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jeudi 16 mai 2013

Nate Hagens

Nate Hagens est le fondateur du site The Oil Drum. Apres avoir travaillé à Wall Street il décida de tout arrêter pour poursuivre une thèse sur  l’économie et la biologie. Un peu sur le même thème que le post précédent, il nous parle dans cette conférence de l'ASPO 2012, des limitations de la pensée économique actuelle.

Quelques citations :

  • Ce que nous dépensons c'est l’énergie, l'argent, c'est ce qui contrôle l’énergie.
  • l'argent ne peut pas créer de l’énergie, il peut juste l'extraire plus vite.
  • Nous n'avons pas de manque d’énergie, nous avons trop d'exigences
  • la biologie détermine ce dont nous avons besoin, la culture détermine ce que nous avons.

lundi 22 avril 2013

Il n'y a qu'une option

There's Only One Real Option for Averting Economic and Ecological Ruin -- So Why Aren't We Talking About It?
par Richard Heinberg , publié à l'origine par le PostCarbon Institute le 16 avril 2013



Les économies d'énergie sont notre meilleure stratégie de pré-adaptation à un avenir énergétique inévitablement contraint. Et c'est peut-être notre seule option réelle pour éviter la ruine économique, sociale et écologique. Le monde devra faire face à des limites à la production d'énergie dans les décennies à venir, quels que soient les choix énergétiques des décideurs politiques. Considérons les deux choix extrêmes : l'option du CO2 minimum et celle du CO2 maximum. 

Si nous reconstruisons notre infrastructure mondiale énergétique pour réduire les émissions de CO2, dans le but de lutter contre le changement climatique, cela se traduira par la suppression des incitations et des subventions au pétrole, au charbon et au gaz et à les transférer vers des sources d'énergie renouvelables comme le solaire, l'éolien et la géothermie. Lorsque des combustibles fossiles seront encore utilisés, nous aurons besoin de capturer et d'enterrer les émissions de dioxyde de carbone. 

Nous pourrions aussi faire appel à l'énergie nucléaire pour nous aider sur le chemin, mais cela ne serait probablement pas beaucoup. La catastrophe de Fukushima au Japon en 2011 a mis en évidence une série de problèmes de sécurité non résolus, y compris le stockage du combustible usagé et la vulnérabilité aux pannes de courant prolongées du réseau. Même en ignorant ces problèmes, l'énergie atomique est chère, et les livraisons de minerai d'uranium à haute teneur sont problématiques. 

Le chemin à faible émission de CO2 est aussi jonché d'autres obstacles. Le solaire et l'énergie éolienne sont sujet à l'intermittence, un problème qui ne peut être résolu que par des investissements substantiels dans le stockage d'énergie ou le transport longue distance. Les énergies renouvelables ne représentent actuellement qu'une infime partie de l'énergie mondiale, de sorte que le chemin à faible émission de CO2 nécessite un fort taux de croissance dans ce secteur cher, et donc des taux d'investissement élevés. Les gouvernements devront démarrer la transition avec des réglementation et des subventions, ce qui est difficile dans un monde où la plupart des gouvernements sont financièrement surchargés et les capitaux pour l'investissement sont rares. 

Pour le transport, l'option à faible émission de CO2 est encore plus épineuse. Les biocarburants souffrent de problèmes de coût élevé et du détournement des terres agricoles, la transition vers les voitures électriques sera coûteuse et prendra des décennies, et des avions électriques ne sont pas réalisables. 

La capture et le stockage du CO2 seront également coûteux et nécessiteront également des décennies à mettre en œuvre à une échelle significative. En outre, les coûts de l'énergie pour construire et exploiter une nouvelle énorme infrastructure de pompes de dioxyde de carbone, des pipelines et des compresseurs seront considérables, ce qui signifie que nous devrons extraire de plus en plus de combustibles fossiles pour produire la même quantité d'énergie utile à la société, un problème épineux si les combustibles fossiles deviennent en plus, plus coûteux . Donc, en dernière analyse, un avenir à faible émission de CO2 est également très susceptible d'être un avenir à faible énergie. 

Et si nous oubliions le climat ? Cela peut sembler être la voix de moindre résistance. Après tout, les combustibles fossiles ont l'histoire d'être pas cher et abondant, et nous avons déjà l'infrastructure nécessaire pour les brûler. Si combattre le changement climatique est coûteux et politiquement controversée, pourquoi ne pas continuer de plus belle sur la voie de la haute teneur en CO2, sur laquelle nous sommes déjà, dans une poursuite de la croissance économique maximum ? Peut-être, qu'avec une croissance suffisante, nous pourrions nous permettre de surmonter tous les problèmes que l'évolution du climat nous met en travers du chemin. 

Ce n'est pas une bonne option. Le dilemme auquel nous serions confrontés à travers la voix d'énergie a haute teneur en CO2 peut se résumer par la métaphore du fruit à portée de main que l'on cueille d'abord. Nous avons d'abord extrait la meilleure qualité, la moins chère à produire, les ressources en hydrocarbures les plus accessibles, et nous avons laissé la moindre qualité, les ressources coûteuses à produire, moins accessibles pour plus tard. Eh bien, maintenant il est tard. D'énormes quantités de charbon, de pétrole, de gaz et d'autres combustibles fossiles restent encore sous terre, mais chaque nouvel incrément coûte beaucoup plus cher à extraire (en termes d'argent et d'énergie) que ce n'était le cas il y a seulement une décennie. 

dimanche 2 décembre 2012

Solution : Amory Lovins et l'" Integrative Design"


Amory Lovins, est une sorte de gourou des green tech, fondateur du Rocky Mountain Institute.

Dans cette video : Amory B. Lovins: Big Savings Through Integrative Design, il promeut ce qu'il appelle "Integrative Design", que l'on pourrait traduire par design intégré (?) et qui consiste en un processus de conception impliquant tous les intervenants du projet et toutes les contraintes du design et en les mettant au service de l'optimisation énergétique. (cette notion est d’ailleurs maintenant inclue dans le LEED, la certification américaine pour les bâtiments écologiques).

Son exemple typique est la manière dont, pour un bâtiment de serveurs informatiques, les ingénieurs fluides, les architectes, les entreprises, le clients et tous les autres intervenants ont travaille ensemble et ont réussit à économiser jusqu’à 40% d’énergie grâce à des astuces simples et ne coûtant rien comme par exemple en réduisant la longueur des tuyaux et le nombre de coudes dans le circuit de climatisation.

lundi 4 juin 2012

L’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer

Howard Kunsler résume très bien une idée qu'un économiste libéral ne pourra jamais comprendre parce ça nécessiterait pour lui un changement de paradigme trop profond : l’efficacité est le chemin le plus sure vers l'enfer.



Depuis la révolution industrielle nous avons oublié à quel point l’énergie pas chère a façonnée notre société. Associé au capitalisme cela a crée une économie à entropie élevée. 
Prenons l'exemple d'une rivière : lorsque l'eau s'écoule sur les pan d'une colline en traversant une foret, cela prend du temps, se fait de manière dispersée, et inégal, ce n'est pas «efficace». Il est donc également difficile d'en exploiter l'énergie mécanique. Mettez à la place un tuyaux de drainage en bas de la colline, et l'eau s'écoule rapidement et de façon plus "efficace", et avec moins d'obstacles. Et alors ? Nous avons créé une économie qui ressemble à ce tuyau de drainage. C'est efficace, mais cela épuise l'énergie très rapidement et c'est diamétralement opposé aux systèmes naturels.
Ainsi, comme dans l'image de la rivière, le problème n'est pas d'utiliser l’énergie ou les ressources de manière plus efficace, mais de les utiliser autrement.

mercredi 14 mars 2012

Solution : écosystème industriel

Dans un écosystème, les déchets des uns constituent la nourriture des autres, c'est cette idée qui est soulignée par le terme d’écosystème industriel. On entend parfois aussi le terme de "symbioses industrielles". Ainsi un sous-produit de la fabrication d'une chose peut-être la matière première pour autre chose, refroidir une chose peut servir a réchauffer autre chose , l'exemple de  Kalundborg au Danemark :
http://www.symbiosis.dk/en
La centrale électrique se trouve au coeur de ce système d'échanges. La raffinerie lui fournit ses eaux usées, qu'elle utilise comme eau de refroidissement. En échange, elle lui procure de la vapeur, dégagée par son unité de cogénération, qu'elle revend aussi à Novo Nordisk et à la municipalité. L'eau tiède, rejetée par la centrale, est exploitée par une ferme piscicole installée à proximité. Les cendres, produites par la combustion du charbon, sont revendues à des entreprises de construction locales qui s'en servent dans la production du ciment. Enfin, l'installation d'une unité de désulfuration en 1990 permet à la centrale de produire du gypse, mis à profit par la société Gyproc. De son côté, la raffinerie revend à des entreprises de fertilisants le soufre extrait du gaz qu'elle produit en excès. Ce gaz est utilisé en appoint comme combustible par la centrale d'Asnæs et Gyproc. Les agriculteurs de la région profitent des boues fertilisantes produites par Novo Nordisk, tandis que les boues issues de l'usine de retraitement de la ville servent de matière première à une société de nettoyage des sols. (extrait  d'un article de libération)

Ce concept parait si évident qu'on se demande comment il est possible que, après 200ans de civilisation industrielle, tout ne soit pas déjà organisé  sur ce principe. La réponse à cette interrogation est peu intuitive : dans le système économique actuel, les ressources ne sont tout simplement pas comptées !! En effet le prix d'une ressource n'est que l'addition du travail nécessaire pour l'extraire et la rente du propriétaire du terrain. Donc a aucun moment il n'est compté la "fabrication" d'une ressource, il n'y a pas de case dotation pour amortissement comme on dirait en comptabilité et pour cause quand la nature fabrique du pétrole en quelques million d’années, elle le fait gratuitement. (Cf. Écologie et marché )


vendredi 9 mars 2012

Solution : Smart Grid

La "smart grid" est en quelque sorte l’équivalent d'internet en matière d’énergie, ou plus particulièrement d’électricité. (l’électricité ne représentant pour l'instant que 20% de l’énergie consommée en France). En rendant le réseau électrique plus intelligent, capable de mieux gérer l’intermittence de certaines sources, capable de lisser la demande en donnant une information au consommateur sur la disponibilité, ...etc, on  espère à la fois pouvoir compenser en partie l’intermittence des renouvelables, et lisser les pics de consommation ainsi que permettre à tout un chacun de gérer au mieux sa consommation et donc d’économiser. 


L'Europe est plutôt en avance dans ce domaine, que ce soit par exemple l'introduction des nouveaux compteurs intelligents dont Linky en France, les projets de ligne THT reliant tous les pays autour de la mer du nord finances par l'UE, ou encore le projet Desertec.


Développement de la smart grid européenne

jeudi 3 novembre 2011

Complexité, énergie et économie mondialisée 2/4


La suite de l'article de David Korowicz où l'on comprend le lien entre  mondialisation et complexité et entre complexité et énergie.

L'économie mondiale, augmentation la co-dépendance et l'intégration :

Quand l'économie mondialisée croit, la population augmente, la richesse et l'intégration ouvre la possibilité à de nouvelles économies d'échelle et à des niches productives plus diversifiées. Lorsque de nouvelles technologies et modèles d'affaires (solutions ou ensembles de solutions) émergent, ils co-adaptent et co-évoluent avec ce qui est déjà présent. Leur adoption et leur diffusion par le biais des réseaux plus larges dépend de l'efficacité qu'ils fournissent en termes de réduction des coûts et de nouveaux débouchés. L'un des principaux moyens de gagner en efficacité globalement est de laisser les différentes pièces du système partager les coûts des transactions en partageant des plate-formes d'infrastructures communes (réseaux d'information et de transport, réseau électrique, eau / eaux usées, systèmes financiers...etc). Ainsi, il y a une tendance qui se renforce à avantager ceux qui construisent la plate-forme ainsi que les utilisateurs de la plate-forme, qui grandit à mesure que le nombre d'utilisateurs augmente. Avec le temps, l'échelle du système devient un obstacle à une diversification vers des systèmes alternatifs puisque le coût initial et les économies d'échelle intégrés deviennent un obstacle plus important pour les nouveaux entrants, en particulier là où il y a une plaque tournante d’infrastructures complexes. Le manque de diversité du système n'est pas nécessairement due à des monopoles d'entreprise. Par exemple, il y a une concurrence vigoureuse entre les fournisseurs de services de téléphone mobiles, mais ils partagent des plates-formes d'information communes et dépendent des réseaux d'électricité et du système monétaire, qui ont tous deux peu ou pas de diversité de système.

Nos systèmes d'exploitation sont intégrés dans l'économie globale. Des infrastructures coûteuses et un besoin continuel pour des composants de remplacement signifie que les économies d'échelle et un grand nombre de personnes économiquement liées sont nécessaires pour les rendre viables. Par exemple, les ressources nécessaires pour maintenir l'infrastructure IT sur laquelle nous nous appuyons pour des services essentiels sont telles que cela requiert aussi que nous achetions des consoles de jeux, que nous envoyions des messages texte superflus et que nous regardions des vidéos sur YouTube. En d'autres termes, nos besoins non-discrétionnaires et les systèmes critiques qui les soutiennent sont abordables car ils sont subventionnés par des dépenses discrétionnaires, qui dépendent elle-même de nouvelles économies d'échelle générées par l'économie mondialisée qui nous fournit notre revenu discrétionnaire en premier lieu.

Dans cette perspective, poser des questions sur les besoins en ressources pour des produits individuels de l'économie (un ordinateur ou mon café du matin, par exemple) est équivalent à poser des questions sur les ressources nécessaires à votre doigt, cela n'a de sens que si le reste du corps est doté de ressources suffisantes .

Passage de l'énergie primaire à l'énergie finale pour la France
(source du graphique)

mercredi 10 juin 2009

Rocky Mountain Institute


Comme explique sur leur site, c'est un institut américain qui se donne pour mission de conduire les effets d'amélioration d'efficacité et de régénération des ressources. Ils travaillent dans le public et dans le prive comme consultants en essayant d'appliquer des principe de "Natural Capitalism".

Ils proposent du "Consulting en stratégie" des "Innovation Workshops" et de la recherche.
Leur domaine d'intervention : Bâtiment, Énergie et Ressources et Mobilité + Efficience des véhicules.

Ce qui est intéressant c'est qu'il ont une approche très cohérente : a approfondir!!

mercredi 30 mai 2007

Réseaux de minibus


Les réseaux de minibus comme on en trouve dans quasiment tous les pays africains ou asiatiques est en fait pas loin d'être le système de transport en commun le plus efficace qui soit :

  • les infrastructures peuvent être quasi-inexistantes, ces bus roulerons sur n'importe quelle route en terre battues 
  • L'investissement est faible, le coût d'achat du minibus est presque rien compare a un bus européen moderne.
  • L'efficacité énergétique est grande : le bus ne roule jamais a vide, le chauffeur attendant généralement de remplir son bus pour démarrer. 
  • On peut toujours augmenter l'efficacité énergétique : il suffit de rajouter une personne a bord, celle ci pourra s'asseoir sur les genoux d'un autre passager s'il le faut.
  • Le tracé du réseau est très souple: on peut demander au chauffeur de faire un petit détour, il acceptera généralement sans rechigner.
  • Le réseau s'adapte naturellement au flux : le chauffeur n'a pas forcement de trajet prédéfini, il peut choisir de changer son parcours en fonction des horaire et de la demande.
  • Le réseau s'adapte naturellement a l'augmentation du trafic : s'il n'y a une opportunité, toute personne propriétaire d'un minibus peut devenir "société de transport"
  • Le réseau est résilient : si un minibus se crash, il y aura bien un collègue dans le coin pour récupérer la portion du réseau abandonnée.
En définitive les seuls inconvénients  sont de nécessiter plus de chauffeurs (mais est-ce vraiment un inconvénient vu le taux de chômage) et d'être peu fiable sur les horaires (mais avec les nouvelles technologie, ce pourrait être facilement résolu).

vendredi 12 janvier 2007

Coefficient spirale

J'ai trouve ce site plein de petites presentation sur l'energie


Je peux par exemple résumer ici une présentation assez bien faite: " la voiture 2 litres au cent, c’est facile". C'est en fait le paradoxe de jevon pris de façon optimiste . Si on retourne le paradoxe de jevon contre lui-même par une sorte de prise de taichi, on trouve un vrai cercle vertueux.
Prenez une voiture actuelle…
Elle pèse plus d’une tonne……et elle a une aérodynamique de boîte à chaussure ! Conséquence, elle consomme beaucoup de carburant : minimum 5 à 8 litres au cent…
Si on commence par alléger notre véhicule : la clim, les vitres électrique...Remplacer nos fauteuils rembourrés par des sièges ultra légers en « résille », ce coté aéré compense en partie l’absence de clim.

Et voici un premier résultat, la masse enlevée nous permet de monter des roues plus légères……et du même coup, à performances identiques, un moteur de 60 cv, donc plus léger, suffit, voici un bon début !
Plus léger, moins de puissance : continuons en allégeant la carrosserie (sans dégrader la sécurité).
Faisons un premier bilan : 60 cv, 600 kg, la conso diminue !
Nous avons réinventé la CITROËN AX…
Notre voiture coûte 2 fois moins cher et elle consomme 3 fois moins (2 litres au cent soit à peine plus qu’un transport en commun), le résultat n’est-il pas séduisant ?


La morale de l'histoire : le cercle vertueux de la décroissance des consommations.



NB: c'est un peu aussi ce que raconte  Amory B. Lovins ou Dimitri Orlov avec humour dans cet extraits :
L'idée de rendre la voiture plus efficace en faisant des voitures plus efficaces est une pure folie. Je peux prendre n'importe quelle camionnette et accroître son efficacité énergétique de un à deux mille pour cent juste en enfreignant quelques lois. Premièrement, vous entassez une douzaine de gens sur le plateau, se tenant épaule contre épaule comme des sardines. Deuxièmement, vous conduisez à quarante kilomètres par heure, sur l'autoroute, parce qu'aller plus vite gaspillerait le carburant et serait dangereux pour les gens à l'arrière. Et voilà, une efficacité énergétique par passager accrue d'un facteur vingt ou presque. Je crois que les Mexicains ont fait des recherches approfondies dans ce domaine, avec d'excellents résultats.