dimanche 17 février 2013

Le changement du régime des précipitations

Types de végétation possibles en fonction des précipitations annuelles moyennes et des températures moyennes
Le petit graphique ci-dessus le montre très bien : les écosystèmes sont beaucoup plus sensibles aux variations de précipitations qu'aux variations de températures. Même si ce graphique est très simplifié, l'on comprend facilement qu'un petit changement peut suffire à faire basculer une zone d'un type d’écosystème à un autre mais, à cause de la rapidité du changement (de l'ordre d'un siècle), il ne s'agira pas principalement d'adaptations et de migrations des écosystèmes mais d'extinction.

Sur le site Manicore, de Jean-Marc Jancovici , je conseille la lecture de la page Que risquent les écosystèmes ?, c'est le plus clair des résumés que l'on puisse trouver sur internet sur ce que l'on risque vraiment avec le réchauffement climatique. 


jeudi 31 janvier 2013

La montée des océans

La montée des océans n'est pas, à l’échelle mondiale, la conséquence la plus préoccupante  du réchauffement climatique.

Voici néanmoins une petite application pour visualiser ce que serait la montée du niveau des océans de un mètre jusqu’à soixante mètres. La fonte du Groenland et la fonte de la calotte occidentale de l'antarctique correspondrait à une élévation des mers d'environ dix mètres s’étalant sur plusieurs siècles. Cependant, à l’échelle de temps qui nous concerne directement, c.a.d le XIXe siècle  l’élévation serait comprise entre 50 cm et 1 m.

Si vous avez 5 minutes, je vous conseil donc de régler la montée du niveau de la mer à un mètre, d'activer le mode "Map" qui est plus lisible et de zoomer sur les régions de la Camargue, de Saint-Nazaire, de Noirmoutier, de La Rochelle et de l’embouchure de la Garonne qui seraient les régions les plus touchées en France. 

Au niveau mondial , il y a des zones ou les conséquences sont plus spectaculaires : zoomez vers les Pays-Bas, la lagune de Venise ou le Bangladesh par exemple.

samedi 12 janvier 2013

Pic pétrolier VS Changement climatique



Par quoi doit on être le plus préoccupé ? la déplétion des ressources et en particulier du pétrole qui est le problème le plus immédiat, ou par le changement climatique, qui semble un problème plus lointain, sachant que les deux question sont inextricablement liées. 
Voici un petit texte de Ugo Bardi sur le sujet.


"Climate change: Confessions of a Peak Oiler"
par Ugo Bardi


En 2003, j'ai assisté à ma première conférence sur le pic pétrolier, à Paris. Tout était nouveau pour moi: le sujet, les gens, les idées. C'est là que j'ai pu rencontrer pour la première fois les personnages en grandeur nature de l'ASPO,l'association pour l'étude du pic pétrolier. J'ai rencontré Colin Campbell, Jean Laherrère, Kenneth Deffeyes, Ali Morteza Samsam Bakthiari, et bien d'autres. C'était une de ces expériences qui marquent quelqu’un pour la vie.

A Paris, j'ai appris beaucoup de choses sur l'épuisement du pétrole, mais aussi sur un autre sujet qui émergeait : le conflit entre les études sur la déplétion et les études sur le changement climatique. Cette conférence ASPO a vu le début d'une opposition qui devait éclater beaucoup plus intensément dans les années suivantes. D'un côté du débat, il y avait les personnes concernés par le climat . Ils étaient clairement consterné de voir que leurs efforts pour arrêter le réchauffement climatique étaient menacés par cette nouvelle idée: il n'y aura pas assez de combustibles fossiles pour causer les dommages qu'ils craignaient. De l'autre côté, les personnes concernées par la déplétion qui se moquaient de l'idée du changement climatique: le pic pétrolier, disaient-ils, ferait tous les soucis à cet égard obsolètes.

Mon impression, à cette époque, était que la position d’etre concerne en priorité par le climat était intenable. Non pas que j’etais devenu un climato-sceptique, pas du tout: les mécanismes physiques du changement climatique ont toujours été clair pour moi et je n'ai jamais remis en question le fait que l'ajout de CO2 dans l'atmosphère allait le réchauffer. Mais la nouveauté du concept de pic pétrolier, la découverte d'un nouveau champ d'étude, les conséquences d'une baisse de la disponibilité de l'énergie, tout cela m'a amené à voir l'épuisement comme le principal défi à venir.

Cette croyance personnelle allait durer quelques années, mais pas plus. Plus j'étudiais l'épuisement du pétrole, plus je me suis retrouvé a étudier le climat: les deux sujets sont si étroitement liés les uns aux autres que vous ne pouvez pas étudier l’un seul et ignorer l'autre. J'ai découvert que la science du climat n'est pas seulement sur le réchauffement climatique moderne. C’est la véritable révolution scientifique du 21e siècle. Ce n'est rien de moins qu'un changement radical de paradigme à propos de tout ce qui se passe sur notre planète, comparable à la révolution copernicienne il y a des siècles.

La science du climat nous donne une image complète de la façon dont le système terrestre a progressivement évolué et changé, en maintenant des conditions favorables à la vie organique, malgré l'augmentation progressive du rayonnement solaire au cours des quatre derniers milliards d'années. Il s'agit d'un équilibre délicat qui dépend de nombreux facteurs, y compris de l'enfouissement de grandes quantités de carbone qui, auparavant, faisaient partie de la biosphère et, au cours des âges, sont devenus ce que nous appelons «les combustibles fossiles». L'extraction et la combustion de combustibles fossiles signifie que nous altérons les mécanismes mêmes qui nous maintiennent en vie. La science du climat est fascinante, même belle, mais c'est le genre de beauté qui peut tuer.

Donc, étape par étape, j’ai fait un cercle complet. Si, au début, j'étais plus préoccupé par l'épuisement des ressources que par le climat, maintenant c'est l'inverse. Non pas que je me suis arrêté de me soucier du pic pétrolier, je sais très bien que nous sommes dans le pétrin avec la disponibilité non seulement de pétrole, mais de toutes les ressources minérales. Mais les événements récents, la fonte de la calotte polaire, les ouragans, les sécheresses, les incendies de forêt et tout le reste montrent clairement que le problème du changement climatique prend une vitesse et une taille qui était totalement inattendu il y a seulement quelques années.

Le changement climatique est un problème gigantesque: il dépasse de loin le pic pétrolier à tous les égards. Nous savons que les humains ont vécu pendant des milliers d'années sans utiliser de combustibles fossiles, mais ils n'ont jamais vécu dans un monde où l'atmosphère contenait plus de 400 parties par million de CO2 - comme nous allons devoir le faire. Nous ne savons même pas si ce sera possible pour les humains de survivre dans un tel monde.

À l'heure actuelle, le pic pétrolier ne résout pas le problème du changement climatique - il l'aggrave, car il force l'industrie à utiliser les ressources progressivement plus polluantes, telle que les sables bitumineux ou le charbon. Peut-être que dans le futur nous allons voir une baisse dans l'utilisation de tous les hydrocarbures et, par conséquent, sur les émissions de gaz à effet de serre. Néanmoins, si nous continuons dans cette voie, le pic pétrolier sera juste un soubresaut sur le chemin de la catastrophe.

dimanche 6 janvier 2013

Hirsch Report

Le rapport Hirsch (accessible ici), dont le vrai titre est "pic de production mondiale de pétrole : impacts, atténuation et gestion des risques", a été écrit à la demande du ministère américain de l'Énergie et publié en Février 2005. 

Il examinait le timing de la survenue du pic pétrolier, les actions d'atténuation nécessaires, et les impacts probables sur la base du timing de ces actions.
Le pic de production mondiale de pétrole confronte les États-Unis et le monde à un problème de gestion des risques sans précédent. Au fur et a mesure que le pic s'approche, le prix des combustibles liquides et leur volatilité va augmenter de façon spectaculaire, et, sans mesures d'atténuation en temps opportun, les coûts économiques, sociaux et politique seront sans précédent. Des options d'atténuation viables existent à la fois au niveau de l'offre et de la demande, mais pour avoir un impact important, ils doivent être initié plus d'une décennie en avance par rapport au pic.
Un élément intéressant du rapport est la réflexion sur le temps nécessaire pour s'adapter au pic pétrolier  On peut considérer le rapport comme particulièrement optimiste sur les moyens proposes pour la mitigation, néanmoins les schémas ci-dessous sur le temps nécessaire pour s'adapter sont très intéressant. Dans le rapport, le pic pétrolier était envisagé pour 2015 ! Ou en est-on dans la préparation ?

Scénario 1 : la préparation commence au moment du pic

Scénario 1 : la préparation commence 10 ans avant le pic

Scénario 1 : la préparation commence 20 ans avant le pic

jeudi 27 décembre 2012

Solution : Open Monnaie


Ci-dessous, la 7ème partie qui fait comprendre le lien entre open monnaie et économie circulaire : "how money patterns the ways things move"

 

Michael Linton, originaire du Royaume-Uni, a joué un rôle actif dans le développement des monnaies communautaires depuis 1982 quand il a conçu et commencé la première LETSystem de la vallée de Comox, dans l'ouest du Canada. Auparavant, et brièvement, il était un physicien, ingénieur chimiste, programmeur informatique, diplômé d'études supérieures commerciales (MBA), chercheur en psychologie, chauffeur de camion, moniteur de ski, enseignant, charpentier, pêcheur, bûcheron et le détaillant. Il est maintenant un architecte systèmes, travaillant principalement sur des systèmes pour une société ouverte.

dimanche 16 décembre 2012

Solution : systèmes monétaires alternatifs et économie circulaire



En quoi les monnaies alternatives sont un instrument de développement durable ? Le principe des systèmes monétaires alternatif part des constatations suivantes :
  • Le système monétaire actuel n'est pas neutre comme on pourrait le croire. Il joue un rôle devenu comparable à celui d'un système d'exploitation d'ordinateur (Operating system), qui freine toute alternative et qui fait fonctionner le monde dans une même direction donnée, qui n'est donc pas neutre, est basé sur des taux d'intérêt et une tendance au monopole.
  • Ce système monétaire classique organise un flux continue d'extraction des ressources : puisque la monnaie émise à un bout de la chaîne doit correspondre au bien produits à l'autre bout, le système incite donc à produire ou extraire le maximum de ressources (qui vis-a-vis du système n'ont aucune valeur tant qu'elle ne sont pas "produites") pour les transformer en monnaie (qui vis à vis de ce système est le vrai moyen de stocker la valeur). 
  • Dans le contexte de la mondialisation, ce système survalorise une certaine forme de compétitivité (avec ses propres règles qui échappent aux États et individus) au detriment d'autres formes de compétitivité  Cette monnaie classique survalorise aussi la rentabilité de court-terme et favorise la concentration des richesses et elle a acquis un fort pouvoir centralisateur (via les banques centrales, européennes, mondiales...)
  • Au delà même du problème des ressources, vis a vis de ce système monétaire classique, tout ce qui n'est pas monétisé n'a pas de valeur. Comme le montre le fait que le PIB (qui ne fait que comptabiliser les échanges monétaire) ne comptabilise pas le vrai patrimoine naturel ou culturel, les biens et ressources non marchands, et les richesses et compétences humaines et sociales ou, à l'inverse, comptabilise des chose qui vont à l'encontre du bien être et la qualité de vie.

En créant des systèmes monétaires parallèles (monnaies locales ou régionales, monnaies-temps, systèmes d’échange locaux, monnaies d’entreprise, ou encore monnaies fiscales), on peut intégrer des règles différentes au système monétaire qui peuvent en quelque sorte orienter l’économie dans une direction autre On peut donc avoir pour but de renforcer l’économie locale, ou d'orienter la consommation vers les biens durables, ou de construire des réseaux d’entraide, ou encore d'offrir un surplus de pouvoir d’achat aux populations en difficultés ; On peut avoir aussi plusieurs objectifs la fois :
  • Si l'on incluent le principe de la monnaie fondante, une dévaluation intentionnelle de la monnaie à travers le temps, semblable à un « taux d'intérêt négatif ». La monnaie circule plus vite, ce qui favorise la circulation et les échanges locaux, d'éducation, de technologies partagées, de services de santé.etc mais sans inciter à la production des ressources pour un gain monétaire.
  • Si l'on crée une monnaie en parallèle de la monnaie nationale, cela permet de définir une sphère de pouvoir d’achat particulière. On peut ainsi limiter cette sphère de pouvoir d'achat aux produits locaux ou aux produits biologiques, ou équitables...etc
  • Si la limitation de la monnaie est locale elle permet  à une communauté d'utiliser pleinement ses ressources productives existantes, tout spécialement la force de travail inemployée, ce qui a un effet catalytique sur le reste de l'économie locale.
  • Une monnaie alternative peut comptabiliser la consommation d’énergie et récompenser les consommateurs responsables, ou encore réunir un réseau d’entreprises qui s’octroient du crédit entre elles-mêmes, etc.
  • Si une monnaie alternative utilise la valeur temps par exemple, elle peut devenir un moyen créatif de révéler un potentiel social inexploité. La société n'utilise qu'une faible part de ses ressources et de ses opportunités. Pratiquement chacun possède des connaissances sous-employées, des aptitudes et du temps qui peuvent être utilisées de manière productive. La plupart des fabricants et des services ont des machines ou une capacité sous-employés. 
  • Une monnaie alternative peut-être un moyen de favoriser une vie active avec moins d’heures de travail "classique" mais avec plus d’activités « annexes » qui sont utiles socialement. 


Rapport Brundtland

Un petit copié/collé de wikipedia :

Le Rapport Brundtland, officiellement intitulé Notre avenir à tous (Our Common Future), est une publication rédigée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Utilisé comme base au Sommet de la Terre de 1992, le rapport a popularisé l'expression de « développement durable » et a notamment apporté la définition communément admise du concept.

Le rapport définit le concept ainsi :
Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. 

jeudi 13 décembre 2012

Solution : Fermes verticales

Un épisode de Ecopolis, un documentaire de Discovery Channel traitant des fermes verticales. Comme tout bon documentaire "cornucopien", les fermes verticales sont présentées comme la SOLUTION et sans en aborder les éventuels problèmes ou limitations.

Quel problème est-ce que ça résout ? le problème du transport ? de la disponibilité des terre ?

N’étant pas agronome, je ne peux avoir un vrai avis sur les possibilités  réelles de cette idée mais intuitivement on peut imaginer que c'est une solution qui ne fait que répondre au problème de disponibilité des terre en augmentant le besoins en énergie de l'agriculture. La disponibilité des terres  n'est un problème que si l'on souhaite continuer l'étalement urbain dans un contexte de marché foncier tendu. Ou c'est un problème si l'on est a Singapour.  De fait, c'est le lieu ou sont effectuées ces recherches.




vendredi 7 décembre 2012

Solution : consommation collaborative



La consommation collaborative décrit les nouveaux systèmes d'échange, de partage, de troc. Il s'agit de l'invention de nouvelles formes de commerce et de location à travers les dernières technologies et les places de marché peer-to-peer. Les technologies de l'information font que des processus et des échelles dans l'échange qui n’était pas possible auparavant le deviennent.

En quoi est ce que ça fait partie des "green-tech" ? On peut dire que ça va dans le sens d'une économie plus durable de deux manières : 
  • c'est un antidote à l’obsolescence programmée : quelqu'un qui possède un objet pour pouvoir le louer aura plutôt tendance à choisir cet objet en fonction de sa durabilité.
  • c'est une économie plus dématérialisée où la possession des objets est moins centrale que le service que rendent ces objets. Typiquement : "Je n'ai pas besoin d'une perceuse : j'ai besoin d'un trou dans mon mur".

Voir collaborative consumption.com ou consocollaborative.com.

En voyant par exemple certaines conférences de TED sur ce sujet, on se rend compte a quel point c'est à la mode. Cependant, au delà du hype, il y a bien un risque que la "consommation collaborative" ne devienne au final qu'une manière de marchandiser des choses qui étaient jusqu'alors gratuite, à l'image de l’auto-stoppeur qui devient covoitureur. Voir sur ce sujet un très bon article sur internetactu.

dimanche 2 décembre 2012

Dr. Dennis L. Meadows

Dr. Dennis L. Meadows est un des auteur du rapport "Limits to growth".
Il parle ici de son parcours, de son éthique personnelle et surtout de l'histoire de ses recherches et du rapport du club de Rome.




Voici un petit extrait très intéressant concernant ce qu'il appelle les problèmes simples et les problèmes compliqués :

On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes simples, les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation)


On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes complexesl'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme 

Mes schémas sont très génériques. Ils pourraient illustrer par exemple le probleme d'essayer de perdre du poids, de réduire les émissions, de réduire la dette, ou tout autre objectif d'une personne, d'une communauté ou d'une nation. La plupart des politiciens et la plupart des économistes, la plupart des marchés réagissent très bien face à des problèmes faciles, parce que les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation). Malheureusement, il existe d'autres types de problèmes : des problèmes difficiles. Dans les problèmes difficiles, l'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme - et inversement. Maintenant, que faisons-nous face à ces problèmes complexes ? Qu'est-ce que le politicien fait si il va bientôt y avoir une autre élection? Qu'est-ce qu'un marché faire si le taux d'actualisation signifie que les coûts à long terme, ne compte pas. Qu'est-ce qu'un citoyen fait s'il pense qu'il va déménager l'année prochaine et ne sera pas ici quand ces problèmes arriveront ? 

Si je veux améliorer ma situation énergétique, je dois faire que la situation énergétique semble s'aggraver à court terme, d'une manière ou d'une autre. Par exemple, je pourrais lever des impôts, établir des quotas, imposer des normes juridiques sur l'efficacité de l'automobile. D'une manière ou d'une autre, il est nécessaire d'augmenter les coûts de l'énergie à court terme, afin de rendre les coûts d'énergie moindre dans le long terme. La plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, comme le changement climatique, sont des problèmes difficiles dans ce sens. 

Comment peut-on convertir différents problèmes en des problèmes faciles? Comment pouvons-nous obtenir de notre société de traiter des questions difficiles de manière automatique et constructive. Vous devez d'abord accroître l'horizon temporel. Vous devez repousser la période de planification assez loin pour que les gens commencent à voir la différence entre la politique qui semble bonne maintenant et celle qui résout réellement le problème. La Planification à long terme fait cela. Et la deuxième chose est de donner aux gens une compréhension sophistiquée sur le comportement de systèmes complexes. Beaucoup de gens ne peuvent pas imaginer qu'une action qui produit des avantages immédiats, peut en quelque sorte à l'avenir être un désastre. Leur compréhension des comportements les conduit à croire que tout ce qui croit dans le court continue à augmenter dans le long terme.

Solution : Amory Lovins et l'" Integrative Design"


Amory Lovins, est une sorte de gourou des green tech, fondateur du Rocky Mountain Institute.

Dans cette video : Amory B. Lovins: Big Savings Through Integrative Design, il promeut ce qu'il appelle "Integrative Design", que l'on pourrait traduire par design intégré (?) et qui consiste en un processus de conception impliquant tous les intervenants du projet et toutes les contraintes du design et en les mettant au service de l'optimisation énergétique. (cette notion est d’ailleurs maintenant inclue dans le LEED, la certification américaine pour les bâtiments écologiques).

Son exemple typique est la manière dont, pour un bâtiment de serveurs informatiques, les ingénieurs fluides, les architectes, les entreprises, le clients et tous les autres intervenants ont travaille ensemble et ont réussit à économiser jusqu’à 40% d’énergie grâce à des astuces simples et ne coûtant rien comme par exemple en réduisant la longueur des tuyaux et le nombre de coudes dans le circuit de climatisation.

jeudi 22 novembre 2012

Midas



Maintenant qu'il est à peut près admis par tous que le pic du pétrole conventionnel a été passé en 2005, les gentils économistes nous disent : "dormez tranquille, les pétroles non-conventionnel vont prendre le relais!"

Ils parlent du passage du conventionnel au non-conventionnel comme d'une sorte d'évolution naturelle, comme si cela ne posait pas de problème. La réalité c'est que ça correspond, pour prendre une image au passage d'un monde où l'on "ramasse" du pétrole a un monde où l'on "fabrique" du pétrole. Et ça pose un problème d'EROI (Energie investie sur Energie produite) donc de limites physique !! Évidemment si vous êtes économiste et libéral, vous devez considérer "limite physique" comme un gros mot. 

En fait une société qui consacrerait toute son énergie à produire de l'énergie ressemblerait un peu au roi Midas, qui meure de faim parce que tout ce qu'il touche se change en or.

dimanche 18 novembre 2012

Prix Pinocchio 2012



Le prix 2012 du greenwashing décernés par les amis de la terre aux entreprises françaises qui font l'inverse de ce qu'elles disent et qui disent l'inverse de ce qu'elles font. Je le recopie ici pour une question de google bombing : 


Catégorie "Plus vert sur vert" 
  1. Lesieur (38 % des votes pour sa campagne "Aidons l’Afrique : une bouteille d’huile Lesieur achetée, une bouteille envoyée" tout en etant en meme temps l’un des plus importants producteur et promoteur de l’industrie des agrocarburants )
  2. Auchan (36,3 % )
  3. Urbaser (25,7 %)
Catégorie "Une pour tous, tout pour moi!
  1. Bolera Minera (35 %des votes, pour ce groupes filliale de Bolloré et Eramet pour ses mines de lithium en Argentine dans une région où vivent 33 communautés indigènes)
  2. Alteo/rio Tinto (34 %)
  3. Vinci (31 %)
Catégorie "Mains sales, poches pleines"
  1. Areva (45 % pour continuer a Refuser de reconnaître sa responsabilité dans la dégradation des conditions de vie des populations vivant à proximité de ses mines d’uranium en Afrique)
  2. BNP Paribas (32 %)
  3. Perenco (23 %)

mercredi 24 octobre 2012

La bulle du gaz de schiste sur le point d’éclater ?

Voici un résumé rapide d'une enquête du New-York Times. (on ne pourra pas dire que ces informations proviennent d'un obscure blog spécialisé.)



Pour résumer en quelque mots  l'article intitulé  "Après le boom du gaz naturel" :

L'industrie du gaz de schiste a, depuis 2008, investit des sommes considérables. Il est d'ailleurs cocasse de lire un expert affirmer que le gaz de schiste a bénéficié à l’économie américaine à hauteur de 100 milliard de $ alors que quelque lignes plus loin, on apprend que les compagnies gazières sont obligées de dépenser 126 milliards chaque année pour maintenir le flot. Cherchez l'erreur ! Cette manne a cependant profité aux propriétaires de terrain, à l'économie locale et surtout à certains tycoon des énergies fossiles. Les prix du gaz sur le marché nord américain ayant maintenant baissés,  l'industrie n'est globalement plus rentable. Tout cet argent était pompé via Wall Street et des montages financiers complexes pour attirer des investisseurs avides de profits rapides et des sommes faramineuses ont affluées  Les premiers entrants se rendent maintenant compte que la profitabilité n'est pas au rendez vous et essayent de revendre à de nouveaux investisseurs ... 

Est ce qu'on ne vient pas de décrire une bulle spéculative sur le point d'exploser ?

Pour résumer l'exploitation des gaz  de schiste est

  • une aberration en matière de gaz à effet de serre (les fuites de gaz risque d'annuler complètement le fait que le gaz est un peu moins émissif que le charbon). 
  • une potentielle catastrophe sanitaire à cause des produits utilisés pour fracturer la roche, 
  • un risque écologique majeur si les forages sont mal réalisés et contaminent les nappes phréatiques.
  • une solution énergétique très temporaire puisque les ressources réellement extractibles sont probablement largement surestimées.
  • une incohérence technique puisque cette industrie nécessite tellement de capital et de ressources que c'est un peu comme si on fabriquait du gaz à partir d'autres ressources elles-même limitées. 
et maintenant on peut dire que c'est aussi une stupidité qui risque de faire à nouveau crasher l’économie. Tout ça n’empêche pas un grand nombre de gens en France de pousser petit à petit leur pions pour faire la même chose en France.

lundi 22 octobre 2012

Quel est le mobile ?

Dans cet article, on a la réponse à deux questions qui se posaient récemment : 
La deuxième question est en partie la réponse à la première : une grosse part du pétrole produit au US n'est pas intégrée au marché mondial (en partie pour des raison politique et en partie pour des raison d'infrastructures : le WTI Crude Oil est produit à l’intérieur des terres au US et il est difficile de l'acheminer aux terminaux pétroliers, d'ou son prix plus bas). Clamer que les US seront bientôt énergétiquement indépendant permet au compagnies pétrolière et gazière de pousser à la libéralisation du marchés et à la construction des infrastructures qui leur permettrait de vendre leur production au prix mondial, c'est a dire au prix fort.



Les industrie pétrolière et gazière utilisent un message trompeur d'indépendance énergétique pour pousser les exportations américaines
par Kurt Cobb

Avec le prix de l’essence atteignant récemment 4 $ le gallon, les plans annoncés la semaine dernière par le géant pétrolier international BP, qu'ils exporterait du pétrole brut produit aux États-Unis devraient faire hurler les Américains. Pour qu'un tel plan soit une bonne politique énergétique - plutôt que simplement rentable pour l'industrie du pétrole - les États-Unis devraient d'abord produire suffisamment de pétrole pour répondre à ses propres besoins. Mais le pays est loin de produire cette quantité. Néanmoins, la campagne trompeuse que mène l'industrie pétrolière visant à faire croire au public et aux décideurs politiques que les États-Unis sont sur le point d'atteindre l'indépendance énergétique semble réussir - une tentative qui n'est en fait qu'un écran de fumée pour pouvoir vendre le pétrole et le gaz naturel du pays au plus offrant .

Jusqu'à présent cette année, les États-Unis ont produit 6,2 millions de barils par jour (mbj) de pétrole brut ainsi que des condensâts (ce qui est la définition du pétrole), chiffre à mettre en rapport à la consommation quotidienne nette qui est de 13,6 mbj de produits pétroliers finis. Le pays est loin d'être libéré des importations de pétrole, et comme je vais l'expliquer plus loin, il n'y a pas de perspective réaliste du fait que nous puissions jamais produire assez de pétrole dans le pays pour satisfaire nos besoins au niveau actuel de la consommation.

C'est pourquoi à ce jour, à l'exception d'expéditions mineures et sporadiques vers quelques pays ainsi que quelque petites livraisons régulières traversant la frontière canadienne, le gouvernement américain n'a permis aucun autre export de pétrole brut domestique. La demande de BP est présumée être une tentative pour amener le pétrole produit dans le Dakota du Nord vers les raffineries du Canada sur la côte Est. Le pétrole produit dans le Dakota du Nord se négocie avec un rabais de 20 $ par rapport au pétrole actuellement importés d'Europe par les raffineries canadiennes.

Les analystes estiment que BP peut expédier au Canada le pétrole du Dakota du Nord par train ou par d'autres moyens et battre ainsi le prix européen. Toutes choses étant égales par ailleurs cela aurait tendance à faire monter le prix du pétrole brut aux États-Unis. L'ironie, bien sûr, est que le Canada exporte une grande partie de sa production de pétrole brut vers les États-Unis, ce qui en fait le plus important fournisseur américain de pétrole importé. Néanmoins, les différences de qualité du pétrole et de l'infrastructure de transport semblent favoriser ce que BP propose.

Le plus préoccupant peut-être pour les consommateurs américains est une demande de licence d'exportation d'une entreprise de négoce suisse, Vitol, qui voudrait obtenir la capacité à exporter du pétrole brut US partout dans le monde, où elle pourrait obtenir un bon prix pour cela. Si cette demande est acceptée, c'est saison ouverte sur l'approvisionnement en pétrole brut intérieur américains.

Pour être clair, le prix du pétrole aux Etats-Unis est déjà basé sur les prix mondiaux. C'est parce que le pétrole peut être livré avec la flotte mondiale de pétrolier à l'endroit où le prix est le plus élevé. Cela tend à égaliser les prix à travers le monde une fois que les frais de transport sont inclus. Mais, parce que l'infrastructure à l'intérieur des États-Unis est insuffisante pour déplacer le pétrole à bon marché vers les ports pétroliers, le prix du pétrole se négocie dans ce cas à un prix inférieur aux prix mondiaux. Donc, chaque fois que les sociétés ou entreprises commerciales croient qu'elles peuvent réduire les coûts de transport, tels que ceux du Dakota du Nord qui n'a pas de littoral, elles vont essayer de transporter le pétrole qui est sous-évalué vers des marchés plus rentables.

Le gaz naturel est une autre affaire. Il n'y a pas encore de système mondial intégré d'acheminement du gaz naturel où le prix est le plus élevé. En Amérique du Nord, le gaz naturel est essentiellement un produit régional. Il peut être déplacé par gazoduc entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, mais ça s'arrête la. Pour cette raison, la surabondance de gaz naturel causé par le sur-forage des nouveau dépôts de gaz de schiste disponibles a fait baisser les prix de façon spectaculaire, passant de 13 $ par millier de pieds cubes (mpc) à la mi-2008 à un peu plus de 3 $ par mcf aujourd'hui.

La surabondance a fait dire que les États-Unis vont bientôt produire la totalité de leur gaz naturel. Dans la pratique, cela ne fonctionne pas de cette façon. Avec de soi-disant vastes réserves de gaz naturel maintenant sous leurs pieds, les Américains ont du importer 14,2 pour cent de leur gaz naturel, en 2011, la quasi-totalité de celui-ci à partir du Canada, selon la US Energy Information Administration (EIA), l'agence statistique de l'US Département of l'énergie. A titre de comparaison, les importations annuelles de gaz naturel aux États-Unis de 1990 à 2010 étaient en moyenne de 16,8 pour cent de la consommation américaine totale. Progrès, certes, mais pas exactement indépendance énergétique.

L'EIA prévoit, cependant, que la production nationale américaine de gaz naturel va augmenter suffisamment pour que les États-Unis puisse devenir un exportateur net de gaz naturel d'ici 2022. Pourtant, certains analystes ont émis des doutes sur ces prévisions. En fait, les allégations disant que les États-Unis en ont pour 100 ans de gaz naturel ont été largement réfutée. Tout d'abord, cette allégation était fondée sur les ressources estimées. Comme je suis obligé de le rappeler aux gens encore et encore, les ressources sont ce que l'on pense être dans la croûte terrestre basée sur des preuves partielle dans le meilleur des cas. Les réserves, d'autre part, sont ce que le forage a montré qui peut être produit en utilisant la technologie existante à prix courants à partir des champs connus. Les réserves prouvées et probables de gaz naturel américain totalisent seulement 22 ans d'approvisionnement au rythme actuel de consommation.

samedi 20 octobre 2012

114 $

Quand j'ai commencé ce blog en 2006, le prix du baril de pétrole tournait autour de 40$ et il était considéré comme anormalement cher. Il est maintenant bien au delà des 100$ et n'a pas l'air décidé à redescendre.


vendredi 5 octobre 2012

Dust Bowl

Qui dit années trente dit de "Al capone" ou "grande dépression" ? Par contre, avez vous déjà entendu parlé du "Dust Bowl" qui sévit à la même époque ?

Ce fut une série de tempêtes de poussière, véritable catastrophe écologique qui a touché, pendant près d'une décennie, la région des Grandes Plaines aux États-Unis et au Canada dans les années trente. Pres de 3 million de personnes ont été obligées de migrer. Des images impressionnantes, une leçon écologique (cette catastrophe serait due au surlabourage, c'est-à-dire à un abus dans l'utilisation du labour occasionnant une érosion très importante) et pourtant j'ai du attendre 2008 pour en entendre parler pour la première fois dans le documentaire The American Future: A History.

La mémoire collective est très sélective.









vendredi 28 septembre 2012

Maison Feuillette


Le système constructif des maison en paille moderne (remplissage d'ossature composite, enduit chaux extérieur, plâtre intérieur) avait déjà été testé en 1921 : la maison feuillette. Voici un article de "la science et la vie de mai 1921" sur celle-ci.

C'est la plus ancienne maison en bottes de paille connue d'Europe et elle est toujours occupée, toujours confortable et en elle est en vente. Une association lance une souscription pour la racheter et la préserver.