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jeudi 8 août 2013

Pourquoi un panneau solaire dans le New Jersey a 15 fois plus de valeur qu'en Arizona ?

par Chris Nelder, initialement publié par GetRealList | 18 juillet 2013


Figure: Endroits où les énergies éolienne et solaire ferait le plus grand bien, selon les chercheurs



Pour Greentech Media cette semaine, j'ai revu une nouvelle étude de chercheurs de l’université Carnegie Mellon qui ont montrés que, là où le vent et l'énergie solaire font le plus grand bien, n'est pas nécessairement là où ils sont le plus productifs. Une conséquence en est que nous pourrions en avoir plus pour notre argent si les incitations pour l'énergie éolienne et l'énergie solaire étaient ciblés en priorité de manière à remplacer des centrales au charbon.

Les bénéfices combiné, sur la santé, l'environnement et les avantages climatiques d'un panneau solaire dans le New Jersey sont quinze fois plus élevés que le même panneau en Arizona, et une éolienne en Virginie-Occidentale évite deux fois plus d’émissions de dioxyde de carbone que la même turbine si elle est en Californie.

Ce sont parmi les résultats les plus surprenants d'une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’université de Carnegie Mellon publiés dans les Actes de l'Académie nationale des sciences.

Les éoliennes fonctionnent mieux dans les États des Grandes Plaines et le Texas, où les facteurs de capacité peuvent dépasser 40 pour cent, mais une éolienne dans l'Ohio ou l'Indiana sert principalement à remplacer des centrales au charbon, qui causent le plus de dommages sanitaires et environnementaux. La Californie a déjà un mixe de production d'énergie relativement propre avec seulement 8,2 pour cent de sa puissance totale générée par le charbon, selon les données de l'État de Californie, dont la presque totalité est importée d'autres États. Ainsi, les avantages combinés d'une éolienne dans l'Indiana ou l'Ohio s'élèverait à 100 $ par mégawatt-heure, tandis que les bénéfices de la même turbine en Californie seraient seulement de 13$ par mégawatt-heure.

De même, l'énergie solaire photovoltaïque fonctionne mieux dans le sud-ouest ensoleillé, et moins bien en Nouvelle-Angleterre. Mais en remplaçant le charbon, les avantages combinés d'un panneau solaire dans l'Ohio ou du New Jersey serait quinze fois supérieur à celui que le même panneau aurait, dans l'Arizona, où le gaz naturel à combustion propre est le carburant dominant "marginal" qu'un panneau solaire entraînerait le déplacement.

"Si vous êtes intéressé à atténuer le changement climatique et à améliorer la santé humaine, vous obtenez beaucoup plus d'avantages du solaire ou éolienne dans des endroits comme la Pennsylvanie, l'Indiana, le New Jersey», explique le co-auteur Kyle Siler-Evans.

Les avantages varient non seulement en fonction d'où l'énergie éolienne et l'énergie solaire est produite, mais aussi de quand. La production éolienne est généralement plus importante la nuit, donc elle a tendance à remplacer des générateurs «base» au charbon. Les pics de production solaire sont quant a eux à midi, c'est donc plus susceptibles de remplacer des générateurs de gaz naturel à la demande. En conséquence, un mégawattheure d'énergie éolienne peut éviter plus d'émissions qu'un mégawattheure d'énergie solaire, selon l'endroit où il est installé. Le vent fournit 30 pour cent d'avantages en plus que l'énergie solaire en Virginie et dans le Maryland, mais la différence est «négligeable dans la plupart des Etats."

samedi 15 juin 2013

Vers la résilience (première partie)

Goldilocks avait raison: comment construire des sociétés résilientes au 21e siècle 
par Laurie Mazur, initialement publié par NewSecurity Beat | 26 avril 2013 

C'est la première partie d'une adaptation de l'essai de Laurie Mazur pour  Worldwatch 'State of the World 2013: La durabilité est-elle encore possible?





Vers la résilience  est une série sur la signification de la résilience ou la vulnérabilité mondiale aujourd'hui.
Quand la super tempête Sandy a percuté la côte Est américaine en Octobre dernier, c'était le dernier d'une série de «moments d'apprentissage» au sujet de notre vulnérabilité croissante face au changement climatique.
La tempête a tué quelque 150 personnes aux États-Unis, et a provoque 50 milliards de dollars de dégâts. En outre, en paralysant temporairement la ville de New York - l'une des grandes capitales financières et culturelles du monde - la tempête a semblé forcer beaucoup de gens a sortir du déni. «C'est le réchauffement de la planète, stupide!" Résonna un titre sur Bloomberg Business Week. Et, après un long silence sur le sujet, le président Obama a reconnu les impacts climatiques dans son discours inaugural. "Certains peuvent toujours refuser le jugement accablant de la science", a t-il déclaré, "mais personne ne peut éviter les effets dévastateurs des incendies qui font rage et la sécheresse paralysante et des tempêtes plus puissantes."

Surtout, la tempête a provoqué une nouvelle conversation sur notre besoin d'une plus grande résilience face aux catastrophe. C'est une conversation en temps opportun : Même si les catastrophes de toutes sortes n'ont rien de nouveau, la fréquence, l'ampleur et l'impact des catastrophes d'aujourd'hui sont plus grandes que jamais. Le nombre de personnes touchées par des catastrophes naturelles a explosé au cours du siècle dernier, passant de quelques millions de dollars en 1900 à environ 300 millions en 2011. La société de réassurance mondiale Munich Re a déclaré que 2011 a été l'année la plus coûteuse depuis toujours pour l'industrie de l'assurance.

Les calamités d'origine humaine sont aussi à la hausse. Aujourd'hui, les gens du monde sont liés que jamais par les réseaux mondiaux denses de commerce et d'information - et ces réseaux peuvent amplifier les perturbations. Par exemple, la crise financière actuelle a été déclenchée par les prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, mais dans une économie mondiale interconnectée, ses effets se répercutent à travers le monde.


Pourtant, alors que les catastrophes de toutes sortes sont de plus en plus inévitable, il est possible de limiter leur impact. Certaines personnes, des communautés et des nations sont capables de se remettre sur pied a la suite de chocs importants, ils sont, en un mot, résilient. Mais qu'est-ce que ça veut dire? Quelles sont les caractéristiques qui confèrent la résilience, et comment peuvent-elles être cultivés?

dimanche 26 mai 2013

Compétitivité et contenu énergétique d'un médecin



Quel est le contenu énergétique d'un médecin ? Ou pourquoi les contraintes sur les ressources naturelles ne sont pas forcement des contraintes sur les services publiques. 

Si l'on habite au US, pour calculer l’énergie nécessaire pour que le système de santé survive, il faut comptabiliser des campus de luxe avec des gymnases de 10 000 places, des BMW, des mac-mansion, des vacances au Bahamas pour les chirurgiens...etc. Ainsi dans un système de sante libéralisé, on peut avoir l'impression que si la disponibilité d’énergie diminue, il n'y en aura plus assez pour tout le monde en matière de santé.

Mais si l'on y réfléchit c'est quoi le minimum pour qu'un système de santé fonctionne? Des bouches a nourrir, des toits sous lequel entasser des malades, et quelques laboratoires ou fabriquer les quelques vaccins et les quelques  dizaines de molécules les plus nécessaires a l'exclusion de tous les médicament de confort, dérives et autre placebo High-tech. C'est bien pour ça que certain pays pauvre atteignent des résultats en matière de santé presque aussi bon qu'au US pour une fraction du coût.

Pour résumer, le "contenu énergétique" d'un médecin est directement proportionnel au "contenu énergétique" du mode de vie moyen. Quand on dit proportionnel, ça peut être 5 fois celui ci dans un système de santé élitiste avec course au profit et nombre de médecins limite, mais ça peut-être juste 1 fois dans un système ou le médecin généraliste se contente d'un mode de vie moyen.

Tout cela pour dire que s'il doit y avoir rationnement du nombre de médecin strictement par manque de ressource, c'est quand on ne peut plus nourrir des bouches en plus que ceux qui travaillent dans les champs. Dans ce cas, les coiffeurs vont disparaître avant les médecins. Mais on peut argumenter que dans le cas d'un long déclin de la disponibilité d’énergie, on part de tel niveau qu'on aura encore pendant des siècles assez d’énergie pour que n'importe quoi entre 50 et 90 % de la population soit disponible pour autre chose que travailler dans les champs.

S'il y a néanmoins rationnement, c'est plus par des blocage interne au système du type de ceux que décrit Tainter quand il décrit la manière dont l'élite résiste toute remise en cause du statu-quo qui leur a bénéficié jusque la. Si la corporation des médecins préfère rester peu nombreuse et bien payée, ça s'appellerait un rationnement artificiel. On peut alors avoir un effet multiplicateur du rationnement : un rationnement qui devrait correspondre a "on peut plus avoir des locaux aussi confortable" peut alors devenir "on peut plus soigner tout le monde".

Imaginons une société ou la disponibilité des ressources diminue de x%. On peut imaginer plusieurs voies de résolution : si chacun s'accroche a sa portion de ressource, alors il faut que ça cède quelque part. On a alors une minorité significative la plus forte qui réussit a conserver sa part et alors la majorité de la population voit sa part de ressource fondre de bien plus que x%. La deuxième voie c'est chacun baisse sa part de x%.

La question des limites aux ressources naturelles et même de leur rationnement nécessaires ne va pas dans le même sens que celle de la contrainte économique sur le nombre de fonctionnaire, les dépenses de santé. Puisque la limitation sur les ressources est dominante, le travail et le capital ne sont plus les facteurs limitant la question est de savoir quel système permet de gérer la baisse de x% de manière équitable alors que le statu quo va provoquer un rationnement artificiel de bien plus que x%.

jeudi 16 mai 2013

Nate Hagens

Nate Hagens est le fondateur du site The Oil Drum. Apres avoir travaillé à Wall Street il décida de tout arrêter pour poursuivre une thèse sur  l’économie et la biologie. Un peu sur le même thème que le post précédent, il nous parle dans cette conférence de l'ASPO 2012, des limitations de la pensée économique actuelle.

Quelques citations :

  • Ce que nous dépensons c'est l’énergie, l'argent, c'est ce qui contrôle l’énergie.
  • l'argent ne peut pas créer de l’énergie, il peut juste l'extraire plus vite.
  • Nous n'avons pas de manque d’énergie, nous avons trop d'exigences
  • la biologie détermine ce dont nous avons besoin, la culture détermine ce que nous avons.

dimanche 12 mai 2013

Facteurs limitant

Le système économique actuel est structurellement bâti sur le présupposer que les ressources sont infinies ou substituables. Ecoutez n'importe quel économiste ou chercher dans n'importe quelle théorie économique et vous constaterez que l’idée même de ressource finie ou non substituable est considérée comme une hérésie. Et c'est logique... puisque dans l’économie actuelle, les ressources ne sont pas comptabilisées. Ce qui est comptabilisé est la rente du propriétaire de la ressource ou le travail nécessaire pour extraire la ressource. A aucun moment, n'est comptabilisé le travail pour la "fabrication" de la ressource. personne ne paie la forêt qui purifie l'air et restitue de l’oxygène, ou la terre qui a fabriqué du pétrole en quelques millions d’années. Si l'on payait déjà ces services, le coût pour fabriquer du carburant liquide à partir de biomasse et dans les même volumes que le pétrole (ce qui est en fait impossible) serait déjà inclus dans le système et il n'y aurait pas de crise énergétique. 

Cette idée que les ressources soit infinies est en quelque sorte la conséquence historique du fait que, au début de notre système économique actuel, c.a.d. au début de la révolution industrielle, cette approximation était sans conséquences. L’économie est  l'extraction des ressources physiques  (matériel et énergétique) pour en faire du "PIB" (des biens ou services utilisables directement) à l'aide de capital et de travail. Les facteurs limitant de l’époque étaient le capital et le travail, donc la question de la déplétion des ressources n’était pas prise en compte.  

Pourtant, nous arrivons à un stade ou s'il y a une limitation sur les ressources, elle est dominante, le travail et le capital ne sont plus les facteurs limitant. De fait depuis le premier choc pétrolier  il y a du chômage : trouver de la main d'oeuvre n'est plus le facteur limitant. De même depuis 2008 le capital n'est pas le facteur limitant : les bureaux, une infrastructures de transport, les machines outils sont du capital. Il y a surproduction de tout cela , on n'entend plus jamais parler d'une entreprise qui ne pourrait pas fonctionner par manque de local, ou par manque d'infrastructure...Le capital n'est plus le facteur limitant.

Pour résumer l'on peut dire que l'on pensait que l'environnement faisait partie de l'économie alors que la réalité est que c'est l'économie qui fait partie de l'environnement. 



dimanche 14 avril 2013

La voiture électrique 3/4

La Présentation de Jérôme Perrin (la presentation en pdf est ici) concerne les émissions de Co2 par kilomètres, les nouvelles normes européennes et les moyens de les atteindre. Son point de vue est en partis celui de Renault.




La Présentation d'André Broto (la presentation en pdf est ici)  nous expose les statistiques de la mobilité actuelle en France. Il est a noter que ses recherches sont financées par Cofiroute, il est donc probable qu'il a accès à de bonnes données mais que ses conclusions ne sont pas neutres. De manière non surprenante il conclue que le réseau routier étant déjà construit, le bus est parfois une solution plus efficace que le train. 



Dans la 5eme partie, les questions et le débat, la dernière question abordée et la réponse sont un bon résumé : "la solution de l'autocar électrique qui ne s’arrête pas aux feux parait la plus avantageuse". Ce qui résume les enjeux : mode de mobilité partagé, motorisation vertueuse, et gestion intelligente des flux.

jeudi 27 décembre 2012

Solution : Open Monnaie


Ci-dessous, la 7ème partie qui fait comprendre le lien entre open monnaie et économie circulaire : "how money patterns the ways things move"

 

Michael Linton, originaire du Royaume-Uni, a joué un rôle actif dans le développement des monnaies communautaires depuis 1982 quand il a conçu et commencé la première LETSystem de la vallée de Comox, dans l'ouest du Canada. Auparavant, et brièvement, il était un physicien, ingénieur chimiste, programmeur informatique, diplômé d'études supérieures commerciales (MBA), chercheur en psychologie, chauffeur de camion, moniteur de ski, enseignant, charpentier, pêcheur, bûcheron et le détaillant. Il est maintenant un architecte systèmes, travaillant principalement sur des systèmes pour une société ouverte.

dimanche 16 décembre 2012

Solution : systèmes monétaires alternatifs et économie circulaire



En quoi les monnaies alternatives sont un instrument de développement durable ? Le principe des systèmes monétaires alternatif part des constatations suivantes :
  • Le système monétaire actuel n'est pas neutre comme on pourrait le croire. Il joue un rôle devenu comparable à celui d'un système d'exploitation d'ordinateur (Operating system), qui freine toute alternative et qui fait fonctionner le monde dans une même direction donnée, qui n'est donc pas neutre, est basé sur des taux d'intérêt et une tendance au monopole.
  • Ce système monétaire classique organise un flux continue d'extraction des ressources : puisque la monnaie émise à un bout de la chaîne doit correspondre au bien produits à l'autre bout, le système incite donc à produire ou extraire le maximum de ressources (qui vis-a-vis du système n'ont aucune valeur tant qu'elle ne sont pas "produites") pour les transformer en monnaie (qui vis à vis de ce système est le vrai moyen de stocker la valeur). 
  • Dans le contexte de la mondialisation, ce système survalorise une certaine forme de compétitivité (avec ses propres règles qui échappent aux États et individus) au detriment d'autres formes de compétitivité  Cette monnaie classique survalorise aussi la rentabilité de court-terme et favorise la concentration des richesses et elle a acquis un fort pouvoir centralisateur (via les banques centrales, européennes, mondiales...)
  • Au delà même du problème des ressources, vis a vis de ce système monétaire classique, tout ce qui n'est pas monétisé n'a pas de valeur. Comme le montre le fait que le PIB (qui ne fait que comptabiliser les échanges monétaire) ne comptabilise pas le vrai patrimoine naturel ou culturel, les biens et ressources non marchands, et les richesses et compétences humaines et sociales ou, à l'inverse, comptabilise des chose qui vont à l'encontre du bien être et la qualité de vie.

En créant des systèmes monétaires parallèles (monnaies locales ou régionales, monnaies-temps, systèmes d’échange locaux, monnaies d’entreprise, ou encore monnaies fiscales), on peut intégrer des règles différentes au système monétaire qui peuvent en quelque sorte orienter l’économie dans une direction autre On peut donc avoir pour but de renforcer l’économie locale, ou d'orienter la consommation vers les biens durables, ou de construire des réseaux d’entraide, ou encore d'offrir un surplus de pouvoir d’achat aux populations en difficultés ; On peut avoir aussi plusieurs objectifs la fois :
  • Si l'on incluent le principe de la monnaie fondante, une dévaluation intentionnelle de la monnaie à travers le temps, semblable à un « taux d'intérêt négatif ». La monnaie circule plus vite, ce qui favorise la circulation et les échanges locaux, d'éducation, de technologies partagées, de services de santé.etc mais sans inciter à la production des ressources pour un gain monétaire.
  • Si l'on crée une monnaie en parallèle de la monnaie nationale, cela permet de définir une sphère de pouvoir d’achat particulière. On peut ainsi limiter cette sphère de pouvoir d'achat aux produits locaux ou aux produits biologiques, ou équitables...etc
  • Si la limitation de la monnaie est locale elle permet  à une communauté d'utiliser pleinement ses ressources productives existantes, tout spécialement la force de travail inemployée, ce qui a un effet catalytique sur le reste de l'économie locale.
  • Une monnaie alternative peut comptabiliser la consommation d’énergie et récompenser les consommateurs responsables, ou encore réunir un réseau d’entreprises qui s’octroient du crédit entre elles-mêmes, etc.
  • Si une monnaie alternative utilise la valeur temps par exemple, elle peut devenir un moyen créatif de révéler un potentiel social inexploité. La société n'utilise qu'une faible part de ses ressources et de ses opportunités. Pratiquement chacun possède des connaissances sous-employées, des aptitudes et du temps qui peuvent être utilisées de manière productive. La plupart des fabricants et des services ont des machines ou une capacité sous-employés. 
  • Une monnaie alternative peut-être un moyen de favoriser une vie active avec moins d’heures de travail "classique" mais avec plus d’activités « annexes » qui sont utiles socialement. 


dimanche 2 décembre 2012

Dr. Dennis L. Meadows

Dr. Dennis L. Meadows est un des auteur du rapport "Limits to growth".
Il parle ici de son parcours, de son éthique personnelle et surtout de l'histoire de ses recherches et du rapport du club de Rome.




Voici un petit extrait très intéressant concernant ce qu'il appelle les problèmes simples et les problèmes compliqués :

On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes simples, les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation)


On est au point rouge et on veut aller au point vert . Dans le cas des problèmes complexesl'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme 

Mes schémas sont très génériques. Ils pourraient illustrer par exemple le probleme d'essayer de perdre du poids, de réduire les émissions, de réduire la dette, ou tout autre objectif d'une personne, d'une communauté ou d'une nation. La plupart des politiciens et la plupart des économistes, la plupart des marchés réagissent très bien face à des problèmes faciles, parce que les mesures à prendre à long terme semble également bonne à court terme (au moment de la prochaine évaluation). Malheureusement, il existe d'autres types de problèmes : des problèmes difficiles. Dans les problèmes difficiles, l'action qui semble rendre les choses meilleurs à court terme est très mauvaise sur le long terme - et inversement. Maintenant, que faisons-nous face à ces problèmes complexes ? Qu'est-ce que le politicien fait si il va bientôt y avoir une autre élection? Qu'est-ce qu'un marché faire si le taux d'actualisation signifie que les coûts à long terme, ne compte pas. Qu'est-ce qu'un citoyen fait s'il pense qu'il va déménager l'année prochaine et ne sera pas ici quand ces problèmes arriveront ? 

Si je veux améliorer ma situation énergétique, je dois faire que la situation énergétique semble s'aggraver à court terme, d'une manière ou d'une autre. Par exemple, je pourrais lever des impôts, établir des quotas, imposer des normes juridiques sur l'efficacité de l'automobile. D'une manière ou d'une autre, il est nécessaire d'augmenter les coûts de l'énergie à court terme, afin de rendre les coûts d'énergie moindre dans le long terme. La plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, comme le changement climatique, sont des problèmes difficiles dans ce sens. 

Comment peut-on convertir différents problèmes en des problèmes faciles? Comment pouvons-nous obtenir de notre société de traiter des questions difficiles de manière automatique et constructive. Vous devez d'abord accroître l'horizon temporel. Vous devez repousser la période de planification assez loin pour que les gens commencent à voir la différence entre la politique qui semble bonne maintenant et celle qui résout réellement le problème. La Planification à long terme fait cela. Et la deuxième chose est de donner aux gens une compréhension sophistiquée sur le comportement de systèmes complexes. Beaucoup de gens ne peuvent pas imaginer qu'une action qui produit des avantages immédiats, peut en quelque sorte à l'avenir être un désastre. Leur compréhension des comportements les conduit à croire que tout ce qui croit dans le court continue à augmenter dans le long terme.

Solution : Amory Lovins et l'" Integrative Design"


Amory Lovins, est une sorte de gourou des green tech, fondateur du Rocky Mountain Institute.

Dans cette video : Amory B. Lovins: Big Savings Through Integrative Design, il promeut ce qu'il appelle "Integrative Design", que l'on pourrait traduire par design intégré (?) et qui consiste en un processus de conception impliquant tous les intervenants du projet et toutes les contraintes du design et en les mettant au service de l'optimisation énergétique. (cette notion est d’ailleurs maintenant inclue dans le LEED, la certification américaine pour les bâtiments écologiques).

Son exemple typique est la manière dont, pour un bâtiment de serveurs informatiques, les ingénieurs fluides, les architectes, les entreprises, le clients et tous les autres intervenants ont travaille ensemble et ont réussit à économiser jusqu’à 40% d’énergie grâce à des astuces simples et ne coûtant rien comme par exemple en réduisant la longueur des tuyaux et le nombre de coudes dans le circuit de climatisation.

jeudi 22 novembre 2012

Midas



Maintenant qu'il est à peut près admis par tous que le pic du pétrole conventionnel a été passé en 2005, les gentils économistes nous disent : "dormez tranquille, les pétroles non-conventionnel vont prendre le relais!"

Ils parlent du passage du conventionnel au non-conventionnel comme d'une sorte d'évolution naturelle, comme si cela ne posait pas de problème. La réalité c'est que ça correspond, pour prendre une image au passage d'un monde où l'on "ramasse" du pétrole a un monde où l'on "fabrique" du pétrole. Et ça pose un problème d'EROI (Energie investie sur Energie produite) donc de limites physique !! Évidemment si vous êtes économiste et libéral, vous devez considérer "limite physique" comme un gros mot. 

En fait une société qui consacrerait toute son énergie à produire de l'énergie ressemblerait un peu au roi Midas, qui meure de faim parce que tout ce qu'il touche se change en or.

mardi 25 septembre 2012

Hans Jonas

Hans Jonas, historien et philosophe allemand connu pour son livre Le Principe responsabilité (1979)
«Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur la terre».


Un inspirateur du principe de précaution

mardi 18 septembre 2012

Résilience

Voici la traduction d'un texte de Richard Heinberg  sur le site du Post Carbon Institute.
Le texte original est disponible ici




Renforcement de la résilience face au changement climatique 

Les chocs climatiques sont en chemin. Nous avons déjà rejeté tellement de carbone dans l'atmosphère qu'une cascade de mauvaises récoltes, une aggravation des sécheresses, des inondations et des tempêtes anormales sont pratiquement garanties. Vous, votre famille et votre communauté en ressentiront les effets. 

Ironiquement, cependant, éviter le changement climatique a aussi un coûts. Il est logique du point de vue de la protection du climat, de réduire de façon spectaculaire et rapide notre consommation de combustibles fossiles , qui entraînent le réchauffement climatique . Mais ces combustibles sont en grande partie, l'origine de la croissance économique spectaculaire de ces 200 dernières années, et nous sevrer d'eux rapidement maintenant (alors que la plupart des économies industrielles sont surendettés et affamés de croissance) risquerait d'entraîner un séisme financier. 

Le pétrole, le plus économiquement stratégique des combustibles fossiles, devient de toute façon de plus en plus cher. Le pétrole brut classique et peu cher se raréfie; Les pétrole de remplacement, les forages en eau profonde, les sables bitumineux, etc coûtent plus cher à produire, à la fois en dollars et en coût environnemental. Bien que les prix élevés du pétrole découragent la conduite (bon pour le climat), cela a également précipite la récession (mauvais pour l'économie). Alors que les sources d'énergie renouvelables sont notre espoir pour l'avenir et nous devrions faire tout notre possible pour les développer, il faudra des décennies avant qu'ils puissent subvenir à tous nos besoins en énergie. 

Face à l'imminence des chocs environnementaux et économiques, notre meilleure stratégie consiste à renforcer la résilience au sein de la société. La résilience est le sujet de dizaines d'années de recherches menées par des écologistes et des spécialistes des sciences sociales qui la définissent comme «la capacité d'un système à tolérer les perturbations sans s'effondrer vers un état qualitativement différent et contrôlée par un ensemble différent de processus." En d'autres termes, la résilience est la capacité à absorber les chocs, à se réorganiser et à continuer à fonctionner. 

À bien des égards une société résilient défie l'impératif de l'efficacité économique. La Résilience nécessite des stocks dispersés et redondants, alors que l'efficacité économique dans sa poursuite impitoyable de l'avantage concurrentiel, élimine les stocks et les redondances partout où elle le peut. L'efficacité économique conduit à la mondialisation, la résilience penche pour la relocalisation. L'efficacité économique poursuit le profit à court terme qui est son objectif le plus élevé, tandis que la résilience vise à long terme la durabilité. Il semblerait que la société industrielle vers 2012 est allée aussi loin dans le sens de l'efficacité économique, qu'il est possible d'aller, et qu'une correction est nécessaire et inévitable. Le changement climatique ne fait que souligner la nécessité de ce changement de cap. 

Le renforcement de la résilience signifie aider la société à travailler plus comme un écosystème ce qui a des implications majeures sur la façon dont nous utilisons l'énergie. Les écosystèmes économisent de l'énergie en fermant les boucles des éléments nutritifs: les plantes capturent et stockent chimiquement l'énergie solaire, qui est ensuite distribué en tant que nourriture tout au long de la chaîne alimentaire. Rien ne se perd. Nous, les humains, ayant développé la capacité de tirer profiter de l'énergie solaire ancienne et concentré, pas cher et abondante (bien que finalement fini), autrement dit les combustibles fossiles, avons simultanément pris l'habitude de gaspiller de l'énergie à une échelle colossale. Notre nourriture, nos systèmes de transport, de fabrication, et nos logements brûlent environ trente milliards de barils de pétrole et huit milliards de tonnes de charbon par an; globalement, les hommes utilisent plus de quatre cents quadrillions de BTU d'énergie au total. Même là où l'énergie n'est pas techniquement perdue, la demande pourrait être considérablement réduite par la refonte de nos systèmes de base. 

Par exemple, nous pourrions réduire l'énergie de transport utilisée dans nos systèmes agro-alimentaires en produisant davantage d'aliments locaux; dans le même temps, nous pourrions réduire d'autres entrées de combustibles fossiles pour ces systèmes (engrais, pesticides, herbicides et d'emballage) par l'évolution des pratiques agricoles et des habitudes de consommation . On pourrait rénover nos bâtiments afin qu'ils exigent beaucoup moins d'énergie pour le chauffage et le refroidissement. Et l'on pourrait réduire le besoin de transport motorisé en redessinant les villes autour de quartiers à usage mixte qui soient favorables aux piétons et aux cyclistes. 

En réduisant notre dépendance aux combustibles fossiles, en réduisant les besoins énergétiques en général, et en éliminant le besoin qu'a notre système économique de croissance perpétuelle (et donc d'une consommation d'énergie toujours croissante), nous pouvons rendre notre mode de vie moins vulnérables aux pénuries d'énergie et aux pointes de prix tout en réduisant les émissions de carbone. 

Les écosystèmes renforcer leur résilience à travers la biodiversité. Ainsi, si la population d'un organisme qui joue un rôle crucial dans l'écosystème est fortement réduite, un autre organisme qui exerce une fonction semblable sera là pour prendre sa place. Quand on réduit la diversité dans les systèmes humains au nom de l'efficacité économique, nous bradons la résilience et augmentons la vulnérabilité à un effondrement systémique. Par exemple, l'agriculture industrielle favorise les monocultures, qui présentent une énorme opportunité pour un parasite qui réussit à évoluer une immunité contre les produits chimiques que les agriculteurs utilisent pour le tenir à distance. 

Les communautés peuvent intégrer la diversité économique et la résilience en encourageant et en investissant dans les petites entreprises et les exploitations familiales, plutôt qu'en offrant des incitations aux géant de la distribution ou les entreprises manufacturières à s'installer dans la ville, seulement pour voir les voir se déplacer ou se délocaliser des emplois quelques années plus tard. 

Des boucles de rétroaction (soit d'équilibrage ou d'auto-renforcement) contrôlent les flux d'énergie et de populations dans les écosystèmes, en stabilisant ou déstabilisant le système. Le changement climatique est lui-même soumis à deux types de rétroactions: les forêts et les océans absorbent le carbone et aident à garder le système climatique en équilibre, tandis que la fonte du pergélisol libère du méthane à effet de serre ce qui renforce le réchauffement climatique. Une partie du défi de bâtir la résilience des communautés est d'identifier et de renforcer l'équilibre des boucles de rétroaction, d'apprendre comment elles affectent les systèmes humains et de les faire travailler pour nous. 

Une fois que nous commençons sur le chemin du renforcement de la résilience, les effets positifs deviennent synergique. Par exemple, en retraitant au niveau local les matériaux recyclés plutôt que de les envoyer à des pays lointains pour le retraitement, et en compostant les déchets et les eaux usées alimentaire locale, les collectivités peuvent économiser de l'énergie tout en créant des emplois, peuvent entamer la reconstruction de la couche arable, et réduire la dépendance en des sources éloignées et de moins en moins fiables de nourriture et de matériaux. Encore une fois: la résilience nous aide à nous adapter aux chocs et aux changements inévitables, tout en contribuant aux efforts volontaristes pour réduire la consommation d'énergie et donc d'éviter un réchauffement planétaire futur. Le renforcement de la résilience nous aide à résoudre toute une série de problèmes avec seulement quelques stratégies de base. 

La résilience ne peut pas supprimer tous les défis et toutes les difficultés à venir. Par exemple, les gens ne peuvent généralement pas s'adapter à des sécheresses intenses et prolongées , ils se déplacent généralement ailleurs par dizaines de milliers comme ils l'ont fait pendant le Dust Bowl des années 1930. Aucune stratégie ne garantir l'immunité aux impacts de l'acidification des océans, de la fonte des glaciers, et du temps bizarre. Mais la résilience nous achète un meilleur plan d'assurance. Et dans l'affaire, cela pourrait aussi raviver nos communautés, créer des opportunités économiques, et rendre la vie plus satisfaisante.

lundi 20 août 2012

Loi des rendements décroissants

La  loi des rendements décroissants est à l'origine une lois économique. C'est assez intuitivement l’idée que, dans toute production, l'on commence généralement par le plus facile : on ramasse les fruits les plus bas en premier, les terres les plus fertiles sont les premières mises en culture, les améliorations les plus efficaces des objets techniques sont faites en premier...etc.  
Dans tous les processus de production, augmenter un facteur de production, tout en maintenant les autres constants, à un certain point, rapportera moins par unité de production.
Donc chaque bras ajouté à la cueillette sera moins productif que le précédent, chaque éolienne supplémentaire installée le sera dans une zone moins propice, chaque euro investit dans l’amélioration du moteur à explosion sera moins efficace que le précédent. La conclusion en est que sans rupture technologique, le progrès plafonne. 




Appliqué à la production de pétrole et de minerais, c'est l'idée que l'on a déjà mis en production les champs pétroliers les plus facile mais que l'on arrive à un point ou on est obligé de forer sous la mer  à de grande profondeurs, on est obligé d'utiliser des pétroles nécessitant des raffinages plus complexes, de produire les sables bitumineux , de ré-ouvrir des mines qui étaient considérées ineconomiques...etc. Ce phénomène est à l'oeuvre dans le plafonnement de la production pétrolière mais n'est pas pris en compte par les économistes qui parlent de réserves mais pas de qualité des réserves. C'est la raison pour laquelle il ne faut jamais écouter un économiste qui parle de ressource. Les économistes libéraux considèrent que les ressources sont par définitions, infinies ou substituables. Pour eux, toute limite écologique est niée au nom de cet optimisme béat.

On retrouve aussi cette idée de rendement décroissant dans les concepts de Joseph Tainter. Il a en quelque sorte généralisé cette loi par son idée que la complexification des civilisations (complexification que l'on peut assimiler au développement) obéit à cette loi des rendements décroissant. Pour lui, chaque nouvelle couche de complexité apporte au début de grand bénéfices à la société dans son ensemble et permet de résoudre des problèmes... mais arrive un point ou chaque nouvelle couche de complexité apporte de moins en moins de bénéfices jusqu'à ce que cette civilisation ne puisse plus résoudre le moindre nouveau problème et s'effondre.

mardi 17 juillet 2012

The Shift Project

Si vous ne voulez pas prendre l'opinion des autres pour argent comptant. Si vous aimez les graphiques et si vous aimez essayer de visualiser les problèmes en jouant avec les chiffres par vous même, je vous conseil ce site de portail de données par le Shift Project


The Shift Project Data Portal est une plate-forme d'information sur les questions énergétiques et climatiques. Il permet de naviguer dans les ensembles de données, de consulter les données pour personnaliser un graphique et éventuellement l'exporter et le partager.

NB : The Shift Project est une sorte de think-tank sur le thème du climat et de l’énergie dont Jean-Marc Jancovici est le président.

vendredi 13 juillet 2012

Les USA seront bientôt indépendant énergetiquement ?!!

Récemment, une vague d'optimisme béat remettant en cause de l’idée de pic pétrolier s'est répandue sur internet comme une traînée de poudre. A telle point qu'il y a quelques jour dans le monde on pouvait lire ça : Pétrole : les États-Unis, nouveau golfe Persique ?

Cette recrudescence d'articles type "Le pic c'est pas pour maintenant, circuler y a rien a voir" est parti d'une étude sortie de Harvard et rédigée par Leonardo Maugeri . Cette étude semblant assez documentée et détaillée, elle s'est propagée comme si tout le monde était trop content de répandre la bonne nouvelle. Alors qui croire ?

D'un coté les deux qui sont constamment cités dans tous les journaux économiques, le Financial time , the economist, et autres Businessweek :

  • Leonardo Maugeri, économiste de formation, ancien dirigeant de ENI, compagnie pétrolière italienne. 
  • Daniel Yergin, écrivain et historien de l'énergie, fondateur du CERA, un cabinet de recherche sur l'énergie qui fait des prévision de prix (plutôt vaseuses comme montré ici

De l'autre les réponses argumentées point par point de gens avec un parcours plus scientifique :

Il y a 5 ans le pic pétrolier était considéré dans les médias "main stream"comme une vague théorie sur un problème lointain. Pourtant, cela aurait permis de voir venir la montée des prix (de 18$ en 2003 jusqu’à environ 100 $ aujourd'hui avec une pointe à 140 $ entre les deux) que seuls les soit-disant Cassandres prédisaient. Cela aurait permis de comprendre que cette montée des prix est une des causes de la crise actuelle. Et cela aurait permis d'anticiper le fait que le pic du pétrole conventionnel est maintenant acté. La seule question restante est donc recentrée sur le fait de savoir si le pétrole non conventionnel pourra compenser. Quand on lit Shale oil and tight oil, article de James D. Hamilton, économétricien, chercheur à l’université de Californie San Diego, cela n'a rien d’évident.


Le problème du pic n'est pas un problème de réserve mais un problème de production. Est ce que les nouvelles productions mise en service suffisent à compenser la diminution des puits déjà en production. La question du taux de déplétion de la production existante est donc centrale ! 3%, 5% 7% ?. L'autre problème est que si les nouvelles productions, en particulier en matière de pétrole non-conventionnel sont de plus en plus difficiles à mettre en service (au niveau coût d'investissement et au niveau technique), il sera plus difficile d'arriver à l’équilibre.
Le graphique si dessous n'est que le début du problème. Il faut aussi prendre en compte  le  fait que la demande mondiale de pétrole augmente et que sans augmentation de l'offre correspondante, les prix explosent et la croissance chute.
Pourtant, rien n'y fait, l’idée se réinstalle qu'il n'y a pas de problème de pétrole, que l'on peut continuer comme avant, business as usual.


lundi 11 juin 2012

Entropie

L'entropie est en quelque sorte la mesure du désordre d'un système. C'est à l'origine un concept de thermodynamique mais qui a été généralisé à beaucoup d'autres domaines. 




Entropie et Énergie :
Le fait qu'il y a toujours conservation de l’énergie et le fait que l’énergie s’épuise ne sont-t-ils pas deux faits contradictoires ? La réponse est non : il y a toujours conservation de l'énergie mais on ne peut utiliser l'énergie que dans un seul sens, le sens de l'augmentation de l'entropie.

Entropie et Temps : 
En physique, les équations sont  réversibles, on peut les faire tourner dans un sens ou dans l'autre. Dans la vrai vie l'axe du temps n'a qu'un seul sens. Il se trouve que l'entropie est la notion physique qui ne va aussi que dans un sens : un système va toujours dans le sens de l'augmentation de son entropie. La notion d'entropie et la flèche du temps sont indubitablement liées. 

Entropie et Biologie  : 
La vie semble aller dans le sens inverse de l'entropie vers des systèmes toujours plus complexes. Pour cela toute vie a besoin d'un flot d’énergie continu pour lutter contre l'entropie, la dégradation, le vieillissement, la mort. 

Entropie et Economie :
Comme dans tous les domaines évoqués précédemment, plus un système se complexifie, plus il nécessite un flot continu d’énergie d'ou l’idée que mondialisation et sobriété énergétique sont incompatibles et qu'inversement pic pétrolier = dé-mondialisation.



lundi 4 juin 2012

L’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer

Howard Kunsler résume très bien une idée qu'un économiste libéral ne pourra jamais comprendre parce ça nécessiterait pour lui un changement de paradigme trop profond : l’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer.



Depuis la révolution industrielle nous avons oublié à quel point l’énergie pas chère a façonnée notre société. Associé au capitalisme cela a crée une économie à entropie élevée. 
Prenons l'exemple d'une rivière : lorsque l'eau s'écoule sur les pan d'une colline en traversant une foret, cela prend du temps, se fait de manière dispersée, et inégal, ce n'est pas «efficace». Il est donc également difficile d'en exploiter l'énergie mécanique. Mettez à la place un tuyaux de drainage en bas de la colline, et l'eau s'écoule rapidement et de façon plus "efficace", et avec moins d'obstacles. Et alors ? Nous avons créé une économie qui ressemble à ce tuyau de drainage. C'est efficace, mais cela épuise l'énergie très rapidement et c'est diamétralement opposé aux systèmes naturels.
Ainsi, comme dans l'image de la rivière, le problème n'est pas d'utiliser l’énergie ou les ressources de manière plus efficace, mais de les utiliser autrement.

dimanche 8 avril 2012

Le Mythe de la machine

Le mythe de la machine est un livre de Lewis Mumford un historien américain, spécialisé dans l'histoire de l'urbanisme, de la technologie et de la science.

PS : si vous pensez que le texte ci-dessous est un copié -collé de wikipedia, vous avez raison mais j'ai le droit puisque j'ai fait l'effort de rédiger cette page de wikipedia à partir de la version anglaise.


Mumford défendait l’idée que ce qui définit l'humanité, ce qui met l’humains à part des animaux, n’est pas principalement notre utilisation des outils (technologie), mais notre utilisation du langage (symboles). Il était convaincu que le partage d'informations et d'idées entre les participants des sociétés primitives était complètement naturelle au début de l'humanité et a manifestement été le fondement de la société telle qu'elle est devenue, plus sophistiquée et complexe. Il avait l'espoir d'une poursuite de ce processus d'information "pooling" dans le monde alors que l'humanité avance vers l'avenir. [5]

Le choix de Mumford du mot «technique» à travers son travail a été délibérée. Pour Mumford, la technologie est une partie de la technique. En utilisant la définition élargie de la tekhnê grec, qui signifie non seulement la technologie mais aussi l'art, l’habileté et la dextérité, la technique se réfère à l'interaction d'un milieu social et de l'innovation technologique - la "volonté, les habitudes, les idées, les objectifs" ainsi que "les processus industriels "d'une société. Comme Mumford l’écrit au début de Technics et civilisations », d'autres civilisations ont atteint un degré élevé de compétence technique, sans, apparemment, être profondément influencée par les méthodes et les objectifs de la technique."


Megatechnics : 

Dans Le Mythe de la machine, Mumford critique la tendance moderne de la technologie, qui met l'accent sur une expansion constante et illimitée et sur la production et le remplacement. Il explique que ces objectifs vont à l'encontre de la perfection technique, de la durabilité, de l'efficacité sociale et, globalement, de la satisfaction humaine. La technologie moderne- qu'il appelle «megatechnique élude la production durable, la qualité en poussant au remplacement prématuré des objets techniques grâce a des dispositifs comme le crédit à la consommation, les design non-fonctionnel et défectueux, l’obsolescence programmée, ou encore des changements de mode fréquent et superficiels". «Sans incitation constante par la publicité", explique t-il, "la production ralentirait et se stabiliserait à la demande de remplacement normal. Sinon de nombreux produits pourraient atteindre un plateau de conception efficace qui n’exigerait que des modifications minimes d'année en année."


Biotechnics :

Par opposition à cette megatechnics, Mumford décrit un modèle organique de technologie, ou Biotechnics. Les systèmes biologiques se dirigent vers «la richesse qualitative, l'amplitude, l'espace, et l'absence de pressions quantitatives ou de surpeuplement. L’auto-régulation, l'auto-correction, et l'auto-propulsion sont autant de propriété intégrante des organismes que la nutrition, la reproduction, la croissance et la réparation ». La biotechnics modèle la vie en cherchant l'équilibre, la complétude et l'exhaustivité.


Polytechniques contre monotechnics :

Une idée clé, introduite dans Technics et civilisations (1934) était que la technologie est a double tranchant :

Si polytechnique, elle engage de nombreux modes de technologie différents, fournissant un cadre complexe pour résoudre les problèmes humains.

Si monotechnique la technologie existe pour son propre intérêt, ce qui opprime l'humanité puisqu’elle évolue le long de sa propre trajectoire.

Mumford a souvent critiqué les réseaux de transport de l'Amérique moderne comme étant «monotechnique dans leur dépendance aux voitures. Les automobiles deviennent des obstacles pour les autres modes de transport, comme la marche, la bicyclette et les transports en commun, parce que les routes qu'elles utilisent consomment tellement d'espace et sont un tel danger pour les personnes. Mumford explique que des milliers de mutilés et de morts chaque année en raison d'accidents d'automobiles sont comme un «sacrifice rituel» de la société américaine en raison de sa dépendance extrême vis a vis du transport routier.


Megamachines :

Mumford se réfère également à de grandes organisations hiérarchiques comme des megamachines, une machine en utilisant les humains comme composants. La plus récente Mégamachine se manifeste, selon Mumford, dans l’energie nucléaire technocratique. Mumford utilisa les exemples des complexe énergétiques de l'URSS et des États-Unis représenté respectivement par le Kremlin et le Pentagone. Les constructeurs de Pyramides, l'Empire romain et les armées des deux guerres mondiales en sont des exemples antérieurs.

Il explique que l'attention méticuleuse à la comptabilité et de la normalisation, et l'élévation des chefs militaires au statut divin sont des caractéristiques spontanée des megamachines a travers l'histoire. Il cite des exemples tels que le caractère répétitif des peintures égyptiennes, qui montrent des Pharaons élargit ou encore l'affichage public des portraits élargie de dirigeants socialistes tels que Mao Zedong et Joseph Staline. Il cite également la prévalence écrasante des documents comptables quantitatifs entre survivants des fragments historiques, de l'Egypte ancienne à l'Allemagne nazie.

Il est necessaire pour la construction de ces megamachines qu’il y ait une énorme bureaucratie d’humains qui agissent comme des «servo-unités», travaillant sans l'implication éthique. Selon Mumford, les améliorations technologiques telles que la ligne d'assemblage, ou les communications mondiale instantanée et sans fil, peuvent facilement affaiblir les barrières psychologiques à certains types d'actions discutables. Un exemple qu'il utilise est celui d'Adolf Eichmann, le fonctionnaire nazi qui a mené la logistique derrière l'Holocauste. Mumford désigne collectivement les personnes désireuses d'effectuer tranquillement les objectifs extrêmes de ces megamachines comme des «Eichmanns».


L'horloge comme le héraut de la révolution industrielle :

Une des études les plus connus de Mumford est celle sur la façon dont l'horloge mécanique a été développé par les moines au Moyen-Âge et ensuite adopté par le reste de la société. Il voyait ce dispositif comme l'invention clé de toute la Révolution industrielle, contrairement à l'avis commun qui serait que la machine à vapeur occuperait le poste principal. Il écrit: «L'horloge est une pièce de machinerie dont le « produit » en sont les secondes et les minutes."


La civilisation urbaine :

Dans son livre influent La ville dans l'Histoire, Mumford explore le développement de la civilisation urbaine. Fortement critique de l'étalement urbain, Mumford soutient que la structure des villes modernes est partiellement responsable de nombreux problèmes sociaux que l’on trouve dans la société occidentale. Bien que sur un ton pessimiste, Mumford soutient que la planification urbaine devrait insister sur une relation organique entre les personnes et leurs espaces de vie.

Mumford utilise l'exemple de la cité médiévale de base pour la «ville idéale», et affirme que la ville moderne est trop proche de la ville romaine (la tentaculaire mégalopole) qui s'est terminée par un effondrement,. Si la ville moderne poursuit dans la même veine, Mumford soutient, qu’elle rencontrera le même sort que la ville romaine.

Mumford a écrit de maniere critique sur la culture urbaine croyant que la ville est «un produit de la terre ... un fait de nature ... une méthode d'expression de l'homme ". En outre Mumford iddentifia les crises qui affligent la culture urbaine, se méfiant de l'industrie financière croissante,des structures politiques, craignant que la culture des communautés locales n'était pas encouragée par ces institutions. Mumford craignait "la finance métropolitaine," l'urbanisation, la politique et l'aliénation.

«La conception physique des villes et leurs fonctions économiques sont secondaires à leur relation à l'environnement naturel et aux valeurs spirituelles de la communauté humaine."

mercredi 14 mars 2012

Solution : écosystème industriel

Dans un écosystème, les déchets des uns constituent la nourriture des autres, c'est cette idée qui est soulignée par le terme d’écosystème industriel. On entend parfois aussi le terme de "symbioses industrielles". Ainsi un sous-produit de la fabrication d'une chose peut-être la matière première pour autre chose, refroidir une chose peut servir a réchauffer autre chose , l'exemple de  Kalundborg au Danemark :
http://www.symbiosis.dk/en
La centrale électrique se trouve au coeur de ce système d'échanges. La raffinerie lui fournit ses eaux usées, qu'elle utilise comme eau de refroidissement. En échange, elle lui procure de la vapeur, dégagée par son unité de cogénération, qu'elle revend aussi à Novo Nordisk et à la municipalité. L'eau tiède, rejetée par la centrale, est exploitée par une ferme piscicole installée à proximité. Les cendres, produites par la combustion du charbon, sont revendues à des entreprises de construction locales qui s'en servent dans la production du ciment. Enfin, l'installation d'une unité de désulfuration en 1990 permet à la centrale de produire du gypse, mis à profit par la société Gyproc. De son côté, la raffinerie revend à des entreprises de fertilisants le soufre extrait du gaz qu'elle produit en excès. Ce gaz est utilisé en appoint comme combustible par la centrale d'Asnæs et Gyproc. Les agriculteurs de la région profitent des boues fertilisantes produites par Novo Nordisk, tandis que les boues issues de l'usine de retraitement de la ville servent de matière première à une société de nettoyage des sols. (extrait  d'un article de libération)

Ce concept parait si évident qu'on se demande comment il est possible que, après 200ans de civilisation industrielle, tout ne soit pas déjà organisé  sur ce principe. La réponse à cette interrogation est peu intuitive : dans le système économique actuel, les ressources ne sont tout simplement pas comptées !! En effet le prix d'une ressource n'est que l'addition du travail nécessaire pour l'extraire et la rente du propriétaire du terrain. Donc a aucun moment il n'est compté la "fabrication" d'une ressource, il n'y a pas de case dotation pour amortissement comme on dirait en comptabilité et pour cause quand la nature fabrique du pétrole en quelques million d’années, elle le fait gratuitement. (Cf. Écologie et marché )