jeudi 25 août 2011

Richard Heinberg

Richard Heinberg, est un journaliste américain et conférencier au New College of California où il dispense un cours sur l'écologie et la collectivité durable ainsi que sur la déplétion énergétique et en particulier le concept de pic pétrolier.

C'est un des plus grand communicateur sur le thème de la déplétion des énergies fossile. On le retrouve dans presque tous les documentaires sur le sujet :  The End of Suburbia, The 11th Hour, Crude Impact, Oil, Smoke & Mirrors, Chasing God, What a Way to Go: Life at the End of Empire, The Great Squeeze, The Power of Community: How Cuba Survived Peak Oil. Ça parait pourrait paraître bizarre de le retrouver partout, mais en l'entendent parler on comprend pourquoi : il a un discours bien construit et très convaincant sur le sujet.

Il est l'auteur de neuf livres traitant principalement de la crise liée à la dépendance aux énergies fossiles des sociétés industrielles et à l'avenir de celles-ci après l'avènement du pic pétrolier.

On peut retrouver l'essentiel de ses idées en lisant sa newsletter : the Museletter, qu'il a commence a écrire en 1992. 

jeudi 18 août 2011

Une batterie a l’échelle d'un pays ?

Il n'y aurait pas assez de plomb dans le monde pour faire assez de batterie pour stocker sous forme d’électricité  l’équivalent de trois jour de la consommation énergétique des Etats Unis.

Le detail Ici.

mercredi 17 août 2011

mardi 9 août 2011

Experience de Rockville

Dans les années 50, un éthologue nommé John B Calhoun a mené une expérience devenue célèbre sur la surpopulation chez les rats. Cela consistait a enfermer des rats dans une cage de taille limité, avec assez de nourriture pour accommoder un surplus de population et il a observé ce qui se passe :

  • on assiste a un pic de population puis a un effondrement 
  • les normes sociales se cassent 
  • hyperaggression 
  • cannibalisme infantile 
  • augmentation de la mortalité à tous les âges 
  • maladies physiques et mentales 
  • troubles alimentaires



Apparemment, ce n'est pas le simple manque d'espace qui provoque ce phénomène. mais plutôt la nécessité pour les membres de la communauté d'interagir avec les autres. Lorsque les interactions forcées dépassent un certain seuil, les normes sociales se cassent. Ainsi la densité sociale est considérée comme plus importante que la densité spatiale géométrique.

NB : il a effectué ses expériences sur une terre agricole à Rockville, Maryland d'où l'expression d'expérience de Rockville. Cette expérience a abouti à la publication d'un article dans le Scientific American d'une étude de comportement dans des conditions de surpeuplement (Calhoun 1962). Il en est question dans "la dimension cachée", livre bien connu des architectes.

mardi 2 août 2011

Ecologie et films de zombie

Quitte a alimenter le moulin de ceux qui accusent les écolos de jouer sur la peur, je ne peux m'empêcher de faire un petit post sur la métaphore écologique dans les films de zombie. C'est particulièrement le cas dans ce film de Romero, Dawn of the dead de 1978, un classique du genre, où l'on suit quelques survivants réfugiés dans un supermarché encerclé par des hordes de morts-vivants.

  • Les zombies sont plus ou moins décérébrés (c'est une métaphore du téléspectateur moyen de Tf1 après 3h devant le poste).
  • Ils sont cannibales, ce qui les met mécaniquement en haut de la chaîne alimentaire mais ce sont en quelque sorte des prédateurs destructeurs et aveugles.(une métaphore de la place actuelle de l'homme dans la nature).
  • Ils ne veulent vraiment pas mourir (une métaphore de la manière dont les hommes se sont extrait temporairement des cycles naturels).
  • Ils surgissent de toutes part et par milliers (une métaphore de l’angoisse malthusienne).
  • Ils répètent souvent des gestes de tous les jours vidés de leur sens, on en voit pousser des cadis, rester au volant d'une voiture...etc (une métaphore de la déshumanisation du travail quotidien dans une société machine).
  • Ils se promènent sans but sans se voir les uns les autres (une métaphore de l'individualisme dans les mégalopoles).
  • Il s’agglutinent en amas informes a la moindre odeur de chaire fraîche (une métaphore de l’aliénation inconsciente de la société de consommation).



lundi 1 août 2011

Human Resources: 'Social Engineering in the 20th Century' (2010)

Ce documentaire canadien est un peu dans le même registre que "The century of self" avec un coté un peu plus parano et plus d'images chocs. Il nous explique que nous sommes tous des chiens de pavlov victimes d'un certain conditionnement social ce dont on ne peut qu'être convaincu. Cependant il s'agit ici de mécanismes de manipulation beaucoup moins subtil que la violence symbolique selon Bourdieu puisque la thèse du documentaire  est que ce conditionnement des masses laborieuses a été imposée consciemment par certaine élites et avec l'aide d'outils nés de la psychologie sociale, du "behaviourism" et d'une vision mécaniste de l'homme. 

La partie du documentaire intéressante pour moi est celle concernant le taylorisme. La division du travail en taches de plus en plus mécaniques, la perte total d'initiative du travailleur, la spécialisation à outrance...etc, ne sont pas justes des inconvénients mineurs de la civilisation industrielle. Et il ne s'agit pas seulement du problème du travail a la chaîne, le taylorisme s'est immiscé dans nos esprits, presque tous nos "jobs" en sont imprégné et toute l’économie en dépend. Comme le montre Ivan Illich avec son idée de la convivialité, c'est une orientations de la société à la fois contre-productive et destructrice. 

Et il suffit de mettre un pied en Chine en ce moment pour s'en rendre compte en grandeur nature.

jeudi 21 juillet 2011

6 962 102 507+ 1

La terre compte aujourd'hui 21 juillet a 19:20 heure de Shanghai,
6 962 102 507 habitants plus 1 et j'en suis très content !!!

NB : il est estime qu'on atteindra 7 milliard le 31 octobre.


jeudi 7 juillet 2011

Biodiesel

Je crois que maintenant a peu près tout le monde a compris que  le biodiesel n’était qu'une fausse bonne idée : on a déjà vu que recréer une seconde dépendance entre les prix du pétrole et de la bouffe était dangereux (la première dépendance étant celle de toute agriculture intensive) et on sait que le biodiesel a un EROI très faible et avec certain type comme l'huile de palme, la déforestation s'intensifie encore...

Il reste le biodiesel à base d'algues et le biodiesel cellulosique.  Cependant, au final, croire en de futurs progrès fulgurant en matière de rendement revient à croire qu'on va multiplier en quelques années la productivité agricole sans augmenter l’intensité énergétique de l'agriculture. Notez qu'en 50 ans, ce qu'on appelle la révolution verte, les rendements agricoles ont été multiplie en gros par 6 mais la consommation d’énergie de l'agriculture  a augmenté presque aussi vite.

biréacteur d'algue

lundi 27 juin 2011

Sauvez les ours

Je ne voudrais pas passer pour quelqu'un de trop négatif, donc voici une lueur d'espoir : ce festival de rock à Shanghai a pris la protection des ours comme symbole. Cet ours n'a-t-il pas vraiment un air rock ?!



jeudi 2 juin 2011

Clusterfuck Nation

C'est le titre du blog de James Howard Kunstler (connu entre autre pour le livre The Long Emergency ou geography of nowhere):  http://www.kunstler.com/blog/ qui a un sens certain de la formule. C'est un américain, critique inlassable du modèle américain. La frange de la société américaine qui est capable de sortir des clous du productivisme forcené du XXeme siècle est finalement presque plus virulente dans sa critique qu'en France.


dimanche 29 mai 2011

Verre sur Béton

L'architecture internationale, est sensée être basée sur les idées de transparence et de lumière. Le mur rideau (façade en verre suspendue pour les non initiés) en est vraiment le symbole. Pourtant en voyant le bâtiment ci-dessous, en construction à l'heure où je vous parle, on peut s'interroger : quand le décalage entre l'idée et la réalité devient tel, n'aurait-on pas besoin de nouveaux paradigmes ?!

Shanghai 2011

LEED

LEED (Leadership in Energy and Environmental Design)  est un système d'évaluation et de certification de l'impact environnemental des bâtiments. Il a été crée par le USGBC (US Green Building Council), une association à but non lucratif qui représente des intervenants de l'industrie du bâtiment, architectes, ingénieurs, villes, constructeur...

La certification est assurée par le GBCI (Green Building Certification Institute) par un système de crédits et plusieurs niveaux de certification :

La mission est statuée comme suit :
"Transformer la façon dont les bâtiments et les collectivités sont conçues, construites et exploitées, permettant un environnement écologiquement et socialement responsable, sain, prospère et qui améliore la qualité de vie"



L'esprit du LEED a des avantages très intéressant par rapport à certaines autres normes que d'aucun qualifient de technocratiques :
  • C'est un système évolutif : ça a commence avec LEED 1.0 et on est maintenant a LEED 3.0. Ainsi les exigences évoluent avec les technologies, le système d'évaluation est corrigé pour éviter des effets contre productifs...etc
  • C'est un système de point non rigide, pour valider des points par exemple, on a parfois le choix entre montrer que le bâtiment répond a certains critères prédéfinis ou en faisant soit même des calculs montrant que les objectifs sont atteint même si par des chemin non conventionnels. De plus des points sont accordés pour des innovations. 
  • Le LEED met l'accent sur ce qu'ils appellent "Integrative design", les charrettes, ou les processus participatifs. L’idée est que l'implication de tous sur un projet permet d'atteindre les objectifs de manière beaucoup plus efficace. (Ce n'est pas sans lien avec l'idée derrière "le coefficient spirale").

  • Le LEED a une approche globale des problèmes écologiques. Ainsi le système de crédits est pondéré en fonction du poids ou de l'urgence des différents enjeux environnementaux. Cette pondération est apparue avec le LEED 3.0 pour corriger le fait qu'on pouvait avec les précédentes version certifier un bâtiment en grappillant tous les points faciles à obtenir, sans vraiment faire d'effort en matière d’énergie. Cette approche globale permet aussi d'augmenter les synergies ou effets de leviers dans les solutions apportées ou d'évaluer le cycle de vie de l'ensemble du bâtiment.


mardi 24 mai 2011

HQE

Je me souviens, il y a une dizaine d’année, avoir géré le dossier HQE (Haute Qualité Environnementale) d'un certain projet dans une certaine agence architecturale dont je tairais le nom.

Dans cette agence, "faire un dossier HQE", ça consistait en gros à prendre un dossier existant (une vingtaine de page A4), changer le nom du projet sur la première page, faire un peu de copié-collé de quelque description du projet, ajouter un petit paragraphe sur le fait qu'il y a du bois, et s'engager à bien isoler le bâtiment. Pour résumer : une petite heure de paperasse et puis s'en va !

Je ne sais pas où ça en est maintenant, mais cette expérience pourrait faire penser que le HQE frôlait le green washing institutionnel et bien sur ça donne des arguments à tous ceux, sous la pression de lobby ou pas, qui voudraient supprimer toute norme. Pourtant, les normes, certifications ou incitations environnementales sont fondamentalement nécessaires (à développer), et centrales dans les politiques environnementale .


Il est donc urgent de regarder aussi ce qui se fait ailleurs :



mardi 17 mai 2011

Cornucopiens

C'est quoi des cornucopiens ?
  • Ce sont les journalistes qui avancent toujours l'idée que , je cite "on va bien trouver une technologie qui produira notre énergie pour remplacer le pétrole", mais qui n'ont pas bien réfléchit au fait que le pétrole est une énergie hyper dense créée  par un mécanisme très efficient (la photosynthèse raffinée par des millions d'années d'évolution) et concentré gratuitement au fil de temps géologiques ce qui signifie, si on y réfléchit cinq minute qu'il sera pas si facile de faire mieux.
  • Ce sont des auteurs de SF qui présupposent toujours que l'humanité n'a plus dans le future de contrainte d'énergie et que l'on a inventé un système antigravité, alors même que ces deux notions, conservation de l'énergie et gravitation universelle sont deux des lois les plus inviolables de la physique actuelle.
  • Ce sont des ingénieurs qui pensent que c'est pas si grave si on déstabilise le climat, l'humanité ira s'installer sur mars alors même qu'on peut difficilement envisager de terra former une planète si on est même pas capable de conserver celle qu'on a déjà en l'état.
  • Ce sont les économistes qui pensent que dès qu'une ressource est épuisée, l’ingéniosité humaine fait qu'on trouve toujours un substitut", ainsi "si on épuise les ressources sur terre on ira les chercher dans la ceinture d'astéroïde", mais qui n'ont pas compris qu'un puits gravitationnel, que l'EROI est une limite physique qui prévaut sur toute règle économique.
  • Ce sont des architectes qui dessinent des Arcologies à la Simcity, qui considèrent le "toujours plus grand, plus haut, plus neuf", comme la solution alors même que c'est le problème.

Singularité

J'ai souvent l'impression que le mot "limite" est devenu un gros mot. Parlez de limites aux voyages vers les étoiles et on vous répond "trou de verre" ou "saut spatiaux temporel", parlez de limites de ressources et on vous répond "fusion nucléaire" ou "biopetrole à base d'algues", parlez de limite à la loi de moore et on vous répond  "singularité".

La "Singularité" est l’idée que la civilisation humaine va commencer a créer, à un certain moment dans le futur, des intelligences artificielles qui dépasseront les capacités humaines. A ce moment, celle-ci seront capable de s’améliorer elles-même et de "continuer le progrès " de manière accélérée et sans limite.

Cette idée est une sorte d'orgasme "cornucopien". C'est une sorte d'aboutissement à cette vision linéaire du progrès qui s'est imposée depuis le XVIIIeme. 

Pourtant il y a un versant ressources et énergie à la question : et si processing power et énergie étaient indissociablement liés ? J'ai lu quelque part qu'il faut autant d’énergie pour fabriquer une galette de processeurs en silicium que pour fabriquer une voiture. Si c'est vrai, la loi de Moore a un revers énergétique, peut être qu'en définitive le processeur le plus efficient (puissance de calcul sur énergie) est le cerveau humain (ce qui ne serait pas complètement étonnant puisque raffiné par des millions d’années d’évolution. Auquel cas, des AI à base de silicium seraient par nature incapable de concurrencer l’humanité. La "singularité" serait alors autant un Graal qu'un gobelet en plastique made in China.


dimanche 15 mai 2011

Thinking out of the box

Un passage de "Social Collapse Best Practices" de Dimitri Orlov que je trouve assez drôle :

(...) to avoid painful episodes of watching colleagues trying to “think outside the box” whenever they are confronted with a new problem. If your colleagues were any good at thinking outside the box, they probably wouldn’t feel so compelled to spend their whole working lives sitting in a box keeping an office chair warm. If they were any good at thinking outside the box, they would have by now thought of a way to escape from that box. So perhaps what would make them feel happy and productive again is if someone came along and gave them a different box inside of which to think – a box better suited to the post-collapse environment.

samedi 14 mai 2011

Mur végétal

Sur le même thème que le post précèdent, effectuons une petite comparaison entre une solution High-tech le mur végétalisé sur treille métallique avec système d'irrigation goutte a goutte et une solution Low tech, le lierre .


  • Avec la solution mur végétalisé, il est plus facile d'expliquer que le maître d'ouvrage est éco-responsable  quel qu'en soit la définition du terme alors qu'avec la solution lierre, il va falloir trouver d'autres idées pour faire de la pédagogie et c'est fatiguant.
  • Avec la solution mur végétal, votre interlocuteur est prêt à vous accorder le fait que vous avez des compétences techniques assez incroyables pour réussir a faire pousser de l'herbe sur les murs, dans le second cas il va vous dire "ça me rappel chez ma grand mère".
  • Avec la solution mur végétal vous avez passé trois jours à dessiner les détails de la chose, avec la solution lierre, vous êtes resté lire un bon bouquin à une terrasse de café et ça c'est pas bon pour la croissance.
  • Avec la solution mur végétal vous pouvez écrire un paragraphe entier dans le dossier HQE avec la solution lierre, vous arrivez à peine à caser une phrase.
  • Avec la solution mur végétal, vous avez fait Oeuvre de création avec le lierre pas trop.
  • Avec la solution mur végétal, vous aidez à la création d'une filière "spécialiste en entretien de mur végétal" dans le lycée technique du coin, alors qu'avec l'option lierre, rien du tout, c'est le moyen-âge.


Tout plaide donc pour le mur végétalisé sur treille métallique avec système d'irrigation goutte a goutte !!

vendredi 13 mai 2011

Green house

Les architectes ont souvent une tendance à comprendre les choses de manière littérale. Ils ont déjà reussi à interpréter "déconstructivisme" en "on construit a l'envers" et "concept philosophique" en "j'ai une idée de forme". Ça fait parfois la force de leur compétences de plasticiens mais dans la majorité des cas, ça démontre surtout formalisme et discours creux (je suis bien placé pour le savoir). Ainsi, maintenant une "green house", c'est une maison sur laquelle on fait pousser de la moumoute verte.


jeudi 12 mai 2011

Bhopal

Je pensais naïvement que la plupart des gens avait déjà entendu ce nom : Bhopal. Ce n'est en fait pas le cas donc, petit rafraîchissement de mémoire : il s'agit d'une ville en Inde ou une usine chimique de Union Carbide Corporation, une multinational américaine rejeta dans l'atmosphère en 1984, un gaz toxique qui tua quelque 3500 personnes dans les premières heures, en tua quelque dizaine de milliers d'autres par la suite et laissa enfin des séquelles irréparables pour le reste de la population.


NB : Union Carbide s'appelle maintenant Dow Chemical et se porte très bien, merci.