dimanche 6 mai 2012

Cent mille ans : Into eternity (2010)



Voici le reportage (en entier sur youtube) sur ce projet d'enfouissement des déchets nucléaires pour cent mille ans évoqué dans le post précédent.

vendredi 4 mai 2012

Dix mille ans

Dans la vidéo qui suit le chef de projet de l'horloge explique les réflexions qu'ils ont eu à mener au cours de sa conception. Il parle aussi de leur recherche d'exemple de réalisation humaines les plus pérennes. 



On retrouve des thèmes du reportage   Aftermath: Population Zero (2008)  ainsi que des réflexion menée par les finlandais pour l'enfouissement des déchets nucléaires ayant une demi vie de 100 000 ans. Un exemple assez frappant : comment signaler à l'entrée "Attention Danger", sachant qu'il y a 100 000 ans il n'y avait pas d'écriture et que dans 100 000 ans les langues codes et écritures actuelles seront peut-être oubliées depuis longtemps.

mercredi 2 mai 2012

The long now fondation

La définition officielle du développement soutenable (traduction de "sustainable developpement" plus appropriée  que "développement durable" ) est :
le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins
La question de vision de long terme est centrale. Une fondation créée au US en 1996 ne prend cette question de la pensée du long terme à la légère : the long now foundation. Leur statut : favoriser créativement une réflexion de long terme et de responsabilité dans le cadre des 10 000 prochaines années. Vous avez bien lu, dix mille ans !

Cette fondation sponsorise toute sorte de recherches ou projets artistiques sur ce thème. Leur projet phare est de créer une horloge prévue pour durer 10 000 ans.  Un projet qui pose des problèmes d'ingénierie intéressants et inédits, mais aussi des problèmes d'institutions, de communications avec les générations futures, de changement culturels ...etc. C'est une antithèse de la tendance à  l'obsolescence programmée, au jetable, au court-termisme que favorise notre époque d'accélération incontrôlée de l'économie mondialisé.
une horloge monumentale encastrée dans une excavation 
d'une montagne de granit dans les rocheuses au US
Là , on peu  parler de Pérennité avec un grand P...

mardi 24 avril 2012

Tim Jackson on TED.com

Tim Jackson, économiste, auteur de "Prosperity Without Growth" s'essaie à expliquer pourquoi ou comment le consumérisme est intégré au système, ce qui fait qu'il semble ne rester comme choix que : "trash the system or crash the planet". 
C'est une histoire à propos de nous, peuple, persuadé de dépenser de l'argent que nous n'avons pas pour des choses dont nous n'avons pas besoin pour faire impression sur des gens qui nous importent peu.
Il essaye d'imaginer une économie, une culture qui détricoterait ce casse tête. 




lundi 16 avril 2012

La redécouverte de l’humain

Toujours sur le thème du mythe de la machine :

Article original par John Michael Greer :
http://thearchdruidreport.blogspot.com/2012/02/recovery-of-human.html 



Le mythe de la machine, le thème du post de la semaine dernière, a des implications qui vont bien au-delà des thèmes de discussion habituels sur la scène du pic pétrolier. Une de ces implications, dont j'ai parlé brièvement la semaine dernière, découle de la façon dont tant de gens qui sont préoccupés par le pic pétrolier se fixent obsessionnellement sur l'espoir qu'un certain type de machine va résoudre le problème.

Il y a au moins trois manières par lesquelles cette fixation va à l'encontre de toute réponse significative face à la fin de l'ère de l'énergie abondante et pas chère. La première, bien sûr, est que le pic pétrolier n'est pas un problème, parce que par définition un problème a au moins potentiellement une solution. Le pic pétrolier n'a pas de solution. C'est vrai dans le sens étroit du terme - aucun retournement de situation ne permettra à la civilisation industrielle d'extraire une quantité illimité de pétrole brut d'une planète finie - et il devient de plus en plus clair que c'est tout aussi vrai dans le le sens large - aucune autre source d'énergie ne peut fournir quoi que ce soit d'approchant ce torrent d'énergie hautement concentrée et pas cher, que le pétrole a fourni à la société industrielle au cours du siècle dernier.

Le pic pétrolier est donc une situation plutôt qu'un problème, puisque rien de ce que nous ou quelqu'un d'autre peut faire ne le fera disparaître. Au lieu de cela, nous et nos descendants à travers les millénaires à venir devront vivre avec la réalité d'un monde beaucoup moins richement pourvu en sources d'énergie concentrée telle que celle héritée par nos ancêtres quelques siècles auparavant. La tâche qui nous attend, nous et nos descendants, c'est de trouver des réponses créatives et humaines à cette réalité implacable. Pour cette tâche stimulante et enrichissante, en retour, l'obsession actuelle avec ses fantasmes de salut par l'intermédiaire de machine n'offre aucune aide du tout. Bien au contraire, en détournant l'attention des ajustements qui devront être faits, cette obsession rend le travail qui nous attend plus difficile qu'il ne devrait l'être.

La seconde manière par laquelle cette obsession des machines est l'inverse d'une réponse utile à la situation difficile du pic pétrolier, c'est qu'elle repousse la responsabilité de faire quelque chose sur quelqu'un d'autre. Je doute sincèrement que l'un de mes lecteurs ait une influence réelle sur les décisions liées à la construction des éoliennes géantes, par exemple, ou le développement de réacteurs au thorium, ou sur la conversion d'une fraction substantielle du Nevada en une ferme géante d'algue à biodiesel. Cela rend plus facile d'insister sur le fait que des mesures comme celles-ci sont la réponse appropriée à la venue du pic pétrolier, puisque les gens qui font cette promotion n'ont pas à aller jusqu'au bout de ces mesures, c'est le travail de quelqu'un d'autre.

Sans doute la facilite de cette approche a beaucoup à voir avec sa popularité, mais il y a un autre facteur impliqué. Une énorme quantité de rhétorique sur l'avenir de nos jours commence à partir de l'hypothèse que les modes de vie des classes moyennes dans les sociétés industrielles d'aujourd'hui sont normales, et devrait être disponible indéfiniment, du moins à ces mêmes classes moyennes. Maintenant, en fait il n'y a rien de normal du tout dans la vie, choyée et privilégiée des classes moyennes d'aujourd'hui ; des fraises en plein hiver aux vacances sous les tropiques, ces vies sont pleines de l'extravagance la plus absurde. Seule une civilisation qui surfe sur le tsunami de l'énergie pas chère telle que celle obtenue à partir de combustibles fossiles pourrait se convaincre que de telles habitudes ne le sont pas. Pourtant, ceux qui ont accès à de telles choses ne veulent, de manière prévisible, pas les lâcher et, insister sur le fait que c'est le travail de quelqu'un d'autre de trouver un moyen de garder garder ces choses, est une façon d'exprimer cette réticence, au moins pour le moment.

L'inconvénient de dépendre de quelqu'un d'autre pour faire ça, ou n'importe quel autre travail, bien sûr, est que la dépendance a toujours un coût politique. Dune de Frank Herbert, le classique roman de SF a un personnage qui explique cela à un autre avec une précision digne d'éloges: «Une fois, les hommes ont tournes leur pensée vers les machines dans l'espoir que cela les rendrait libre. Mais cela a justement permis a d'autres hommes avec des machines de les asservir.». La même dynamique est présente lorsque les gens se permettent de devenir dépendant de machines, pour des raisons qui découlent des observations faites la semaine dernière.

jeudi 12 avril 2012

Nicole M. Foss

Nicole M. Foss est co-éditeur du site  the automatic earth, où elle a écrit sous le nom de Stoneleigh.

Ce site, qu'elle co-ecrit avec presente un point de vue qui est toujours tres interressante sur les themes de la crise financiere, environnementales, politique...etc  Pourquoi nous trouvons-nous dans un état de crise et que nous pouvons faire à ce sujet. Avant la création de the automatic earth, elle était rédacteur en chef de TheOilDrum - Canada , où elle a écrit sur ​​le pic pétrolier et la finance.


dimanche 8 avril 2012

Le Mythe de la machine

Le mythe de la machine est un livre de Lewis Mumford,  un historien américain, spécialisé dans l'histoire de l'urbanisme, de la technologie et de la science.

PS : si vous pensez que le texte ci-dessous est un copié -collé de wikipedia, vous avez raison mais j'ai le droit puisque j'ai fait l'effort de rédiger cette page de wikipedia à partir de la version anglaise.


Mumford défendait l’idée que ce qui définit l'humanité, ce qui met l’humains à part des animaux, n’est pas principalement notre utilisation des outils (technologie), mais notre utilisation du langage (symboles). Il était convaincu que le partage d'informations et d'idées entre les participants des sociétés primitives était complètement naturelle au début de l'humanité et a manifestement été le fondement de la société telle qu'elle est devenue, plus sophistiquée et complexe. Il avait l'espoir d'une poursuite de ce processus d'information "pooling" dans le monde alors que l'humanité avance vers l'avenir. [5]

Le choix de Mumford du mot «technique» à travers son travail a été délibérée. Pour Mumford, la technologie est une partie de la technique. En utilisant la définition élargie de la tekhnê grec, qui signifie non seulement la technologie mais aussi l'art, l’habileté et la dextérité, la technique se réfère à l'interaction d'un milieu social et de l'innovation technologique - la "volonté, les habitudes, les idées, les objectifs" ainsi que "les processus industriels "d'une société. Comme Mumford l’écrit au début de Technics et civilisations », d'autres civilisations ont atteint un degré élevé de compétence technique, sans, apparemment, être profondément influencée par les méthodes et les objectifs de la technique."


Megatechnics : 

Dans Le Mythe de la machine, Mumford critique la tendance moderne de la technologie, qui met l'accent sur une expansion constante et illimitée et sur la production et le remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l'encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l'efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne- qu'il appelle «megatechnique élude la production durable, la qualité en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce a des dispositifs comme le crédit à la consommation, les design non-fonctionnel et défectueux, l’obsolescence programmée, ou encore des changements de mode fréquent et superficiels". «Sans incitation constante par la publicité", explique t-il, "la production ralentirait et se stabiliserait à la demande de remplacement normal. Sinon de nombreux produits pourraient atteindre un plateau de conception efficace qui n’exigerait que des modifications minimes d'année en année."


Biotechnics :

Par opposition à cette megatechnics, Mumford décrit un modèle organique de technologie, ou Biotechnics. Les systèmes biologiques se dirigent vers «la richesse qualitative, l'amplitude, l'espace, et l'absence de pressions quantitatives ou de surpeuplement. L’auto-régulation, l'auto-correction, et l'auto-propulsion sont autant de propriété intégrante des organismes que la nutrition, la reproduction, la croissance et la réparation ». La biotechnics modèle la vie en cherchant l'équilibre, la complétude et l'exhaustivité.


Polytechniques contre monotechnics :

Une idée clé, introduite dans Technics et civilisations (1934) était que la technologie est a double tranchant :

Si polytechnique, elle engage de nombreux modes de technologie différents, fournissant un cadre complexe pour résoudre les problèmes humains.

Si monotechnique la technologie existe pour son propre intérêt, ce qui opprime l'humanité puisqu’elle évolue le long de sa propre trajectoire.

Mumford a souvent critiqué les réseaux de transport de l'Amérique moderne comme étant «monotechnique dans leur dépendance aux voitures. Les automobiles deviennent des obstacles pour les autres modes de transport, comme la marche, la bicyclette et les transports en commun, parce que les routes qu'elles utilisent consomment tellement d'espace et sont un tel danger pour les personnes. Mumford explique que des milliers de mutilés et de morts chaque année en raison d'accidents d'automobiles sont comme un «sacrifice rituel» de la société américaine en raison de sa dépendance extrême vis a vis du transport routier.


Megamachines :

Mumford se réfère également à de grandes organisations hiérarchiques comme des megamachines, une machine en utilisant les humains comme composants. La plus récente Mégamachine se manifeste, selon Mumford, dans l’energie nucléaire technocratique. Mumford utilisa les exemples des complexe énergétiques de l'URSS et des États-Unis représenté respectivement par le Kremlin et le Pentagone. Les constructeurs de Pyramides, l'Empire romain et les armées des deux guerres mondiales en sont des exemples antérieurs.

Il explique que l'attention méticuleuse à la comptabilité et de la normalisation, et l'élévation des chefs militaires au statut divin sont des caractéristiques spontanée des megamachines a travers l'histoire. Il cite des exemples tels que le caractère répétitif des peintures égyptiennes, qui montrent des Pharaons élargit ou encore l'affichage public des portraits élargie de dirigeants socialistes tels que Mao Zedong et Joseph Staline. Il cite également la prévalence écrasante des documents comptables quantitatifs entre survivants des fragments historiques, de l'Egypte ancienne à l'Allemagne nazie.

Il est necessaire pour la construction de ces megamachines qu’il y ait une énorme bureaucratie d’humains qui agissent comme des «servo-unités», travaillant sans l'implication éthique. Selon Mumford, les améliorations technologiques telles que la ligne d'assemblage, ou les communications mondiale instantanée et sans fil, peuvent facilement affaiblir les barrières psychologiques à certains types d'actions discutables. Un exemple qu'il utilise est celui d'Adolf Eichmann, le fonctionnaire nazi qui a mené la logistique derrière l'Holocauste. Mumford désigne collectivement les personnes désireuses d'effectuer tranquillement les objectifs extrêmes de ces megamachines comme des «Eichmanns».


L'horloge comme le héraut de la révolution industrielle :

Une des études les plus connus de Mumford est celle sur la façon dont l'horloge mécanique a été développé par les moines au Moyen-Âge et ensuite adopté par le reste de la société. Il voyait ce dispositif comme l'invention clé de toute la Révolution industrielle, contrairement à l'avis commun qui serait que la machine à vapeur occuperait le poste principal. Il écrit: «L'horloge est une pièce de machinerie dont le « produit » en sont les secondes et les minutes."


La civilisation urbaine :

Dans son livre influent La ville dans l'Histoire, Mumford explore le développement de la civilisation urbaine. Fortement critique de l'étalement urbain, Mumford soutient que la structure des villes modernes est partiellement responsable de nombreux problèmes sociaux que l’on trouve dans la société occidentale. Bien que sur un ton pessimiste, Mumford soutient que la planification urbaine devrait insister sur une relation organique entre les personnes et leurs espaces de vie.

Mumford utilise l'exemple de la cité médiévale de base pour la «ville idéale», et affirme que la ville moderne est trop proche de la ville romaine (la tentaculaire mégalopole) qui s'est terminée par un effondrement,. Si la ville moderne poursuit dans la même veine, Mumford soutient, qu’elle rencontrera le même sort que la ville romaine.

Mumford a écrit de maniere critique sur la culture urbaine croyant que la ville est «un produit de la terre ... un fait de nature ... une méthode d'expression de l'homme ". En outre Mumford iddentifia les crises qui affligent la culture urbaine, se méfiant de l'industrie financière croissante,des structures politiques, craignant que la culture des communautés locales n'était pas encouragée par ces institutions. Mumford craignait "la finance métropolitaine," l'urbanisation, la politique et l'aliénation.

«La conception physique des villes et leurs fonctions économiques sont secondaires à leur relation à l'environnement naturel et aux valeurs spirituelles de la communauté humaine."

mercredi 4 avril 2012

"Espèce de décroissant"


Parler de Décroissance, c'est comme prononcer un gros mot. Pourtant quand on parle de croissance, on parle de croissance du PIB, il n'y a pas à ma connaissance d'autres définitions. Si on regarde la définition du PIB, on se rend compte que :
  • Réparer son grille pain au lieu de le jeter et d'en racheter un autre, ça fait baisser le PIB, c'est décroissant !
  • "Windows" est bon pour la croissance, "Linux" est décroissant !
  • La purée déshydraté est bon pour la croissance, éplucher soit même ses patates,  ça fait baisser le PIB, c'est décroissant !
  • Économiser de l'énergie,  ça fait baisser le PIB, c'est décroissant !
  • Passer deux semaine au club med est bon pour la croissance, prendre 6 mois de congé sans solde et faire le tour du monde à vélo est décroissant !
  • Prendre une baby-sitter, c'est bon pour la croissance, garder les gosses des voisins gratuitement, c'est décroissant !
  • Avoir un potager, c'est décroissant !
  • Organiser un concert gratuit est décroissant !
  • Retaper sa maison soi-même est décroissant !
  • ...etc
Bien sur, nous sommes tous englué dans la grosse machine productiviste et nous n'avons pas le temps de réparer un grille pain, moi le premier, mais avant de rejeter le mot décroissance de manière épidermique, c'est pas mal de prendre cinq minutes pour essayer de réfléchir sur ce qu'est la croissance du PIB et comment elle est calculée.



Il y a quelque chose de Shadockien au fait que pour nos sociétés, ne pas avoir sa dose de croissance de PIB, entraîne une dégradation de la réalité sociale : chômage, dette, pauvreté, alors même que cette croissance n’améliore pas forcément et peut même dégrader la réalité physique du monde qui nous entoure.

samedi 31 mars 2012

no-tech magazine and low-tech magazine

La technique depuis la révolution industrielle se résume souvent a remplacer du travail par de l'énergie (cela n'est possible qu'avec une énergie pas chère et abondante). De fait à chaque fois que l'on essaye de faire une sorte de bilan de consommation d'énergie d'une technique ou un bilan environnemental complet, on est confronté à une chaîne d'implications sans fin... (cf systèmes complexes). Cette complexité est consommatrice d'énergie et de ressources, presque par définition (CF. entropie) . Ainsi on constate souvent que la solution la plus low-tech a le meilleurs bilan.

Mais attention, low-tech ne signifie pas dénué d’ingéniosité, de savoir faire. C'est souvent, à l'inverse, la solution la plus difficile.  C'est la démarche des sites notechmagazine et lowtechmagazine

Un exemple d'article très intéressant, comment la brouette chinoise
permettait un réseau de transport peu couteux et très efficace  :
How to downsize a transport network: the Chinese wheelbarrow

vendredi 30 mars 2012

Y a-t-il eu progrès depuis l'an 1250 ?

Un petit extrait d'un post d’Energie bulletin au titre est-un peu provocateur, pour amorcer une série de post sur la question du "progrès".

Article original : http://www.notechmagazine.com/2010/04/has-there-been-progress-since-1250.html
Même dans les communautés minières les plus reculée et ce, jusqu'au seizième siècle, plus de la moitié des jours étaient enregistrées comme vacances, tandis que pour l'Europe dans son ensemble, le nombre total de jours fériés, y compris le dimanche, atteignait 189, un nombre encore plus grand que ceux dont jouissaient la Rome Impérial. Rien n'indique plus clairement un surplus de nourriture et d'énergie humaine, et surement de biens matériels. Les instruments modernes pour remplacer le travail humain n'ont pas encore fait mieux.
- Lewis Mumford, Le mythe de la machine: le développement technique et humain.-


Medieval artisan 3
Fourastié (Un économiste français) avait raison de présenter le cas numériquement pour dramatiser le raccourcissement de la semaine de travail et de l'énorme transformation du niveau de vie et dans la nature qualitative de la vie. Le cas est en effet simple, si 1950 est comparé à 1815. Mais ce n'est plus tout à fait aussi simple, si 1950 est comparé à 1250. C'est important de considérer, pour le travail, non seulement le temps mais l'intensité. "

"Il est possible de faire une comparaison significative entre la journée de travail de quinze heures d'un mineur en 1830 et la journée de travail de sept heures de 1950. Mais il n'y a pas de dénominateur commun entre la journée de sept heures de 1950 et la journée de quinze heures de l'artisan médiéval. Nous savons que le paysan interrompt sa journée de travail par d'innombrables pauses. Il choisit son propre tempo et rythme. Il converse et lance des blagues a tous les passants. "
Nous ne pouvons pas dire avec certitude qu'il y a eu des progrès de 1250 à 1950. En le faisant, nous comparerions des choses qui ne sont pas comparables. Par conséquent, il est conseillé de se limiter à dire qu'il y a eu des progrès depuis le début de l'ère industrielle, qui a été fondée par une rupture et une destruction de l'ordonnance d'un ordre ancien qui n'est pas comparables. "

Citation de "La Société technologique", Jacques Ellul,1964 (P192) / Oeuvre originale: "La technique de l'unité d'organisation ENJEU du siècle», 1954.

mardi 27 mars 2012

A River of Waste (2009)




Un documentaire sur les fermes industrielles au US. Bien qu'un peu artisanal, ce documentaire a le mérite d'en lister tous les risques et nuisances ainsi que le lobbying des grands groupes auprès du congres américain.

  • ammoniaque, pollution des terres. 
  • antibiotique, risque bactériologique.
  • hormone de croissance
  • émanations et odeurs
  • souffrance animale
  • risque sanitaire et alimentaire
  • arsenic
  • grippe aviaire déchets & phosphate

mercredi 21 mars 2012

Solution : cradle to cradle

Littéralement en français, du berceau au berceau est une expression qui signifie que l'on prend en compte le plus exhaustivement possible tous les aspects de la consommation d'un produit ou d'un bâtiment :
Le but final serait donc que la société industrielle prenne en compte l'ensemble des coûts et impact de chaque produit qui sont a l'heure actuelle appelées des externalitées. Comme on ne le répète pas assez, le système économique dans lequel on vit ne comptabilise absolument aucune ressource.  Les ressources, matières premières ou énergie, sont comptabilisées en fonction de la main d’œuvre nécessaire pour l'extraction ou les rentes des propriétaires des terrains mais aucune provision au sens comptable n'est prise en compte pour la création de cette ressource ou sa substitution. 

Et pour cause personne ne paye la terre pour la création du pétrole ou la foret pour l'absorption du CO2 !! Les ressources dans le système économique actuelle sont donc en quelque sorte gratuite, il est donc par la nature même de ce système toujours plus rentable de substituer de la main d’œuvre par de l’énergie ou d'extraire une ressource plutôt que de la garder en réserve.

mercredi 14 mars 2012

Solution : écosystème industriel

Dans un écosystème, les déchets des uns constituent la nourriture des autres, c'est cette idée qui est soulignée par le terme d’écosystème industriel. On entend parfois aussi le terme de "symbioses industrielles". Ainsi un sous-produit de la fabrication d'une chose peut-être la matière première pour autre chose, refroidir une chose peut servir a réchauffer autre chose , l'exemple de  Kalundborg au Danemark :
http://www.symbiosis.dk/en
La centrale électrique se trouve au coeur de ce système d'échanges. La raffinerie lui fournit ses eaux usées, qu'elle utilise comme eau de refroidissement. En échange, elle lui procure de la vapeur, dégagée par son unité de cogénération, qu'elle revend aussi à Novo Nordisk et à la municipalité. L'eau tiède, rejetée par la centrale, est exploitée par une ferme piscicole installée à proximité. Les cendres, produites par la combustion du charbon, sont revendues à des entreprises de construction locales qui s'en servent dans la production du ciment. Enfin, l'installation d'une unité de désulfuration en 1990 permet à la centrale de produire du gypse, mis à profit par la société Gyproc. De son côté, la raffinerie revend à des entreprises de fertilisants le soufre extrait du gaz qu'elle produit en excès. Ce gaz est utilisé en appoint comme combustible par la centrale d'Asnæs et Gyproc. Les agriculteurs de la région profitent des boues fertilisantes produites par Novo Nordisk, tandis que les boues issues de l'usine de retraitement de la ville servent de matière première à une société de nettoyage des sols. (extrait  d'un article de libération)

Ce concept parait si évident qu'on se demande comment il est possible que, après 200ans de civilisation industrielle, tout ne soit pas déjà organisé  sur ce principe. La réponse à cette interrogation est peu intuitive : dans le système économique actuel, les ressources ne sont tout simplement pas comptées !! En effet le prix d'une ressource n'est que l'addition du travail nécessaire pour l'extraire et la rente du propriétaire du terrain. Donc a aucun moment il n'est compté la "fabrication" d'une ressource, il n'y a pas de case dotation pour amortissement comme on dirait en comptabilité et pour cause quand la nature fabrique du pétrole en quelques million d’années, elle le fait gratuitement. (Cf. Écologie et marché )


dimanche 11 mars 2012

Solution : plug-in electric vehicles

Le véhicule électrique branché (plug-in electric vehicles) est en quelque sorte le complément de la "smart-grid". En effet le gros problème du réseau électrique étant de stocker l’électricité, les batteries de ces millions de voitures aurait le double avantage d’être un moyen décentralisés qui justifie du coût du stockage de l’électricité, et renforcer l'image d'internet de l’énergie.

vendredi 9 mars 2012

Solution : Smart Grid

La "smart grid" est en quelque sorte l’équivalent d'internet en matière d’énergie, ou plus particulièrement d’électricité. (l’électricité ne représentant pour l'instant que 20% de l’énergie consommée en France). En rendant le réseau électrique plus intelligent, capable de mieux gérer l’intermittence de certaines sources, capable de lisser la demande en donnant une information au consommateur sur la disponibilité, ...etc, on  espère à la fois pouvoir compenser en partie l’intermittence des renouvelables, et lisser les pics de consommation ainsi que permettre à tout un chacun de gérer au mieux sa consommation et donc d’économiser. 


L'Europe est plutôt en avance dans ce domaine, que ce soit par exemple l'introduction des nouveaux compteurs intelligents dont Linky en France, les projets de ligne THT reliant tous les pays autour de la mer du nord finances par l'UE, ou encore le projet Desertec.


Développement de la smart grid européenne

mardi 6 mars 2012

D'accord sur le diagnostique

Vous remarquerez que dans ce blog, je ne parle pas de Photovoltaïque, de smart-grid, ou encore d’économie de l’hydrogène. Il y a plusieurs raison a cela :
  • Ces pseudo solutions sont souvent plus du greenwashing que de réelles avancées et 
  • Le piégé est d'attendre la solution technologique qui va résoudre tous les problèmes au risque de confondre Technologie et Magie.
  • En revanche considérer que toute solution qui nécessite un changement de mode de vie n'est pas  une solution relève du monde des shadok.
En cette période d’élection, chacun y va de son programme et ajoute une touche de vert par-ci par la sans avoir réellement fais le bon diagnostique. Quand des socialistes parlent à des umpistes, ils sont généralement d'accord sur le but ; il y n'a pas assez de croissance. Certain vont plutôt proposer une politique de l'offre d'autre une politique de la demande. Et si  le vrai problème, c’était la dépendance a la croissance ?

En gardant cela en tête, les posts suivant vont essayer de récapituler les différentes solutions technologique que l'on évoque en parlant de croissance verte.

lundi 5 mars 2012

130 ans de réchauffement en 26 secondes


La température moyenne globale de surface en 2011 était la neuvième la plus chaude depuis 1880 (1880 est le début des relevés complets et globaux de températures). Les résultats confirment une tendance qui a vu le 21e siècle expérimenter neuf des 10 années les plus chaudes des relevés météorologiques modernes. Le Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA à New York a publié une analyse de la façon dont les températures dans le monde entier en 2011 se comparent à la température moyenne globale depuis le milieu du 20e siècle. La comparaison montre comment la Terre continue de connaître des températures plus élevées qu'il il y a plusieurs décennies. La température moyenne dans le monde entier en 2011 était de 0,92degrés F (0,51 C) plus élevées que le scénario de référence du milieu du 20e siècle.
NB : 0,5 degré de différence peut paraître infime, mais il s'agit d'une moyenne : cela correspond à des réchauffements beaucoup plus grand à certains endroits, aux modification des précipitations à d'autres, à la fonte des glaciers, à l’avancée des déserts, à l'augmentation des épisodes climatiques extrêmes. Imaginez trois degrés de plus !!

dimanche 4 mars 2012

Climat : Des sceptiques incompétents, lettre ouverte de scientifiques au Wall Street Journal


Le Wall Street Journal (Un des pires journaux ultra-libéraux anglophone) continue à publier toutes les tribunes climatosceptiques qu'ils peuvent trouver...
Voici un droit de réponse de scientifiques qui travaillent vraiment sur le sujet traduit par contreinfo.
Lettre ouverte, Wall Street Journal, 1er février 2012
Allez-vous consulter votre dentiste au sujet d’un problème cardiaque ? En science, comme dans n’importe quel autre secteur, les réputations sont fondées sur les connaissances, l’expertise en la matière, et sur des travaux publiés après évaluation par des pairs. Si vous avez besoin d’une opération chirurgicale, vous souhaiterez faire appel à un expert chevronné dans le domaine, ayant pratiqué de nombreuses opérations semblables.
Le Wall Street Journal a publié « Pas besoin de paniquer à propos réchauffement de la planète », une tribune au sujet du changement climatique, signée par des gens qui sont l’équivalent dans le domaine de la science du climat de ce que seraient des dentistes pratiquant la cardiologie. Bien qu’étant des scientifiques accomplis dans leurs propres domaines, la plupart de ces auteurs n’ont aucune expertise dans la science du climat. Les quelques auteurs qui ont une telle expertise sont connus pour avoir des vues extrêmes qui sont éloignées de celles de pratiquement tous les experts du climat. Ceci se produit dans presque tous les domaines de la science. Par exemple, on connait un expert des rétrovirus qui ne reconnait pas que le VIH soit la cause du SIDA. Et il est instructif de rappeler que quelques scientifiques ont continué à affirmer que le tabac ne provoque pas le cancer, longtemps après que la science l’ait établi.
Les spécialistes du climat savent que la tendance au réchauffement à long terme n’a pas diminué durant la dernière décennie. En fait, ce fut la décennie la plus chaude jamais mesurée. Les observations montrent sans équivoque que notre planète se réchauffe. Et les modèles informatiques ont montré récemment que durant les périodes où l’augmentation des températures de surface est plus faible, le réchauffement se produit ailleurs dans le système climatique, généralement dans les couches profondes des océans. Ces périodes correspondent à des phénomènes climatiques relativement communs, elles sont conformes à notre connaissance physique sur la façon dont fonctionne le système climatique, et elles n’infirment certainement pas notre compréhension du réchauffement d’origine humaine ou les modèles utilisés pour simuler ce réchauffement.
Les spécialistes du climat savent donc également ce que l’un d’entre nous, Kevin Trenberth, exprimait en réalité dans la citation déformée et sortie de son contexte reprise dans cette tribune. M. Trenberth se lamentait l’insuffisance des systèmes d’observation pour surveiller complètement la tendance au réchauffement dans l’océan profond ainsi que d’autres aspects des variations à court terme qui se produisent parallèlement à la tendance à long terme de réchauffement d’origine anthropique.
La National Academy of Sciences des États-Unis (créée par le président Abraham Lincoln afin de conseiller sur les questions scientifiques), ainsi que les principales académies nationales des sciences à travers le monde, et toutes les autres institutions scientifiques reconnues qui sont actives dans la recherche climatique ont déclaré que les résultats scientifiques sont clairs : la planète se réchauffe, et les humains en sont les principaux responsables. Les impacts sont déjà visibles et vont augmenter. La réduction des impacts futurs nécessitera des réductions significatives des émissions des gaz à effet de serre.
Une étude a montré que plus de 97% des scientifiques publiant activement dans le domaine conviennent que le changement climatique est réel et qu’il est d’origine humaine. Il serait fort imprudent pour tout dirigeant politique de ne pas tenir compte du poids de la preuve et d’ignorer les risques énormes que pose clairement le changement climatique. En outre, il existe des preuves très claires montraint que les investissements pour la transition vers une économie à faible émission de carbone permettraient non seulement à la planète d’éviter les pires risques de changement climatique, mais pourrait aussi produire des décennies de croissance économique. Ce qui est justement ce que le médecin a prescrit...


Signataires
Kevin Trenberth, Sc.D, Distinguished Senior Scientist, Climate Analysis Section, National Center for Atmospheric Research
Richard Somerville, Ph.D., Distinguished Professor, Scripps Institution of Oceanography, University of California, San Diego
Katharine Hayhoe, Ph.D., Director, Climate Science Center, Texas Tech University
Rasmus Benestad, Ph.D., Senior Scientist, The Norwegian Meteorological Institute
Gerald Meehl, Ph.D., Senior Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research
Michael Oppenheimer, Ph.D., Professor of Geosciences ; Director, Program in Science, Technology and Environmental Policy, Princeton University
Peter Gleick, Ph.D., co-founder and president, Pacific Institute for Studies in Development, Environment, and Security
Michael C. MacCracken, Ph.D., Chief Scientist, Climate Institute, Washington
Michael Mann, Ph.D., Director, Earth System Science Center, Pennsylvania State University
Steven Running, Ph.D., Professor, Director, Numerical Terradynamic Simulation Group, University of Montana
Robert Corell, Ph.D., Chair, Arctic Climate Impact Assessment ; Principal, Global Environment Technology Foundation
Dennis Ojima, Ph.D., Professor, Senior Research Scientist, and Head of the Dept. of Interior’s Climate Science Center at Colorado State University
Josh Willis, Ph.D., Climate Scientist, NASA’s Jet Propulsion Laboratory
Matthew England, Ph.D., Professor, Joint Director of the Climate Change Research Centre, University of New South Wales, Australia
Ken Caldeira, Ph.D., Atmospheric Scientist, Dept. of Global Ecology, Carnegie Institution
Warren Washington, Ph.D., Senior Scientist, National Center for Atmospheric Research
Terry L. Root, Ph.D., Senior Fellow, Woods Institute for the Environment, Stanford University
David Karoly, Ph.D., ARC Federation Fellow and Professor, University of Melbourne, Australia
Jeffrey Kiehl, Ph.D., Senior Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research
Donald Wuebbles, Ph.D., Professor of Atmospheric Sciences, University of Illinois
Camille Parmesan, Ph.D., Professor of Biology, University of Texas ; Professor of Global Change Biology, Marine Institute, University of Plymouth, UK
Simon Donner, Ph.D., Assistant Professor, Department of Geography, University of British Columbia, Canada
Barrett N. Rock, Ph.D., Professor, Complex Systems Research Center and Department of Natural Resources, University of New Hampshire
David Griggs, Ph.D., Professor and Director, Monash Sustainability Institute, Monash University, Australia
Roger N. Jones, Ph.D., Professor, Professorial Research Fellow, Centre for Strategic Economic Studies, Victoria University, Australia
William L. Chameides, Ph.D., Dean and Professor, School of the Environment, Duke University
Gary Yohe, Ph.D., Professor, Economics and Environmental Studies, Wesleyan University, CT
Robert Watson, Ph.D., Chief Scientific Advisor to the UK Department of Environment, Food and Rural Affairs ; Chair of Environmental Sciences, University of East Anglia
Steven Sherwood, Ph.D., Director, Climate Change Research Centre, University of New South Wales, Sydney, Australia
Chris Rapley, Ph.D., Professor of Climate Science, University College London, UK
Joan Kleypas, Ph.D., Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research
James J. McCarthy, Ph.D., Professor of Biological Oceanography, Harvard University
Stefan Rahmstorf, Ph.D., Professor of Physics of the Oceans, Potsdam University, Germany
Julia Cole, Ph.D., Professor, Geosciences and Atmospheric Sciences, University of Arizona
William H. Schlesinger, Ph.D., President, Cary Institute of Ecosystem Studies
Jonathan Overpeck, Ph.D., Professor of Geosciences and Atmospheric Sciences, University of Arizona
Eric Rignot, Ph.D., Senior Research Scientist, NASA’s Jet Propulsion Laboratory ; Professor of Earth System Science, University of California, Irvine
Wolfgang Cramer, Professor of Global Ecology, Mediterranean Institute for Biodiversity and Ecology, CNRS, Aix-en-Provence, France

mercredi 29 février 2012

Futur et Avenir

J'aime bien cette petite phrase de Jacques Derrida qui fait la différence entre Avenir et Futur. Le futur, c'est ce qui demain, tout a l'heure, le siècle prochain, deviendra. C'est en quelque sorte la prolongation tendancielle du présent. L'avenir, "A venir", se réfère a ce qui vient , ce qui arrive mais n'est pas prévisible.

On doit maintenant se préparer a l'Avenir et non pas au Futur.  C'est pour cela que la notion de résilience qui est au coeur de beaucoup de mouvement écologiques comme par exemple les "transition town" est vraiment importante.