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mercredi 3 juillet 2013

La mort de l'innovation, la fin de la croissance.




Robert J. Gordon est un économiste qui étudie les sources de la croissance sur le long terme dans les pays développés.  Avant la première révolution industrielle, il n'y avait quasiment pas de croissance, elle plafonnait depuis des siècles à 0.2% en moyenne. Elle a augmenté ensuite progressivement jusqu’à un maximum (entre 2 % et 3%) dans les années 30, 40 et 50, puis elle a commencé a redescendre. Sur la dernière décennie, la croissance est plate. N'avons nous pas passe un pic de croissance ?

Si l'on étudie les sources premières de la croissance : démographie,  éducation,  innovation. Les deux premières peuvent difficilement constituer les sources de la croissance future pour les pays développés.  Il ne reste que l'innovation comme source de croissance.

Et c'est la que Robert Gordon enfonce le clou. Il analyse l'innovation non pas en complexité mais en fonction de l'impact qu'elle ont eu sur la vie des gens et donc sur la croissance. Et on est bien obligé d'admettre que les innovations d'il y a 100 ans, électricité,  eau courante, urbanisation, vaccination, chauffage, moteur a combustion...etc ont bien plus transformé la société que les innovation des 50 dernières années, ordinateur, internet, biotechnologies. 

On a toute les raison de penser que la croissance moyenne à 2%, c'est définitivement fini !

dimanche 2 décembre 2012

Solution : Amory Lovins et l'" Integrative Design"


Amory Lovins, est une sorte de gourou des green tech, fondateur du Rocky Mountain Institute.

Dans cette video : Amory B. Lovins: Big Savings Through Integrative Design, il promeut ce qu'il appelle "Integrative Design", que l'on pourrait traduire par design intégré (?) et qui consiste en un processus de conception impliquant tous les intervenants du projet et toutes les contraintes du design et en les mettant au service de l'optimisation énergétique. (cette notion est d’ailleurs maintenant inclue dans le LEED, la certification américaine pour les bâtiments écologiques).

Son exemple typique est la manière dont, pour un bâtiment de serveurs informatiques, les ingénieurs fluides, les architectes, les entreprises, le clients et tous les autres intervenants ont travaille ensemble et ont réussit à économiser jusqu’à 40% d’énergie grâce à des astuces simples et ne coûtant rien comme par exemple en réduisant la longueur des tuyaux et le nombre de coudes dans le circuit de climatisation.

vendredi 30 mars 2012

Y a-t-il eu progrès depuis l'an 1250 ?

Un petit extrait d'un post d’Energie bulletin au titre est-un peu provocateur, pour amorcer une série de post sur la question du "progrès".

Article original : http://www.notechmagazine.com/2010/04/has-there-been-progress-since-1250.html
Même dans les communautés minières les plus reculée et ce, jusqu'au seizième siècle, plus de la moitié des jours étaient enregistrées comme vacances, tandis que pour l'Europe dans son ensemble, le nombre total de jours fériés, y compris le dimanche, atteignait 189, un nombre encore plus grand que ceux dont jouissaient la Rome Impérial. Rien n'indique plus clairement un surplus de nourriture et d'énergie humaine, et surement de biens matériels. Les instruments modernes pour remplacer le travail humain n'ont pas encore fait mieux.
- Lewis Mumford, Le mythe de la machine: le développement technique et humain.-


Medieval artisan 3
Fourastié (Un économiste français) avait raison de présenter le cas numériquement pour dramatiser le raccourcissement de la semaine de travail et de l'énorme transformation du niveau de vie et dans la nature qualitative de la vie. Le cas est en effet simple, si 1950 est comparé à 1815. Mais ce n'est plus tout à fait aussi simple, si 1950 est comparé à 1250. C'est important de considérer, pour le travail, non seulement le temps mais l'intensité. "

"Il est possible de faire une comparaison significative entre la journée de travail de quinze heures d'un mineur en 1830 et la journée de travail de sept heures de 1950. Mais il n'y a pas de dénominateur commun entre la journée de sept heures de 1950 et la journée de quinze heures de l'artisan médiéval. Nous savons que le paysan interrompt sa journée de travail par d'innombrables pauses. Il choisit son propre tempo et rythme. Il converse et lance des blagues a tous les passants. "
Nous ne pouvons pas dire avec certitude qu'il y a eu des progrès de 1250 à 1950. En le faisant, nous comparerions des choses qui ne sont pas comparables. Par conséquent, il est conseillé de se limiter à dire qu'il y a eu des progrès depuis le début de l'ère industrielle, qui a été fondée par une rupture et une destruction de l'ordonnance d'un ordre ancien qui n'est pas comparables. "

Citation de "La Société technologique", Jacques Ellul,1964 (P192) / Oeuvre originale: "La technique de l'unité d'organisation ENJEU du siècle», 1954.

mercredi 14 mars 2012

Solution : écosystème industriel

Dans un écosystème, les déchets des uns constituent la nourriture des autres, c'est cette idée qui est soulignée par le terme d’écosystème industriel. On entend parfois aussi le terme de "symbioses industrielles". Ainsi un sous-produit de la fabrication d'une chose peut-être la matière première pour autre chose, refroidir une chose peut servir a réchauffer autre chose , l'exemple de  Kalundborg au Danemark :
http://www.symbiosis.dk/en
La centrale électrique se trouve au coeur de ce système d'échanges. La raffinerie lui fournit ses eaux usées, qu'elle utilise comme eau de refroidissement. En échange, elle lui procure de la vapeur, dégagée par son unité de cogénération, qu'elle revend aussi à Novo Nordisk et à la municipalité. L'eau tiède, rejetée par la centrale, est exploitée par une ferme piscicole installée à proximité. Les cendres, produites par la combustion du charbon, sont revendues à des entreprises de construction locales qui s'en servent dans la production du ciment. Enfin, l'installation d'une unité de désulfuration en 1990 permet à la centrale de produire du gypse, mis à profit par la société Gyproc. De son côté, la raffinerie revend à des entreprises de fertilisants le soufre extrait du gaz qu'elle produit en excès. Ce gaz est utilisé en appoint comme combustible par la centrale d'Asnæs et Gyproc. Les agriculteurs de la région profitent des boues fertilisantes produites par Novo Nordisk, tandis que les boues issues de l'usine de retraitement de la ville servent de matière première à une société de nettoyage des sols. (extrait  d'un article de libération)

Ce concept parait si évident qu'on se demande comment il est possible que, après 200ans de civilisation industrielle, tout ne soit pas déjà organisé  sur ce principe. La réponse à cette interrogation est peu intuitive : dans le système économique actuel, les ressources ne sont tout simplement pas comptées !! En effet le prix d'une ressource n'est que l'addition du travail nécessaire pour l'extraire et la rente du propriétaire du terrain. Donc a aucun moment il n'est compté la "fabrication" d'une ressource, il n'y a pas de case dotation pour amortissement comme on dirait en comptabilité et pour cause quand la nature fabrique du pétrole en quelques million d’années, elle le fait gratuitement. (Cf. Écologie et marché )


dimanche 15 mai 2011

Thinking out of the box

Un passage de "Social Collapse Best Practices" de Dimitri Orlov que je trouve assez drôle :

(...) to avoid painful episodes of watching colleagues trying to “think outside the box” whenever they are confronted with a new problem. If your colleagues were any good at thinking outside the box, they probably wouldn’t feel so compelled to spend their whole working lives sitting in a box keeping an office chair warm. If they were any good at thinking outside the box, they would have by now thought of a way to escape from that box. So perhaps what would make them feel happy and productive again is if someone came along and gave them a different box inside of which to think – a box better suited to the post-collapse environment.