mieux armées, mais guère plus. Il leur reste aussi à opérer la difficile mutation de la performance à la résilience, qui ne garantira plus les rendements d’antan quand tout va bien, mais assurera la survie à des horizons de temps plus longs. Sacré défi !

dimanche 14 avril 2013

La voiture électrique 3/4

La Présentation de Jérôme Perrin (la presentation en pdf est ici) concerne les émissions de Co2 par kilomètres, les nouvelles normes européennes et les moyens de les atteindre. Son point de vue est en partis celui de Renault.




La Présentation d'André Broto (la presentation en pdf est ici)  nous expose les statistiques de la mobilité actuelle en France. Il est a noter que ses recherches sont financées par Cofiroute, il est donc probable qu'il a accès à de bonnes données mais que ses conclusions ne sont pas neutres. De manière non surprenante il conclue que le réseau routier étant déjà construit, le bus est parfois une solution plus efficace que le train. 



Dans la 5eme partie, les questions et le débat, la dernière question abordée et la réponse sont un bon résumé : "la solution de l'autocar électrique qui ne s’arrête pas aux feux parait la plus avantageuse". Ce qui résume les enjeux : mode de mobilité partagé, motorisation vertueuse, et gestion intelligente des flux.

mercredi 10 avril 2013

La voiture électrique 2/4

Quand on est dans des embouteillage la voiture électrique est très efficiente comparée à celle à essence, Mais si l'on roule à toute vitesse sur l'autoroute dans une grosse voiture pour une longue distance, alors ce n'est plus aussi évident parce que l’électricité se stockant mal, le poids des batteries devient vite handicapant. De même, le train est le moins énergivore des transports ... à condition qu'il n'ait pas un taux de remplissage de juste 20%.

Il n'y a donc pas de solution miracle et il est très difficile de savoir quel impact a réellement le système de transport dans son ensemble. La seul solution est de modéliser l’ensemble du système de transport, avec tous ses paramètres, type de déplacement, vitesse, accélérations, stop, distances, ..., les types de véhicule, poids, capacité, énergie, durabilité... Et les gens, habitudes de déplacement , partage de véhicules .. Et de tester ce modèle en faisant varier les hypothèses.

C'est l'objet de la deuxième présentation de Dominique David sur un modèle simulant l'ensemble des émissions liées a la mobilité  (La présentation en pdf est ici) :

lundi 8 avril 2013

La voiture électrique 1/4

Voici un ensemble de conférences-débat organisées par le Shift Project sur la voiture électrique ou plutôt sur la mobilité en général.



Les voiture électriques ont excitées avant même les voitures à essence. Pourquoi alors, les voitures au pétrole se sont-elles imposées ? C'est parce qu'elles ont un avantage indéniable : le pétrole est une énergie stockée de façon dense et facilement transportable. Cependant a causes des contraintes sur les volumes disponibles et sur le prix de l'essence, la mobilité "tout pétrole "telle qu'elle existe actuellement va être remise en cause. Est ce que la voiture électrique est destinée a s'imposer pour autant ? Ce n'est pas si sur. En tout les cas, il faut se poser les bonnes questions. Et la question qui semble pertinente est celle de la mobilité dans son ensemble et non pas celle de la voiture individuelle.

Tout d'abord, il n'y a pas une seule voiture pour un seul usage, la voiture électrique concerne-t-elle tel usage ou tel usage ? Selon le territoire urbain, peri-urbain, rural, selon le type de déplacement, travail, loisir, approvisionnement, selon les personnes, enfant, vieillard, selon les contraintes de coût...etc, il y peu de chance qu'un type de mobilité soit pertinent pour tout ces usages et usagers.

Il faut donc réfléchir au "cocktail de solutions de mobilité". C'est l'objet de la première présentation d'Hélène Le Teno que de poser toutes ces questions. ( La présentation en pdf est ici) :

A noter en particulier les différents scénarios de futurs possible qu'elle propose comme point de départ d'analyse :







jeudi 28 mars 2013

Phoenix dans le collimateur du climat 2/2



De l'eau, de l'eau partout (mais pas pour longtemps) 

Dans les portraits dystopiques d'un avenir non-viable de Phoenix, l'eau, ou plutôt l'absence de celle-ci, est généralement dépeint comme la cause de l'effondrement. En effet, dans la région métropolitaine, un fouillis de juridictions qui comprend Scottsdale, Glendale, Tempe, Mesa, Sun City, Chandler, et 15 autres municipalités, il y a longtemps que l'on a fait pleinement usage des rivières locales comme la Salt, la Verde, et la Gila. Ensuite, les gens ont forés des puits et puisé suffisamment d'eau souterraine pour abaisser la nappe phréatique de 120 mètres .

Parfois, la terre a coulée aussi. Près de certains puits elle s'est affaissé de trois mètres ou plus. Tout le long, tout le monde savait que l'extraction inconsidérée des eaux souterraines ne pouvait pas durer, donc ils se sont reportés sur une manne nouvelle appelée « Central Arizona Project « (CAP), un canal en plein air de la taille d'une rivière, motorisé par un ensemble complexe de pompes , siphons et de tunnels qui apporteraient de l'eau du fleuve Colorado à travers tout l'Arizona jusqu'à Phoenix et Tucson.

La PAC est entrée en service au début des années 1990 et est aujourd'hui le moteur de la croissance de l'Arizona. Malheureusement, dans le but de gagner les autorisations et les financements pour le construire, les fonctionnaires de l'Etat ont dû faire un pacte avec le diable, qui dans ce cas s'est avéré être la Californie. La délégation de l'Arizona à la Chambre des représentants était minuscule, celle de la Californie était énorme, et ses représentants ont jalousement protégé leur mainmise de longue date sur le fleuve Colorado. La concession que la Californie a imposée à l'Arizona était simple : ses droits de puisage sur l'eau de la PAC devraient passer en deuxième position après les droits de puisage de la Californie.

Cela signifie une chose: quand l'inévitable jour viendra ou il n'y aura pas assez d'eau pour tout le monde, le PAC va subir la pénurie jusqu'à la dernière goutte avant même que la Californie commence a éteindre quelque robinets.

Une très mauvaise affaire pour l'Arizona ? Bien sur, mais pas exactement la fin de l'histoire. L'Arizona a d'autres droits antérieurs sur la Colorado rivière, et quand la PAC commencera a être à sec, vous pouvez être sûr que les maîtres de la PAC paieront tout ce qui est nécessaire pour louer ces droits antérieurs et abreuver le canal de 330 miles. Parmi ces droits à l'eau antérieurs, leurs cibles seront ceux appartenant à des tribus indiennes à l'extrémité ouest de l'état le long du cours inférieur de la rivière. Le coût d'achat de l'eau tribale conduira à des taux exorbitants que les consommateurs à Phoenix paieront pour l'eau, mais ils vont les payer, car ils n'auront pas le choix.

À plus long terme, la rivière Colorado pose des problèmes qu'aucune quantité d'eau tribale ne peut résoudre. Assailli par le changement climatique, la surexploitation, et la sécheresse, le fleuve et ses réservoirs, selon différents chercheurs, peut baisser au point que l'eau ne parvienne plus à passer le barrage Hoover. Dans ce cas, la PAC se tarirait, mais il en serait de même pour l'aqueduc du Colorado qui sert la région métropolitaine de Los Angeles et de San Diego, ainsi que le canal de « All-American », dont dépendent les élevages industriels des vallées Impérial et Coachella en Californie . Les cultures irriguées et les municipalités en aval au Mexique seraient aussi à sec. Si rien ne change dans l'ordre actuel des choses, il est prévu que la possibilité d'une telle débâcle puisse surgir en un peu plus d'une décennie.

La solution préféré à cette crise parmi les gourous de l'eau du cours inférieur du Colorado est l'augmentation, ce qui signifie que une importation d'eau dans le système du Colorado pour augmenter l'offre locale. Un schéma grandiose a récemment été discuté pour renflouer les utilisateurs de la rivière Colorado grâce à un pipeline partant de la rivière Mississippi mais celui ci n'a pas réussi à passer le test de crédibilité et a été enterre par l'ex-secrétaire de l'Intérieur, Ken Salazar.

Pendant ce temps, l'expédient évident qui serait de réduire la consommation d'eau trouve peu de soutien dans la Californie assoiffée, qui va regarder la PAC s'assécher avant qu'elle ne considère sérieusement une initiative significative de conservation de l'eau.

Les plateaux brûlent

Les Phéniciens qui veulent échapper aux soucis d'eau, de vagues de chaleur et de haboobs ont traditionnellement cherché refuge dans les vertes et fraîches forêts des hautes terres de l'Arizona, ou du moins ils l'ont fait jusqu'à récemment. En 2002, le feu « Rodeo-Chediski » a brûlé 469.000 hectares de pins et de mixtes de résineux sur la bordure d Mogollon , non loin de Phoenix. C'était un holocauste écologique que personne ne s'attendait à voir surpassé. Pourtant seulement neuf ans plus tard, en 2011, le Wallow feu a repris le flambeau, pour ainsi dire, et brûlé toute la bordure de la frontière du Nouveau-Mexique et au-delà, ce qui se chiffre à 538.000 hectares calcinés.

Maintenant, personne ne pense que ces incendies sont des évènements ponctuels. La modélisation de la réponse de la forêt à la hausse des températures et au stress hydrique accru suggère, en effet, que ces deux incendies étaient des précurseurs et que le pire est à venir. Au milieu du siècle, selon un document par une équipe d'écologues forestiers du sud-ouest, la «normale» de stress sur les arbres sera équivalente à celle des pires sécheresses de la région paléo-historique, où la plupart des arbres dans la région sont simplement mort.

Par rapport à la chaleur à Phoenix et aux autres maux concernant l'eau, la disparition des forêts de l'Arizona peut sembler une question secondaire, dont les effets seraient perceptibles surtout dans l'envasement des réservoirs et la déstabilisation des bassins versants dont la ville dépend. Mais cela pourrait bien s'avérer être une catastrophe régionale. Considérons donc, la chaleur, la sécheresse, les tempêtes de sable et le feu de foret comme les quatre cavaliers de l'Apocalypse de Phoenix. Il se trouve, cependant, que cette apocalypse a un potentiel cinquième cavalier.

Rebecca Solnit a écrit avec éloquence à propos de la façon dont une soudaine catastrophe - un tremblement de terre, un ouragan ou une tornade - peut dissoudre les divisions sociales et amener une communauté à se souder, a faire ressortir le meilleur dans sa population. Mais les vagues de sécheresse et de chaleur sont différentes. Vous ne savez pas qu'elle sont la avant qu'elle soient déjà bien avancée, et vous ne savez jamais quand elles finiront. Le désagrément vous ronge. Il corrode votre état d'esprit. Vous avez beaucoup de temps pour méditer sur les lacunes de vos voisins, ce qui pèsent de plus en plus lourd au fur et à mesure que la crise se poursuit.

La sécheresse divise les gens, et Phoenix est déjà un endroit divisé - notoirement grâce aux pitreries brutales du Sheriff de Maricopa County, Arpaio Joe. Dans « In Bird on Fire: Lessons from the World’s Least Sustainable City », Andrew Ross dresse un portrait sombre de la Phoenix contemporaine - une ville menacée par sa tradition particulière de vie politique locale et de domination économique, marqué par plus que le quotient habituel de préjugés, d'avidité , d'insularité de classe, et de dévotion à la puissance brute.

C'est un truisme de dire que les communautés qui ne s'élèvent pas ensemble ne parviennent pas à surmonter leurs difficultés. Celles de Phoenix sont aussi lourde que n'importe lesquelles rencontrés par une ville américaine dans le nouvel âge du changement climatique, mais sa winner-take-all politique (d'où nous est venu les lois d'Arizona de répression anti-droit de l'immigration), combiné à la fragmentation de la région en près de deux douzaines de juridictions concurrentes, garantissent que, lorsque le pire des temps frappera, une action commune et des sacrifices partagés resteront comme des mirages dans le désert. Le jour ou les pick-up s'enfuiront de tout point de la ville et ou les habitants de la Vallée du Soleil obstrueront les autoroutes pour chercher de plus verts pâturages, plus humides, une chaleur moins brutale, on pourra dire que ce ne sera pas seulement le changement de paradigme du climat qui les aura chasses. Le manque de coopération et de solidarité les y aura aussi incite.

Un jour, certains d'entre eux regarderont peut-être en arrière et penseront au krach immobilier de 2007-2008 et à la récession qui a suivi avec nostalgie. L'économie de la ville était précaire, la croissance avait calé, et pendant un moment le business-as-usual n'avait rien de commun. mais il y avait une espèce rare de potentiel. Cette récession aurait pu être la dernière chance pour Phoenix et d'autres villes de la Sunbelt de réévaluer leurs habitudes lamentablement non durables et de se réorganiser, politiquement et économiquement, pour se préparer à la vie sur le devant de la scène du changement climatique. L'utilisation des terres, les transports, la politiques de l'eau, les codes du bâtiment, la gestion de la croissance – auraient pu faire l'objet d'une saine remise en question. C'était une chance qui n'a pas été saisie. Au lieu de cela, d'ici une ou plusieurs décennies, les gens vont parier sur une chose sûre: ils vont prendre la route pour quitter la ville.

lundi 25 mars 2013

Phoenix dans le collimateur du climat 1/2

Voici un article a propos de la ville de Phoenix aux Etat-unis. C'est un bon aperçu de l'ambiance sur le front du changement climatique vu d'un endroit qui est en première ligne. Il ne s'agit pas d'un pays africains pauvres. Il s'agit, au contraire, d'un lieux ou vivent un grand nombre de personnes mais qui est pourtant éminemment inadaptés pour cela. Le tour de magie qui rend cela possible s’appelle "énergie fossile pas cher".  




Phoenix dans le collimateur du climat 
Les premières alertes sont passée depuis longtemps 
Par William deBuys 
(Texte original ici)

Si les villes étaient des action, vous parieriez sur Phoenix à la baisse :

Bien sûr, ce choix de ville est facile. Cette région métropolitaine, la treizième la plus grande des US (juste derrière Detroit) entasse 4,3 millions de personnes dans une cuvette au milieu d'un désert chaud, où des vagues de chaleur et des tempêtes se font régulières. La ville est blottit à côté de la plus grande des centrales nucléaires nationale et, pour avoir épuisé ses sources locales, elle repose sur une infrastructure improbable qui aspire l'eau d'une rivière lointaine (dont le niveau baisse) , la Colorado river.

À Phoenix, vous ne demandez pas : Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Vous vous demandez : Qu'est-ce qui pourrait ne pas mal tourner ?

Et c'est vraiment là le problème. Les multiples vulnérabilités de Phoenix, qui sont déjà intimidantes pris une par une, ont la capacité de se magnifier les unes les autres, comme des maladies opportunistes. À cet égard, c'est une ville résolument moderne, une pyramide de complexité nécessitant des apports énergétiques de grande envergure pour garder le bourdonnement d'ensemble de l'appareil. Les catastrophes urbaines de notre temps - La Nouvelle-Orléans frappée par l'ouragan Katrina, New York submergé par Sandy - résultent de simples tempêtes, mais les dégâts qu'elles font sont le résultat d'une réaction en chaîne de pannes – le réseau électrique qui crash, des digues qui se rompent, des systèmes de secours qui ne secourent pas. Comme on pouvait s'y attendre, les universitaires ont trouves un nom pour de telles pannes : les « interdépendances de pannes d'infrastructure ». Vous ne voulez pas utiliser ce terme dans un poème, mais c'est en fait un thème émergent de notre temps.

La pyramide de complexité de Phoenix semble plus fragile que les autres car elle est carrément dans la ligne de mire du changement climatique. La région, comme la plupart du sud-ouest américain, est déjà chaude et sèche, Elle devient de plus en plus chaude et de plus en plus sèche, et est de plus en plus frappée par de fortes tempêtes. Sandy et Katrina ont donné un aperçu de ce à quoi peuvent s'attendre les villes côtières à mesure que les mers montent et que les tempêtes se renforce. Phoenix ouvre le rideau sur l'avenir des empires terrestres. Si vous voulez un avant-goût du climat brutal à venir, l'endroit où regarder est celui où le climat est déjà rude, et le devient de plus en plus - la bien nommée « Valley of the Sun ».

À Phoenix, c'est la convergence de la chaleur, de la sécheresse et des vents violents, qui interagissent et s'amplifient dont vous devez vous inquiétez. De manière générale, dans nos sociétés contemporaines, rien de ce qui est important n'arrive que pour une seule raison, et à Phoenix, il y a toutes sorte de «raisons» qui collaborent et produisent de gros problèmes, avec au premier rang de ceux-ci le changement climatique, qui pousse la chaleur, la sécheresse, et le vent extrêmes toujours plus loin. Notamment, chacune de ces nemesis, à sa manière, a le potentiel de saper la condition nécessaire à toute vie urbaine moderne, le réseau électrique, ce qui à Phoenix mérite une attention particulière.

Si, en été, le réseau échoue à grande échelle et pendant une période de temps significative, les conséquences de la tempête Sandy nous paraîtrons bien douce en comparaison. Bien sûr, les gens vont se battre pour une prise de courant pour recharger leurs téléphones cellulaires et pour garder leur lait frais, mais les communications et la réfrigération des aliments ne sera pas le plus haut dans la liste de leur priorités. Phoenix est une ville climatisé. Si le courant est coupé, les gens cuisent.

À l'été 2003, une vague de chaleur a balayé l'Europe et tué 70.000 personnes. La température à Londres a frôlé 38 °C pour la première fois depuis que les enregistrements de température existent, et dans certaines parties de la France, le mercure est monté jusqu'à 40 °C. Ces températures, cependant, sont monnaie courante à Phoenix, où le thermomètre monte généralement jusqu'à plus de 38 °C pendant plus de 100 jours par an. En 2011, la ville a établi un nouveau record du nombre de jours à plus de 40 °C : il y en a eu trente trois, plus d'un mois de jours spectaculairement caniculaires qui ont inaugurés une nouvelle ère.

Fuir le soleil :

Il va sans dire que l'environnement du désert de Phoenix est chaud par nature, mais nous l'avons rendu plus chaud encore. La ville est un monde de maçonnerie, d'asphalte et de béton. Les matériaux durs et lourds des bâtiments et des routes absorbent la chaleur de manière efficace et la restituent plus lentement que la terre nue. En un sens, toute la ville est une sorte de batterie thermique, absorbant l'énergie le jour et la relâchant dans la nuit. Le résultat est un «îlot de chaleur urbain», qui, à son tour, empêche la fraîcheur nocturne du désert d'offrir un soulagement.

Il y a soixante ans, lorsque Phoenix se lançait tout juste dans sa carrière de croissance effrénée, les minimums nocturnes ne dépassaient jamais 32 ° C. Aujourd'hui, ces températures sont commune, et l'on craint des nuits qui ne descende pas en dessous de 38 °C. Des études indiquent que l'effet d'îlot de chaleur urbain à Phoenix peut augmenter la température nocturne de près de 5° C. C'est comme si la ville a doublé la mise en matière de changement climatique, en trouvant une façon de magnifier ses effets les plus indésirables avant même que cela ne touche le reste d'entre nous à plein régime.

On pouvait s'y attendre, ce sont les pauvres qui souffrent le plus de la chaleur. Ils vivent dans les quartiers les plus chauds avec le moins de verdure qui pourrait atténuer l'effet d'îlot de chaleur, et ils ont le moins de ressources pour lutter contre les températures élevées. Pour la plupart des Phéniciens, cependant, rien de tout cela n'est plus qu'un désagrément tant que la clim continue à bourdonner et que la facture est payée. Lorsque la chaleur s'intensifie, ils apprennent à se précipiter d'immeuble en voiture jusqu'au bâtiment voisin, en retenant leur souffle. Dans ces voitures, la deuxième chose qu'ils touchent après l'allumage est la commande de la clim. Le volant vient plus tard.

Dans l'éclat flamboyant de Juillet et Août, vous ne vous aventurer sans défense pour marcher ou courir que dans la pénombre de l'aube ou du crépuscule. L'idée pour les résidents de la Vallée du Soleil est d'apprendre à esquiver la chaleur, pas de la contester.

Cependant la chaleur est un adversaire difficile. Elle attaque tout, y compris l'équipement électrique. Les transformateurs, quand ils deviennent trop chaud, peuvent griller. De même, les centrales thermoélectriques, qu'elles soient alimentée par du charbon, du gaz ou des neutrons, sont moins efficaces quand monte le mercure. Et les grands barrages hydroélectriques de la rivière Colorado, y compris Glen Canyon, qui sert la région de Phoenix, ne seront pas en mesure de fournir la «puissance de crête" comme ils le font maintenant si les réservoirs sont fatalement rétrécis par la sécheresse, comme de nombreuses études prévoie qu'ils le seront. Une grande partie de tout ces problèmes peuvent être atténué avec du matériel mis à niveau, des technologies de réseaux intelligents et des systèmes redondants. Mais alors il faut parler du « haboob ».

Un « haboob » est une tempête de poussière/sable , généralement causée par l'effondrement d'une cellule orageuse. L'air descendant frappe le sol et roule vers l'extérieur en ramassant des débris à travers le désert. Comme son nom l'indique en arabe, ces tempêtes sont originaires de régions arides, mais - bien que Phoenix ne soit pas étrangère à la notion de tempête de poussière - le terme haboob n'est entré que récemment dans le lexique local. Il semble avoir été importé pour décrire une nouvelle classe de tempêtes, spectaculaires par leur véhémence, qui empêche toute visibilité et met toute activité au point mort. Ces tempête passent les voitures au sablage, ferme l'aéroport, et parfois provoquent des coupure d'électricité - et de clim- . Ne vous inquiétez pas, disent les deux principaux services publics desservant la région métropolitaine de Phoenix, l' « Arizona Public Service » et le « Salt River Project ». Et les coupures ont en effet été de courte durée. Jusqu'ici...

Avant la crise de Katrina, le corps des ingénieurs de l'armée était également rassurant pour les gens de la Nouvelle-Orléans. Et jusqu'à ce que la tempête Sandy débarque, presque personne ne s'inquiétait de ce que des vagues de tempête puissent remplir les tunnels du métro de New York.

Chaque système, comme chaque ville, a ses vulnérabilités. Le changement climatique, dans presque tous les cas, ne fera que les aggraver. Le climat surchauffé, boosté à l'effet de serre, va nous donner des sortes de haboobs que nous ne pouvons pas encore imaginer, avec des trop-plein d'énergie toujours plus grand. Selon toute vraisemblance, l'émergence de ces tempêtes, comme une caractéristique de la vie a Phoenix, résulte d'un environnement surchauffé, amplifié par le sable meuble et la poussière des terres agricoles abandonnées (qui furent asséché lorsque l'eau a été détournée vers des subdivisions croissantes de la ville).

dimanche 17 février 2013

Le changement du régime des précipitations

Types de végétation possibles en fonction des précipitations annuelles moyennes et des températures moyennes
Le petit graphique ci-dessus le montre très bien : les écosystèmes sont beaucoup plus sensibles aux variations de précipitations qu'aux variations de températures. Même si ce graphique est très simplifié, l'on comprend facilement qu'un petit changement peut suffire à faire basculer une zone d'un type d’écosystème à un autre mais, à cause de la rapidité du changement (de l'ordre d'un siècle), il ne s'agira pas principalement d'adaptations et de migrations des écosystèmes mais d'extinction.

Sur le site Manicore, de Jean-Marc Jancovici , je conseille la lecture de la page Que risquent les écosystèmes ?, c'est le plus clair des résumés que l'on puisse trouver sur internet sur ce que l'on risque vraiment avec le réchauffement climatique. 


jeudi 31 janvier 2013

La montée des océans

La montée des océans n'est pas, à l’échelle mondiale, la conséquence la plus préoccupante  du réchauffement climatique.

Voici néanmoins une petite application pour visualiser ce que serait la montée du niveau des océans de un mètre jusqu’à soixante mètres. La fonte du Groenland et la fonte de la calotte occidentale de l'antarctique correspondrait à une élévation des mers d'environ dix mètres s’étalant sur plusieurs siècles. Cependant, à l’échelle de temps qui nous concerne directement, c.a.d le XIXe siècle  l’élévation serait comprise entre 50 cm et 1 m.

Si vous avez 5 minutes, je vous conseil donc de régler la montée du niveau de la mer à un mètre, d'activer le mode "Map" qui est plus lisible et de zoomer sur les régions de la Camargue, de Saint-Nazaire, de Noirmoutier, de La Rochelle et de l’embouchure de la Garonne qui seraient les régions les plus touchées en France. 

Au niveau mondial , il y a des zones ou les conséquences sont plus spectaculaires : zoomez vers les Pays-Bas, la lagune de Venise ou le Bangladesh par exemple.

samedi 12 janvier 2013

Pic pétrolier VS Changement climatique



Par quoi doit on être le plus préoccupé ? la déplétion des ressources et en particulier du pétrole qui est le problème le plus immédiat, ou par le changement climatique, qui semble un problème plus lointain, sachant que les deux question sont inextricablement liées. 
Voici un petit texte de Ugo Bardi sur le sujet.


"Climate change: Confessions of a Peak Oiler"
par Ugo Bardi


En 2003, j'ai assisté à ma première conférence sur le pic pétrolier, à Paris. Tout était nouveau pour moi: le sujet, les gens, les idées. C'est là que j'ai pu rencontrer pour la première fois les personnages en grandeur nature de l'ASPO,l'association pour l'étude du pic pétrolier. J'ai rencontré Colin Campbell, Jean Laherrère, Kenneth Deffeyes, Ali Morteza Samsam Bakthiari, et bien d'autres. C'était une de ces expériences qui marquent quelqu’un pour la vie.

A Paris, j'ai appris beaucoup de choses sur l'épuisement du pétrole, mais aussi sur un autre sujet qui émergeait : le conflit entre les études sur la déplétion et les études sur le changement climatique. Cette conférence ASPO a vu le début d'une opposition qui devait éclater beaucoup plus intensément dans les années suivantes. D'un côté du débat, il y avait les personnes concernés par le climat . Ils étaient clairement consterné de voir que leurs efforts pour arrêter le réchauffement climatique étaient menacés par cette nouvelle idée: il n'y aura pas assez de combustibles fossiles pour causer les dommages qu'ils craignaient. De l'autre côté, les personnes concernées par la déplétion qui se moquaient de l'idée du changement climatique: le pic pétrolier, disaient-ils, ferait tous les soucis à cet égard obsolètes.

Mon impression, à cette époque, était que la position d’etre concerne en priorité par le climat était intenable. Non pas que j’etais devenu un climato-sceptique, pas du tout: les mécanismes physiques du changement climatique ont toujours été clair pour moi et je n'ai jamais remis en question le fait que l'ajout de CO2 dans l'atmosphère allait le réchauffer. Mais la nouveauté du concept de pic pétrolier, la découverte d'un nouveau champ d'étude, les conséquences d'une baisse de la disponibilité de l'énergie, tout cela m'a amené à voir l'épuisement comme le principal défi à venir.

Cette croyance personnelle allait durer quelques années, mais pas plus. Plus j'étudiais l'épuisement du pétrole, plus je me suis retrouvé a étudier le climat: les deux sujets sont si étroitement liés les uns aux autres que vous ne pouvez pas étudier l’un seul et ignorer l'autre. J'ai découvert que la science du climat n'est pas seulement sur le réchauffement climatique moderne. C’est la véritable révolution scientifique du 21e siècle. Ce n'est rien de moins qu'un changement radical de paradigme à propos de tout ce qui se passe sur notre planète, comparable à la révolution copernicienne il y a des siècles.

La science du climat nous donne une image complète de la façon dont le système terrestre a progressivement évolué et changé, en maintenant des conditions favorables à la vie organique, malgré l'augmentation progressive du rayonnement solaire au cours des quatre derniers milliards d'années. Il s'agit d'un équilibre délicat qui dépend de nombreux facteurs, y compris de l'enfouissement de grandes quantités de carbone qui, auparavant, faisaient partie de la biosphère et, au cours des âges, sont devenus ce que nous appelons «les combustibles fossiles». L'extraction et la combustion de combustibles fossiles signifie que nous altérons les mécanismes mêmes qui nous maintiennent en vie. La science du climat est fascinante, même belle, mais c'est le genre de beauté qui peut tuer.

Donc, étape par étape, j’ai fait un cercle complet. Si, au début, j'étais plus préoccupé par l'épuisement des ressources que par le climat, maintenant c'est l'inverse. Non pas que je me suis arrêté de me soucier du pic pétrolier, je sais très bien que nous sommes dans le pétrin avec la disponibilité non seulement de pétrole, mais de toutes les ressources minérales. Mais les événements récents, la fonte de la calotte polaire, les ouragans, les sécheresses, les incendies de forêt et tout le reste montrent clairement que le problème du changement climatique prend une vitesse et une taille qui était totalement inattendu il y a seulement quelques années.

Le changement climatique est un problème gigantesque: il dépasse de loin le pic pétrolier à tous les égards. Nous savons que les humains ont vécu pendant des milliers d'années sans utiliser de combustibles fossiles, mais ils n'ont jamais vécu dans un monde où l'atmosphère contenait plus de 400 parties par million de CO2 - comme nous allons devoir le faire. Nous ne savons même pas si ce sera possible pour les humains de survivre dans un tel monde.

À l'heure actuelle, le pic pétrolier ne résout pas le problème du changement climatique - il l'aggrave, car il force l'industrie à utiliser les ressources progressivement plus polluantes, telle que les sables bitumineux ou le charbon. Peut-être que dans le futur nous allons voir une baisse dans l'utilisation de tous les hydrocarbures et, par conséquent, sur les émissions de gaz à effet de serre. Néanmoins, si nous continuons dans cette voie, le pic pétrolier sera juste un soubresaut sur le chemin de la catastrophe.

dimanche 6 janvier 2013

Hirsch Report

Le rapport Hirsch (accessible ici), dont le vrai titre est "pic de production mondiale de pétrole : impacts, atténuation et gestion des risques", a été écrit à la demande du ministère américain de l'Énergie et publié en Février 2005. 

Il examinait le timing de la survenue du pic pétrolier, les actions d'atténuation nécessaires, et les impacts probables sur la base du timing de ces actions.
Le pic de production mondiale de pétrole confronte les États-Unis et le monde à un problème de gestion des risques sans précédent. Au fur et a mesure que le pic s'approche, le prix des combustibles liquides et leur volatilité va augmenter de façon spectaculaire, et, sans mesures d'atténuation en temps opportun, les coûts économiques, sociaux et politique seront sans précédent. Des options d'atténuation viables existent à la fois au niveau de l'offre et de la demande, mais pour avoir un impact important, ils doivent être initié plus d'une décennie en avance par rapport au pic.
Un élément intéressant du rapport est la réflexion sur le temps nécessaire pour s'adapter au pic pétrolier  On peut considérer le rapport comme particulièrement optimiste sur les moyens proposes pour la mitigation, néanmoins les schémas ci-dessous sur le temps nécessaire pour s'adapter sont très intéressant. Dans le rapport, le pic pétrolier était envisagé pour 2015 ! Ou en est-on dans la préparation ?

Scénario 1 : la préparation commence au moment du pic

Scénario 1 : la préparation commence 10 ans avant le pic

Scénario 1 : la préparation commence 20 ans avant le pic

jeudi 27 décembre 2012

Solution : Open Monnaie


Ci-dessous, la 7ème partie qui fait comprendre le lien entre open monnaie et économie circulaire : "how money patterns the ways things move"

 

Michael Linton, originaire du Royaume-Uni, a joué un rôle actif dans le développement des monnaies communautaires depuis 1982 quand il a conçu et commencé la première LETSystem de la vallée de Comox, dans l'ouest du Canada. Auparavant, et brièvement, il était un physicien, ingénieur chimiste, programmeur informatique, diplômé d'études supérieures commerciales (MBA), chercheur en psychologie, chauffeur de camion, moniteur de ski, enseignant, charpentier, pêcheur, bûcheron et le détaillant. Il est maintenant un architecte systèmes, travaillant principalement sur des systèmes pour une société ouverte.

dimanche 16 décembre 2012

Solution : systèmes monétaires alternatifs et économie circulaire



En quoi les monnaies alternatives sont un instrument de développement durable ? Le principe des systèmes monétaires alternatif part des constatations suivantes :
  • Le système monétaire actuel n'est pas neutre comme on pourrait le croire. Il joue un rôle devenu comparable à celui d'un système d'exploitation d'ordinateur (Operating system), qui freine toute alternative et qui fait fonctionner le monde dans une même direction donnée, qui n'est donc pas neutre, est basé sur des taux d'intérêt et une tendance au monopole.
  • Ce système monétaire classique organise un flux continue d'extraction des ressources : puisque la monnaie émise à un bout de la chaîne doit correspondre au bien produits à l'autre bout, le système incite donc à produire ou extraire le maximum de ressources (qui vis-a-vis du système n'ont aucune valeur tant qu'elle ne sont pas "produites") pour les transformer en monnaie (qui vis à vis de ce système est le vrai moyen de stocker la valeur). 
  • Dans le contexte de la mondialisation, ce système survalorise une certaine forme de compétitivité (avec ses propres règles qui échappent aux États et individus) au detriment d'autres formes de compétitivité  Cette monnaie classique survalorise aussi la rentabilité de court-terme et favorise la concentration des richesses et elle a acquis un fort pouvoir centralisateur (via les banques centrales, européennes, mondiales...)
  • Au delà même du problème des ressources, vis a vis de ce système monétaire classique, tout ce qui n'est pas monétisé n'a pas de valeur. Comme le montre le fait que le PIB (qui ne fait que comptabiliser les échanges monétaire) ne comptabilise pas le vrai patrimoine naturel ou culturel, les biens et ressources non marchands, et les richesses et compétences humaines et sociales ou, à l'inverse, comptabilise des chose qui vont à l'encontre du bien être et la qualité de vie.

En créant des systèmes monétaires parallèles (monnaies locales ou régionales, monnaies-temps, systèmes d’échange locaux, monnaies d’entreprise, ou encore monnaies fiscales), on peut intégrer des règles différentes au système monétaire qui peuvent en quelque sorte orienter l’économie dans une direction autre On peut donc avoir pour but de renforcer l’économie locale, ou d'orienter la consommation vers les biens durables, ou de construire des réseaux d’entraide, ou encore d'offrir un surplus de pouvoir d’achat aux populations en difficultés ; On peut avoir aussi plusieurs objectifs la fois :
  • Si l'on incluent le principe de la monnaie fondante, une dévaluation intentionnelle de la monnaie à travers le temps, semblable à un « taux d'intérêt négatif ». La monnaie circule plus vite, ce qui favorise la circulation et les échanges locaux, d'éducation, de technologies partagées, de services de santé.etc mais sans inciter à la production des ressources pour un gain monétaire.
  • Si l'on crée une monnaie en parallèle de la monnaie nationale, cela permet de définir une sphère de pouvoir d’achat particulière. On peut ainsi limiter cette sphère de pouvoir d'achat aux produits locaux ou aux produits biologiques, ou équitables...etc
  • Si la limitation de la monnaie est locale elle permet  à une communauté d'utiliser pleinement ses ressources productives existantes, tout spécialement la force de travail inemployée, ce qui a un effet catalytique sur le reste de l'économie locale.
  • Une monnaie alternative peut comptabiliser la consommation d’énergie et récompenser les consommateurs responsables, ou encore réunir un réseau d’entreprises qui s’octroient du crédit entre elles-mêmes, etc.
  • Si une monnaie alternative utilise la valeur temps par exemple, elle peut devenir un moyen créatif de révéler un potentiel social inexploité. La société n'utilise qu'une faible part de ses ressources et de ses opportunités. Pratiquement chacun possède des connaissances sous-employées, des aptitudes et du temps qui peuvent être utilisées de manière productive. La plupart des fabricants et des services ont des machines ou une capacité sous-employés. 
  • Une monnaie alternative peut-être un moyen de favoriser une vie active avec moins d’heures de travail "classique" mais avec plus d’activités « annexes » qui sont utiles socialement. 


Rapport Brundtland

Un petit copié/collé de wikipedia :

Le Rapport Brundtland, officiellement intitulé Notre avenir à tous (Our Common Future), est une publication rédigée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Utilisé comme base au Sommet de la Terre de 1992, le rapport a popularisé l'expression de « développement durable » et a notamment apporté la définition communément admise du concept.

Le rapport définit le concept ainsi :
Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. 

jeudi 13 décembre 2012

Solution : Fermes verticales

Un épisode de Ecopolis, un documentaire de Discovery Channel traitant des fermes verticales. Comme tout bon documentaire "cornucopien", les fermes verticales sont présentées comme la SOLUTION et sans en aborder les éventuels problèmes ou limitations.

Quel problème est-ce que ça résout ? le problème du transport ? de la disponibilité des terre ?

N’étant pas agronome, je ne peux avoir un vrai avis sur les possibilités  réelles de cette idée mais intuitivement on peut imaginer que c'est une solution qui ne fait que répondre au problème de disponibilité des terre en augmentant le besoins en énergie de l'agriculture. La disponibilité des terres  n'est un problème que si l'on souhaite continuer l'étalement urbain dans un contexte de marché foncier tendu. Ou c'est un problème si l'on est a Singapour.  De fait, c'est le lieu ou sont effectuées ces recherches.




vendredi 7 décembre 2012

Solution : consommation collaborative



La consommation collaborative décrit les nouveaux systèmes d'échange, de partage, de troc. Il s'agit de l'invention de nouvelles formes de commerce et de location à travers les dernières technologies et les places de marché peer-to-peer. Les technologies de l'information font que des processus et des échelles dans l'échange qui n’était pas possible auparavant le deviennent.

En quoi est ce que ça fait partie des "green-tech" ? On peut dire que ça va dans le sens d'une économie plus durable de deux manières : 
  • c'est un antidote à l’obsolescence programmée : quelqu'un qui possède un objet pour pouvoir le louer aura plutôt tendance à choisir cet objet en fonction de sa durabilité.
  • c'est une économie plus dématérialisée où la possession des objets est moins centrale que le service que rendent ces objets. Typiquement : "Je n'ai pas besoin d'une perceuse : j'ai besoin d'un trou dans mon mur".

Voir collaborative consumption.com ou consocollaborative.com.

En voyant par exemple certaines conférences de TED sur ce sujet, on se rend compte a quel point c'est à la mode. Cependant, au delà du hype, il y a bien un risque que la "consommation collaborative" ne devienne au final qu'une manière de marchandiser des choses qui étaient jusqu'alors gratuite, à l'image de l’auto-stoppeur qui devient covoitureur. Voir sur ce sujet un très bon article sur internetactu.

dimanche 2 décembre 2012

Dr. Dennis L. Meadows

Dr. Dennis L. Meadows est un des auteur du rapport "Limits to growth".
Il parle ici de son parcours, de son éthique personnelle et surtout de l'histoire de ses recherches et du rapport du club de Rome.




Voici un petit extrait très intéressant concernant ce qu'il appelle les problèmes simples et les problèmes compliqués :

On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes simples, les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation)


On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes complexesl'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme 

Mes schémas sont très génériques. Ils pourraient illustrer par exemple le probleme d'essayer de perdre du poids, de réduire les émissions, de réduire la dette, ou tout autre objectif d'une personne, d'une communauté ou d'une nation. La plupart des politiciens et la plupart des économistes, la plupart des marchés réagissent très bien face à des problèmes faciles, parce que les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation). Malheureusement, il existe d'autres types de problèmes : des problèmes difficiles. Dans les problèmes difficiles, l'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme - et inversement. Maintenant, que faisons-nous face à ces problèmes complexes ? Qu'est-ce que le politicien fait si il va bientôt y avoir une autre élection? Qu'est-ce qu'un marché faire si le taux d'actualisation signifie que les coûts à long terme, ne compte pas. Qu'est-ce qu'un citoyen fait s'il pense qu'il va déménager l'année prochaine et ne sera pas ici quand ces problèmes arriveront ? 

Si je veux améliorer ma situation énergétique, je dois faire que la situation énergétique semble s'aggraver à court terme, d'une manière ou d'une autre. Par exemple, je pourrais lever des impôts, établir des quotas, imposer des normes juridiques sur l'efficacité de l'automobile. D'une manière ou d'une autre, il est nécessaire d'augmenter les coûts de l'énergie à court terme, afin de rendre les coûts d'énergie moindre dans le long terme. La plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, comme le changement climatique, sont des problèmes difficiles dans ce sens. 

Comment peut-on convertir différents problèmes en des problèmes faciles? Comment pouvons-nous obtenir de notre société de traiter des questions difficiles de manière automatique et constructive. Vous devez d'abord accroître l'horizon temporel. Vous devez repousser la période de planification assez loin pour que les gens commencent à voir la différence entre la politique qui semble bonne maintenant et celle qui résout réellement le problème. La Planification à long terme fait cela. Et la deuxième chose est de donner aux gens une compréhension sophistiquée sur le comportement de systèmes complexes. Beaucoup de gens ne peuvent pas imaginer qu'une action qui produit des avantages immédiats, peut en quelque sorte à l'avenir être un désastre. Leur compréhension des comportements les conduit à croire que tout ce qui croit dans le court continue à augmenter dans le long terme.

Solution : Amory Lovins et l'" Integrative Design"


Amory Lovins, est une sorte de gourou des green tech, fondateur du Rocky Mountain Institute.

Dans cette video : Amory B. Lovins: Big Savings Through Integrative Design, il promeut ce qu'il appelle "Integrative Design", que l'on pourrait traduire par design intégré (?) et qui consiste en un processus de conception impliquant tous les intervenants du projet et toutes les contraintes du design et en les mettant au service de l'optimisation énergétique. (cette notion est d’ailleurs maintenant inclue dans le LEED, la certification américaine pour les bâtiments écologiques).

Son exemple typique est la manière dont, pour un bâtiment de serveurs informatiques, les ingénieurs fluides, les architectes, les entreprises, le clients et tous les autres intervenants ont travaille ensemble et ont réussit à économiser jusqu’à 40% d’énergie grâce à des astuces simples et ne coûtant rien comme par exemple en réduisant la longueur des tuyaux et le nombre de coudes dans le circuit de climatisation.

jeudi 22 novembre 2012

Midas



Maintenant qu'il est à peut près admis par tous que le pic du pétrole conventionnel a été passé en 2005, les gentils économistes nous disent : "dormez tranquille, les pétroles non-conventionnel vont prendre le relais!"

Ils parlent du passage du conventionnel au non-conventionnel comme d'une sorte d'évolution naturelle, comme si cela ne posait pas de problème. La réalité c'est que ça correspond, pour prendre une image au passage d'un monde où l'on "ramasse" du pétrole a un monde où l'on "fabrique" du pétrole. Et ça pose un problème d'EROI (Energie investie sur Energie produite) donc de limites physique !! Évidemment si vous êtes économiste et libéral, vous devez considérer "limite physique" comme un gros mot. 

En fait une société qui consacrerait toute son énergie à produire de l'énergie ressemblerait un peu au roi Midas, qui meure de faim parce que tout ce qu'il touche se change en or.

dimanche 18 novembre 2012

Prix Pinocchio 2012



Le prix 2012 du greenwashing décernés par les amis de la terre aux entreprises françaises qui font l'inverse de ce qu'elles disent et qui disent l'inverse de ce qu'elles font. Je le recopie ici pour une question de google bombing : 


Catégorie "Plus vert sur vert" 
  1. Lesieur (38 % des votes pour sa campagne "Aidons l’Afrique : une bouteille d’huile Lesieur achetée, une bouteille envoyée" tout en etant en meme temps l’un des plus importants producteur et promoteur de l’industrie des agrocarburants )
  2. Auchan (36,3 % )
  3. Urbaser (25,7 %)
Catégorie "Une pour tous, tout pour moi!
  1. Bolera Minera (35 %des votes, pour ce groupes filliale de Bolloré et Eramet pour ses mines de lithium en Argentine dans une région où vivent 33 communautés indigènes)
  2. Alteo/rio Tinto (34 %)
  3. Vinci (31 %)
Catégorie "Mains sales, poches pleines"
  1. Areva (45 % pour continuer a Refuser de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d’uranium en Afrique)
  2. BNP Paribas (32 %)
  3. Perenco (23 %)