extrait : "Beaucoup de gens pensent que l'argent est quelque chose qui est tangible, réel, et que vous pouvez le prendre et le manipuler. En fait ça n'est pas ça. L'argent est fondamentalement une idée. Et c'est l'idée que vous devez quelque chose à quelqu'un, ou que quelqu'un vous doit quelque chose. Et cette idée peut être symbolisée par un compte, où votre compte monte et le mien descend, ou vice versa. Ou il peut être symbolisé par un échange de monnaie-papier,ou un échange de pièces, que ce soit de l'or, de l'argent, du cuivre ou tout ce que vous voudrez. Mais ce ne sont que des symboles. Ce n'est en fait pas de l'argent. Une autre idée fausse que les gens ont à propos de l'argent est que l'argent est une chose, mais dans notre monde d'aujourd'hui, l'argent est simplement un crédit qui signifie que c'est un système d'information. Et la question est : quel type d'information cela transporte-t-il ? Il s'agit d'information concernant des revendications sur une certaine part du produit économique."
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samedi 3 août 2013
The Money Fix (2009)
Un documentaire pour une réflexion sur une reforme monétaire.
lundi 10 juin 2013
Cartographie de la transition
Ça bouge du cote du Shift Project. Voici la présentation d'une étude sur la cartographie de la transition carbone, c'est a dire une tentative de synthétiser toutes les bonnes idées d'ici ou là et dans tous les domaines. "La transition, ce n'est pas juste changer de mixte énergétique, c'est changer de model ". Il s'agit d'essayer de répertorier les évolution de la société nécessaires et désirable. Le rapport propose ensuite vingts exemples d'action vers la transition en les chiffrant, les évaluant et proposant des outils d'action.
Diapositives de la présentation.
Rapport final-Cartographie de la transition
vendredi 7 décembre 2012
Solution : consommation collaborative
La consommation collaborative décrit les nouveaux systèmes d'échange, de partage, de troc. Il s'agit de l'invention de nouvelles formes de commerce et de location à travers les dernières technologies et les places de marché peer-to-peer. Les technologies de l'information font que des processus et des échelles dans l'échange qui n’était pas possible auparavant le deviennent.
En quoi est ce que ça fait partie des "green-tech" ? On peut dire que ça va dans le sens d'une économie plus durable de deux manières :
En quoi est ce que ça fait partie des "green-tech" ? On peut dire que ça va dans le sens d'une économie plus durable de deux manières :
- c'est un antidote à l’obsolescence programmée : quelqu'un qui possède un objet pour pouvoir le louer aura plutôt tendance à choisir cet objet en fonction de sa durabilité.
- c'est une économie plus dématérialisée où la possession des objets est moins centrale que le service que rendent ces objets. Typiquement : "Je n'ai pas besoin d'une perceuse : j'ai besoin d'un trou dans mon mur".
Voir collaborative consumption.com ou consocollaborative.com.
En voyant par exemple certaines conférences de TED sur ce sujet, on se rend compte a quel point c'est à la mode. Cependant, au delà du hype, il y a bien un risque que la "consommation collaborative" ne devienne au final qu'une manière de marchandiser des choses qui étaient jusqu'alors gratuite, à l'image de l’auto-stoppeur qui devient covoitureur. Voir sur ce sujet un très bon article sur internetactu.
En voyant par exemple certaines conférences de TED sur ce sujet, on se rend compte a quel point c'est à la mode. Cependant, au delà du hype, il y a bien un risque que la "consommation collaborative" ne devienne au final qu'une manière de marchandiser des choses qui étaient jusqu'alors gratuite, à l'image de l’auto-stoppeur qui devient covoitureur. Voir sur ce sujet un très bon article sur internetactu.
vendredi 20 juillet 2012
Délusion
Avec cette histoire d'étude de Maugeri, on ne peut que se demander à qui profite le crime ? Pourquoi, comme souvent avec le réchauffement climatique, le déni, bien que bien peu étayé par les faits, trouve tant d'échos dans les médias ? Un article de déni sera cité, en proportion, dix fois plus qu'un article inverse. Est-ce un complot des compagnies pétrolière ? (il y a bien complot comme ça a été prouvé avec la censure d'études sur le réchauffement climatique par certains intérêts pétrolier pendant l’ère Bush). Mais Dimitri Orlov a une autre explication. Pour lui notre société est devenue psychotique. Encore un article très drôle de Dimitri Orlov, à condition d'aimer l'humour noir.
L'article original est ici
L'article original est ici
La dernière version du Manuel de diagnostique et de statistique des troubles mentaux (DSM) a grossis pour inclure 297 troubles mentaux , mais il semble qu'il y ait toujours de la place pour un de plus.
Richard Heinberg a récemment publié un article qui traite des diverses revendications récentes clamant que le pic pétrolier n'est plus un sujet de préoccupation. Son terme pour nommer ce phénomène est «pic de déni " (peak denial) Cela sonne bien, et s'harmonise très bien avec le thème global de Richard de «pic global "(peak everything). C'est un texte réfléchi qui fait un travail approfondi pour exposer la nature surréaliste des projections des optimistes, et je n'ait pas de problèmes avec son argument. J'ai, toutefois, un problème avec sa terminologie. Tout d'abord, parce qu'un pic de déni n'est pas une ressource non renouvelable avec un profil de déplétion caractérisable, son pic, si nous en détections un, ne serait pas particulièrement significatif, car il pourrait tout aussi bien y avoir un autre pic demain et un autre le siècle prochain. Deuxièmement, je pense que le «déni» n'est plus le mot juste pour décrire le phénomène social que nous observons actuellement. Je pense que Ugo Bardi nous ont envoyé dans la bonne direction: dans son article réagissant à l'affirmation de George Monbiot "Nous avons eu tort à propos du pic pétrolier, il y en a assez pour tous nous faire frire», Ugo caractérise l'approche de Monbiot face au pic de pétrole en utilisant un autre mot: «délusion ".
Si vous estimez que la distinction entre déni et délusion est juste une différence mineure et inoffensive, un coupage de cheveux en quatre de ma part, alors pardonnez moi de citer Sigmund Freud : dans « la perte de réalité dans la névrose et la psychose » [1924 ], il écrivait ce qui suit: "Le névrose ne renie pas la réalité, il l'ignore; le psychotique la désavoue et tente de le remplacer ." [p. 185] Ce avec quoi la psychose remplace la réalité est une délusion.
Prenons ça une marche a la fois. Le déni c'est quand vous savez très bien que quelque chose existe (par exemple, qu'il y a une quantité limitée de pétrole économiquement récupérables, et que nous avons déjà brûlé environ la moitié de celui-ci), mais que nous refusons de considérer ça comme important. Le déni est symptomatique de la névrose. Les névrosés ne sont pas considérés comme particulièrement dangereux, ils peuvent être assez ennuyeux, et ils peuvent parfois constituer une menace pour eux-mêmes, mais ils ne sont, en général, pas considérés comme présentant une menace pour la société. Ils peuvent également être tout à fait charmant : Woody Allen a mis à profit ses névroses dans sa carrière d'acteur réalisateur. (En allemand le titre de son film Annie Hall est Stadtneurotiker - «névrotique urbain.")
La délusion, d'autre part, est symptomatique de la psychose. Dites-mois maintenant, à quand remonte votre dernière rencontre d'un psychotique charmant, courtois, et populaire ? Pour revenir à Freud : le vieux Sigmund distingue deux types de pensée : il y a le processus de pensée secondaire (le bon processus), le domaine du soi bien-adapte, socialisé, ancré dans la réalité, consensuel, et raisonnable, rationnel et logique. Et puis il y a le processus de pensée primaire, ou archaïque (le mauvais genre), le produit de l'obsession, de la compulsion, de l'hallucination et ...nous y voici … de l'illusion. Le chemin qui mène de la névrose à la psychose est une régression vers un soi plus primitif, plus archaïque, plus infantile. Prenez votre névrotique typique (refuser d'affronter le pic pétrolier, de faire du charabia à ce sujet lorsqu'on y est forcé), passez ce névrosé par une crise terrible, auto-destructrice, et cette personne peut régresser et tomber dans la psychose.
Ce qui advient à des personnes advient aussi à des sociétés entières. Prenez une civilisation industrielle névrotique niant tout pic pétrolier, mettez la dans une terrible crise financière mondiale, dites lui que la croissance économique est fini pour toujours, et ce que vous obtenez est une civilisation industrielle psychotique et délirante. Dans Civilisation and its Discontents [1930], Freud écrit à propos de la capacité des delusion de propulser toute une culture vers la désintégration dans un maelström de violence, et dans Constructions in Analysis [1937], il a souligné qu'une fois que la pensée délirante imprègne toute une culture, y compris sa religion et sa politique, alors la culture devient inaccessible à tout argument logique. Le délire est une sorte de tyrannie, interne dans le cas d'une personne malade, externe dans le cas d'une culture malade, qui piège la réalité dans les images spécifiques, excluant toute possibilité de compréhension de soi et toute objectivité.
lundi 21 mai 2012
Gaz de schiste, info ou intox ?
On entend de plus en plus dire que le boom du gaz de schiste au USA contredit le pic pétrolier ou du moins l’idée que la contrainte énergétique s'accentue. Voici ma contribution au débat : la traduction d'un petit article sur le sujet qui démolit ce mythe. Article original ici
L'histoire officielle du gaz de schiste se résume à quelque chose comme ceci : les dernières percées technologiques par les multinationale de l’énergie des États-Unis ont permis d'exploiter une source d’energie propre et abondante et respectueuse de l'environnement, mais jusque-là inaccessibles, le gaz naturel. Cela a permis aux États-Unis de devenir le leader mondial dans la production de gaz naturel, dépassant la Russie, et sur le point de mettre fin au monopole du gaz russe en Europe. En outre, ce nouveau gaz de schiste se trouve dans de nombreuses parties du monde, et, en temps opportun, permettront à la majorité des pays du monde d’obtenir l'indépendance par rapport aux producteurs de gaz traditionnels. Par conséquent, la capacité de ces pays avec les plus grande réserves de gaz naturel - la Russie et l'Iran - à maîtriser le marché du gaz naturel sera réduite, ainsi que leur influence géopolitique globale.
Si tel était le cas, alors nous devrions nous attendre a ce que le Kremlin, ainsi que Gazprom, tremblent dans leurs bottes. Mais tremblent-ils? Voici ce que le président de Gazprom, Alexeï Miller, a récemment déclaré à Süddeutsche Zeitung: "Le gaz de schiste est une campagne mondiale de publique relation bien organisée. Il y en a beaucoup du genre : le refroidissement de la planète, les biocarburants. " Il a de plus souligné que la technologie de production de gaz de schiste est vieille de nombreuses décennies, et a suggéré que les États-Unis se tourne vers elle en désespoir de cause. Il l’a rejeté comme une alternative énergétique viable pour l'Europe. Est-ce juste l'autre cote de la propagande, ou est-ce que Miller pourrait être tout simplement en train de dire l’evidence ? Nous allons explorer cette hypothèse.
mardi 6 mars 2012
D'accord sur le diagnostique
Vous remarquerez que dans ce blog, je ne parle pas de Photovoltaïque, de smart-grid, ou encore d’économie de l’hydrogène. Il y a plusieurs raison a cela :
- Ces pseudo solutions sont souvent plus du greenwashing que de réelles avancées et
- Le piégé est d'attendre la solution technologique qui va résoudre tous les problèmes au risque de confondre Technologie et Magie.
- En revanche considérer que toute solution qui nécessite un changement de mode de vie n'est pas une solution relève du monde des shadok.
En cette période d’élection, chacun y va de son programme et ajoute une touche de vert par-ci par la sans avoir réellement fais le bon diagnostique. Quand des socialistes parlent à des umpistes, ils sont généralement d'accord sur le but ; il y n'a pas assez de croissance. Certain vont plutôt proposer une politique de l'offre d'autre une politique de la demande. Et si le vrai problème, c’était la dépendance a la croissance ?
En gardant cela en tête, les posts suivant vont essayer de récapituler les différentes solutions technologique que l'on évoque en parlant de croissance verte.
vendredi 24 février 2012
Jared Diamon - TED talk
Un TED talk de Jared Diamon :
(les sous titres en français sont disponibles)
Deux petits extraits :
(les sous titres en français sont disponibles)
Jared Mason Diamond (10 septembre 1937) est un biologiste évolutionniste, physiologiste et géonomiste américain. Professeur de géographie à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), il est surtout connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique : De l'inégalité parmi les sociétés (qui lui a valu unprix Pulitzer en 1998) et Effondrement (traduit en français en 2006)
Deux petits extraits :
Le fait est que notre trajectoire actuelle est une trajectoire non-durable, ce qui signifie, par définition, qu'elle ne peut pas être maintenue. Et le résultat en sera connu d'ici quelques décennies. Cela signifie que ceux d'entre nous dans cette salle qui sont moins de 50 ans ou 60 ans vont voir comment ces paradoxes seront résolus, et ceux d'entre nous qui sont âgés de plus de 60 ne verront probablement pas cette résolution, mais nos enfants et nos petits-enfants la verront certainement. cette résolution prendra deux formes : soit nous allons désamorcer ces bombes a retardement de manières agréables de notre propre choix en prenant des mesures correctives, ou bien ces conflits se résoudront de manière déplaisante de manière subite - à savoir, par la guerre, la maladie ou de famine. Mais ce qui est sûr c'est que notre trajectoire non-durables sera stoppée d'une manière ou d'une autre dans quelques décennies. En d'autres termes, puisque le thème de cette session est le choix, nous avons un choix. Est ce que cela veut dire que nous devrions devenir pessimiste et accables ? J'en tire la conclusion inverse.Les gros problèmes auxquels le monde d'aujourd'hui est confronte ne sont pas du tout des choses hors de notre contrôle. Notre plus grande menace n'est pas un astéroïde sur le point de s'écraser sur nous, quelque chose auquel nous ne pouvons rien faire. Au lieu de cela, toutes les menaces auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui sont des problèmes entièrement de notre propre fabrication. Et puisque nous avons créés ces problèmes, nous pouvons également les résoudre. Cela signifie alors qu'il est entièrement en notre pouvoir de gérer ces problèmes. Plus particulièrement, qu'est ce que chacun de nous peut faire ? Pour ceux d'entre vous qui sont intéressés par ces choix, il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas, et que nous devons comprendre. Et il y a beaucoup de choses que nous comprenons déjà, mais que nous ne faisons pas, et que nous devons faire. Je vous remercie.
jeudi 16 février 2012
Naomi Klein: Addicted to risk
Un TED talk de Naomi Klein sur le thème de "l'addiction au risque", central dans les crises financières et écologiques. Très convaincant.

Naomi Klein est une journaliste canadienne, auteur, cinéaste et militante altermondialiste. Auteur de No Logo et La stratégie du choc.

Naomi Klein est une journaliste canadienne, auteur, cinéaste et militante altermondialiste. Auteur de No Logo et La stratégie du choc.
mardi 31 janvier 2012
Bonnes résolutions
Voici venu le temps des bonnes résolutions, donc en réponse au commentaire récurrent : Concrètement, je fais quoi, maintenant, demain, la semaine prochaine, le mois prochain, etc.., j'ai essayé de lister ce que l'on peut faire sans tomber dans le piège de parler d'ampoules basse consommation.
- Maintenant : continuer à s'informer. Plus on est au clair sur ces sujets plus on sera certain d'agir d'influer sur les actions des autres dans le bon sens.
- Demain : faire du prosélytisme écolo, commencer la conversation par "l'heure est grave", pour frapper les imaginations et fissurer les armures du cynisme ambiant. Plus les gens seront vraiment informés (actuellement la plupart des gens se croient informés alors qu'ils n'ont majoritairement rien compris à la gravité des problèmes), plus les mesures qui vont dans le bon sens seront acceptées.
- La semaine prochaine : dans son travail, essayer de changer le paradigme, par exemple essayer d'introduire l’idée que le but de son entreprise ou de son administration n'est peut-être pas seulement gagner de l'argent. Si c'est impossible, penser à changer de travail ou à faire un peu de subversion.
- Le mois prochain : vendre sa voiture et ne plus se déplacer qu'en vélo ou train. Si ce n'est pas possible, déménager dans un endroit où c'est possible. Réduire ses dépendances en tout genres, (forfait inutiles...) faire ses comptes, réduire ses dépenses et faire des économies, placer ses économies dans un fond coopératif ou investir ces économies dans l'isolation de son logement si on est propriétaire ou tout autre système qui réduira sa consommation future. Augmenter son budget bouffe, ne pas manger de plats préparés, faire la bouffe soit-même. Privilégier l'achat d'occasion ou la location, réparer au lieu de jeter, essayer linux, s'inscrire a une AMAP...etc
- Dans 6 mois : avoir planifié une solution de replis où l'on serait capable de vivre en dépendant beaucoup moins du bon fonctionnement des systèmes complexes d'interactions de l'économie mondialisée (qui est nécessairement énergivore) : prendre pied dans l’économie informelle, associations, troc, collocation, jardin potager, réparations en tous genre...Investir dans des relation de confiances dans ses amis ou sa famille, dans la solidarité.
- L’année prochaine : voter pour le bon candidat...
- Dans dix ans : espérer que le changement de paradigme soit global et sinon, bonne chance !
jeudi 17 novembre 2011
The Story of Broke (2011)
La suite de "The story of Stuff", (sommes-nous réellement fauchés ?), épisode plus politique...
Et "the story of citizen", ou comment les grandes entreprises s’immiscent dans la vie politique aux US. Episode dans l'esprit du mouvement Occupy wallstreet
mercredi 2 novembre 2011
Sept milliards
Aujourd'hui nous avons dépassé le nombre de 7 milliards d'habitants sur terre.
Le dessous des cartes qui est par ailleurs la meilleur émission du monde évacue je trouve un peu vite le sujet : circulez il n'y a rien a voir, il n'y a pas de problème de surpopulation.
Un billet intéressant dans le monde aujourd'hui : "Le vrai risque pour l'avenir : la surconsommation" qui pose assez bien le problème.
Le mot même de surpopulation est parfois presque tabous, puisqu'il renvoie immédiatement chez certains aux notion d’"eugénisme", "de politique de l'enfant unique" ou de "malthusianisme". Il est risqué de prononcer le mot, même si l'on a juste en tête "planning familial", "éducation des femmes" et "sécurité sociale", qui sont les outils les plus efficaces pour ralentir la croissance démographique. Dans tous les cas, que l'on parle de l’équation de Kaya, de l'empreinte écologique, de la capacité de charge de la planète, ou de plafond inévitable a toute croissance exponentielle, le sujet est bien là et on ne peut pas l'évacuer d'un revers de main.
Le dessous des cartes qui est par ailleurs la meilleur émission du monde évacue je trouve un peu vite le sujet : circulez il n'y a rien a voir, il n'y a pas de problème de surpopulation.
Le premier argument en est que "les chiffres de la malnutrition diminuent". C'est très contestable, on peut citer Devinder Sharma :
Les calculs des Nations Unies, de la Banque mondiale, de l'OMC sont faux parce qu'ils disent qu'il y a seulement 152 millions d'affamés dans le monde. Moi je dis qu'il y en a 136 millions rien qu'en Inde.
"L'augmentation des rendements fait qu'il n'y a pas de problème de nourriture". Est ce réellement durable quand on sait que :
Odum et Pimentel, ont calculé au début des années 1970 que l'augmentation des rendements agricoles est réalisée principalement grâce à l'utilisation accrue de combustibles fossiles pour la culture, des engrais, pesticides, de séchage et ainsi de suite, de sorte qu'il faut environ 10 calories de pétrole pour générer chaque calorie de nourriture que nous mangons. Le carburant utilisé est divisée presque à parts égales entre la ferme, le transport et la transformation, et la préparation.
"les échanges internationaux permettent de répartir la production là où il y a déficit". C'est vrai mais la contre-partie est justement que la chaîne d'approvisionnement à flux tendu dont tout le monde dépend est dangereusement fragile.
"Les émeutes de la faim ne sont dues qu'à la spéculation". C'est un peu rapide et on pourrait en discuter longtemps.
"La pression sur l'eau n'a jamais été à l'origine de guerre donc la planète n'est pas surpeuplé ". Je ne comprend pas cet argument !!
"C'est dans les pays ou la population augmente le moins que l’emprunte écologique augmente le plus, c'est donc un problème de mode de développement plus que de surpopulation." C'est vrai mais la réponse est énoncée de manière un peu simpliste. On pourrait dire que c'est un problème de surconsommation ET de surpopulation.! En fait ce qu'il faut souligner et re-souligner a propos des crises environnementales c'est que tout est lié. C'est un gigantesque emmêlement de pelotes de ficelles et si l'on tire à un bout ça réagit à l'autre bout. Pour comprendre le fond des chose il faut vraiment se frotter au notions de "systèmes complexes".
mardi 25 octobre 2011
Combien de liberté un homme peut-il supporter ?
Extrait d'un article de Dimitri Orlov sur : http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/le_pic_petrolier_c_est_de_l_histoire.html
Mais à mesure que la culture et la société américaines sont devenues plus complexes avec davantage de pièces mobiles, elles sont devenues plus distrayantes. Depuis des décennies nous avons atteint le point où le niveau de distraction est si haut que peu de gens sont capables de s'y retrouver avec assez de conscience individuelle intacte pour réfléchir, encore moins pour questionner la nature de notre environnement national. Comme le reste de la planète, les Américains réagissent principalement au monde tel qu'il leur est présenté chaque jour. Mais le monde tel qu'il est compris par les Américains passe maintenant à travers de nombreuses couches de filtres distordus, la plupart distordus volontairement pour un gain économico-financier par une entité dominante ou une autre. Tellement qu'il est atomisé, kaléidoscopiquement diffracté. On ne peut identifier même le plus simple objet à travers un kaléidoscope. Éblouis, désorientés et détachés de la réalité, nous sommes rendus effectivement aveugles — donc facilement dirigés et gérés. Alors nous écoutons les rares voix fortes adressées au nombre et nous écartons n'importe quel dissentiment comme du bruit de fond.
dimanche 16 octobre 2011
mardi 4 octobre 2011
La malédiction de Cassandre
Ci dessous la traduction d'un texte de Ugo Bardi sur la manière dont l’étude "Limits to Growth" connue en français sous le nom "Rapport du club de Rome" a été diabolisée depuis sa parution en 1972.
L’histoire de Cassandre est très ancienne : sa malédiction était qu'elle dirait toujours dire la vérité et qu’elle ne serait jamais cru. Mais c'est aussi une histoire très moderne et, peut-être que la quintessence des Cassandres de notre époque serait le groupe de scientifiques qui ont préparé et publié en 1972 le livre intitulé "The Limits to Growth". Avec ses scénarios d'effondrement de civilisation, le livre a choqué le monde peut-être plus que Cassandre n’avait choqué ses compatriotes les citoyens de Troie quand elle avait prédit la chute de leur ville aux Achéens. Tout comme Cassandre ne fut pas cru, l’étude "The Limits to Growth". est aujourd'hui encore largement perçue comme une étude défectueuse, qui s’est trompée tout le long. Cette opinion est basée uniquement sur des mensonges et des distorsions, mais, apparemment, la malédiction de Cassandre est toujours bien vivante de notre temps.
Le premier livre de la série LTG ( “The Limits to Growth") a été publié en 1972 par un groupe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology: Dennis Meadows, Donella Meadows, Jorgen Randers et William Behrens III. Le livre a rapporté les résultats d'une étude commandée par un groupe d'intellectuels qui avaient formé le "Club de Rome" quelques années auparavant. Il a examiné l'évolution de l'économie du monde entier au moyen d'un modèle mathématique basé sur un «système dynamique», une méthode qui avait été élaboré auparavant par Jay W. Forrester. En utilisant des ordinateurs, une nouveauté pour l'époque, le modèle LTG du monde pouvaient suivre l’évolution d’un grand nombre de variables et de leurs interactions au fur et a mesure que le système change avec le temps. Les auteurs ont élaboré un certain nombre de scénarios pour l'avenir du monde a partir de différentes hypothèses. Ils ont constaté que, a moins que des mesures spécifiques ne soient prises, l'économie mondiale tend à s'effondrer à un moment donné au 21ème siècle. L'effondrement est causé par une combinaison d'épuisement des ressources, de surpopulation et de pollution croissante (ce dernier élément que nous verrions aujourd'hui comme liés au réchauffement climatique).
lundi 1 août 2011
Human Resources: 'Social Engineering in the 20th Century' (2010)
Ce documentaire canadien est un peu dans le même registre que "The century of self" avec un coté un peu plus parano et plus d'images chocs. Il nous explique que nous sommes tous des chiens de pavlov victimes d'un certain conditionnement social ce dont on ne peut qu'être convaincu. Cependant il s'agit ici de mécanismes de manipulation beaucoup moins subtil que la violence symbolique selon Bourdieu puisque la thèse du documentaire est que ce conditionnement des masses laborieuses a été imposée consciemment par certaine élites et avec l'aide d'outils nés de la psychologie sociale, du "behaviourism" et d'une vision mécaniste de l'homme.
La partie du documentaire intéressante pour moi est celle concernant le taylorisme. La division du travail en taches de plus en plus mécaniques, la perte total d'initiative du travailleur, la spécialisation à outrance...etc, ne sont pas justes des inconvénients mineurs de la civilisation industrielle. Et il ne s'agit pas seulement du problème du travail a la chaîne, le taylorisme s'est immiscé dans nos esprits, presque tous nos "jobs" en sont imprégné et toute l’économie en dépend. Comme le montre Ivan Illich avec son idée de la convivialité, c'est une orientations de la société à la fois contre-productive et destructrice.
Et il suffit de mettre un pied en Chine en ce moment pour s'en rendre compte en grandeur nature.
jeudi 5 mai 2011
Collapse Competitively
me suis permis de traduire Collapse Competitively, un petit texte de Dimitri Orlov,
Effondrement compétitif
Nous nous dirigeons vers un effondrement économique, politique et sociale, et chaque jour qui passe le rapproche un peu plus. pourquoi ne savons nous pas quand arrêter ? Quelle partie du proverbe "le plus dur, nous essayons, le plus dur nous echouerons” ne comprend-on pas ? Pourquoi ne pouvons-nous comprendre que chaque dollar supplémentaire de dette nous conduit à la faillite nationale plus vite, plus fort et plus profondément ? Pourquoi ne saisissons nous pas le concept que chaque dollar supplémentaire de dépense militaire sape davantage notre sécurité? Y a-t-il une sorte de déficience cognitive qui nous empêche de comprendre que chaque dollar supplémentaire englouti dans l'industrie médicale nous rend plus malades? Pourquoi ne voit-on pas que chaque enfant supplémentaire que nous mettons au monde dans ce monde intenable va rendre la vie plus difficile pour tous les autres enfants? En bref, c’est quoi notre problème ?
Pourquoi ne pouvons-nous arrêter? On peut blâmer l'évolution, qui a produit en nous les instincts qui nous obligent à nous empiffrer quand la nourriture est abondante, à constituer des réserves de graisse pour les périodes de vaches maigres. Ces instincts ne sont pas utile pour nous quand il y a un buffet à volonté à proximité qui plus est, ouvert toute l'année. Ces instincts ne sont pas spécifiquement humains : les autres animaux ne savent pas quand s'arrêter non plus. Les papillons vont se régaler de fruits fermentés jusqu'à ce qu'ils soient trop ivres pour voler. Les porcs mangent des glands jusqu'à ce qu'ils soient trop gros pour se lever et soient obligés de ramper sur le ventre afin de pouvoir, oui bien sûr, manger plus de glands. Les américains qui sont trop gros pour marcher sont considérés comme invalides et le gouvernement leurs fourni de petits scooters motorisés de sorte qu'ils n'ont pas à subir l'humiliation de ramper au buffet sur le ventre. On appel ça le progrès.
Ou nous pouvons blâmer notre éducation, qui met le raisonnement mathématique au dessus de notre bon sens. Les mathématiques utilisent l'induction, l'idée que si 1 + 1 font 2, alors 2 + 1 doit être 3, et ainsi de suite jusqu'à une quantité arbitrairement grande. Dans le monde réel, si vous comptez des glands, alors 1 + 1 glands n'est pas la même opération que 1.000.000 + 1 glands s'il y a des écureuils qui courent partout, ce qu’ils feront une fois qu'ils aurons découvert que vous êtes celui qui a été volé leurs glands. Un million de glands, c'est trop pour que vous puissiez en garder le compte, et votre effort concerté pour continuer à en ajouter un de plus à la pile en repoussant les écureuils peut avoir pour conséquence que les petits enfants commencerons à vous montrer du doigt. Plus la pile grandit, plus vous êtes susceptible d'avoir à faire l'inventaire, et dans le processus, vous êtes de plus en plus susceptibles de faire une erreur, de sorte qu'il s'avère que 1.000.000 + 1 est en fait 1.000.001 - δ, où δ est le nombre de glands dont vous avez perdu la trace, en quelque sorte. Une fois que δ> 0, vous avez atteins des rendements décroissants, et une fois δ> 1, vous avez atteins des rendements négatifs. Dans le monde réel, plus vous pensez qu'un nombre devrait etre grand, plus il s'avère finalement être petit. À un certain moment, essayer d'ajouter un à la pile devient une manière particulièrement inutile de rendre la pile plus petite. Ce résultat n'est pas intellectuellement agréable, et il n'y a pas de théorie pour le soutenir, mais il est observable partout où vous prenez la peine de regarder. Le fait que nous sommes incapables d'expliquer adéquatement un phénomène donné en utilisant nos faibles cerveaux de primates ne le rend pas moins réel.
Le concept de rendements décroissants est assez simple pour la plupart des gens à comprendre et à observer, mais notoirement difficile à détecter pour la personne qui est sur le point d'y parvenir. Le point de rendements négatifs est encore plus difficile à détecter, car à ce point nous avons tendance à être partis trop loin pour détecter quoi que ce soit. Si vous avez déjà bu N boissons alcoolisées , pouvez-vous encore dire si vous avez atteind le point des rendements décroissants ? Est-ce qu’une autre boisson va vous rendre plus heureux et plus sociable, ou est-ce qu’elle ne fera pas une grande différence? Ou bien va-t-elle vous amener à vous mettre dans l'embarras et a passer le lendemain avec une gueule de bois débilitante? Ou bien va-t-elle vous envoyer aux urgence pour être traités pour etouffement par vomissement ? En règle générale, plus vous buvez, plus il devient difficile pour vous de faire ces distinctions subtiles. Cette règle ne semble pas être limité à l’alcool, mais s'applique à presque tous les comportements qui produisent un sentiment d'euphorie, plutôt que la simple satisfaction des besoins. La plupart d'entre nous peut s’empêcher de boire trop d'eau, ou de manger trop de bouillie, ou d’empiler trop de balles de foin. Lorsque nous avons tendance à avoir des ennuis de maîtrise de soi, c'est quand il s'agit de choses qui sont particulièrement agréables ou qui rendent dépendantes, comme la drogue, le tabac, l'alcool ou une nourriture délicieuse et riche. Et nous avons tendance à perdre complètement le contrôle quand il s'agit d’euphorie socialement induite et semi-intangible: la satisfaction de la cupidité, la recherche d’un statut social, ou de pouvoir sur les autres.
Ne pouvons nous pas mieux ? Certainement! La culture humaine est pleine d'exemples où les gens se lèvent et avec succès contre leurs propres tendances primitives. Les anciens Grecs ont fait une vertu de la modération: le temple d'Apollon à Delphi porte l'inscription MHΔEN AΓAN—"Rien en excès." La philosophie taoïste se focalise sur l'idée de balance entre le yin et le yang, des forces apparemment contraires mais qui en fait travaillent de concert et doivent être gardées en équilibre. Même dans la culture d'ingénieurs actuelle, on peut entendre le moto " le mieux est l'ennemi du bien". Pourtant, tristement, les ingénieurs assez bon pour s'y tenir sont rares. Au micro niveau de résolution de problèmes spécifiques, la plupart des ingénieurs réussissent assez bien a obtenir l'optimum intelligent plutôt que le maximum stupide, mais à l'échelle macroscopique, la culture d'entreprise environnante les oblige à aller toujours vers le maximum stupide (maximum de croissance, de revenus et de bénéfices) ou le minimum stupide (coût minimum, pérennité du produit minimum et la maintenabilité minimum). Ils sont forcés de le faire par l'influence d'un concept vraiment pernicieux qui s'est insinué dans la plupart des aspects de notre culture: la notion de concurrence.
La notion de concurrence semble avoir d'abord été élevé au rang de culte par des jeux qui ont été joués comme une forme de sacrifice devant les dieux, dans des cultures aussi différentes que la Grèce antique et la civilisation maya, où des compétitions avaient lieu pour plaire a leurs divinités diverses. Je préfère de loin la version olympique, où l'objet des jeux a été d'exprimer l'idéal de la perfection humaine dans sa forme et sa fonction, plutôt que la version maya, où l'issue du match a été utilisée pour décider qui allait être sacrifié sur l'autel de certains archétypes culturels particuliers. Mais étant d’une grande ouverture d'esprit, je suis prêt à accepter les deux comme valables, car les deux sont des compétitions pour la défense de principes. C'est Aristote qui a souligné que la poursuite de principes est le seul domaine où la modération n'est pas utile, et qui suis-je pour réfuter Aristote? Mais lors du passage de la défense d'un idéal ou d’un principe à des taches banale, pratique, ayant une fonction utilitaire, c'est l'idée même de concurrence qui devrait être offerte comme une gentille offrande grésillante sur l'autel de notre bon sens.
Si l'objectif est de parvenir à un résultat adéquat avec un minimum d'effort, alors pourquoi deux personnes veulent se faire concurrence pour faire le travail d'un seul? Et s'il y a en fait du travail pour deux, alors pourquoi ne veulent-ils pas coopérer au lieu de gaspiller leurs précieuse énergie en compétition ? Eh bien, ils ont peut être été endoctrinés dans l’idée qu'ils doivent rivaliser pour réussir, mais ce n'est pas la question. Le fait est qu'il y a une différence majeure entre une compétition au nom d'un principe-comme la perfection de la création divine et une compétition pour de l'argent seulement. Il n'y a rien de divin à propos d’un gros tas d'argent, et, tout comme avec un gros tas de glands, plus le tas est grand, plus il a tendance à attirer d’«écureuils». En fait, ceux qui sont assis sur des grosses piles de glands ont souvent eux-mêmes un coté écureuil. Pour mélanger les métaphores, ils ont également tendance à avoir un coté poule qui couve ses glands et s'attend à ce qu'ils éclosent. Mais qu'ils soient écureuils ou qu'ils soient poules, ou qu'ils soient des poulet-écureuils mutants sous stéroïdes, ils ne sont certainement pas des dieux, et leurs glands ne sont pas dignes de notre sacrifice.
Une fois que l’on subvertit l'idée que la concurrence n’est en aucune manière nécessaire, ni même souhaitable, de nouvelles voies de pensée s’ouvrent a nous. Qu’est ce qui est assez? Probablement beaucoup moins que ce que nous avons maintenant. Comment devons nous travailler pour ça ? Probablement beaucoup moins que ce que nous travaillons actuellement. Qu'adviendrait-il si nous n'avions pas assez? Eh bien, peut-être alors il serait temps d'essayer de travail un tout petit peu plus dur, ou, mieux encore, peut-être qu'il serait temps de prendre quelques glands à ceux qui en ont encore un trop grand nombre. Puisqu’avoir trop est tellement de travail (attention a ces satanes écureuils!), nous ne ferions que les aider. Nous ne voulons certainement pas les suivre, parce que nous savons où ils se dirigent, vers un charmant endroit appelé effondrement . Au lieu de cela, ce que nous devrions probablement essayer de faire est d'établir une sorte d'équilibre, où en fait, assez est assez.
mercredi 5 janvier 2011
Écologie et marché
Quand on remet en cause la société de consommation actuelle basée sur un capitalisme mondialisé, on ne remet pas forcément en cause toute forme de commerce.
Il n'y a pas que le capitalisme qui permette le commerce. Il y avait des marchés ou l'on vendait des salades bien avant qu'il y ait des capitalistes, des salles de marché ou des multinationales.
On peut remettre en cause la mondialisation sous sa forme actuelle sans nier que le commerce et les échanges ont généralement été un facteur de progrès au cours de l'histoire, bien que le plus important furent sûrement les échanges d'idées, de culture et de techniques qui en découlaient plus que les échanges de biens.
Le capitalisme qui concerne plutôt la propriété des moyens de production est apparu avec la révolution industrielle au XVIIIe parce que l'investissement dans des moyens productifs est devenu central dans l'économie. De même, les mécanismes de la finance moderne sont apparus en hollande avec la nécessité de financer les voyages des caravelles des grandes compagnies commerciales. Dans le monde de surproduction et d'emballement des mouvement de capitaux dans lequel nous vivons, est ce que les données du problème n'ont pas changée ?
Bien sur, j'entends le discours sur la façon dont le marché de manière fluide permet la meilleur allocation de ressources...etc etc. Je peux comprendre ça, mais ça ne signifie pas que la discussion est finie. Soit vous êtes une sorte de mollah du marché et vous allez même jusqu'à nier la nécessité de toute science économique en disant "pas besoin de nuancer, la réponse c'est Le "Marché", soit vous commencez a réfléchir un peu plus profondément.
La première des choses, c'est de remarquer que le Marché n'est pas une loi naturelle comme il est souvent dit mais un mécanisme d'échange entre humains. La manière dont le CO2 retient la chaleur du soleil, c'est une loi naturelle, vous pouvez le mesurer et le remesurer, vous aurez toujours le même résultat. Mais la loi du Marché parfais et absolue, ça n'existe pas, c'est un fantasme. Les monopoles, les conflits d'intérêt, la théorie des jeux, les problèmes de transmission de l'information...etc font que le marché est imparfait par nature. Et ce n'est pas parce qu'on a pas assez libéralisé, c'est aussi fanatique de penser qu'il faut encore plus de dérégulation pour tendre vers un marché parfaits que de penser qu'il faut créer un homme nouveau. Beaucoup des derniers prix Nobel d'économie ont travaillés d'une manière ou d'une autre sur l'imperfection de information au coeur de la construction des prix de marché et si on ne comprend pas ça, notre vision reste superficielle.
Deuxièmement, non seulement les marchés ne sont pas parfaits mais ils sont aussi aveugles, Il n'y a rien dans la construction du marché qui veut le bien de l'humanité. Du point de vue du marché, la vente d'esclave est totalement neutre. N'importe qui m'accorderait le fait qu'on doit quand même un tout petit peu définir les bornes de ce qu'on peut faire et pas faire.
Troisièmement, pour revenir à l'environnement, l'erreur est de croire que le prix dépend de la "valeur que l'environnement, que la rareté donne aux choses". Quand vous extrayez une ressource, l'environnement vous la donne gratuitement ! Ce que vous payer, c'est la main d'oeuvre pour l'extraire, ou le propriétaire du terrain, propriétaire qui peut aussi bien être un gouvernement corrompu qu'un paysan pauvre qui vous donnera tout pour quelques euros. Le PIB ne tient absolument aucun compte des ressources, il ne mesure que du travail (les salaires) et des rentes (les propriétaires). Il ne mesure absolument pas le patrimoine (qu'il soit naturel ou autre)
Et c'est justement ça le coeur du problème, c'est pourquoi l'écologie doit être politique !!! Il se trouve qu'on est en train de scier la branche sur laquelle on est assis et rien, dans le mécanisme de Marché que certain adulent ne permet de s'en rendre compte.
mercredi 15 décembre 2010
Talibans verts
C'est un terme que l'on retrouve souvent dans les commentaires à propos des écolos. C'est en général accompagne d'argument du genre "aller a la chasse pour me trouver un steak, ça ne me dit pas trop" ou encore "les écolos, ils veulent qu'on s'éclaire à la bougie".
Les écologistes n'ont jamais eu le pouvoir dans quelques pays que ce soit, et on arrête pas de voir dans les commentaires des trucs comme "talibans vert", "l'écologie c'est la dictature", "gourou écolo" dès que quelqu'un émet l'hypothèse que le monde n'est pas plat et infini.
C'est comme si les gens en étaient réduit a penser que "liberté"="liberté du consommateur". A la fin, les veaux qui ne comprennent pas ce qu'est la vrai liberté ne sont pas ceux que l'on croit.
lundi 27 septembre 2010
Peurs millénaristes
"peurs millénaristes" c'est un peu le point Godwin de toute conversation sur notre avenir. Le terme revient dès que l'on émet l'idée que le paradis ultralibéral dans lequel nous vivons n'est peut être pas le meilleur des mondes. Combien de fois, lit-on ou entend-t-on dans les médias que les écolos sont catastrophistes, qu'ils jouent sur la peur...etc...etc
C'est un peu comme si on parlait de peurs millénaristes a quelqu'un qui en 1938 s'inquiétait de la monté du nazisme en Allemagne ou a quelqu'un qui aurait eu peur d'une guerre nucléaire totale entre l'URSS et les USA. Remarquez que dans le deuxième cas, peut-être que c'est parce qu'on a eu un peu peur qu'on est pas maintenant les survivants mutants d'un hivers nucléaire !
J'aimerais qu'on me permette d'avoir un peu peur sans me faire traiter d'encagoulé récitant l'apocalypse selon saint Jean.
vendredi 16 octobre 2009
Vision dichotomique du monde
L'écologie politique a du mal a se positionner sur l'échiquier politique. D'autant plus que l'échiquier politique n'est pas un échiquier puisqu'il n'a qu'une dimension : c'est une ligne avec une droite et une gauche. Pour caricaturer, d'un cote c'est Communisme=BAD, Capitalisme=GOOD et de l'autre c'est l'inverse.
Pourtant le capitalisme ne date pas du fond des âges mais juste de la révolution industrielle et le marxiste est encore plus récent (et pour cause, avant Marx...) Même le mot "capitalisme" est apparut au XVIIIe. Ne commettons pas l'erreur de penser qu'avant les gens étaient capitalistes sans le savoir ! On ne peut pas mélanger un peu de tout sous le terme capitalisme, et a la fin, avoir comme seule conclusion que "la société occidentale du XXeme ou plutôt la société américaine actuelle est la seule référence possible" par rapport a laquelle on doit se positioner. Meme la gauche francaise n'arrive plus a sortir du shema de pensee.
Il est vrais que certaines notions comme le capitalisme, la démocratie, les échanges marchant, l'individualisme, la finance, la liberté économique, la compétition, l'innovation sont liées mais ne sont pas équivalentes :
- Vous pouvez avoir du capitalisme sans démocratie (pinochet) et la démocratie sans capitalisme (grec anciens).
- Vous pouvez avoir la liberté sans capitalisme (demandez a des nomades mongoles s'ils sont moins libres que vous) et le capitalisme sans liberté (la liberté n'est pas un concept simple, il y a effectivement la liberté économique mais aussi la liberté d'expression, la liberté dans la sphère prive... les chinois a l'heure actuelle ont toute la liberté économique qu'ils veulent...)
- Vous pouvez avoir des échanges économiques sans capitalisme (troc, coopératives, mutuelles...)
- Vous pouvez avoir des grandes banques sans capitalisme (les medicis était les banquiers des rois et on peut pas dire que le féodalisme est une forme de capitalisme)
- Vous pouvez avoir une liberté de commerce sans banque ni finance (voir les échanges entre les riches nation arabes du moyen âge)
- Vous pouvez avoir la liberté économique sans mobilité sociale (du au coût de l'éducation au USA, la mobilité sociale y est moins grande maintenant qu'en Europe)
- Vous pouvez avoir de l'innovation sans compétition (voir la communauté Open Source ou même Google ou juste noter que les grande découvertes restent pour la plupart faite dans des labos publiques, même au États-Unis)
- Vous pouvez avoir du capitalisme sans compétition (les monopoles et les collusions entre multinationales sont pas loin de devenir la norme plutôt que l'exception)
- Vous pouvez avoir du capitalisme sans méritocratie (héritage) et une méritocratie sans capitalisme (la chine ancienne)
- Vous pouvez avoir de la compétition au sein d'un organisme publique et de la collaboration au sein d'une entreprise privée.
- Vous pouvez avoir un état central fort et un capitalisme débridé (Chine actuelle) et une décentralisation complète et pas de capitalisme.
...etc
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