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lundi 25 mars 2013

Phoenix dans le collimateur du climat 1/2

Voici un article a propos de la ville de Phoenix aux Etat-unis. C'est un bon aperçu de l'ambiance sur le front du changement climatique vu d'un endroit qui est en première ligne. Il ne s'agit pas d'un pays africains pauvres. Il s'agit, au contraire, d'un lieux ou vivent un grand nombre de personnes mais qui est pourtant éminemment inadaptés pour cela. Le tour de magie qui rend cela possible s’appelle "énergie fossile pas cher".  




Phoenix dans le collimateur du climat 
Les premières alertes sont passée depuis longtemps 
Par William deBuys 
(Texte original ici)

Si les villes étaient des action, vous parieriez sur Phoenix à la baisse :

Bien sûr, ce choix de ville est facile. Cette région métropolitaine, la treizième la plus grande des US (juste derrière Detroit) entasse 4,3 millions de personnes dans une cuvette au milieu d'un désert chaud, où des vagues de chaleur et des tempêtes se font régulières. La ville est blottit à côté de la plus grande des centrales nucléaires nationale et, pour avoir épuisé ses sources locales, elle repose sur une infrastructure improbable qui aspire l'eau d'une rivière lointaine (dont le niveau baisse) , la Colorado river.

À Phoenix, vous ne demandez pas : Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Vous vous demandez : Qu'est-ce qui pourrait ne pas mal tourner ?

Et c'est vraiment là le problème. Les multiples vulnérabilités de Phoenix, qui sont déjà intimidantes pris une par une, ont la capacité de se magnifier les unes les autres, comme des maladies opportunistes. À cet égard, c'est une ville résolument moderne, une pyramide de complexité nécessitant des apports énergétiques de grande envergure pour garder le bourdonnement d'ensemble de l'appareil. Les catastrophes urbaines de notre temps - La Nouvelle-Orléans frappée par l'ouragan Katrina, New York submergé par Sandy - résultent de simples tempêtes, mais les dégâts qu'elles font sont le résultat d'une réaction en chaîne de pannes – le réseau électrique qui crash, des digues qui se rompent, des systèmes de secours qui ne secourent pas. Comme on pouvait s'y attendre, les universitaires ont trouves un nom pour de telles pannes : les « interdépendances de pannes d'infrastructure ». Vous ne voulez pas utiliser ce terme dans un poème, mais c'est en fait un thème émergent de notre temps.

La pyramide de complexité de Phoenix semble plus fragile que les autres car elle est carrément dans la ligne de mire du changement climatique. La région, comme la plupart du sud-ouest américain, est déjà chaude et sèche, Elle devient de plus en plus chaude et de plus en plus sèche, et est de plus en plus frappée par de fortes tempêtes. Sandy et Katrina ont donné un aperçu de ce à quoi peuvent s'attendre les villes côtières à mesure que les mers montent et que les tempêtes se renforce. Phoenix ouvre le rideau sur l'avenir des empires terrestres. Si vous voulez un avant-goût du climat brutal à venir, l'endroit où regarder est celui où le climat est déjà rude, et le devient de plus en plus - la bien nommée « Valley of the Sun ».

À Phoenix, c'est la convergence de la chaleur, de la sécheresse et des vents violents, qui interagissent et s'amplifient dont vous devez vous inquiétez. De manière générale, dans nos sociétés contemporaines, rien de ce qui est important n'arrive que pour une seule raison, et à Phoenix, il y a toutes sorte de «raisons» qui collaborent et produisent de gros problèmes, avec au premier rang de ceux-ci le changement climatique, qui pousse la chaleur, la sécheresse, et le vent extrêmes toujours plus loin. Notamment, chacune de ces nemesis, à sa manière, a le potentiel de saper la condition nécessaire à toute vie urbaine moderne, le réseau électrique, ce qui à Phoenix mérite une attention particulière.

Si, en été, le réseau échoue à grande échelle et pendant une période de temps significative, les conséquences de la tempête Sandy nous paraîtrons bien douce en comparaison. Bien sûr, les gens vont se battre pour une prise de courant pour recharger leurs téléphones cellulaires et pour garder leur lait frais, mais les communications et la réfrigération des aliments ne sera pas le plus haut dans la liste de leur priorités. Phoenix est une ville climatisé. Si le courant est coupé, les gens cuisent.

À l'été 2003, une vague de chaleur a balayé l'Europe et tué 70.000 personnes. La température à Londres a frôlé 38 °C pour la première fois depuis que les enregistrements de température existent, et dans certaines parties de la France, le mercure est monté jusqu'à 40 °C. Ces températures, cependant, sont monnaie courante à Phoenix, où le thermomètre monte généralement jusqu'à plus de 38 °C pendant plus de 100 jours par an. En 2011, la ville a établi un nouveau record du nombre de jours à plus de 40 °C : il y en a eu trente trois, plus d'un mois de jours spectaculairement caniculaires qui ont inaugurés une nouvelle ère.

Fuir le soleil :

Il va sans dire que l'environnement du désert de Phoenix est chaud par nature, mais nous l'avons rendu plus chaud encore. La ville est un monde de maçonnerie, d'asphalte et de béton. Les matériaux durs et lourds des bâtiments et des routes absorbent la chaleur de manière efficace et la restituent plus lentement que la terre nue. En un sens, toute la ville est une sorte de batterie thermique, absorbant l'énergie le jour et la relâchant dans la nuit. Le résultat est un «îlot de chaleur urbain», qui, à son tour, empêche la fraîcheur nocturne du désert d'offrir un soulagement.

Il y a soixante ans, lorsque Phoenix se lançait tout juste dans sa carrière de croissance effrénée, les minimums nocturnes ne dépassaient jamais 32 ° C. Aujourd'hui, ces températures sont commune, et l'on craint des nuits qui ne descende pas en dessous de 38 °C. Des études indiquent que l'effet d'îlot de chaleur urbain à Phoenix peut augmenter la température nocturne de près de 5° C. C'est comme si la ville a doublé la mise en matière de changement climatique, en trouvant une façon de magnifier ses effets les plus indésirables avant même que cela ne touche le reste d'entre nous à plein régime.

On pouvait s'y attendre, ce sont les pauvres qui souffrent le plus de la chaleur. Ils vivent dans les quartiers les plus chauds avec le moins de verdure qui pourrait atténuer l'effet d'îlot de chaleur, et ils ont le moins de ressources pour lutter contre les températures élevées. Pour la plupart des Phéniciens, cependant, rien de tout cela n'est plus qu'un désagrément tant que la clim continue à bourdonner et que la facture est payée. Lorsque la chaleur s'intensifie, ils apprennent à se précipiter d'immeuble en voiture jusqu'au bâtiment voisin, en retenant leur souffle. Dans ces voitures, la deuxième chose qu'ils touchent après l'allumage est la commande de la clim. Le volant vient plus tard.

Dans l'éclat flamboyant de Juillet et Août, vous ne vous aventurer sans défense pour marcher ou courir que dans la pénombre de l'aube ou du crépuscule. L'idée pour les résidents de la Vallée du Soleil est d'apprendre à esquiver la chaleur, pas de la contester.

Cependant la chaleur est un adversaire difficile. Elle attaque tout, y compris l'équipement électrique. Les transformateurs, quand ils deviennent trop chaud, peuvent griller. De même, les centrales thermoélectriques, qu'elles soient alimentée par du charbon, du gaz ou des neutrons, sont moins efficaces quand monte le mercure. Et les grands barrages hydroélectriques de la rivière Colorado, y compris Glen Canyon, qui sert la région de Phoenix, ne seront pas en mesure de fournir la «puissance de crête" comme ils le font maintenant si les réservoirs sont fatalement rétrécis par la sécheresse, comme de nombreuses études prévoie qu'ils le seront. Une grande partie de tout ces problèmes peuvent être atténué avec du matériel mis à niveau, des technologies de réseaux intelligents et des systèmes redondants. Mais alors il faut parler du « haboob ».

Un « haboob » est une tempête de poussière/sable , généralement causée par l'effondrement d'une cellule orageuse. L'air descendant frappe le sol et roule vers l'extérieur en ramassant des débris à travers le désert. Comme son nom l'indique en arabe, ces tempêtes sont originaires de régions arides, mais - bien que Phoenix ne soit pas étrangère à la notion de tempête de poussière - le terme haboob n'est entré que récemment dans le lexique local. Il semble avoir été importé pour décrire une nouvelle classe de tempêtes, spectaculaires par leur véhémence, qui empêche toute visibilité et met toute activité au point mort. Ces tempête passent les voitures au sablage, ferme l'aéroport, et parfois provoquent des coupure d'électricité - et de clim- . Ne vous inquiétez pas, disent les deux principaux services publics desservant la région métropolitaine de Phoenix, l' « Arizona Public Service » et le « Salt River Project ». Et les coupures ont en effet été de courte durée. Jusqu'ici...

Avant la crise de Katrina, le corps des ingénieurs de l'armée était également rassurant pour les gens de la Nouvelle-Orléans. Et jusqu'à ce que la tempête Sandy débarque, presque personne ne s'inquiétait de ce que des vagues de tempête puissent remplir les tunnels du métro de New York.

Chaque système, comme chaque ville, a ses vulnérabilités. Le changement climatique, dans presque tous les cas, ne fera que les aggraver. Le climat surchauffé, boosté à l'effet de serre, va nous donner des sortes de haboobs que nous ne pouvons pas encore imaginer, avec des trop-plein d'énergie toujours plus grand. Selon toute vraisemblance, l'émergence de ces tempêtes, comme une caractéristique de la vie a Phoenix, résulte d'un environnement surchauffé, amplifié par le sable meuble et la poussière des terres agricoles abandonnées (qui furent asséché lorsque l'eau a été détournée vers des subdivisions croissantes de la ville).

dimanche 2 décembre 2012

Dr. Dennis L. Meadows

Dr. Dennis L. Meadows est un des auteur du rapport "Limits to growth".
Il parle ici de son parcours, de son éthique personnelle et surtout de l'histoire de ses recherches et du rapport du club de Rome.




Voici un petit extrait très intéressant concernant ce qu'il appelle les problèmes simples et les problèmes compliqués :

On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes simples, les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation)


On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes complexes, l'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme 

Mes schémas sont très génériques. Ils pourraient illustrer par exemple le probleme d'essayer de perdre du poids, de réduire les émissions, de réduire la dette, ou tout autre objectif d'une personne, d'une communauté ou d'une nation. La plupart des politiciens et la plupart des économistes, la plupart des marchés réagissent très bien face à des problèmes faciles, parce que les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation). Malheureusement, il existe d'autres types de problèmes : des problèmes difficiles. Dans les problèmes difficiles, l'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme - et inversement. Maintenant, que faisons-nous face à ces problèmes complexes ? Qu'est-ce que le politicien fait si il va bientôt y avoir une autre élection? Qu'est-ce qu'un marché faire si le taux d'actualisation signifie que les coûts à long terme, ne compte pas. Qu'est-ce qu'un citoyen fait s'il pense qu'il va déménager l'année prochaine et ne sera pas ici quand ces problèmes arriveront ? 

Si je veux améliorer ma situation énergétique, je dois faire que la situation énergétique semble s'aggraver à court terme, d'une manière ou d'une autre. Par exemple, je pourrais lever des impôts, établir des quotas, imposer des normes juridiques sur l'efficacité de l'automobile. D'une manière ou d'une autre, il est nécessaire d'augmenter les coûts de l'énergie à court terme, afin de rendre les coûts d'énergie moindre dans le long terme. La plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, comme le changement climatique, sont des problèmes difficiles dans ce sens. 

Comment peut-on convertir différents problèmes en des problèmes faciles? Comment pouvons-nous obtenir de notre société de traiter des questions difficiles de manière automatique et constructive. Vous devez d'abord accroître l'horizon temporel. Vous devez repousser la période de planification assez loin pour que les gens commencent à voir la différence entre la politique qui semble bonne maintenant et celle qui résout réellement le problème. La Planification à long terme fait cela. Et la deuxième chose est de donner aux gens une compréhension sophistiquée sur le comportement de systèmes complexes. Beaucoup de gens ne peuvent pas imaginer qu'une action qui produit des avantages immédiats, peut en quelque sorte à l'avenir être un désastre. Leur compréhension des comportements les conduit à croire que tout ce qui croit dans le court continue à augmenter dans le long terme.

lundi 25 juin 2012

Interview de Dennis Meadows

Un interview dans le monde de Dennis Meadows, par Stéphane Foucart et Hervé Kempf. Si vous n'avez qu'un article à lire dans le mois, c'est celui là :


En mars 1972, répondant à une commande d'un think tank basé à Zurich (Suisse) - le Club de Rome -, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient The Limits to Growth, un rapport modélisant les conséquences possibles du maintien de la croissance économique sur le long terme. De passage à Paris , mercredi 23 mai, à l'occasion de la publication en français de la dernière édition de ce texte qui fait date (Les Limites à la croissance, Rue de l'Echiquier, coll. "Inital(e)s DD", 408 p., 25 euros), son premier auteur, le physicien américain Dennis Meadows, 69 ans, a répondu aux questions du Monde.
Quel bilan tirez-vous, quarante ans après la publication du rapport de 1972 ? 
D'abord, le titre n'était pas bon. La vraie question n'est pas en réalité les limites à la croissance, mais la dynamique de la croissance. Car tout scientifique comprend qu'il y a des limites physiques à la croissance de la population, de la consommation énergétique, du PIB, etc. Les questions intéressantes sont plutôt de savoir ce qui cause cette croissance et quelles seront les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système. Pourtant, l'idée commune est, aujourd'hui encore, qu'il n'y a pas de limites. Et lorsque vous démontrez qu'il y en a, on vous répond généralement que ce n'est pas grave parce que l'on s'approchera de cette limite de manière ordonnée et tranquille pour s'arrêter en douceur grâce aux lois du marché. Ce que nous démontrions en 1972, et qui reste valable quarante ans plus tard, est que cela n'est pas possible : le franchissement des limites physiques du système conduit à un effondrement. Avec la crise financière, on voit le même mécanisme de franchissement d'une limite, celle de l'endettement : on voit que les choses ne se passent pas tranquillement. 
Qu'entendez-vous par effondrement ? 
La réponse technique est qu'un effondrement est un processus qui implique ce que l'on appelle une "boucle de rétroaction positive", c'est-à-dire un phénomène qui renforce ce qui le provoque. Par exemple, regardez ce qui se passe en Grèce : la population perd sa confiance dans la monnaie. Donc elle retire ses fonds de ses banques. Donc les banques sont fragilisées. Donc les gens retirent encore plus leur argent des banques, etc. Ce genre de processus mène à l'effondrement. On peut aussi faire une réponse non technique : l'effondrement caractérise une société qui devient de moins en moins capable de satisfaire les besoins élémentaires : nourriture, santé, éducation, sécurité.  

mardi 28 février 2012

Business as usual

L'expression anglaise "business as usual" traduit bien l'attitude la pire face aux crises actuelle :   "Faire comme si de rien n’était" ou "choisir le statut quo". Dans ces expressions françaises, il manque l’idée, implicite dans l'expression anglaise, que l'on est "pris par le quotidien", qu'on est "le nez dans le guidon" et que notre priorité est au jour le jour même si l'on est conscient que notre trajectoire nous mène droit dans le mur.

Nous savons maintenant que "business as usual" n'est pas une option, et pourtant notre trajectoire ne s’infléchit que très lentement à un rythme que nous savons être insuffisant. 



Une interprétation sous un angle de dynamique des systèmes en est que notre société s'est finement réglée au cours des deux siècles depuis la révolution industrielle pour fonctionner de façon optimum dans une fourchette de croissance aux alentours de 3 %. Comme c'est la nature même de cette croissance qui pose problème, on est confronte à un paradoxe dont il est difficile de se dépêtrer.

On peut rester optimiste en lisant des textes comme celui de  Donnella Meadows, "Effet de levier : où intervenir dans un système ?",  ou l'on peut-être assez pessimiste en lisant l’interprétation de Jared Diamon qui note que de nombreuses sociétés se sont effondrées par le passé en présence d'un tel paradoxe. Il y a blocage jusqu’à l'effondrement quand ce qui constituait un avantage pour la société est devenus un handicape ou encore quand la résistance au changement est accentuée par le conflit d'intérêt des élites, quand leur intérêt a court terme est contradictoire avec l'intérêt à long terme de la société.

vendredi 24 février 2012

Jared Diamon - TED talk

Un TED talk de Jared Diamon :
(les sous titres en français sont disponibles)

Jared Mason Diamond (10 septembre 1937) est un biologiste évolutionniste, physiologiste et géonomiste américain. Professeur de géographie à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), il est surtout connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique : De l'inégalité parmi les sociétés (qui lui a valu unprix Pulitzer en 1998) et Effondrement (traduit en français en 2006)




Deux petits extraits :
Le fait est que notre trajectoire actuelle est une trajectoire non-durable, ce qui signifie, par définition, qu'elle ne peut pas être maintenue. Et le résultat en sera connu d'ici quelques décennies. Cela signifie que ceux d'entre nous dans cette salle qui sont moins de 50 ans ou 60 ans vont voir comment ces paradoxes seront résolus, et ceux d'entre nous qui sont âgés de plus de 60 ne verront probablement pas cette résolution, mais nos enfants et nos petits-enfants la verront certainement. cette résolution prendra deux formes : soit nous allons désamorcer ces bombes a retardement de manières agréables de notre propre choix en prenant des mesures correctives, ou bien ces conflits se résoudront de manière déplaisante de manière subite - à savoir, par la guerre, la maladie ou de famine. Mais ce qui est sûr c'est que notre trajectoire non-durables sera stoppée d'une manière ou d'une autre dans quelques décennies. En d'autres termes, puisque le thème de cette session est le choix, nous avons un choix. Est ce que cela veut dire que nous devrions devenir pessimiste et accables ? J'en tire la conclusion inverse.

Les gros problèmes auxquels le monde d'aujourd'hui est confronte ne sont pas du tout des choses hors de notre contrôle. Notre plus grande menace n'est pas un astéroïde sur le point de s'écraser sur nous, quelque chose auquel nous ne pouvons rien faire. Au lieu de cela, toutes les menaces auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui sont des problèmes entièrement de notre propre fabrication. Et puisque nous avons créés ces problèmes, nous pouvons également les résoudre. Cela signifie alors qu'il est entièrement en notre pouvoir de gérer ces problèmes. Plus particulièrement, qu'est ce que chacun de nous peut faire ? Pour ceux d'entre vous qui sont intéressés par ces choix, il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas, et que nous devons comprendre. Et il y a beaucoup de choses que nous comprenons déjà, mais que nous ne faisons pas, et que nous devons faire. Je vous remercie.

mardi 8 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 4 /4

Quatrième et dernière partie de l'article de David Korowicz où il parle principalement de dynamique de système en donnant une vision très enthousiasmante du futur.

Ceci dit, j'attends toujours que quelqu’un me donne une grille de lecture alternative qui expliquerait aussi bien ce à quoi nous assistons en ce moment : effondrement des systèmes monétaires, crise financière,  économique, hausse du prix de l’énergie et des matières premières, crise alimentaire... etc 





Dynamique de l'effondrement :

Le modèle de contraction oscillatoire ne prend pas en pas compte correctement certaines des structures intégrées de l'économie mondiale qui, bien que relativement évidentes, ont été obscurcies par le fait qu'elles ont été adaptées à une économie en pleine croissance. Si la production de pétrole baisse, et que nous ne pouvons pas combler le fossé entre l'énergie nécessaire à la croissance et ce qui peut être produit, comme nous l'avons vu dans le modèle de contraction oscillante, cela limite la disponibilité d'autres types d'énergie, alors l'économie mondiale doit continuer à se contracter . En bref, l'humanité est aux limites ou a dépassé les limites à la croissance.
Les structures intégrées qui échoueraient à se contracter d'une manière ordonnée s’effondrerait. Les structures qui se décomposeraient incluent le système monétaire et financier, les infrastructures essentielles, les économies d'échelle mondiale, et la production alimentaire. Comme souligné plus haut, ces structures sont profondément interdépendantes. En conséquence, leur effondrement se renforceraient mutuellement. Leur effondrement saperait l'ensemble du tissu opérationnel et le fonctionnement de l'économie mondiale et tout ce qu'elle supporte.

Il a été argumenté jusqu'à présent que notre civilisation est un seul système adaptatif complexe. Les systèmes adaptatifs complexes, et les sous-systèmes dont ils sont composés, sont une caractéristique de systèmes thermodynamiques ouverts . Et bien qu'il en existe une grande diversité, des marchés aux écosystèmes, ou au comportement d’une foule, leurs propriétés dynamiques ont des caractéristiques communes. La plupart du temps les systèmes adaptatifs complexes sont stables, mais beaucoup d'entre eux ont des seuils critiques appelés points de basculement, quand le système se déplace brusquement d'un état à un autre. Les points de basculement ont été étudiés dans de nombreux systèmes, y compris les crashs de marché, les brusques changements climatiques, l'effondrement de la pêche et les crises d'asthme. Malgré la complexité et le nombre de paramètres au sein de tels systèmes, le méta-état du système peut souvent être dépendant seulement d'une ou deux variables clés d’état. [22]
Des recherches récentes ont indiqué que ces systèmes, à l'approche d'un point de basculement, commencent à avoir des caractéristiques comportementales communes, indépendamment du type particulier de système. [23] Cette unité entre les dynamiques de systèmes disparates nous donne un formalisme par lequel décrire l'état dynamique de la civilisation globalisée, via sa mesure approximative du produit mondial brut (PMB) et de sa variable d'état majeur, le flux d'énergie.

On donne le nom de bifurcation catastrophique à un type de transition, où une fois le point de basculement passé, une série de rétroactions positives conduit le système à un état contrasté. Par exemple, comme le climat se réchauffe, il augmente les émissions de méthane de la toundra arctique, qui entraîne un changement climatique encore plus fort, ce qui conduit à une croissance supplémentaire des émissions. Cela pourrait déclencher d'autres points de basculement, comme la mort de la forêt dans le bassin de l'amazone, ce qui conduirait à d'autres émissions. Ces rétroactions positives pourraient signifier que tout ce que l'humanité pourrait essayer de faire n’aurait plus aucun impact puisque ce serait submergé par l'accélération de la beaucoup plus grande échelle de ces procédés.


lundi 7 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 3 /4

Troisième partie de l'article de David Korowicz où il parle du mécanisme du pic pétrolier et de ses probables conséquences économiques.





Le pic pétrolier

Le phénomène de pic - que ce soit en matière de pétrole, gaz naturel, de minéraux ou encore de pêche - est une expression de la dynamique suivante. Lorsque l’on a une ressource finie comme le pétrole, on constate en général que ce qui est le plus facile à exploiter est utilisé en premier. Quand la demande de pétrole augmente, et que les connaissances et les technologies associées à l'exploration et l’exploitation progressent, la production peut monter en puissance. Toute nouvelle production bon marché encourage de nouveaux produits dérivés du pétrole, les nouveaux marchés et bénéfices génèrent à leur tour des revenus pour les investissements dans la production. Pendant un temps, c'est un processus qui se renforce de lui même, mais finalement ce renforcement s’affaiblit parce que les coûts énergétiques, matériels et financiers pour trouver et exploiter la nouvelle production commencent à augmenter. Ces coûts augmentent parce que, comme le temps passe, les nouveaux champs pétroliers deviennent plus coûteux à découvrir et à exploiter puisqu’ils sont trouvés dans des petits dépôts, dans les eaux profondes et en plus leurs conditions géologiques sont plus exigeantes techniquement . Dans certains cas, tels que les sables bitumineux, le pétrole nécessite, pour être rendu utile, un traitement très avancé et de grandes dépenses en énergie et en eau. Ce processus est un autre exemple de la baisse des rendements marginaux.
La production d'un puits individuel atteindra un pic et commencera à décliner. La production d'un gisement tout entier, d’un pays et du monde entier montera et chutera. Deux tiers des pays producteurs de pétrole ont déjà passé leur pics individuels. Par exemple, les Etats-Unis ont atteint un sommet en 1970 et le Royaume-Uni en 1999. La baisse s'est poursuivie dans les deux cas. Il est à noter que les deux pays ont parmi les "meilleures universités, les marchés financiers les plus dynamiques, les sociétés de production et d'exploration les plus technologiquement capables et des environnements politiques stables et parmi les plus “pro-business” . Néanmoins, dans aucun cas cela n'a arrêté le recul.
Quand les grands champs anciens produisant du pétrole bon marché reculent, un effort de plus en plus grand doit être fait pour maintenir la production à l’aide de la découverte et de la production de champs plus petits et plus chers. En termes financiers, ajouter chaque nouveau baril de production (le baril marginal) devient plus cher. Sadad al-Huseini a déclaré en 2007 que le plancher technique (le coût de base de la production pétrolière) était d'environ 70 $ le baril sur la marge, et que cela augmenterait de 12 $ par an (en supposant que la demande soit maintenue par la croissance économique). [15] Cette escalade rapide du coût marginal de production du pétrole est récente. Au début de 2002, le coût marginal d'un baril était de 20 $.
Il est parfois affirmé qu'il y a une énorme quantité de pétrole dans les dépôts tels que les sables bitumineux canadiens. Les questions que cette allégation devrait soulever sont "Quand cela sera-t-il mis en service?", "A quel taux peut être mis à disposition le pétrole?", "Quel est le rendement énergétique net ?" Et "la société peut-elle se permettre ce coût d'extraction?" Si moins d'énergie nette était disponible à partir de ce pétrole, cela nous rendrait beaucoup plus pauvres, et on pourrait encore moins se permettre de se le payer. Finalement, la production ne serait plus viable puisque les économies ne pourraient plus payer le coût marginal d'un baril. Dans une veine similaire, nos mers contiennent d'énormes réserves d'or, mais il est tellement dispersé que le coût énergétique et financier de son raffinage serait largement supérieur aux avantages (les eaux territoriales irlandaises contiennent environ 30 tonnes).

Quelques idées fausses concernant le pic pétrolier:

samedi 29 octobre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 1/4


Il existe en anglais une expression dont je n'arrive pas à trouver une traduction satisfaisante : "To connect the dots". Reconstituer une vision d'ensemble à partir des différents éléments fractionnels dont on dispose. Voici un article qui essaie donc de connecter les dots. C'est une synthèse actuelle des idées de Joseph Tainter, de limits to growth  et de Donella Meadows. 

Cette approche de dynamique des systèmes fait ressortir une grille de lecture que je trouve particulièrement pertinente pour "la civilisation", "le développement". Cela relie ressources, développement, économie et entropie (notion physique entre énergie et complexité)


À l'aube de l'effondrement: complexité, énergie et économie mondialisée
par David Korowicz

Les systèmes dont nous dépendons tous pour nos transactions financières, pour notre nourriture, notre carburant et autres moyens de subsistance sont si interdépendants qu'ils est mieux de les considérer comme des facettes d'un système global unique. La maintenance et l'exploitation de ce système mondial exige beaucoup d'énergie et, parce que les coûts fixes d’exploitation sont élevés, ce système n’est seulement rentable que s'il opère à pleine capacité. En conséquence, si son débit baisse parce que moins d'énergie est disponible, il ne se contracte pas d’une manière douce et contrôlable. Au contraire, il est sujet à un effondrement catastrophique.

image par Paul Butler

Fragments d'une économie mondialisée :
  • L'éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande a conduit à la fermeture de trois lignes de production de BMW en Allemagne, à l'annulation d’opérations de chirurgie à Dublin, à des pertes d'emplois au Kenya, à des passagers bloqués dans le monde entier et à de sévères avertissements sur les effets que ces bouleversements aurait sur certaines économies déjà stressées.
  • Pendant le blocus de dépôt de carburant au Royaume-Uni en 2000, les chaînes d'approvisionnement à flux tendu des supermarchés se sont interrompues et, comme les stocks fondaient, les étagères se sont immédiatement vidées. L'anxiété à ce sujet est montée à un point tel que le ministre de l’intérieur, Jack Straw, a accusé le blocus des camionneurs de "menacer la vie des autres et de mettre l'ensemble de l’économie et de la société à risque ».
  • L'effondrement de Lehman Brothers a contribué à précipiter un bref gel dans le financement du commerce mondial dans le même temps que les banques avaient peur d'accepter les lettres de crédit des autres banques. [1]
Tout comme nous ne remarquons jamais le sol sous nos pieds à moins que nous ne trébuchions, nous n’entre-apercevons ces réseaux complexes d'inter-dépendances sur lesquelles repose la vie moderne que lorsqu'une partie de ces réseaux échoue. Lorsque la panne est corrigée, le rideau se referme et tout revient à la normale. Cependant, c’est cette “normale”qui est extraordinaire.


mardi 4 octobre 2011

La malédiction de Cassandre

Ci dessous la traduction d'un texte de Ugo Bardi sur la manière dont l’étude "Limits to Growth" connue en français sous le nom "Rapport du club de Rome" a été diabolisée depuis sa parution en 1972.

L'article original en anglais est accessible ici : "Cassandra's curse: how "The Limits to Growth" was demonized"


L’histoire de Cassandre est très ancienne : sa malédiction était qu'elle dirait toujours dire la vérité et qu’elle ne serait jamais cru. Mais c'est aussi une histoire très moderne et, peut-être que la quintessence des Cassandres de notre époque serait le groupe de scientifiques qui ont préparé et publié en 1972 le livre intitulé "The Limits to Growth". Avec ses scénarios d'effondrement de civilisation, le livre a choqué le monde peut-être plus que Cassandre n’avait choqué ses compatriotes les citoyens de Troie quand elle avait prédit la chute de leur ville aux Achéens. Tout comme Cassandre ne fut pas cru, l’étude "The Limits to Growth". est aujourd'hui encore largement perçue comme une étude défectueuse, qui s’est trompée tout le long. Cette opinion est basée uniquement sur ​​des mensonges et des distorsions, mais, apparemment, la malédiction de Cassandre est toujours bien vivante de notre temps.




Le premier livre de la série LTG ( “The Limits to Growth") a été publié en 1972 par un groupe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology: Dennis Meadows, Donella Meadows, Jorgen Randers et William Behrens III. Le livre a rapporté les résultats d'une étude commandée par un groupe d'intellectuels qui avaient formé le "Club de Rome" quelques années auparavant. Il a examiné l'évolution de l'économie du monde entier au moyen d'un modèle mathématique basé sur un «système dynamique», une méthode qui avait été élaboré auparavant par Jay W. Forrester. En utilisant des ordinateurs, une nouveauté pour l'époque, le modèle LTG du monde pouvaient suivre l’évolution d’un grand nombre de variables et de leurs interactions au fur et a mesure que le système change avec le temps. Les auteurs ont élaboré un certain nombre de scénarios pour l'avenir du monde a partir de différentes hypothèses. Ils ont constaté que, a moins que des mesures spécifiques ne soient prises, l'économie mondiale tend à s'effondrer à un moment donné au 21ème siècle. L'effondrement est causé par une combinaison d'épuisement des ressources, de surpopulation et de pollution croissante (ce dernier élément que nous verrions aujourd'hui comme liés au réchauffement climatique).

vendredi 30 septembre 2011

Limits to growth

Si vous avez lu jusqu'au bout l'avant dernier post, j’espère que votre curiosité a été éveillée par "le rapport Meadows", autrement appelé "rapport du club de Rome" ou encore désigné par le titre du livre qui en a découlé  : "limits to growth".

Cette étude de scientifiques du MIT, publiée en 1972, avait pour but, ni plus ni moins, que de faire un modèle du monde ! Je vous entend déjà dire "bullshit". Bien évidemment qu'il est impossible de mettre le monde en équation. Par contre il est possible de constater que par exemple, dans les grandes lignes, l'accroissement démographique varie en liaison avec le développement économique ou encore que l'exploitation des terres agricole s'intensifie avec l'accroissement démographique. Ou que l'exploitation des ressources augmente avec l’activité économique et que l’activité économique augmente avec le dynamisme démographique...etc.

Tout cela est à la fois simple et complexe mais ce qui est sur, c'est que cette approche dit de dynamique des systèmes est moins simpliste que ce que font quotidiennement tous les économistes, hauts fonctionnaires, planificateurs et politiques qui n'ont comme seule perspective sur le futur que de prolonger les tendances actuelles.

Ce que font donc les modélisateurs en dynamique des systèmes, c'est d'essayer de comprendre comment les choses sont liées et de faire tourner cela sous forme de modèle. Il est important de noter que, que ce soit un modèle de climat ou un modèle  monde, une manière très simple de comprendre si le modèle a de la valeur, c'est de le faire tourner pour une période dont on connait déjà les résultats et de voir si on obtient bien la même chose que ce qui s'est réellement passé. 

  • Il se trouve par exemple que les modèle de climats que font tourner les climatologues sont cohérents avec les grandes lignes des variations du climat des derniers 10 000 ans jusqu’à aujourd'hui en rentrant comme condition initiales ce qu'on sait des données d'il y a 10 000 ans .
  • Les modèles de météo sont capables de prévoir la météo d’hier avec les données d'avant hier.
  • et les modèles world 1 2 et 3 issus des études de "limits to growth" sont cohérents avec l’évolution du monde depuis la révolution industrielle jusqu’à aujourd'hui.




Voici une application internet ou vous pouvez jouer par vous-même avec le modèle world 3 en changeant les conditions initiales (la quantité de ressource disponible, la vitesse du développement technologique, ou des politiques contraignantes d’économie de ressources) et voir ce qui se passe.

Par exemple ceci : 




Dans presque toutes les simulations, le modèle montre un effondrement de la population, des productions agricoles et industrielles, avant la fin de la première moitié du XXIème siècle. Cela est somme toute assez intuitif : épuisement des ressources et des terres agricoles, explosion de la pollution (CO2 entre autres) qui ont des retours négatifs sur les autres variables et c'est le cercle vicieux jusqu’à l'effondrement. Bien sure le modèle est trop simple pour être vraiment prédictif, par contre la facon dont évolue le modèle et sa vitesse (effondrement) est pour le moins troublant sachant qu'il y a de grande chances pour qu'un modèle beaucoup plus sophistiqué réagisse de la même manière. C’était en gros les conclusions de l’étude "limits to growth" au début des années soixante dix. Depuis, tout le monde, s'est efforcé de nier le problème.

(a suivre...)

lundi 19 septembre 2011

L'empreinte écologique, la consommation d'énergie, et l'effondrement qui s'annonce.


Voici la traduction d'un article de François Cellier, un professeur de simulation numérique des systèmes de l'ETH Zurich qui résume assez bien les liens entre emprunte écologique, population, énergie et dynamique des systèmes. Cela  fait donc le lien entre le post précédent et les post suivants qui parlerons de "limits to growth". Si vous n'avez pas le temps de tout lire, prenez quand-même une minute pour examinez le premier schéma.
L'article d'origine en anglais est disponible  ici sur the Oil Drum.


Capacité de charge et empreinte écologique :

Vous avez juste fini de préparer le déjeuner pour quatre personnes quand votre fils entre soudainement en demandant si son ami peut rester pour le déjeuner. Le repas préparé pour quatre personnes doit alors en nourrir cinq. Ce n'est pas vraiment un problème. Les membres de la famille reçoivent simplement un peu moins que ce qu'ils auraient reçu autrement.

Ce court récit illustre pourquoi le concept beaucoup discuté de capacité de charge de la planète Terre est imparfaite. Il est tout à fait possible de répartir les richesses disponibles entre plusieurs personnes. La conséquence sera tout simplement que moins est disponible pour chacun.
Pour cette raison, Mathis Wackernagel , directeur général de la Global Footprint Network , a développé un concept alternatif appelé empreinte écologique.

L'empreinte écologique d'une personne est une mesure de la quantité de terre dont une personne a besoin pour produire tout ce qu'il ou elle consomme: nourriture, vêtements, énergie, logement, les outils qui sont nécessaires pour fabriquer les vêtements, etc Sous contrat par les Nations Unies et le Gouvernement suisse, Mathis et son équipe a calculé la empreinte écologique moyenne par habitant de beaucoup de nations sur cette planète. Le Suisse moyen consomme environ 5,5 hectares (13,6 acres), l'américain moyen occupe environ 10 hectares (24,7 acres), tandis que l'habitant moyen de Madagascar survit avec 0,5 hectares (1,2 acres) seulement. L'habitant moyen sur cette planète se sert actuellement de 2,2 hectares (5,4 acres).


Relation entre Emprunte Écologique et Indice de Développement Humain (HDI) à l’échelle des pays.
Mathis a ensuite pris la totalité des terres arables disponibles sur la planète et l’a divisé par la population actuelle de 6,5 milliards de personnes. Ceci produit un encombrement disponible par habitant de 1,8 hectares (4,4 acres).
Il a ensuite tracé l'empreinte écologique des différentes nations par rapport a leur indice de développement humain (IDH) , une mesure de la qualité de vie de leurs habitants.

Pour que les habitants de la planète terre puissent mener une vie décente, sans taxer les ressources de la planète d'une façon insoutenable, chaque nation devrait donc consommer moins que les 1,8 hectares par habitant de l'empreinte écologique disponible, tout en obtenant un IDH de 0,8 ou mieux.

Ainsi toutes les nations doivent s'efforcer de voir leurs "points" sur le graphe passer dans la zone orange dans le coin inférieur. Actuellement, il n'y a qu'une seule nation qui ait son point à l'intérieur de la boîte orange. Cette nation se trouve être Cuba . Afin de progresser vers un monde durable, nous devons tous devenir ... non-pas Berlinois, mais Cubains.

mardi 9 août 2011

Experience de Rockville

Dans les années 50, un éthologue nommé John B Calhoun a mené une expérience devenue célèbre sur la surpopulation chez les rats. Cela consistait a enfermer des rats dans une cage de taille limité, avec assez de nourriture pour accommoder un surplus de population et il a observé ce qui se passe :

  • on assiste a un pic de population puis a un effondrement 
  • les normes sociales se cassent 
  • hyperaggression 
  • cannibalisme infantile 
  • augmentation de la mortalité à tous les âges 
  • maladies physiques et mentales 
  • troubles alimentaires



Apparemment, ce n'est pas le simple manque d'espace qui provoque ce phénomène. mais plutôt la nécessité pour les membres de la communauté d'interagir avec les autres. Lorsque les interactions forcées dépassent un certain seuil, les normes sociales se cassent. Ainsi la densité sociale est considérée comme plus importante que la densité spatiale géométrique.

NB : il a effectué ses expériences sur une terre agricole à Rockville, Maryland d'où l'expression d'expérience de Rockville. Cette expérience a abouti à la publication d'un article dans le Scientific American d'une étude de comportement dans des conditions de surpeuplement (Calhoun 1962). Il en est question dans "la dimension cachée", livre bien connu des architectes.

mardi 2 août 2011

Ecologie et films de zombie

Quitte a alimenter le moulin de ceux qui accusent les écolos de jouer sur la peur, je ne peux m'empêcher de faire un petit post sur la métaphore écologique dans les films de zombie. C'est particulièrement le cas dans ce film de Romero, Dawn of the dead de 1978, un classique du genre, où l'on suit quelques survivants réfugiés dans un supermarché encerclé par des hordes de morts-vivants.

  • Les zombies sont plus ou moins décérébrés (c'est une métaphore du téléspectateur moyen de Tf1 après 3h devant le poste).
  • Ils sont cannibales, ce qui les met mécaniquement en haut de la chaîne alimentaire mais ce sont en quelque sorte des prédateurs destructeurs et aveugles.(une métaphore de la place actuelle de l'homme dans la nature).
  • Ils ne veulent vraiment pas mourir (une métaphore de la manière dont les hommes se sont extrait temporairement des cycles naturels).
  • Ils surgissent de toutes part et par milliers (une métaphore de l’angoisse malthusienne).
  • Ils répètent souvent des gestes de tous les jours vidés de leur sens, on en voit pousser des cadis, rester au volant d'une voiture...etc (une métaphore de la déshumanisation du travail quotidien dans une société machine).
  • Ils se promènent sans but sans se voir les uns les autres (une métaphore de l'individualisme dans les mégalopoles).
  • Il s’agglutinent en amas informes a la moindre odeur de chaire fraîche (une métaphore de l’aliénation inconsciente de la société de consommation).



mercredi 11 mai 2011

Blind Spot (2008)

Un documentaire dans la série de Crude Impact (2006), Collapse (2010), The Age of Stupid (2009) ou The End of Suburbia (2004). Tous ces documentaires se recoupent, beaucoup des intervenants se retrouvent, la démarche est la même : "to connect the dots" comme on dit en anglais. Chacun des réalisateurs a du avoir sa propre prise de conscience, chacun en son temps et à partir de là, ils refond le même chemins. On pourrait appeler ça le style "pilule rouge ou pilule verte" ?

jeudi 5 mai 2011

Collapse Competitively

 me suis permis de traduire Collapse Competitively, un petit texte de Dimitri Orlov,


Effondrement compétitif
Nous nous dirigeons vers un effondrement économique, politique et sociale, et chaque jour qui passe le rapproche un peu plus. pourquoi ne savons nous pas quand arrêter ? Quelle partie du proverbe "le plus dur, nous essayons, le plus dur nous echouerons” ne comprend-on pas ? Pourquoi ne pouvons-nous comprendre que chaque dollar supplémentaire de dette nous conduit à la faillite nationale plus vite, plus fort et plus profondément ? Pourquoi ne saisissons nous pas le concept que chaque dollar supplémentaire de dépense militaire sape davantage notre sécurité? Y a-t-il une sorte de déficience cognitive qui nous empêche de comprendre que chaque dollar supplémentaire englouti dans l'industrie médicale nous rend plus malades? Pourquoi ne voit-on pas que chaque enfant supplémentaire que nous mettons au monde dans ce monde intenable va rendre la vie plus difficile pour tous les autres enfants? En bref, c’est quoi notre problème ?

Pourquoi ne pouvons-nous arrêter? On peut blâmer l'évolution, qui a produit en nous les instincts qui nous obligent à nous empiffrer quand la nourriture est abondante, à constituer des réserves de graisse pour les périodes de vaches maigres. Ces instincts ne sont pas utile pour nous quand il y a un buffet à volonté à proximité qui plus est, ouvert toute l'année. Ces instincts ne sont pas spécifiquement humains : les autres animaux ne savent pas quand s'arrêter non plus. Les papillons vont se régaler de fruits fermentés jusqu'à ce qu'ils soient trop ivres pour voler. Les porcs mangent des glands jusqu'à ce qu'ils soient trop gros pour se lever et soient obligés de ramper sur le ventre afin de pouvoir, oui bien sûr, manger plus de glands. Les américains qui sont trop gros pour marcher sont considérés comme invalides et le gouvernement leurs fourni de petits scooters motorisés de sorte qu'ils n'ont pas à subir l'humiliation de ramper au buffet sur le ventre. On appel ça le progrès.

Ou nous pouvons blâmer notre éducation, qui met le raisonnement mathématique au dessus de notre bon sens. Les mathématiques utilisent l'induction, l'idée que si 1 + 1 font 2, alors 2 + 1 doit être 3, et ainsi de suite jusqu'à une quantité arbitrairement grande. Dans le monde réel, si vous comptez des glands, alors 1 + 1 glands n'est pas la même opération que 1.000.000 + 1 glands s'il y a des écureuils qui courent partout, ce qu’ils feront une fois qu'ils aurons découvert que vous êtes celui qui a été volé leurs glands. Un million de glands, c'est trop pour que vous puissiez en garder le compte, et votre effort concerté pour continuer à en ajouter un de plus à la pile en repoussant les écureuils peut avoir pour conséquence que les petits enfants commencerons à vous montrer du doigt. Plus la pile grandit, plus vous êtes susceptible d'avoir à faire l'inventaire, et dans le processus, vous êtes de plus en plus susceptibles de faire une erreur, de sorte qu'il s'avère que 1.000.000 + 1 est en fait 1.000.001 - δ, où δ est le nombre de glands dont vous avez perdu la trace, en quelque sorte. Une fois que δ> 0, vous avez atteins des rendements décroissants, et une fois δ> 1, vous avez atteins des rendements négatifs. Dans le monde réel, plus vous pensez qu'un nombre devrait etre grand, plus il s'avère finalement être petit. À un certain moment, essayer d'ajouter un à la pile devient une manière particulièrement inutile de rendre la pile plus petite. Ce résultat n'est pas intellectuellement agréable, et il n'y a pas de théorie pour le soutenir, mais il est observable partout où vous prenez la peine de regarder. Le fait que nous sommes incapables d'expliquer adéquatement un phénomène donné en utilisant nos faibles cerveaux de primates ne le rend pas moins réel.

Le concept de rendements décroissants est assez simple pour la plupart des gens à comprendre et à observer, mais notoirement difficile à détecter pour la personne qui est sur le point d'y parvenir. Le point de rendements négatifs est encore plus difficile à détecter, car à ce point nous avons tendance à être partis trop loin pour détecter quoi que ce soit. Si vous avez déjà bu N boissons alcoolisées , pouvez-vous encore dire si vous avez atteind le point des rendements décroissants ? Est-ce qu’une autre boisson va vous rendre plus heureux et plus sociable, ou est-ce qu’elle ne fera pas une grande différence? Ou bien va-t-elle vous amener à vous mettre dans l'embarras et a passer le lendemain avec une gueule de bois débilitante? Ou bien va-t-elle vous envoyer aux urgence pour être traités pour etouffement par vomissement ? En règle générale, plus vous buvez, plus il devient difficile pour vous de faire ces distinctions subtiles. Cette règle ne semble pas être limité à l’alcool, mais s'applique à presque tous les comportements qui produisent un sentiment d'euphorie, plutôt que la simple satisfaction des besoins. La plupart d'entre nous peut s’empêcher de boire trop d'eau, ou de manger trop de bouillie, ou d’empiler trop de balles de foin. Lorsque nous avons tendance à avoir des ennuis de maîtrise de soi, c'est quand il s'agit de choses qui sont particulièrement agréables ou qui rendent dépendantes, comme la drogue, le tabac, l'alcool ou une nourriture délicieuse et riche. Et nous avons tendance à perdre complètement le contrôle quand il s'agit d’euphorie socialement induite et semi-intangible: la satisfaction de la cupidité, la recherche d’un statut social, ou de pouvoir sur les autres.

Ne pouvons nous pas mieux ? Certainement! La culture humaine est pleine d'exemples où les gens se lèvent et avec succès contre leurs propres tendances primitives. Les anciens Grecs ont fait une vertu de la modération: le temple d'Apollon à Delphi porte l'inscription  MHΔEN AΓAN—"Rien en excès." La philosophie taoïste se focalise sur l'idée de balance entre le yin et le yang, des forces apparemment contraires mais qui en fait travaillent de concert et doivent être gardées en équilibre. Même dans la culture d'ingénieurs actuelle, on peut entendre le moto " le mieux est l'ennemi du bien". Pourtant, tristement, les ingénieurs assez bon pour s'y tenir sont rares. Au micro niveau de résolution de problèmes spécifiques, la plupart des ingénieurs réussissent assez bien a obtenir l'optimum intelligent plutôt que le maximum stupide,  mais à l'échelle macroscopique,  la culture d'entreprise environnante les oblige à aller toujours vers le maximum stupide (maximum de croissance, de revenus et de bénéfices) ou le minimum stupide (coût minimum, pérennité du produit minimum et la maintenabilité minimum). Ils sont forcés de le faire par l'influence d'un concept vraiment pernicieux qui s'est insinué dans la plupart des aspects de notre culture: la notion de concurrence.

La notion de concurrence semble avoir d'abord été élevé au rang de culte par des jeux qui ont été joués comme une forme de sacrifice devant les dieux, dans des cultures aussi différentes que la Grèce antique et la civilisation maya, où des compétitions avaient lieu pour plaire a leurs divinités diverses. Je préfère de loin la version olympique, où l'objet des jeux a été d'exprimer l'idéal de la perfection humaine dans sa forme et sa fonction, plutôt que la version maya, où l'issue du match a été utilisée pour décider qui allait être sacrifié sur l'autel de certains archétypes culturels particuliers. Mais étant d’une grande ouverture d'esprit, je suis prêt à accepter les deux comme valables, car les deux sont des compétitions pour la défense de principes. C'est Aristote qui a souligné que la poursuite de principes est le seul domaine où la modération n'est pas utile, et qui suis-je pour réfuter Aristote? Mais lors du passage de la défense d'un idéal ou d’un principe à des taches banale, pratique, ayant une fonction utilitaire, c'est l'idée même de concurrence qui devrait être offerte comme une gentille offrande grésillante sur l'autel de notre bon sens.

Si l'objectif est de parvenir à un résultat adéquat avec un minimum d'effort, alors pourquoi deux personnes veulent se faire concurrence pour faire le travail d'un seul? Et s'il y a en fait du travail pour deux, alors pourquoi ne veulent-ils pas coopérer au lieu de gaspiller leurs précieuse énergie en compétition ? Eh bien, ils ont peut être été endoctrinés dans l’idée qu'ils doivent rivaliser pour réussir, mais ce n'est pas la question. Le fait est qu'il y a une différence majeure entre une compétition au nom d'un principe-comme la perfection de la création divine et une compétition pour de l'argent seulement. Il n'y a rien de divin à propos d’un gros tas d'argent, et, tout comme avec un gros tas de glands, plus le tas est grand, plus il a tendance à attirer d’«écureuils». En fait, ceux qui sont assis sur des grosses piles de glands ont souvent eux-mêmes un coté écureuil. Pour mélanger les métaphores, ils ont également tendance à avoir un coté poule qui couve ses glands et s'attend à ce qu'ils éclosent. Mais qu'ils soient écureuils ou qu'ils soient poules, ou qu'ils soient des poulet-écureuils mutants sous stéroïdes, ils ne sont certainement pas des dieux, et leurs glands ne sont pas dignes de notre sacrifice.

Une fois que l’on subvertit l'idée que la concurrence n’est en aucune manière nécessaire, ni même souhaitable, de nouvelles voies de pensée s’ouvrent a nous. Qu’est ce qui est assez? Probablement beaucoup moins que ce que nous avons maintenant. Comment devons nous travailler pour ça ? Probablement beaucoup moins que ce que nous travaillons actuellement. Qu'adviendrait-il si nous n'avions pas assez? Eh bien, peut-être alors il serait temps d'essayer de travail un tout petit peu plus dur, ou, mieux encore, peut-être qu'il serait temps de prendre quelques glands à ceux qui en ont encore un trop grand nombre. Puisqu’avoir trop est tellement de travail (attention a ces satanes écureuils!), nous ne ferions que les aider. Nous ne voulons certainement pas les suivre, parce que nous savons où ils se dirigent, vers un charmant endroit appelé effondrement . Au lieu de cela, ce que nous devrions probablement essayer de faire est d'établir une sorte d'équilibre, où en fait, assez est assez.

The Great Squeeze (2009)

Disponible en entier sur youtube. Si vous avez deja vu Oil Smoke and Mirrors (2006), Blind Spot (2008), The 11th Hour (2007) , The End of Suburbia (2004), ou Crude Impact (2006), ce n'est peut-être pas la peine de regarder celui-ci. Celui ci est un peu plus "climate change" et un peu moins "peak oil", neanmoins il y a quelques redites. 

Celui-ci a le mérite de bien souligner le risque le plus immédiat et le plus dangereux du changement climatique : le changement de la carte des précipitations mondiale et la conséquence sur l'agriculture et les écosystèmes.

  

lundi 27 septembre 2010

Peurs millénaristes


"peurs millénaristes" c'est un peu le point Godwin de toute conversation sur notre avenir. Le terme revient dès que l'on émet l'idée que le paradis ultralibéral dans lequel nous vivons n'est peut être pas le meilleur des mondes. Combien de fois, lit-on ou entend-t-on dans les médias que les écolos sont catastrophistes, qu'ils jouent sur la peur...etc...etc

C'est un peu comme si on parlait de peurs millénaristes a quelqu'un qui en 1938 s'inquiétait de la monté du nazisme en Allemagne ou a quelqu'un qui aurait eu peur d'une guerre nucléaire totale entre l'URSS et les USA. Remarquez que dans le deuxième cas, peut-être que c'est parce qu'on a eu un peu peur qu'on est pas maintenant les survivants mutants d'un hivers nucléaire !

J'aimerais qu'on me permette d'avoir un peu peur sans me faire traiter d'encagoulé récitant l'apocalypse selon saint Jean.

dimanche 26 septembre 2010

Quelles évidences ?

Quelles évidences que le scénario "business as usual" pour notre civilisation industrielle n'est pas viable ?

1. Dans ce qu'on mange, il y a dix calories de pétrole (engrais, transport, réfrigération...) pour un calorie de bouffe. Dans un monde ou déjà quelque milliard de gens ne mangent pas à leur faim, si le pic pétrolier (qui n'est pas la fin du pétrole) ne fais pas peur, c'est qu'on se fourvoie en pensant que "on va bien trouver quelque technologies de remplacement" comme si une energie abondante etait une sorte de droit divin de l'humanite.

2. Jusqu'à preuve du contraire, pour l'instant toute croissance économique s'accompagne de croissance de la consommation d'énergie. Si quelqu'un a des infos comme quoi le découplage est en train de s'opérer, je suis preneur. En attendant, je ne vois pas de quoi avoir un optimiste béa sur le fait que quand l'énergie disponible pour l'économie diminuera, la croissance reviendra quand même.

3.En ce qui concerne le changement climatique, le problème n'est pas de perdre quelques îles dans le pacifique. Un problème un peu plus grave c'est que quelque degrés de plus suffisent a redessiner complètement la carte des pluviométrie a l'échelle mondiale avec sûrement plus de perdants que de gagnants. Quand on sait que quelque mois de sécheresse dans le mid-ouest américain suffisent a créer des émeutes de la faim a l'autre bout du monde, pas la peine de faire un dessin sur les conséquences de quelque dizaine de % de pluviométrie en moins sur la moitié des terres agricoles planétaire...dans un monde a 9 milliards d'habitants...et les OGM qui fond pousser du riz sans eau, c'est de la SF.

4.Les médias ne sont pas assez catastrophistes !! Sur le réchauffement climatique, ce ne sont pas des illumines qui ont peur, ce sont des milliers de scientifiques dont si on lits les publications on commences a verdir. (et je parle de publication peer review, pas du journal du dimanche).

5. En ce qui concerne l'extinction des espèces, la perte de biodiversité, je crois que la majorité des gens n'ont pas bien compris l'importance de la diversité génétique que ce soit en matière animale, végétale ou humaine. Sans faire un cour, une piste : "résilience".

6. Si l'on comprend que le rapport du club de Rome n'est pas un ensemble de prévision a la Nostradamus comme de nombreux économistes se font un plaisir de le caricaturer, mais c'est un ensemble de modélisations scientifique et de scénarios qui ressemblent étrangement a ce qui se passe en ce moment, il y a de quoi douter de tous les scénario de prolongation tendancielles dont on nous rabâche les oreilles.

7. On voit en ce moment même que l'EROI de notre système énergétique diminue. Si on fait le lien avec les idées de Joseph Tainter dans "Failure of complex systems", on comprend que la solution ne viendra pas d'elle même, et que des changement très profonds sont nécessaires.

Même si l'on est de nature optimiste, si tout cela ne sonne pas ne serais-ce qu'une tout petite alarme au fond de notre inconscient, en dépit de toutes les certitudes candides que nous vivons dans le meilleur des mondes, c'est que je n'y comprend rien.

mercredi 28 juillet 2010

Joseph tainter; The Collapse of complex Civilisations

Une explication rapide par Joseph Tainter de sa "théorie de l'effondrement"






NB : Je suis assez surpris car il n'y a rien sur Joseph Tainter sur wikipedia en Français.
J'ai donc trouvé que c'etait une bonne action de faire une transcription de cette petite vidéo :

J'ai regardé certaine civilisations anciennes sur une longue période de temps et j'ai réalisé que le challenge auquel elles faisait face était le coût induit du fait que leur société devenaient de plus en plus complexe. Quand ces sociétés étaient confrontées à un problème, que ce problème soit des ennemis extérieurs ou que ce soit de gérer leur propre environnement, elles ont tendance à développer des institutions plus complexes. Très souvent cela signifie une plus grande armée, un gouvernement plus large, plus de contrôle sur le peuple, et une propension à taxer les citoyen plus lourdement pour payer pour la résolution des problèmes complexes. 
Bien sur c'est une leçon pour aujourd'hui évidement parce que nous avons les "institutions de résolution de problèmes" les plus complexes  qui ait jamais existées. La difficulté avec la complexité est qu'elle a toujours un coût, que nous parlions d'organismes au fur et à mesure qu'ils évoluent pour devenir plus complexes, ou de sociétés qui se complexifient avec le temps. 
Dans les sociétés anciennes le problème a été que la complexité a dépassée le point qui était durable relativement à l'énergie solaire qui les soutenait. Nous devons nous rappeler qu'elles n'avaient pas les énergies fossiles que nous avons aujourd'hui,. alors à la fin elle atteignait le point ou la complexité de leur société ne pouvait plus être entretenue sur la base de leur ration d'énergie solaire, autrement dit de leur agriculture. 
Quand je regarde le monde industrialisé aujourd'hui et que j'essaye de me représenter comment elles pourraient se développer dans les prochaines décennies, ce que je vois est un grand nombre de problème très coûteux qui convergent tous en même temps. Nous n'avons pas seulement le problème de l'énergie qui est si prégnant aujourd'hui mais nous avons des problèmes concernant une population vieillissante, et le financement des retraites pour les gens de ma génération. Nous avons des problèmes d'infrastructures vieillissantes qui doivent être entretenues et remplacées, nous avons le problème récurrent des coûts militaires très grands. Dans les sociétés anciennes que j'ai étudié, par exemple, l'empire romain, le grand problème qu'ils avaient était qu'ils devaient payer des coût très haut juste pour maintenir le statu quo, investir de grande sommes pour résoudre des problèmes sans qu'il y ai un retour nettement positif, mais juste pour conserver ce qu'ils avaient déjà. Tout cela diminue le bénéfice qu'il y a à être une société complexe. Donc à la fin, il était très coûteux d'être l'empire romain, et ça ne valait plus vraiment la peine. 
Le problème immédiat que je vois pour notre future, est une grande difficulté pour maintenir le niveau de vie auquel les gens dans les pays industrialises sont habitués, et l'instabilité politique et sociale qui pourrait découler de ça.