lundi 9 mai 2011

Export Land Model

Que se passe-t-il quand la production mondiale de pétrole commence a baisser. Si on imagine une baisse graduelle de 3% par an, ça semble gérable (et même souhaitable). Mais dans un scénario que certains appellent “Export Land Model”, La quantité de pétrole disponible pour les pays importateurs diminue bien plus vite que la production mondiale parce que la part de production soustraite au marché international amplifie le problème.


Donc au delà du problème des prix, des problèmes de pénurie risquent d’arriver plus vite que prévu.

Oil Man

Un petit post pour ceux qui sont encore convaincus que le pic pétrolier n'est pas pour maintenant. Sachant que la production de pétrole nonOPEC a déjà atteint son pic, et sachant comme relaté sur le blog "Oil Man" du journaliste Matthieu Auzanneau, la production Saoudienne est proche de son pic, je les invite à chercher l'erreur et à me la signaler.

dimanche 8 mai 2011

Population

Aujourd'hui, un article dans le monde : Nous serons 10 milliards d’êtres humains en 2100


Un petit commentaire pour enfoncer le clou. Tout le monde connaît l'image ci-dessous mais comme le remarque Richard Heinberg dans le documentaire Blind Spot, comment comprendre cette explosion de la population humaine ? On peut regarder toute sortes de sujets, technologie, économie, géographie, agriculture, sociologie...etc, à la fin, cette courbe se résume à peu près à deux mots : ÉNERGIE FOSSILE.



Et la production totale d'énergie fossile pourrait atteindre son maximum d'ici pas si longtemps. Maintenant ou demain pour le pétrole, d'ici quelque décennies pour le gaz et charbon). Comment la courbe ci-dessous va-t-elle évoluer ? Gardons aussi à l'esprit que si cette courbe descend rapidement de manière contrainte, dans la vrai vie ça signifie "famine".

samedi 7 mai 2011

An Interview with Rob Hopkins

Un interview avec Rob Hopkins, createur du mouvement des "villes en transition" en Angleterre.


NB :
Le PADE, Plan d’Action de Descente Energétique, est le document qui concrétise l’activité d’une initiative de transition à long terme. Les initiatives de transition anticipent le renchérissement des sources d’énergies traditionnelles et le changement climatique. Ces initiatives collectives et locales anticipent les diffcilutés à venir en cas de pénurie de pétrole et/ou de nourriture, en intégrant de nouveaux comportements citoyens.

9 actions :
  1. Former un groupe de pilotage
  2. Se relier aux associations et groupes déjà engagés et mobilisés dans la démarche de sensibilisation
  3. Informer et sensibiliser la population, les médias, les politiques : Relations presse, Conférences – Débats
  4. Former des groupes de travail :Alimentation, Traitement des déchets, Education, Energie, Eau, Transports….
  5. Ouvrir régulièrement les groupes de travail en atelier afin de récolter des réactions, des propositions…
  6. Organiser un grand évènement : Forum, Salon, Journées… Positif, Festif, Ludique, Informatif
  7. Mener des actions rapidement, type jardins potagers, plantations, chantiers d’éco-construction, co-voiturage… afin d’amorcer le changement du quotidien et présenter des exemples de ce qui est possible.
  8. Retrouver les savoir-faire, faire appel aux anciens permettront de trouver des solutions et de faire vivre la solidarité.
  9. Garder le contact avec les élus locaux, les informer, les inviter, les impliquer.
Ces actions pourront déboucher sur la rédaction du PADE (Plan d’Action de Descente Energétique) fondé sur les ressources locales en tenant compte des politiques en place. Ce PADE reposera sur les travaux et actions menés précédemment. Afin d’en assurer la pérennité le PADE doit s’adapter aux changements et orientations politiques du territoire. 
R. Hopkins

jeudi 5 mai 2011

Collapse Competitively

 me suis permis de traduire Collapse Competitively, un petit texte de Dimitri Orlov,


Effondrement compétitif
Nous nous dirigeons vers un effondrement économique, politique et sociale, et chaque jour qui passe le rapproche un peu plus. pourquoi ne savons nous pas quand arrêter ? Quelle partie du proverbe "le plus dur, nous essayons, le plus dur nous echouerons” ne comprend-on pas ? Pourquoi ne pouvons-nous comprendre que chaque dollar supplémentaire de dette nous conduit à la faillite nationale plus vite, plus fort et plus profondément ? Pourquoi ne saisissons nous pas le concept que chaque dollar supplémentaire de dépense militaire sape davantage notre sécurité? Y a-t-il une sorte de déficience cognitive qui nous empêche de comprendre que chaque dollar supplémentaire englouti dans l'industrie médicale nous rend plus malades? Pourquoi ne voit-on pas que chaque enfant supplémentaire que nous mettons au monde dans ce monde intenable va rendre la vie plus difficile pour tous les autres enfants? En bref, c’est quoi notre problème ?

Pourquoi ne pouvons-nous arrêter? On peut blâmer l'évolution, qui a produit en nous les instincts qui nous obligent à nous empiffrer quand la nourriture est abondante, à constituer des réserves de graisse pour les périodes de vaches maigres. Ces instincts ne sont pas utile pour nous quand il y a un buffet à volonté à proximité qui plus est, ouvert toute l'année. Ces instincts ne sont pas spécifiquement humains : les autres animaux ne savent pas quand s'arrêter non plus. Les papillons vont se régaler de fruits fermentés jusqu'à ce qu'ils soient trop ivres pour voler. Les porcs mangent des glands jusqu'à ce qu'ils soient trop gros pour se lever et soient obligés de ramper sur le ventre afin de pouvoir, oui bien sûr, manger plus de glands. Les américains qui sont trop gros pour marcher sont considérés comme invalides et le gouvernement leurs fourni de petits scooters motorisés de sorte qu'ils n'ont pas à subir l'humiliation de ramper au buffet sur le ventre. On appel ça le progrès.

Ou nous pouvons blâmer notre éducation, qui met le raisonnement mathématique au dessus de notre bon sens. Les mathématiques utilisent l'induction, l'idée que si 1 + 1 font 2, alors 2 + 1 doit être 3, et ainsi de suite jusqu'à une quantité arbitrairement grande. Dans le monde réel, si vous comptez des glands, alors 1 + 1 glands n'est pas la même opération que 1.000.000 + 1 glands s'il y a des écureuils qui courent partout, ce qu’ils feront une fois qu'ils aurons découvert que vous êtes celui qui a été volé leurs glands. Un million de glands, c'est trop pour que vous puissiez en garder le compte, et votre effort concerté pour continuer à en ajouter un de plus à la pile en repoussant les écureuils peut avoir pour conséquence que les petits enfants commencerons à vous montrer du doigt. Plus la pile grandit, plus vous êtes susceptible d'avoir à faire l'inventaire, et dans le processus, vous êtes de plus en plus susceptibles de faire une erreur, de sorte qu'il s'avère que 1.000.000 + 1 est en fait 1.000.001 - δ, où δ est le nombre de glands dont vous avez perdu la trace, en quelque sorte. Une fois que δ> 0, vous avez atteins des rendements décroissants, et une fois δ> 1, vous avez atteins des rendements négatifs. Dans le monde réel, plus vous pensez qu'un nombre devrait etre grand, plus il s'avère finalement être petit. À un certain moment, essayer d'ajouter un à la pile devient une manière particulièrement inutile de rendre la pile plus petite. Ce résultat n'est pas intellectuellement agréable, et il n'y a pas de théorie pour le soutenir, mais il est observable partout où vous prenez la peine de regarder. Le fait que nous sommes incapables d'expliquer adéquatement un phénomène donné en utilisant nos faibles cerveaux de primates ne le rend pas moins réel.

Le concept de rendements décroissants est assez simple pour la plupart des gens à comprendre et à observer, mais notoirement difficile à détecter pour la personne qui est sur le point d'y parvenir. Le point de rendements négatifs est encore plus difficile à détecter, car à ce point nous avons tendance à être partis trop loin pour détecter quoi que ce soit. Si vous avez déjà bu N boissons alcoolisées , pouvez-vous encore dire si vous avez atteind le point des rendements décroissants ? Est-ce qu’une autre boisson va vous rendre plus heureux et plus sociable, ou est-ce qu’elle ne fera pas une grande différence? Ou bien va-t-elle vous amener à vous mettre dans l'embarras et a passer le lendemain avec une gueule de bois débilitante? Ou bien va-t-elle vous envoyer aux urgence pour être traités pour etouffement par vomissement ? En règle générale, plus vous buvez, plus il devient difficile pour vous de faire ces distinctions subtiles. Cette règle ne semble pas être limité à l’alcool, mais s'applique à presque tous les comportements qui produisent un sentiment d'euphorie, plutôt que la simple satisfaction des besoins. La plupart d'entre nous peut s’empêcher de boire trop d'eau, ou de manger trop de bouillie, ou d’empiler trop de balles de foin. Lorsque nous avons tendance à avoir des ennuis de maîtrise de soi, c'est quand il s'agit de choses qui sont particulièrement agréables ou qui rendent dépendantes, comme la drogue, le tabac, l'alcool ou une nourriture délicieuse et riche. Et nous avons tendance à perdre complètement le contrôle quand il s'agit d’euphorie socialement induite et semi-intangible: la satisfaction de la cupidité, la recherche d’un statut social, ou de pouvoir sur les autres.

Ne pouvons nous pas mieux ? Certainement! La culture humaine est pleine d'exemples où les gens se lèvent et avec succès contre leurs propres tendances primitives. Les anciens Grecs ont fait une vertu de la modération: le temple d'Apollon à Delphi porte l'inscription  MHΔEN AΓAN—"Rien en excès." La philosophie taoïste se focalise sur l'idée de balance entre le yin et le yang, des forces apparemment contraires mais qui en fait travaillent de concert et doivent être gardées en équilibre. Même dans la culture d'ingénieurs actuelle, on peut entendre le moto " le mieux est l'ennemi du bien". Pourtant, tristement, les ingénieurs assez bon pour s'y tenir sont rares. Au micro niveau de résolution de problèmes spécifiques, la plupart des ingénieurs réussissent assez bien a obtenir l'optimum intelligent plutôt que le maximum stupide mais à l'échelle macroscopique,  la culture d'entreprise environnante les oblige à aller toujours vers le maximum stupide (maximum de croissance, de revenus et de bénéfices) ou le minimum stupide (coût minimum, pérennité du produit minimum et la maintenabilité minimum). Ils sont forcés de le faire par l'influence d'un concept vraiment pernicieux qui s'est insinué dans la plupart des aspects de notre culture: la notion de concurrence.

La notion de concurrence semble avoir d'abord été élevé au rang de culte par des jeux qui ont été joués comme une forme de sacrifice devant les dieux, dans des cultures aussi différentes que la Grèce antique et la civilisation maya, où des compétitions avaient lieu pour plaire a leurs divinités diverses. Je préfère de loin la version olympique, où l'objet des jeux a été d'exprimer l'idéal de la perfection humaine dans sa forme et sa fonction, plutôt que la version maya, où l'issue du match a été utilisée pour décider qui allait être sacrifié sur l'autel de certains archétypes culturels particuliers. Mais étant d’une grande ouverture d'esprit, je suis prêt à accepter les deux comme valables, car les deux sont des compétitions pour la défense de principes. C'est Aristote qui a souligné que la poursuite de principes est le seul domaine où la modération n'est pas utile, et qui suis-je pour réfuter Aristote? Mais lors du passage de la défense d'un idéal ou d’un principe à des taches banale, pratique, ayant une fonction utilitaire, c'est l'idée même de concurrence qui devrait être offerte comme une gentille offrande grésillante sur l'autel de notre bon sens.

Si l'objectif est de parvenir à un résultat adéquat avec un minimum d'effort, alors pourquoi deux personnes veulent se faire concurrence pour faire le travail d'un seul? Et s'il y a en fait du travail pour deux, alors pourquoi ne veulent-ils pas coopérer au lieu de gaspiller leurs précieuse énergie en compétition ? Eh bien, ils ont peut être été endoctrinés dans l’idée qu'ils doivent rivaliser pour réussir, mais ce n'est pas la question. Le fait est qu'il y a une différence majeure entre une compétition au nom d'un principe-comme la perfection de la création divine et une compétition pour de l'argent seulement. Il n'y a rien de divin à propos d’un gros tas d'argent, et, tout comme avec un gros tas de glands, plus le tas est grand, plus il a tendance à attirer d’«écureuils». En fait, ceux qui sont assis sur des grosses piles de glands ont souvent eux-mêmes un coté écureuil. Pour mélanger les métaphores, ils ont également tendance à avoir un coté poule qui couve ses glands et s'attend à ce qu'ils éclosent. Mais qu'ils soient écureuils ou qu'ils soient poules, ou qu'ils soient des poulet-écureuils mutants sous stéroïdes, ils ne sont certainement pas des dieux, et leurs glands ne sont pas dignes de notre sacrifice.

Une fois que l’on subvertit l'idée que la concurrence n’est en aucune manière nécessaire, ni même souhaitable, de nouvelles voies de pensée s’ouvrent a nous. Qu’est ce qui est assez? Probablement beaucoup moins que ce que nous avons maintenant. Comment devons nous travailler pour ça ? Probablement beaucoup moins que ce que nous travaillons actuellement. Qu'adviendrait-il si nous n'avions pas assez? Eh bien, peut-être alors il serait temps d'essayer de travail un tout petit peu plus dur, ou, mieux encore, peut-être qu'il serait temps de prendre quelques glands à ceux qui en ont encore un trop grand nombre. Puisqu’avoir trop est tellement de travail (attention a ces satanes écureuils!), nous ne ferions que les aider. Nous ne voulons certainement pas les suivre, parce que nous savons où ils se dirigent, vers un charmant endroit appelé effondrement . Au lieu de cela, ce que nous devrions probablement essayer de faire est d'établir une sorte d'équilibre, où en fait, assez est assez.

The Great Squeeze (2009)

Disponible en entier sur youtube. Si vous avez deja vu Oil Smoke and Mirrors (2006), Blind Spot (2008), The 11th Hour (2007) , The End of Suburbia (2004), ou Crude Impact (2006), ce n'est peut-être pas la peine de regarder celui-ci. Celui ci est un peu plus "climate change" et un peu moins "peak oil", neanmoins il y a quelques redites. 

Celui-ci a le mérite de bien souligner le risque le plus immédiat et le plus dangereux du changement climatique : le changement de la carte des précipitations mondiale et la conséquence sur l'agriculture et les écosystèmes.

  

mardi 3 mai 2011

The Day After Tomorrow (2004)

Quand Hollywood traite du réchauffement climatique en en faisant un mouvement de refroidissement  rapide !!

mercredi 20 avril 2011

lundi 4 avril 2011

Photovoltaique en facade ?

Je suis tombé sur cet ensemble de logements en construction l'autre jour par hasard. Je ne connais rien au projet ni a l'architecte mais vu comme ça, je ne peux m'empêcher de faire quelques commentaires :

  • Ne serait-il pas plus productif d'avoir de grandes fenêtres et de profiter de manière passive des apports solaires en lumière et chaleur ?
  • Est ce que la production électrique future de ces panneaux solaires, posés verticalement a l'ombre des arbres de la rue, est vraiment pertinente ?
  • Ces panneaux photovoltaïque ne sont-ils pas la juste pour la déco ?
  • N'est-il pas dommage qu'il n'y ait pas de balcons sur les derniers étages alors que tous les bâtiments voisins, qui ne datent pas d'aujourd'hui, en offrent généreusement ?
  • l'archi n'a-t-il pas supprimé les balcons dans le seul but de donner une forme plus "hype" au bâtiment?
  • Ce bâtiment n'est-il pas qu'une grosse opération de green-washing ?


dimanche 3 avril 2011

Gasland (2011)

  • Pour ceux qui pensent que les gaz de schiste sont la preuve que le "pic pétrolier" et autre "fin de l'énergie bon marché" ne sont que des cris alarmistes d'écolos arriérés, jetez quand même un oeil à ce film et après on en discutera.
  • Pour ceux qui ne pensent rien parce qu'ils ne savaient même pas ce que sont les gaz de schiste, jetez aussi un oeil sur ce film, ça peut pas faire de mal.


mercredi 23 mars 2011

Nassim Taleb

Petit exercice : résumer simplement ce que j'ai compris de l'idée du Black Swann de Nassim Taleb.

Il faut systématiquement se méfier des phrases du genre " tel évènement n'arrive que tous les 1000ans" ou "telle hypothèse est tellement improbable qu'on peut plus ou moins l'évacuer dans nos calculs"....etc...etc

On fait souvent des plans en ayant l'impression que comme un évènement n'arrive que tous les 1000 ans, il ne peut arriver demain. Nassim Taleb montre et je crois qu'il le montre aussi mathématiquement avec l'aide de Benois Mandelbrot (créateur des fractales qui sont liées aux mathématiques du chaos) que cette impression est extrêmement traître et que dans tous les cas, un évènements rare va sûrement se produire demain même si l'on ne sait pas encore lequel.

Il est par conséquent absurde, entre autre dans les calculs de risques des modèles financiers complexes ou dans le domaine des risques technologiques, de bâtir une stratégie sur le fait qu'un évènement est très peu probable. Il vaut donc mieux privilégier la résilience, même si cela parait moins efficaces a priori.

C'est une idée qui n'est pas inintéressante quand on réfléchit au risques du nucléaire, suivez mon regard.

mardi 22 mars 2011

Negawatt

Une association essaye de proposer un scénario réaliste pour a la fois décarbonner et dénucléariser l'énergie : www.negawatt.org. J'entend d'ici les commentaires, "si on écoutait les écolos, on reviendrait a la bougie"

Pourtant, en lisant la synthèse de leur scénario, ça semble sérieux et réaliste. Il se résume a peu près comme ça : un tiers sobriété, un tiers efficacité, un tiers renouvelables. Je ne suis peut être pas assez spécialiste pour détecter les failles d'un tel scénario mais je n'en vois aucune a priori, si ce n'est le problème de son acceptabilité politique.
Extrait du scénario négaWatt 2006

lundi 21 mars 2011

Fukushima = Tchernobyl ?

C'est grâce au site "manicore" de Jean-Marc Jancovici que j'ai été sensibilisé il y a quelques années au problème du réchauffement climatique. Je lui en suis reconnaissant. Cependant, quand je suis tombé sur cet article : Fukushima = Tchernobyl ?, j'ai ressenti un certain malaise. 

Généralement Jean-Marc Jancovici est le premier a avancer l'argument de l'impossibilité de chiffrer le coût future des conséquences du réchauffement climatiques. A l'inverse, dans cet article, il s'efforce de faire une sorte de froide analyse du rapport coût/bénéfice du nucléaire. Je serais curieux de savoir pourquoi le premier argument ne s'appliquerait pas au nucléaire : comment chiffrer  le coût de la perte d'un territoire de quelques centaines de km2 condamné pour 10 000 ans pour cause de contamination au plutonium ? Sachant que l'argument du "ça n'arrivera pas" n'est maintenant plus recevable.


Je me permet de recopier ici un commentaire en dessous de l'article que j'ai trouvé très convainquant :
Yann Quero
Le message de Laurent en "soutien à M. Jancovici" est assez triste de naïveté et de maladresse. Puisque mon commentaire a été attaqué ad hominem en me suggérant avec une certaine condescendance de, je le cite: "Approfondi le sujet du nucléaire, tu es loin de compte. N'espère pas donner un cours aux lecteurs de ce site, ils sont d'un niveau supérieur". Je préciserais que je suis titulaire d'un doctorat, qui est sans doute (vu son type d'argumentaire) un niveau d'études supérieur à celui de Laurent et en tout cas supérieur à celui de celui de M. Jancovici qui est "seulement" ingénieur. Mais n'entrons pas dans le débat des titres ou des diplômes, ni dans celui de qui est un "grand expert". Regardons simplement les faits. Le travail de synthèse sur le réchauffement climatique du site web de M. Jancovici est effectivement plutôt bien réalisé, mais cela ne fait pas de lui un "expert en tout" et notamment en nucléaire. A ce titre, sa manière d'argumenter est même pour le moins surprenante et laisse penser que sa finalité est de défendre le nucléaire "à tout prix", y compris en masquant les éléments qui le dérangent. Par exemple, en un petit raccourci, M. Jancovici annonce au début de sa présentation: "Je dit (sic) 'le réacteur' mais ca concerne tous ceux de Fukushima, qui ont tous eux (resic) à peu près le même pépin." L'expression "à peu près le même pépin", outre son caractère euphémistique est plus qu'approximative, elle est franchement erroné, puisque le réacteur n°3 contient du Mox, c'est à dire du plutonium. Ce n'est pas du tout anodin, car le plutonium a une demi-vie de 24.000 ans, c'est-à-dire que dans 24.000 ans, le plutonium qui est en train de se rependre à l'extérieur de la centrale n'aura diminué que de moitié. Or M.Jancovici parle de l'iode, du xenon, du krypton... mais il "oublie" de parler du plutonium. En revanche, il nous dit qu'il n'y a pas à s'inquiéter, puisque la demi-vie des isotopes libérés par les réacteurs de Fukushima "va de quelques heures à quelques jours". Du point de vue de la rigueur scientifique, on peut considérer qu'une telle affirmation relève au mieux d'un oubli extrêmement grave, mais sans doute plutôt de la désinformation caractérisée. Je ne me lancerais pas dans un cours d'analyse textuel critique détaillé de l'ensemble de ses arguments (ce serait un peu long), mais on pourrait multiplier les exemples de ce type ou d'autres. N'est-il pas en effet spécieux de dire qu'on peut continuer à promouvoir le nucléaire parce que le tabac fait jusqu'à 5 millions de morts par an et que le nucléaire a moins tué jusqu'à maintenant? N'est-il pas étonnant aussi de défendre les centrales nucléaires en disant que le tsunami a aussi détruit des centrales au charbon? Les énormes risques liés au réchauffement climatique, que M. Jancovici souligne à très juste titre sur son site web, ne justifient pas qu'il les instrumentalise pour défendre le nucléaire, qui présente lui aussi d'énormes risques. Et pourtant, malgré tout cela, je serais même peut-être prêt à suivre M. Jancovici, et à courir ces risques avec lui et avec tous les autres habitants de la planète, si le nucléaire était une énergie d'avenir. Mais le nucléaire ne constitue qu'une énergie d'appoint très limitée, compte tenu des réserves d'uranium qui sont de 70 à 100 ans pour un niveau actuel de production d'énergie finale correspondant à 3% de la consommation mondiale. Dans ce contexte, le risque du nucléaire est démesuré au regard de son apport plus que minime. Mieux vaut donc aujourd'hui investir dans de vraies énergies d'avenir.

dimanche 20 mars 2011

Fukushima - "banana equivalent dose"

On gère le stress comme on peut. Moi j'ai passé ma journée sur wikipedia a regarder les articles sur Chernobyl ou autres accidents nucléaires. 

J'y ai appris qu'il y a une zone en Russie qui est encore interdite aujourd'hui suite à un accident nucléaire en 1957 qui est resté secret très longtemps.

J'y ai appris que le fond de radioactivité terrestre a augmenté dans les années 50 à cause des essais de bombes nucléaires.

J'y ai appris que certains scientifiques ont crée l'unité de mesure de radioactivité "banana equivalent dose" pour tourner en ridicule la peur des radiations. Ce qui m'a complètement convaincu qu'on devrait envoyer ceux-ci comme liquidateurs a Fukushima. 

J'y ai appris que la quantité totale de radiations émises a Chernobyl était de "80,000 man sieverts" ce qui , si l'on considère que la dose vraiment dangereuse pour l'homme est de 1 sievert, signifierait que Chernobyl n'aurait pu tuer qu'environ 80 000 personnes au maximum, ce qui ne veut pas dire grand chose puisque cela dépend de la manière dont la radioactivité est diluée mais cela a le mérite de donner un ordre de grandeur.

samedi 19 mars 2011

Fukushima

Je suis en état de choc. J'ai passé une semaine éprouvante, tétanisé devant mon écran d'ordi sursautant a chaque "tudut" du "fil d'actualité en temps réel de  LeMonde.fr". Ces ... de journalistes du Monde n'arrêtent pas de se planter sur les unités, micro-sievert ou mili-sievert. Plusieurs fois ils ont annoncés des taux de radioactivité à Tokyo, où se trouve ma belle famille qui laissaient entrevoir le pire. Les japonais gardent leur sang froid d'une manière assez admirable !!

Jusqu'à aujourd'hui je n'étais pas foncièrement anti-nucléaire, mais ce genre de Black swann a de quoi faire réfléchir.

J'ai donc décider de créer ce blog : contrairement aux apparences, tous les posts antérieurs a celui-ci sont du recyclage de références ou notes qui traînaient sur mon disque dur ou sur d'autres sites...

jeudi 3 mars 2011

Revenir a la bougie

Si on prend la production actuelle de renouvelable en France (barrages, éolien et solaire) ça représente déjà plus de 1000kWh par personne et par an. C'est potentiellement une machine de 100W qui travaille pour nous 365 jours par an et 24h sur 24. C'est déjà assez par personne pour faire tourner un ordinateur portable la journée , éclairer la pièce où on se trouve le soir, la chauffer un minimum en hiver, faire la cuisine, prendre une petite douche chaude, se faire un rôti au four une fois de temps en temps...etc (voir le détail du calcul ici). Tout ceci en l'état actuel des choses alors qu'on a, en France, à peine commencé a développer les renouvelables et que des projets comme Desertec, loin d'être farfelus pourrait apporter beaucoup. C'est donc d'une totale mauvaise fois de parler de retour a la bougie dès que l'on évoque l'abandon du nucléaire. C'est vrai que ça n'est pas assez pour se promener en tee-shirt en hivers dans ses 200m2 de villa mal isolée, chauffer la piscine et éclairer le ciel...etc


Mais au lieu de discuter des ordres de grandeur des efforts à faire, parler de retour à la bougie, est beaucoup plus facile. Jouer sur la peur de l'obscurité et par extension de l'obscurantisme, jouer sur une pseudo-opposition à la fée électricité qui représente l'aboutissement de la  modernité des lumières touche au but à tous les coup. Mais nous ne sommes plus au début du XXe siècle et dans tous les cas, si l'on a pas d'autres choix, je préfère être un peu pauvre énergétiquement et laisser un monde à mes enfants, au climat stable et à la radioactivité naturelle.

mercredi 5 janvier 2011

Écologie et marché


Quand on remet en cause la société de consommation actuelle basée sur un capitalisme mondialisé, on ne remet pas forcément en cause toute forme de commerce.

Il n'y a pas que le capitalisme qui permette le commerce. Il y avait des marchés ou l'on vendait des salades bien avant qu'il y ait des capitalistes, des salles de marché ou des multinationales.

On peut remettre en cause la mondialisation sous sa forme actuelle sans nier que le commerce et les échanges ont généralement été un facteur de progrès au cours de l'histoire, bien que le plus important furent sûrement les échanges d'idées, de culture et de techniques qui en découlaient plus que les échanges de biens.

Le capitalisme qui concerne plutôt la propriété des moyens de production est apparu avec la révolution industrielle au XVIIIe parce que l'investissement dans des moyens productifs est devenu central dans l'économie. De même, les mécanismes de la finance moderne sont apparus en hollande avec la nécessité de financer les voyages des caravelles des grandes compagnies commerciales. Dans le monde de surproduction et d'emballement des mouvement de capitaux dans lequel nous vivons, est ce que les données du problème n'ont pas changée ? 

Bien sur, j'entends le discours sur la façon dont le marché de manière fluide permet la meilleur allocation de ressources...etc etc. Je peux comprendre ça, mais ça ne signifie pas que la discussion est finie. Soit vous êtes une sorte de mollah du marché et vous allez même jusqu'à nier la nécessité de toute science économique en disant "pas besoin de nuancer, la réponse c'est Le "Marché", soit vous commencez a réfléchir un peu plus profondément.

La première des choses, c'est de remarquer que le Marché n'est pas une loi naturelle comme il est souvent dit mais un mécanisme d'échange entre humains. La manière dont le CO2 retient la chaleur du soleil, c'est une loi naturelle, vous pouvez le mesurer et le remesurer, vous aurez toujours le même résultat. Mais la loi du Marché parfais et absolue, ça n'existe pas, c'est un fantasme. Les monopoles, les conflits d'intérêt, la théorie des jeux, les problèmes de transmission de l'information...etc font que le marché est imparfait par nature. Et ce n'est pas parce qu'on a pas assez libéralisé, c'est aussi fanatique de penser qu'il faut encore plus de dérégulation pour tendre vers un marché parfaits que de penser qu'il faut créer un homme nouveau. Beaucoup des derniers prix Nobel d'économie ont travaillés d'une manière ou d'une autre sur l'imperfection de information au coeur de la construction des prix de marché et si on ne comprend pas ça, notre vision reste superficielle.

Deuxièmement, non seulement les marchés ne sont pas parfaits mais ils sont aussi aveugles, Il n'y a rien dans la construction du marché qui veut le bien de l'humanité. Du point de vue du marché, la vente d'esclave est totalement neutre. N'importe qui m'accorderait le fait qu'on doit quand même un tout petit peu définir les bornes de ce qu'on peut faire et pas faire.

Troisièmement, pour revenir à l'environnement, l'erreur est de croire que le prix dépend de la "valeur que l'environnement, que la rareté donne aux choses". Quand vous extrayez une ressource, l'environnement vous la donne gratuitement ! Ce que vous payer, c'est la main d'oeuvre pour l'extraire, ou le propriétaire du terrain, propriétaire qui peut aussi bien être un gouvernement corrompu qu'un paysan pauvre qui vous donnera tout pour quelques euros. Le PIB ne tient absolument aucun compte des ressources, il ne mesure que du travail (les salaires) et des rentes (les propriétaires). Il ne mesure absolument pas le patrimoine (qu'il soit naturel ou autre) 

Et c'est justement ça le coeur du problème, c'est pourquoi l'écologie doit être politique !!! Il se trouve qu'on est en train de scier la branche sur laquelle on est assis et rien, dans le mécanisme de Marché que certain adulent ne  permet de s'en rendre compte.

mercredi 15 décembre 2010

Talibans verts


C'est un terme que l'on retrouve souvent dans les commentaires à propos des écolos. C'est en général accompagne d'argument du genre "aller a la chasse pour me trouver un steak, ça ne me dit pas trop" ou encore "les écolos, ils veulent qu'on s'éclaire à la bougie".

Les écologistes n'ont jamais eu le pouvoir dans quelques pays que ce soit, et on arrête pas de voir dans les commentaires des trucs comme "talibans vert", "l'écologie c'est la dictature", "gourou écolo" dès que quelqu'un émet l'hypothèse que le monde n'est pas plat et infini.

C'est comme si les gens en étaient réduit a penser que "liberté"="liberté du consommateur". A la fin, les veaux qui ne comprennent pas ce qu'est la vrai liberté ne sont pas ceux que l'on croit.