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jeudi 15 août 2013

Jean-Marc Jancovici à l’assemblée nationale

Audition sur le changement climatique de Jean-Marc Jancovici, à l’assemblée nationale le 6 Février 2013.
C'est un condensé en une heure de ses cours, "population énergie, climat " accessible ici. Comme Jancovici le dit souvent, ça doit pas être souvent que des élus sont assis pendant deux heures dans une pièce pour écouter des explications sur un sujet complexe autre que d'économique orthodoxe.




lundi 8 juillet 2013

Le Dieu à trois têtes



Il a été dit que la religion de l'homme est une chose qu'il ne peut pas supporter de voir remis en question. S'il y a quelque vérité dans ce vieux dicton, l'idée que la foi dans le progrès est une religion a beaucoup d'arguments en sa faveur. Au cours des sept années ou ce blog a été présent  j'ai discuté d'un certain nombre de questions controversées et ait fait de nombreuses propositions qui contredisent les idées reçues de notre temps, aucune d'entre elles n'a aligné autant de dénonciations pétaradante que la suggestion que la croyance dans le progrès est la religion civile la plus importante du monde industriel moderne. 

Un intervenant sur l'un des nombreux autres sites où mes messages apparaissent , a commencé sa critique du post de la semaine dernière par un cri de "Pourquoi perdre son temps avec cette question?". Puisque je doute que quelqu'un tient un pistolet sur sa tempe et lui fasse lire le texte de force, il va falloir qu'il réponde à sa question lui-même. Pourtant, son déchaînement furieux est un rappel utile de l'un des traits distinctifs des systèmes de croyance dont nous parlons, aussi subtile et bien argumentée que ces posture intellectuelle soient, elles atteignent les endroits les plus profonds du cœur humain, et s'appuient sur des passions puissantes et irraisonnée. 

Les religions civiles aussi bien que les religions théistes ont des croyants motivés jusqu'à mourir pour leur foi et à tuer pour elle, prêts à faire d'énormes sacrifices et commettre des crimes effroyables. Pas beaucoup de motivations humaines peuvent égaler la religion comme force motrice, et je n'en connaît pas du tout qui la dépassent. Quand les gens dépassent les limites de l'humanité ordinaire dans n'importe quelle direction, aussi bien bonne que mauvaise, si ce n'est pas une question d'amour ou de haine d'un être envers un autre être humain, il y a des chances que ce qui les motive avant tout soit une foi a caractère théiste ou civil . 

C'est l'une des raisons principales pour laquelle je me suis lancé dans une exploration des dimensions religieuses du pic pétrolier, et pourquoi j'ai commencé par une étude de la caractéristique la plus distinctive du paysage religieux de notre temps: la façon dont la croyance en l'invincibilité et la bienfaisance du progrès est venu jouer un rôle essentiellement religieux dans le monde moderne, imprégnant les conversations collectives de notre temps. C'est aussi la raison principale pour laquelle cette exploration se poursuivra dans les semaines à venir, car il y a beaucoup plus qui doit être dit au sujet de la foi contemporaine dans le progrès  la mythologie historique qui la sous-tend, et les distorsions qu'elle impose à la quasi-totalité des hypothèses de notre société sur l'avenir. 

Il est important, pour commencer, de prêter attention aux ambiguïtés intégrées dans la conception moderne du progrès. Quand les gens pensent ou parlent de progrès, sous ce nom ou un de ses euphémismes communs, il y a au moins trois choses différentes qu'ils peuvent signifier par elle. Toutes trois partagent le présupposé commun que l'histoire a une tendance naturelle à se déplacer dans une direction particulière, que ce mouvement dans cette direction est une bonne chose, et que les êtres humains peuvent et doivent contribuer à ce mouvement en avant vers le bien. C'est la dimension de la vie humaine dans laquelle le mouvement est censé avoir lieu qui marque la distinction entre ces différentes significations de progrès. 

samedi 29 juin 2013

Décrocher la lune



On a envoyé deux gusses planter un drapeau sur la lune il y a déjà 45 ans. A l’époque on prévoyait que quelque décennies après, les gens iraient passer leur lune de miel sur la lune...pourtant ce n'est pas ce qui s'est passé ! WTF ? Il se trouve qu'en fait ce n'est pas une question de technologie disponible mais une question d’énergie disponible.

lundi 22 avril 2013

Il n'y a qu'une option

There's Only One Real Option for Averting Economic and Ecological Ruin -- So Why Aren't We Talking About It?
par Richard Heinberg , publié à l'origine par le PostCarbon Institute le 16 avril 2013



Les économies d'énergie sont notre meilleure stratégie de pré-adaptation à un avenir énergétique inévitablement contraint. Et c'est peut-être notre seule option réelle pour éviter la ruine économique, sociale et écologique. Le monde devra faire face à des limites à la production d'énergie dans les décennies à venir, quels que soient les choix énergétiques des décideurs politiques. Considérons les deux choix extrêmes : l'option du CO2 minimum et celle du CO2 maximum. 

Si nous reconstruisons notre infrastructure mondiale énergétique pour réduire les émissions de CO2, dans le but de lutter contre le changement climatique, cela se traduira par la suppression des incitations et des subventions au pétrole, au charbon et au gaz et à les transférer vers des sources d'énergie renouvelables comme le solaire, l'éolien et la géothermie. Lorsque des combustibles fossiles seront encore utilisés, nous aurons besoin de capturer et d'enterrer les émissions de dioxyde de carbone. 

Nous pourrions aussi faire appel à l'énergie nucléaire pour nous aider sur le chemin, mais cela ne serait probablement pas beaucoup. La catastrophe de Fukushima au Japon en 2011 a mis en évidence une série de problèmes de sécurité non résolus, y compris le stockage du combustible usagé et la vulnérabilité aux pannes de courant prolongées du réseau. Même en ignorant ces problèmes, l'énergie atomique est chère, et les livraisons de minerai d'uranium à haute teneur sont problématiques. 

Le chemin à faible émission de CO2 est aussi jonché d'autres obstacles. Le solaire et l'énergie éolienne sont sujet à l'intermittence, un problème qui ne peut être résolu que par des investissements substantiels dans le stockage d'énergie ou le transport longue distance. Les énergies renouvelables ne représentent actuellement qu'une infime partie de l'énergie mondiale, de sorte que le chemin à faible émission de CO2 nécessite un fort taux de croissance dans ce secteur cher, et donc des taux d'investissement élevés. Les gouvernements devront démarrer la transition avec des réglementation et des subventions, ce qui est difficile dans un monde où la plupart des gouvernements sont financièrement surchargés et les capitaux pour l'investissement sont rares. 

Pour le transport, l'option à faible émission de CO2 est encore plus épineuse. Les biocarburants souffrent de problèmes de coût élevé et du détournement des terres agricoles, la transition vers les voitures électriques sera coûteuse et prendra des décennies, et des avions électriques ne sont pas réalisables. 

La capture et le stockage du CO2 seront également coûteux et nécessiteront également des décennies à mettre en œuvre à une échelle significative. En outre, les coûts de l'énergie pour construire et exploiter une nouvelle énorme infrastructure de pompes de dioxyde de carbone, des pipelines et des compresseurs seront considérables, ce qui signifie que nous devrons extraire de plus en plus de combustibles fossiles pour produire la même quantité d'énergie utile à la société, un problème épineux si les combustibles fossiles deviennent en plus, plus coûteux . Donc, en dernière analyse, un avenir à faible émission de CO2 est également très susceptible d'être un avenir à faible énergie. 

Et si nous oubliions le climat ? Cela peut sembler être la voix de moindre résistance. Après tout, les combustibles fossiles ont l'histoire d'être pas cher et abondant, et nous avons déjà l'infrastructure nécessaire pour les brûler. Si combattre le changement climatique est coûteux et politiquement controversée, pourquoi ne pas continuer de plus belle sur la voie de la haute teneur en CO2, sur laquelle nous sommes déjà, dans une poursuite de la croissance économique maximum ? Peut-être, qu'avec une croissance suffisante, nous pourrions nous permettre de surmonter tous les problèmes que l'évolution du climat nous met en travers du chemin. 

Ce n'est pas une bonne option. Le dilemme auquel nous serions confrontés à travers la voix d'énergie a haute teneur en CO2 peut se résumer par la métaphore du fruit à portée de main que l'on cueille d'abord. Nous avons d'abord extrait la meilleure qualité, la moins chère à produire, les ressources en hydrocarbures les plus accessibles, et nous avons laissé la moindre qualité, les ressources coûteuses à produire, moins accessibles pour plus tard. Eh bien, maintenant il est tard. D'énormes quantités de charbon, de pétrole, de gaz et d'autres combustibles fossiles restent encore sous terre, mais chaque nouvel incrément coûte beaucoup plus cher à extraire (en termes d'argent et d'énergie) que ce n'était le cas il y a seulement une décennie. 

lundi 8 avril 2013

La voiture électrique 1/4

Voici un ensemble de conférences-débat organisées par le Shift Project sur la voiture électrique ou plutôt sur la mobilité en général.



Les voiture électriques ont excitées avant même les voitures à essence. Pourquoi alors, les voitures au pétrole se sont-elles imposées ? C'est parce qu'elles ont un avantage indéniable : le pétrole est une énergie stockée de façon dense et facilement transportable. Cependant a causes des contraintes sur les volumes disponibles et sur le prix de l'essence, la mobilité "tout pétrole "telle qu'elle existe actuellement va être remise en cause. Est ce que la voiture électrique est destinée a s'imposer pour autant ? Ce n'est pas si sur. En tout les cas, il faut se poser les bonnes questions. Et la question qui semble pertinente est celle de la mobilité dans son ensemble et non pas celle de la voiture individuelle.

Tout d'abord, il n'y a pas une seule voiture pour un seul usage, la voiture électrique concerne-t-elle tel usage ou tel usage ? Selon le territoire urbain, peri-urbain, rural, selon le type de déplacement, travail, loisir, approvisionnement, selon les personnes, enfant, vieillard, selon les contraintes de coût...etc, il y peu de chance qu'un type de mobilité soit pertinent pour tout ces usages et usagers.

Il faut donc réfléchir au "cocktail de solutions de mobilité". C'est l'objet de la première présentation d'Hélène Le Teno que de poser toutes ces questions. ( La présentation en pdf est ici) :

A noter en particulier les différents scénarios de futurs possible qu'elle propose comme point de départ d'analyse :







lundi 25 juin 2012

Interview de Dennis Meadows

Un interview dans le monde de Dennis Meadows, par Stéphane Foucart et Hervé Kempf. Si vous n'avez qu'un article à lire dans le mois, c'est celui là :


En mars 1972, répondant à une commande d'un think tank basé à Zurich (Suisse) - le Club de Rome -, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient The Limits to Growth, un rapport modélisant les conséquences possibles du maintien de la croissance économique sur le long terme. De passage à Paris , mercredi 23 mai, à l'occasion de la publication en français de la dernière édition de ce texte qui fait date (Les Limites à la croissance, Rue de l'Echiquier, coll. "Inital(e)s DD", 408 p., 25 euros), son premier auteur, le physicien américain Dennis Meadows, 69 ans, a répondu aux questions du Monde.
Quel bilan tirez-vous, quarante ans après la publication du rapport de 1972 ? 
D'abord, le titre n'était pas bon. La vraie question n'est pas en réalité les limites à la croissance, mais la dynamique de la croissance. Car tout scientifique comprend qu'il y a des limites physiques à la croissance de la population, de la consommation énergétique, du PIB, etc. Les questions intéressantes sont plutôt de savoir ce qui cause cette croissance et quelles seront les conséquences de sa rencontre avec les limites physiques du système. Pourtant, l'idée commune est, aujourd'hui encore, qu'il n'y a pas de limites. Et lorsque vous démontrez qu'il y en a, on vous répond généralement que ce n'est pas grave parce que l'on s'approchera de cette limite de manière ordonnée et tranquille pour s'arrêter en douceur grâce aux lois du marché. Ce que nous démontrions en 1972, et qui reste valable quarante ans plus tard, est que cela n'est pas possible : le franchissement des limites physiques du système conduit à un effondrement. Avec la crise financière, on voit le même mécanisme de franchissement d'une limite, celle de l'endettement : on voit que les choses ne se passent pas tranquillement. 
Qu'entendez-vous par effondrement ? 
La réponse technique est qu'un effondrement est un processus qui implique ce que l'on appelle une "boucle de rétroaction positive", c'est-à-dire un phénomène qui renforce ce qui le provoque. Par exemple, regardez ce qui se passe en Grèce : la population perd sa confiance dans la monnaie. Donc elle retire ses fonds de ses banques. Donc les banques sont fragilisées. Donc les gens retirent encore plus leur argent des banques, etc. Ce genre de processus mène à l'effondrement. On peut aussi faire une réponse non technique : l'effondrement caractérise une société qui devient de moins en moins capable de satisfaire les besoins élémentaires : nourriture, santé, éducation, sécurité.  

mercredi 30 mai 2012

Is this our final century?

Dans toute conversation sur le changement climatique, il y a toujours un interlocuteur qui, en guise d’échappatoire va jouer la carte de la prise de recul, de l’élargissement, de la relativisation du genre : " de toute façon les hommes survivront, c'est pas la fin du monde... " ou encore "à l'échelle de temps de la terre, ...blablabla... ", " de toute façons, on ira dans les étoiles..." C'est le genre de faux-fuyant énervant parce qu'il met immédiatement fin à la conversation. 

Martin Rees, en tant qu'astronome d'âge respectable a toute la légitimité pour prendre ce recul. Il le fait avec subtilité, et parle de notre destin...mais pas de manière fuyante.







mercredi 2 mai 2012

The long now fondation

La définition officielle du développement soutenable (traduction de "sustainable developpement" plus appropriée  que "développement durable" ) est :
le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins
La question de vision de long terme est centrale. Une fondation créée au US en 1996 ne prend cette question de la pensée du long terme à la légère : the long now foundation. Leur statut : favoriser créativement une réflexion de long terme et de responsabilité dans le cadre des 10 000 prochaines années. Vous avez bien lu, dix mille ans !

Cette fondation sponsorise toute sorte de recherches ou projets artistiques sur ce thème. Leur projet phare est de créer une horloge prévue pour durer 10 000 ans.  Un projet qui pose des problèmes d'ingénierie intéressants et inédits, mais aussi des problèmes d'institutions, de communications avec les générations futures, de changement culturels ...etc. C'est une antithèse de la tendance à  l'obsolescence programmée, au jetable, au court-termisme que favorise notre époque d'accélération incontrôlée de l'économie mondialisé.
une horloge monumentale encastrée dans une excavation 
d'une montagne de granit dans les rocheuses au US
Là , on peu  parler de Pérennité avec un grand P...

mercredi 29 février 2012

Futur et Avenir

J'aime bien cette petite phrase de Jacques Derrida qui fait la différence entre Avenir et Futur. Le futur, c'est ce qui demain, tout a l'heure, le siècle prochain, deviendra. C'est en quelque sorte la prolongation tendancielle du présent. L'avenir, "A venir", se réfère a ce qui vient , ce qui arrive mais n'est pas prévisible.

On doit maintenant se préparer a l'Avenir et non pas au Futur.  C'est pour cela que la notion de résilience qui est au coeur de beaucoup de mouvement écologiques comme par exemple les "transition town" est vraiment importante.